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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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MAUVAIS COUPS A VOTRE SANTE

Paul Ramadier, député socialiste de l'Aveyron et surtout sous le gouvernement Guy Mollet, a eu la lourde tâche de financer la politique sociale alors que la guerre d'Algérie avait vidé les caisses publiques. Son nom reste indéfectiblement associé à la vignette automobile, introduite en 1956... qui devait servir à financer les retraites et qui ne servit en fait jamais à cette louable finalité jusqu'à sa suppression. Quand en politique on parle d'une supercherie fiscale ont fait référence à cette fameuse vignette. Il semble que dans quelques années on aura un autre repère : les franchises médicales dont le produit doit être attribué par partie à la recherche et au suivi des patients touchés par la maladie d'Alzheimer. Or il n'en est toujours rien mais comme personne ne réagit on peut continuer à faire vivre cetet ponction sur toutes les catégories sociales
Citoyens, malades, professionnels de la santé, bien portants, invalides et valides, sont en effet appelés à payer cette contribution obligatoire, d'un compliqué absolu mais d'une productivité mal évaluée. Personne n'a évalué le coût de la perception de ces 0,50 centimes d'euros par ligne sur une ordonnance ! Bruno-Pascal Chevalier, personne atteinte du sida ayant entamé une grève des soins « pour protester contre ces franchises qui (...) conduisent inévitablement un grand nombre de nos concitoyens à repousser des soins pourtant nécessaires » et à Christian Lehmann porte-parole du Collectif national contre les franchises médicales, initiateur d'une pétition qui compte aujourd'hui près de 130 000 signatures ont appelé à réagir. Pour eux, comme pour beaucoup la pilule est trop dure à avaler et la potion est amère.
Plusieurs collectifs et associations invitent à un rassemblement et à un dépôt symbolique de boîtes de médicaments vides devant les Préfectures ou Sous-préfectures. Une action destinée à dénoncer cette ponction injuste sur les malades jugés responsables de leur consommation médicale. Il est indiscutable qu'elles plombent lourdement le budget des ménages les plus modestes et surtout les plus pénalisés par les hasards de la vie ou tout simplement par les conséquences de la pollution, du travail, d'un accident imprévisible . Ce sont les malades chroniques qui paient le plus lourd tribut, dénonce l'association de lutte contre le sida Aides, tout en soulignant que son combat « concerne tous les malades quels qu'ils soient »... et surtout les familles touchées par la maladie d'Alzheimer car elles ont vécu dans l'espoir de moyens supplémentaires alors que rien ne vient et qu'elles ont déjà payé leur participation sociale décrétée par le formidable Ministre de la Santé !
Cette contribution demandée à tout le monde, indépendamment de son revenu (c'est une permière et forte injustice) n'a en plus aucune pérennité quant à son montant. Actuellement, la somme qui n'est pas remboursée est fixée à 50 euros maximum par an, pour tous les actes ou les produits concernés par cette mesure. Parmi ces derniers, on compte les médicaments, pour lesquels la contribution atteint 50 centimes d'euros par boîte. Certaines personnes sont exonérées du paiement de la franchise médicale mais ils conservent leurs difficultés à accéder aux soins pour d'autres raisons que financières. Le gouvernement ajoute donc lentement mais sûrement de nouvelles précarités à celles qui existaient antérieurement. C'est injuste et dangereux car cela enfonce encore davantage les plus démunis, en particulier les sans-abri ou les Rmistes dont on constate tous les jours que le retour vers l'emploi passe quasiment toujours par une remise à niveau « sanitaire ». DES CONSTATS ALARMANTS
En effet les chômeurs ont plus fréquemment recours aux substances psychoactives (tabac, alcool, cannabis) que les personnes ayant un emploi, révèlent des données approfondies du Baromètre santé 2005, présentées, jeudi dernier dans le cadre des Journées de la prévention. Outre ces inégalités liées au fait d'avoir ou non un emploi, les résultats montrent également de fortes disparités entre sexes et en fonction du niveau d'études.
Plus de 53% des hommes au chômage (39% des femmes) fument contre 37,5% de ceux qui ont un emploi (29,6% des femmes). Pour l'alcool, les chômeurs entre 35 et 59 ans ont un "sur-risque" de 40% d'être usager quotidien, de 30% d'avoir un usage à risque. Pour le cannabis, les chômeurs de 15 à 34 ans ont un sur-risque de 80% d'avoir un usage régulier par rapport aux actifs occupés. Ces réalités ne seront certainement pas prises en compte par un gouvernement qui a tiré un trait sur la politique sociale et qui a entamé de laminer la politique familiale.
Ces constats sont probablement liés à « une recherche de soulagement » de la souffrance psychique que génère le chômage selon les spécialistes. Le niveau d'éducation joue également un rôle déterminant dans les habitudes de consommation de produits psychoactifs. Premiers à s'être mis à fumer, les plus diplômés sont aussi les précurseurs pour ne plus fumer: les hommes avec un niveau bac +4 ont ainsi un "sous-risque" d'être fumeurs de 30% (-40% pour les femmes) par rapport aux non-diplômés. L'innovation sociale semble être aujourd'hui de ne pas fumer et de s'intéresser à sa santé. Elle est devenue une obsession pour certaines catégories sociales alors que pour d'autres elle passe au second plan.
