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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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L'AUTRE PREMIER MAI

La mobilisation syndicale du 1° mai ne semble pas avoir outre mesure passionné les médias qui y sont allés de leur différence grotesque entre estimations de la police et estimations des organisateurs aussi incrédibles les unes que les autres. C'est la CGT qui l'annonce: les quelque 150 manifestations du 1er mai, où le syndicat était présent, ont en effet rassemblé « plus de 200.000 personnes » en France soit un chiffre équivalent à celui de 2007 au niveau national, selon un décompte du syndicat. Le ministère de l'Intérieur n'a décompté pour sa part que 119.600 manifestants. La sarabande des statistiques s'est prolongée toute la journée.
A Paris, entre 15.000 (selon la police) et 30.000 personnes - source syndicale - étaient rassemblés pour le pouvoir d'achat et les retraites, dans le principal défilé parisien du 1er mai, fête du Travail, à l'appel de la CGT, la CFDT, l'Unsa, la FSU et Solidaires. Les leaders syndicaux Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Gérard Aschiéri (FSU) et Annick Coupé (Solidaires) ont pris place dans le carré de tête de la manifestation, derrière une banderole portant la mention: « Ensemble pour les salaires, l'emploi et les retraites ».
Les salariés sans papiers en grève depuis le 15 avril sont à l'honneur, en tête du carré CGT, au lendemain de l'annonce par le syndicat de la régularisation de trois d'entre eux par la Préfecture des Hauts-de-Seine, les premières depuis le début de leur mouvement coordonné dans plusieurs entreprises d'Ile-de-France. Des salariés du quotidien Le Monde, masqués et vêtus de tee-shirts blancs, se sont égayés dans la foule pour protester contre le plan de suppression de 129 emplois qui a été annoncé récemment.
Entre 2.500 et 3.000 personnes selon la police, 30.000...selon les syndicats, ont défilé à Marseille. Ridicule comme compte rendu d'une réalité qui devrait se situer aux alentours de 16 000 puisqu'il faut additionner les deux résultats et diviser par deux ! C'est en général ainsi que l'on approche d'un nombre correct mais hier soir ça n'intéressait pas grand monde. La journée avait été marquée par un autre événement : l'agonie du parti du négationniste le plus célèbre de France et même d'Europe !
En fait ce qui a passionné le monde médiatique c'est la manifestation croupion du Front National. Que va devenir la vie politique s'il n'y a plus Le Pen pour l'animer ? On se le demande dans les rédactions nationales. Il suffit de constater combien une énième provocation a redonné de l'importance à un personnage de 80 ans dont on se demande bien comment il pourrait encore symboliser l'avenir pour des millions de personnes comme ce fut le cas en 2002. Il n'y a plus d'autre recette que celle qui consiste à être outrancier pour se démarquer d'un gouvernement qui a réalisé un hold-up sur son fonds de commerce.
PLUS RIEN DE DETONNANT
Plus rien en « rayon FN » : l'immigration a été préemptée par Brice Hortefeux, le niveau des impôts a été annexé par Woerth et les phrases clés lepenistes récupérées de temps à autres par les plumes des discours sarkozystes... Et comme le FN a perdu ses moyens financiers dans les aventures électorales écoulées il lui est impossible de se faire entendre. Il va donc falloir « choquer », agresser, révulser pour exister dans une période où en Italie les ex-fascistes accèdent paisiblement au pouvoir dans le sillage médiatique du caïman Berlusconi.
Affaibli par ses revers électoraux, Jean-Marie Le Pen a voulu voir dans les difficultés du sarkozysme un espoir de redressement pour le FN, qui n'a donc pas fait recette à l'occasion du 1er mai. « Aujourd'hui, les lampions sont éteints, le bling bling et les flonflons ont fait long feu et les Français se rendent compte que le roi est nu », a lancé le président du Front national, redisant tout haut ce qu'en fait des millions de Françaises et de Français pensent maintenant à plus de 55 %. Son numéro habituel n'apparaît donc que comme une lapalissade ou comme le propos d'un enfonceur de portes ouvertes. « Aucune des promesses du candidat Sarkozy n'a été tenue », a-t-il ajouté en visant en particulier l'immigration. Mais, là encore l'originalité n'est pas au rendez-vous.
