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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA BOURSE OU LA VIE ?

Il sera considéré comme plus ou moins noir. Mais voici encore un lundi qui restera peut-être dans les annales boursières. Il y en eut pourtant des pires dans l’histoire du capitalisme avec la référence du lundi 28 octobre 1929 troisième journée du krach de 1929, et à Wall Street, baisse la plus importante, en pourcentage, jamais auparavant enregistrée en un jour sur un marché d'actions: 13 % ; On fit pourtant mieux le lundi 19 octobre 1987, soit il y a un peu plus de 20 ans, avec la journée la plus violente du krach de 87 à Wall Street, et nouvelle baisse la plus importante, en pourcentage, jamais enregistrée en un jour sur un marché d'actions : 22,6 %.
Pendant plusieurs jours en octobre 1987, les marchés boursiers de par le monde ont vu leur valeur diminuer de façon importante. Les dommages les plus considérables ont été enregistrés le lundi 19 octobre 1987 — d’où l’appellation " lundi noir " — lorsque les bourses se sont effondrées. L’indice composé du Toronto Stock Exchange (TSE 300) avait par exemple chuté de 407,20 points en cette seule journée pour s’établir à 3 191,38 à la fermeture — perdant 11,3 % de sa valeur, soit 37 milliards de dollars. Les investisseurs (des particuliers et des sociétés) avaient encaissé d’importantes pertes financières. Aux États-Unis, l’indice Dow Jones avait perdu 22 % de sa valeur en ce lundi noir seulement.
À l’instar des tendances enregistrées à l’échelle internationale, le TSE 300 connaissait pourtant, en 1987, une croissance soutenue depuis environ cinq ans. Il indiquait tout juste au-dessus des 3 000 points en début d’année et avait grimpé au-delà des 4 000 points en juillet. Puis, un repli s’était amorcé en août. Mais comment ce mouvement avait-il provoqué des ventes massives dans un tel vent de panique à la mi-octobre ? Mêmes causes mêmes effets pour expliquer ce qui est en train de se produire.
TOUT PARAISSAIT ROSE
En général, les principales économies de la planète semblaient prospères en 1987, et une reprise avait suivi la récession de 1981-1982 pendant cinq années consécutives. On enregistrait une croissance de ces économies, l’inflation et le chômage fluctuant généralement à la baisse ou demeurant stables. Pensez à la France ! Toutefois, au fur et à mesure que l’année passait, il s’était avéré que les déséquilibres commerciaux étaient énormes et s’accentuaient parmi les principaux pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques — les déficits des États-Unis étaient en pleine progression; les excédents commerciaux du Japon et de l’Allemagne croissaient à un taux similaire; le Canada, pour sa part, enregistrait des déficits budgétaires et courants colossaux.
Très rapidement, des événements marquants survenus à l’échelle internationale avaient fait pencher la balance. En février, le Brésil avait annoncé qu’il cessait le versement des intérêts sur sa dette extérieure, provoquant une chute de la valeur du dollar américain et soulevant de nouveau des inquiétudes à l’égard des taux de change. En mai, le Congrès des États-Unis avait adopté une loi sur le commerce qui avait déclenché une nouvelle vague de conflits commerciaux, compromettant ainsi les négociations du Cycle d’Uruguay qui étaient alors menées dans le cadre de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Avant que ne se lève un vent de panique, des déclarations de l’administration américaine avait laissé entendre que le dollars américain devait perdre davantage de valeur, à un rythme accentué, pour rectifier leur déficit commercial de plus en plus élevé. Le 19 octobre, les journaux avaient aussi publié de nombreux articles faisant état de la possibilité d’une intervention militaire américaine dans le golfe Persique… qui a fini par arriver !