Les hommes sont par ailleurs deux fois plus nombreux que les femmes à consommer de l'alcool plusieurs fois par semaine (21,7% contre 11,8%). Les profils de consommation diffèrent de façon croisée selon le sexe et le niveau d'étude. Plus les hommes sont diplômés, moins ils consomment d'alcool. En revanche, les femmes les plus diplômées sont plus nombreuses à boire quotidiennement de l'alcool que les moins diplômées. L'Inpes suggère l'hypothèse que la forte proportion masculine des professions très diplômées encouragerait les femmes à adopter un comportement plus masculin. Les franchises médicales ne prennent pas du tout en compte ces paramètres et ces comportements qui enfoncent certaines et certains dans une insécurité sociale prégnante.
FUSION ET CONFUSION
On va donc appliquer au secteur de la santé les principes sacro-saints du monde libéral : la punition financière assortie de l'ouverture maximum à la concurrence. On détruit ainsi les fondements même de la solidarité. D'abord vient d'arriver le rapport Larcher sur les hôpitaux. Il devrait, dans le contexte actuel de dénuement de ces structures, provoquer quelques remous sur le territoire. Ce travail fait sous la direction de l'ancien ministre du Travail, qui a présidé la Fédération hospitalière de France, a alimenté le gouvernement en propositions sur le volet hôpital de la loi sur l'organisation des soins, annoncée pour l'automne. Les grandes lignes des réformes proposées sont d'ores et déjà dévoilées et elles s'annoncent radicales, même si l'auteur du rapport assure que "tout ne sera pas à prendre ou laisser", voulant éviter les déboires du rapport... Attali. On est seulement certain d'une chose : à l'inégalité financière va s'ajouter l'inégalité territoriale !
Pas moins de 16 mesures phares figurent dans ce rapport. La plus importante consiste à regrouper les hôpitaux publics sur le modèle des... communautés de communes (sic) dont on sait qu'avant la fin de cette année elles seront regroupées de gré ou de force par le Ministre de l'intérieur. Les petits seraient fortement incités à fusionner sous la houlette d'un grand hôpital voisin ce qui facilitera les déplacements. Celui-ci contrôlerait les investissements, la répartition des médecins, la logistique, assurant également la chirurgie et les accouchements, les petits hôpitaux se transformant en "maisons de santé" ou en établissements d'accueil de personnes âgées. Les regroupements seraient, assure le rapport, optionnels et assortis... d'aides financières. Mais si l'objectif est de réorganiser les soins sans pertes d'emplois dans les petites villes, cette réforme accélèrerait les fermetures des blocs opératoires de petites structures hospitalières, jugés peu rentables et moins fiables. Or, ce sont ces fermetures qui souvent, au niveau local, catalysent les oppositions et vont poser des problèmes d'accès aux soins.
LECLERC SE PLACE
Dans le domaine de la concurrence on va tenter d'ouvrir le marché du médicament en s'appuyant sur les coups de boutoir de Michel-Edouard Leclerc. Les Centres Leclerc réclament le droit de vendre des médicaments sans ordonnance dans leurs parapharmacies. Comme le gouvernement, dans son plan d'économies, n'épargnera pas la santé, Michel-Édouard Leclerc joue sur du velours quand il rappelle que la vague de déremboursement de 2006 avait conduit à une hausse moyenne des prix de 36%. Le 30 mars, laboratoires et pharmaciens ont signé un accord de « bonnes pratiques commerciales relatives à la transparence des prix » des médicaments non remboursables car ils voient poindre le danger dans cette période où tout se déréglemente. « Depuis le 3 janvier, dès que la loi Chatel a été mise en place, les marges arrières ont été totalement réinjectées dans les prix, affirme Gilles Bonnefond, président délégué de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO). C'est une baisse de prix de 8% sur les médicaments concernés (les génériques surtout) et pour la Sécurité sociale, une économie de 120 millions d'euros. On ne peut pas dire que les grandes surfaces en aient fait autant !»
En quatre ans, l'USPO assure que les prix des cent premiers médicaments de médication officinale n'ont augmenté que de 1%. « Nous avons en France les prix les plus bas d'Europe, assure Philippe Besset, responsable économique à la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Le problème est d'arriver à ce que les Français en consomment moins » Il rend donc les franchises médicales encore plus injustes puisqu'en jouant sur les prix et le profit des « fabricants » et des « revendeurs » on arrive à récupérer autant pour la Sécu. Il ne faut donc pas être dupe de la gouvernance : prendre indirectement ce que l'on prétend ne plus prendre directement (CSG par exemple). C'est à dire que l'on creuse les inégalités dans tous les domaines mais de manière détournée profitant d'un climat de résignation majoritaire dans un pays au bord de la faillite. C'est indolore tant que l'on n'est pas touché. Et c'est là toute l'habileté des décisions consistant à jouer sur l'absence totale de solidarité dans une société du chacun pour soi.
Mais je déblogue...
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