Ironisant sur une France qui « vit au rythme d'une grève de sans-papiers », il a dénoncé l'appel d'air créé, selon lui, par le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux. « Sarkozy et Hortefeux ont commis la folie d'appeler à une immigration économique légale. De nouvelles pompes à l'immigration se sont mises en marche », a-t-il dit sans véritablement être convaincu pars a démonstration. Il ressemblait à un VRP qui vend un produit dans lequel il ne croît pas du tout. Le discours ne passe plus le premier cercle des inconditionnels. Et encore... Rien de tel qu'une bonne provocation quand la situation semblait désespérée. A la veille du 1er Mai et du traditionnel défilé de l'extrême droite qui s'est avéré peu suivi (et dont l'itinéraire avait été considérablement réduit), Jean-Marie Le Pen avait de nouveau cédé à ses vieux démons.
LA LIGNE DE DEMARCATION
En persistant à qualifier les chambres à gaz de « détail » de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale dans une interview parue vendredi dans la revue « Bretons », le président du FN a, comme en 1987, déclenché un tollé même dans son propre camp : « Cela fait la troisième fois qu'il nous fait le coup et il est indéfendable, soupire un cadre. Soit c'est effectivement de la provocation gratuite pour faire parler de lui, ou alors il est obsédé. En tout cas, les gens en ont marre et, à un moment où on est à 6 % et où lui va fêter ses 80 ans, tout cela est vraiment minable. »
Marine Le Pen a tenu à se démarquer de propos qui réduisent à néant sa stratégie de dédiabolisation. « Je ne partage pas sur ces événements la même vision que mon père », a-t-elle souligné sur BFM TV. La vice-présidente du FN avait déjà pris ses distances en janvier 2005, lorsque Le Pen avait jugé que l'occupation allemande en France n'avait pas été si inhumaine. Lundi, Louis Aliot, secrétaire général du Front national, s'est fendu d'une mise au point : « Les propos de Jean-Marie Le Pen n'engagent pas le FN, ils ne constituent en aucun cas une ligne politique. » Et ce proche de Marine Le Pen de préciser : « Dans cette période délicate où se pose la question de l'existence même de la France, nous devons, plus que d'autres, resserrer les rangs et repartir au combat dans l'ordre et la discipline. »
Le dirigeant d'extrême droite a surtout répliqué hier au chef de l'Etat, devant de maigres troupes - environ 1.200 personnes, soit la moitié de l'année précédente selon la police. Conséquence de la désaffection des militants, le président du FN a prononcé son discours sur la petite place des Pyramides, juste sous la statue de Jeanne d'Arc, et non plus place de l'Opéra.
PROPORTIONNELLE ATTENDUE
En proie à de sérieux problèmes financiers depuis son net recul aux législatives (4,27%), le FN a dû mettre en vente son siège de Saint-Cloud, près de Paris, pour s'installer prochainement à Nanterre. Jean-Marie Le Pen a également mis en vente mercredi sa voiture blindée aux enchères sur eBay et confirmé le licenciement d'une vingtaine de permanents. En fait on prend tout à coup conscience que même en politique l'argent reste le nerf de la guerre et que les candidatures aux élections législatives ou cantonales ne relèvent pas toujours du souci de s'occuper de la vie collective mais bel et bien à mettre du bois dans la « chaudière » du parti.
