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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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PLAN, PLAN ET RANTANPLAN

On le sait le vieillissement de la population constituera l'enjeu majeur de la prochaine décennie. On ne parlera guère des enfants malgré la saignée opérée dans le personnel enseignant car on trouvera toujours les moyens financiers de les accueillir même en « tapant » dans les budgets communaux. On se préoccupera essentiellement de répondre aux besoins de celles et ceux que l'on appellent les seniors pour ne pas les choquer. Nicolas Sarkozy qui a été élu par cette tranche d'âge inquiétée par les images permanentes de TF1 fait le maximum pour les anesthésier et leur redonner l'impression qu'il a bien saisi leur soif de sécurité. Il leur a imposé les franchises médicales qu'ils ont difficilement avalées mais qu'ils ne peuvent pas contester en raison de leur faible participation aux actions collectives de revendication. Il leur vend en permanence une réponse à la seule angoisse légitime qui est la leur : la manière dont ils finiront leur vie. Toutes et tous envisagent l'avenir avec le sentiment que si demain est le premier jour de la fin, toutes et tous espèrent être parmi les oubliés d'un destin néfaste. Inutile de leur parler d'autre chsoe que de cette « mort » qu'ils espèrent réservée aux autres.
Toutes les études montrent que après 70 ans on n'a que deux mots qui font peur : cancer et alhzeimer ! Pour le reste ils acceptent le sort qui leur est fait par la société qui les présente en permanence comme une charge, un problème qui pèsent sur la qualité de vie des actifs. Après ce constat, il suffit de saupoudrer des mesures adaptées aux besoins avérés. Le boulot du Président de la République consiste surtout à sortir de son chapeau de prestidigitateur des mots des mesures sans jamais se préoccuper de leur financement ou en sachant fort bien qu'il faudra des années et des années avant de les voir entrer dans les faits. Il a fait le coup avec le plan alzheimer dont tous les observateurs objectifs s'accordent à reconnaître qu'il reprend simplement les mesures antérieures jamais appliquées et surtout qu'il n'est pas encore entré dans les faits faute de textes d'application. Cette réalité se traduit sur le terrain par... des listes d'attente inadmissibles pour des gens touchés par cette maladie ou ses variantes. Mais le « plan » est resté en plan !
A Dax, le président de la République avait donc souligné que les principales orientations du Plan Alzheimer seront : la priorité donnée aux efforts de recherche médicale ; la détection plus précoce de la maladie ; et enfin, l'amélioration de la prise en charge des patients. Nicolas Sarkozy avait également demandé au professeur Joël Ménard, 67 ans, ancien directeur général de la santé, de présider la commission chargée d'élaborer le plan Alzheimer qui devait résoudre les difficultés des malades mais aussi des familles.
MANQUE DE FRANCHISE
En matière d'Alzheimer, Arlette Meyrieux, présidente d'Union France Alzheimer avait pourtant répété ce que tout le monde savait : « malgré quelques avancées, il y a un tel retard qu'il y a encore énormément à faire. (...) Il s'agit de répondre à l'attente du million de malades et de familles concernées ». Rappelons qu'Alzheimer est la première cause de dépendance lourde chez les personnes âgées et que cette maladie neurodégénérative a progressé de façon spectaculaire au cours des dernières années. Elle touche actuellement plus de 850.000 personnes en France et chaque année, 220.000 nouveaux cas sont enregistrés. Ainsi, d'ici 2020, 1.3 million d'individus devraient être concernés par cette pathologie et 2.1 millions d'ici 2040. Comme ce fut déjà publié dans l'une des chroniques antérieures L'AD-PA (association de directeurs de maisons de retraite) avait estimé le 23 avril dernier que les franchises médicales instaurées début janvier "n'ont servi en rien à financer l'aide aux personnes âgées" comme l'avait promis le chef de l'Etat dans le cadre du plan Alzheimer.