À ce moment-là, les économistes avaient craint un fléchissement de l’économie américaine qui aurait pu provoquer l’effondrement de l’économie mondiale et une récession comparable à celle des années 1981-1982. Bon nombre d’observateurs croient maintenant que la panique du lundi noir de 87 avait simplement reflété la peur grandissante d’une perte de contrôle à l’égard de la situation mondiale. On est exactement dans la même situation. Le dollar est au plus bas. Les fond souverains issus du pétrole sont les maîtres du monde. Les pouvoirs d’achat s’effondrent partout. Les gens sont inquiets et ne font plus consciemment ou inconsciemment au système économique qui ne repose que sur des délocalisations, des restrictions salariales, des paniques financières subites.
À la suite du lundi noir de 87, la peur d’une récession mondiale s’était toutefois estompée plutôt rapidement, car les banques centrales avaient réagi promptement pour soutenir les conditions de crédit. En outre, le marché avait repris confiance dans l’économie mondiale. Les économies étaient alors demeurées prospères jusqu’au début des années 1990, et les marchés boursiers avaient gagné du terrain pour reprendre la valeur qu’ils avaient avant le vent de panique. Hier on a peut-être essuyé un coupe de tabac similaire qui a fait évanouir des fortunes virtuelles et a plongé la France dans le doute.
UN TSUNAMI PLANETAIRE
Les places boursières européennes ont donc connu, hier, leur lundi " gris ", affichant dans certains cas leur plus fort recul depuis les attentats de septembre 2001 : Francfort a plongé de 7,16%, Paris de 6,83%, Londres de 5,48%, et Madrid de 7,54%. Le fameux CAC 40 a lâché 347,95 points à 4.744,45 points, enfonçant successivement les seuils de 5.000, 4.900 et 4.800 points. La Bourse de Paris, qui a dévissé dès l'ouverture, a accentué sa baisse au fil de la séance alors que le mouvement de panique gagnait tous les secteurs - aussi bien les valeurs financières que l'énergie ou la santé, traditionnels " refuges " en période de crise. Le volume d'échanges a battu son record historique, dépassant pour la première fois les 13 milliards d'euros, malgré la fermeture des marchés américains en raison du Martin Luther King Day, jour férié.
Un peu plus tôt, l'Asie avait donné la tendance, la Bourse de Tokyo perdant 3,86% à la clôture, Shanghai 5,14%, ou Séoul 2,95%. Les Bourses latino-américaines n'ont pas fait exception. La Bourse de Sao Paulo a chuté de 6% à l'ouverture ce lundi. A Mexico, la Bourse des valeurs a dévissé à l'ouverture de 4,77%, soit quelque 1.273,62 points de moins qu'à la fermeture vendredi, son principal indice se situant à 25.440,21 points.
Une chute de 4,57% a marqué également l'ouverture de la place boursière de chilienne à Santiago, qui chutait de 6,3% à la mi-journée lundi. Les principaux titres s'affichaient lundi à la baisse et les échanges étaient limités, évalués à seulement quelque 2.942 milliards de pesos (92 millions de dollars). A Lima le marché boursier essuyait une baisse de 7,12% . La Bourse argentine avait déjà chuté de 3,86% la semaine dernière.
Quant au marché boursier russe, jusqu'ici relativement épargné par les remous provoqués par les conséquences de la crise des "subprimes", il a plongé lundi à l'instar des autres places, clôturant en baisse de plus de 7%.
Les deux principaux indices boursiers russes, le RTS et le Micex, ont cédé respectivement 7,38% à 1.999,83 points et 7,47% à 1.654,83 points. Le krach peut aujourd’hui prendre une ampleur insoupçonné comme une alerte terrible sur l’incapacité qu’aurait le système libéral à réguler les travers qu’il a lui-même créés. On va bien évidemment se contenter d’incantations similaires à celles des magiciens dont la baguette magique ne fonctionne plus. Les banquiers vont rechercher le soutien concret des banques centrales… pour se refaire une santé qu’elles ont perdu en faisant des profits sur l’économie sans aider l’économie à faire du profit.