Le 1° mai de Le Pen aura étrangement ressemblé à celui de Sarkozy : morose, très morose. Alors que ses « amis » italiens exultent pour voir trouvé un allié leur ayant donné la respectabilité, alors qu'en Angleterre les Travaillistes sont laminés par la Droite, alors que l'Europe de l'Est en général fait une place de choix à la Droite extrême, le FN français n'arrive plus à suivre. Dépouillé de ses slogans les plus populistes durant la dernière présidentielle, exsangue en terme d'élus et de finances il ne peut espérer qu'une réforme constitutionnelle introduisant une bonne dose de proportionnelle pour sauver un « paquebot » ressemblant au radeau de la Méduse. Et Le Pen sera probablement très attentif à ce volet d'un texte qui pourrait lui mettre (environ 11 % Présidentielles) de sauver ce qui peut encore être sauvé : l'appareil du parti !
Les chevaux de bataille du FN ont perdu de leur crédibilité : sur l'Europe comme sur l'immigration son électorat a pris conscience du fait qu'un retour en arrière pur et simple était illusoire. Nicolas Sarkozy a donc largement récupéré une partie des voix de Le Pen à l'élection présidentielle et l'UMP d'en faire autant aux législatives. La stratégie sarkozyste a été d'autant plus efficace que l'électorat du FN commençait à douter de l'efficacité d'un vote uniquement protestataire. Et le phénomène paraît durable, comme si le mouvement dont profitait antérieurement le FN s'était inversé. Au profit de qui ? L'électorat mouvant qu'il avait réussi à attirer existe encore. Il n'a pas dit son dernier mot contrairement à ce que pourraient laisser croire des apparences trompeuses de ce 1° mai !
Mais je déblogue...

 

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A
RECTFICATIF :A la seconde ligne,il faut lire bien sûr "1300 participants selon les syndicats... "Mais vous aviez rectifié...Annie
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A
Ici, moins  encore qu'ailleurs, comme d'habitude, les manifestations du 1er mai n'ont soulevé un enthousiasme délirant, ni dans la population, ni dans la presse locale... 1300 participants selon Nice-Matin, 3000 selon la police ! C'est bien peu pour une manifestation unitaire dans une ville de plus de 400 000 habitants! Les niçois étaient à la plage, et le bord de mer était envahi par des milliers de touristes....Les commerçants sont satisfaits du chiffre d'affaires : tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes sarkosistes possibles....Quand au nombre de manifestants annoncés par les syndicats pour Marseille... ils relèvent sans doute plus de l'histoire marseillaise que d'une réalité scientifique.... C'est un peu comme l'histoire de la sardine qui avait bouché l'entrée du vieux port....S'agissant des déboires de Jean Marie Le Pen, ils arrivent jusqu'au midi méditerranéen, ce qui est un événement qui nous vaut quatre colonnes dans le journal : le titre," deux élus régionaux du Front National (la région PACA en avait quand même élu 18 en 2004 !) démissionnent sans faire dans le détail", une photo avec ce commentaire "deux figures emblématiques du FN azuréen, Max Baeza et Jules Luccioni, claquent la porte pour dénoncer les propos "négationnistes" de Le Pen"... Et, en plus, ce dernier a décidé de "débarquer" le Président du groupe sous prétexte de restructuration de l'organisation.... Les autres soutiennent leur Président et menacent de quitter eux aussi le navire. Et le journaliste de conclure :" d'ici à dire que les désirs de Le Pen ne sont plus des ordres, il n'y a qu'un pas"...Alors, sachant que la masse de l'électorat de Le Pen se situe dans les cités et les quartiers populaires de la ville, on se prend à rêver que, si les responsables de la gauche locale faisaient un travail de fond dans ces quartiers, ils pourraient peut-être récupérer cet électorat qui a plus vocation à les rejoindre qu'à rejoindre la droite locale... Et qui sait, nous pourrions bien finir par faire tourner le vent de l'Histoire...?Il faut s'y mettre avec conviction, travailler, travailler encore, et convaincre les habitants de ces quartiers que nous sommes les seuls qui soyions capables de les sortir de la misère dans laquelle ils se trouvent.Je parle de ce que je connais bien.... Mais ce doit être à peu près la même chose un peu partout en France. Alors, essayons tous d'en profiter.
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