"Le plan Alzheimer annoncé par le Président de la République en début d'année n'est alimenté par aucun crédit nouveau", a dénoncé l'AD-PA dans un communiqué, ajoutant que "les franchises médicales n'ont donc servi en rien à financer l'aide aux personnes âgées, mais ont juste permis de diminuer les dépenses de l'assurance maladie".
Depuis janvier, les assurés sociaux doivent payer 50 centimes par boîte de médicament et par acte paramédical, et deux euros par transport sanitaire, dans la limite de 50 euros par an. Cette mesure devrait rapporter 850 millions d'euros par an selon le gouvernement, qui s'est engagé à les affecter au plan Alzheimer, à la lutte contre le cancer et aux soins palliatifs. Mais l'AD-PA, qui regroupe des directeurs d'établissements, souligne que les crédits du plan Alzheimer "étaient inscrits dès l'automne dans le budget de l'assurance maladie pour les personnes âgées". "Ce plan est donc la simple continuation des petits plans antérieurs, avec même un ralentissement de la dynamique puisque le budget 2008 connaît la plus faible augmentation depuis 2000", poursuit l'association.
Dans Le Monde daté de jeudi, le Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées (Synerpa) a également déploré l'absence de lien entre le produit des franchises et le financement du plan Alzheimer. Interrogé par l'AFP, le ministère de la Santé a fait part de son incompréhension face à ces griefs. "Il y a bien, comme prévu, 850 millions d'euros affectés au plan Alzheimer, aux soins palliatifs et à la lutte contre le cancer", a indiqué le ministère, ajoutant qu'un rapport serait transmis à l'automne aux parlementaires dans le cadre de la préparation du budget de la Sécurité sociale pour 2009. Un placebo présidentiel qui n'apporte absolument rien d'autre qu'une promesses dont on ne voit rien de positif .
ENCORE UN PLAN DE PLUS
En fait les plans succèdent aux plans. Plan alzheimer. Plan handicap visuel. Plan cancer. Plan autisme. Plan de soins palliatifs. Les millions pleuvent alors que l'on sait que les budgets des hôpitaux sont exsangues, que les personnels sont introuvables, que les établissements ne sortent pas de terre, que les remboursement par l'insécurité sociale ne se font plus. Nicolas Sarkozy a pourtant dévoilé son plan pour les soins palliatifs. Le Chef de l'état veut doubler les capacités d'accueil pour les soins palliatifs donc doubler le nombre de séjours dans les unités de soins palliatifs pour les faire passer de 100.000 à 200.000 en 4 ans.
Le énième plan Sarkozy prône cette mesure phare : le doublement de la capacité d'accueil pour soulager la douleur des personnes en fin de vie. Il est estimé à 230 millions d'euros qui seront pris on ne sait où sauf à penser à nouveau aux franchises médicale. Les directeurs d'établissements pour personnes âgées ont évoqués des « mesures extrêmement modestes ». Les moyens resteraient donc « insuffisants » pour venir en aide dans l'accompagnement des personnes en fin de vie. Ils prévoient que le passage de 100.000 à 200.000 patients pris en charge en quatre ans restera un objectif inatteignable dans le contexte actuel des cotisations sociales et de l'organisation du fameux cinquième risque de la dépendance.
L'objectif des soins palliatifs est de conserver la meilleure qualité de vie possible à des personnes atteintes de maladies graves et incurables. En France, quelque 150 000 personnes par an, sur 550 000 décès, meurent suite à une maladie longue et incurable. Toutes ces personnes nécessiteraient des soins palliatifs dont on emsure désormais l'importance pour celles et ceux qui souffrent. Encore faut-il qu'ils aient trouvé une place dans une établissement de qualité leur permettant de « bénéficier » de cet accompagnement.
DES CREDITS IMPOSSIBLES
Les soins palliatifs désignent des soins actifs prodigués de façon globale sur une personne atteinte d'une maladie grave, évolutive ou terminale, en vue de tenter de soulager les douleurs physiques, la souffrance psychologique, mais aussi la souffrance sociale et spirituelle. Ils sont interdisciplinaires. Ils s'adressent au malade en tant que personne, à sa famille et à ses proches, à domicile ou en institution. La formation et le soutien des soignants et des bénévoles font partie de cette démarche.