LA BULLE A EXPLOSE
En réalité, l'incendiaire a été Ben Bernanke (le président de la Réserve fédérale américaine), quand il a dit qu'il fallait absolument faire quelque chose, sinon il y aurait une crise. Le président Bush a ainsi sorti son plan de 140 milliards de dollars. Mais cela ne fait qu'entériner une crise qu'on voulait éviter. C'est un " krach programmé ".
C'était un krach programmé par nous, car nos sociétés ont fait un nombre incroyable d'erreurs en vivant au-dessus de leurs moyens. Ce qui a créé une bulle. Et, maintenant, il faut payer. La bulle se dégonfle pour les uns. La bulle explose pour les autres.
La conviction de certains analystes reste qu'il est bon d'effacer les excès positifs antérieurs. Cela va donc obliger tout le monde à se remettre au travail, à entreprendre des réformes et à abandonner la mondialisation, catastrophique pour l'emploi, pour lui préférer une politique de préférence communautaire. Les banques ont pris des risques incommensurables, et inutiles. Elles ont joué, spéculé, ce qui n'était pas leur rôle. Elles se prennent donc un retour de bâton et sont actuellement obligées, pour éviter la faillite, de se vendre à des fonds souverains de Singapour ou d'Arabie saoudite. Plus qu'une correction salutaire, c'est donc une raclée phénoménale.
Les banques françaises sont, elles aussi, folles puisqu'elles ne font que commencer à provisionner alors que, parallèlement, elles ont engrangé des profits spectaculaires en taxant le moindre service. Elles nous ont piqué du fric pour des prestations qu’elles assumaient jusque là gratuitement accumiulant des profits considérables qu’elles ont joué au casino des subprimes ou de tout autre système de crédit juteux. Y a-t-il encore des banques sûres aujourd'hui? La réponse est non. Car certaines ne se savent pas encore menacées… Elles n’ont pas conscience d’avoir tué la poule aux œufs d’or. Elles vont exploser aujourd’hui ou demain !
Et pourtant on avait été prévenu par un certain Michel Rocard qui, il a quelques jours avait parfaitement décrit ce qui est en passe de se produire. Le problème c’est que plus personne ne l’a écouté (1). Il avait pourtant déclaré sur Nouvelobs.com : " Le problème c'est que depuis 1980 la sphère financière a pris une importance colossale. Du coup, nous sommes confrontés à des crises financières de grande ampleur récurrentes : crises latino-américaines dans les années 1980 qui ont affecté tout le continent américain; crise asiatique dans les années 1990 qui a fait des dégâts énormes même si elle est restée circonscrite à une douzaine de pays, crise du système monétaire européen en 1992, éclatement de la bulle de l'e-économie en 2000. Les centaines de milliards de dollars carbonisés par l'effondrement des valeurs boursières à l'occasion de cette dernière secousse sont comparables aux pertes enregistrées lors de la crise de 1929. Les chocs sont moins instantanés, moins brutaux, moins impressionnants peut-être aussi, mais ils sont quand même terrifiants "  Il aura fallu attendre Sarkozy pour se retrouver dans pareille situation désastreuse… L’adoption du Traité européen ne résoudra rien tant que la Banque centrale européenne jouera la profit contre le social. Car l’essentiel c’est dans cette dualité. Il va falloir qu’il en expédie des paquets fiscaux pour redonner le moral à ces potes qui viennent de voir leurs portefeuilles se dégonfler aussi vite que ses promesses de croissance et de prospérité par la concurrence, la précarité, le non emploi et la fragilisation des plus démunis. Nicolas Sarkozy va en attendant faire une tournée de promotion des commissariats de police… car on sait que quand il y a des problèmes sociaux en vue, rien de vaut une police forte pour résoudre le problème. Au moins les petits épargnants seront rassurés : ce ne sont pas les délinquants des banlieues qui leur piqueront leurs bas de laine mais bel et bien les banquiers et les heureux bénéficiaires du paquet cadeau fiscal !
Mais je déblogue…
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