Ces soins considèrent le malade comme un être vivant, et la mort comme un processus naturel. Ceux qui dispensent des soins palliatifs cherchent à éviter les investigations et les traitements déraisonnables (communément appelés acharnement thérapeutique). Ils se refusent à provoquer intentionnellement la mort. Ils s'efforcent de préserver la meilleure qualité de vie possible jusqu'au décès et proposent un soutien aux proches en deuil. Ils ont pour but de préserver la meilleure qualité de vie possible jusqu'à la mort et doivent notamment permettre de soulager la douleur, apaiser la souffrance psychique, sauvegarder la dignité de la personne malade et soutenir son entourage. On attendra pour juger si ce plan qui succède à deux autres plans et s'ajoute à trois autres dans le secteur de la santé a des effets concrets sur un problème de société que les crédits ne masqueront pas.
Celui que l'on a promis pour les malades d'alzheimer coûtera 1,6 milliard d'euros ! Celui programmé pour le handicap visuel approcherait les 18 millions d'euros. Le plan autisme vaut 180 millions d'euros. Le plan cancer avait nécessité 1,5 milliard d'euros. Et tout ça dans un contexte de baisse indispensable des déficits. La franchise médicale va donc imposer que beaucoup d'entre vous soient durablement malades pour pouvoirs soigner correctement celles et ceux dont la maladie dure depuis longtemps déjà. Mais le budget de l'Etat est en soins palliatifs, le cancer de l'inflation ronge le pouvoir d'achat, le gouvernement est autiste et il souffre d'un handicap visuel ne lui permettant pas de voir la réalité angoissante du quotidien. C'est ce qui faits a force.
Mais je déblogue...
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P
Mais pourquoi, Jean Marie, voudrais-tu qu'après 70 ans on ait nécessairement peur de deux mots : cancer et alhzeimer ? Si tel était le cas, il n'y aurait plus, après 70 ans, qu'à s'enfermer chez soi, en attendant que les premiers signes de l'une ou l'autre de ces maladies fasse son apparition ! Merci bien. Il me semble, à moi qui ait atteint la tranche d'âge que tu évoques, que cette peur là serait le meilleur moyen d'être gagné par la maladie....Par contre, il faut être lucide, et ne pas trop compter sur l'aide de l'Etat et de ses services pour prendre en charge les problèmes qui pourraient se poser... Il vaut mieux essayer de les éviter, et se résoudre à se prendre en charge soi-même. Je sais bien, ce n'est pas toujours possible, mais je demeure persuadée que la peur de la maladie ou de la mort n'éviterait rien, et rendrait mes dernières années invivables. Les plans multiples et divers annoncés à grand renfort de publicité par le Président de la République ont peu de chance de connaître un début d'exécution dans des délais qui nous permettraient, à nous, les seniors, d'en profiter.....Alors, autant se faire une raison et essayer de profiter de ce dont on peut encore profiter..! Pour la suite, on verra bien...et, en ce qui me concerne, je compte sur mes amis de l'ADMD, et les autres, pour ne pas me laisser sombrer dans la déchéance. Mais ce sera le plus tard possible, et d'ici là je ferai en sorte de ne pas sombrer dans la morosité et dans la peur.Quant aux soins palliatifs, je suis très sceptique.... J'ai eu à vivre très douloureusement la fin de vie de quelqu'un qui m'était très cher, dans un établissement de soins réputé pour la qualité des soins palliatifs qui étaient censés y être prodigués. Je n'y ai rien trouvé  de se qu'on était en droit d'attendre : ni les soins au malade, ni l'accompagnement psychologique, pas plus au malade qu'à la famille, ni le soulagement des douleurs physiques....C'était il y a six ans...peut-être des progrès ont-ils été accomplis depuis, mais je ne tiens nullement à le vérifier.
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