Les dangers ne sont pas toujours où on le pense. Il ne suffit pas de se fier aux grandes campagnes de communication nationales contre le tabac ou le vin pour être certains que nous sommes à l'abri de toute surprise ultérieure. On a bien constaté que l'amiante constituait par exxemple une véritable bombe à retardement, que l'aluminium utilisé pour les ustensiles alimentaires est suspecté de favoriser la maladie d'Alzheimer, que le DDT a causé des ravages et que bien d'autres volets du modernisme apportent leur lot de dangers effectifs. La santé a deux ennemis mortels : le profit et l'économie. Au nom de ces deux aspects on oublie aisément les aspects néfastes de bien des produits. La médiatisation conduit souvent à ce contenter de précautions après des incidents ou des accidents réputés spectaculaires. Or malheureusement le danger est dans le... quotidien !
Par exemple il existe une certitude sur la pollution urbaine. Elle veut que le piéton et le cycliste soient les principales victimes des émanations des automobiles, des camions ou des autobus. En fait c'est le conducteur et ses passagers qui chaque jour risquent le plus. « L'habitacle du véhicule est une enceinte très fortement polluée et ne représente en aucun cas une protection contre la pollution extérieure », a ainsi déclaré le groupe de recherche Topaase (Toxicologie des Polluants Atmosphériques Aéro-thermochimie Santé Environnement), à la suite d'une étude, réalisée en voiture sur 6 000 kilomètres dans les agglomérations rouennaise et parisienne. Topaase étudie la qualité de l'air depuis dix ans. L'air de l'habitacle de la voiture, plus pollué que l'air ambiant, varie en fonction de la densité du trafic automobile. Plus le véhicule devant est émetteur plus l'air de la voiture sera pollué. « Les concentrations sont plus élevées à l'intérieur de la voiture que sur le trottoir », explique Jean-Paul Morin, chercheur à l'Inserm et coordinateur de l'étude commandée par l'AFSSET (Agence française de sécurité sanitaire et de l'environnement au travail). Les mesures effectuées dans l'automobile (particules, monoxyde d'azote, dioxyde d'azote, ozone) ont été comparées à celles des stations de surveillance de la qualité de l'air. « A Paris, l'habitacle d'un véhicule inséré dans le trafic montre, pour le dioxyde d'azote, des concentrations moyennes généralement supérieures aux valeurs limites fixées par les directives européennes », soit 230 microgrammes/m3, indique l'étude. On n'impose pourtant toujours pas un filtre à l'air venant de l'extérieur dans tous les habitacles et on a le sentiment d'être à l'abri de tout dans sa voiture !
Même menace à l'intérieur d'une maison neuve en raison de deux secteurs : les matériaux de construction et les produits utilisés. De nos jours les peaux sont abîmées par des contacts répétés avec du linge encore imprégné de lessive et d'adoucissant faute d'avoir pu être rincé correctement (économie d'eau oblige) : ces détergents font leur travail, ils détruisent les graisses. Le problème c'est que notre peau se protège d'un film de graisse, le détruire c'est fragiliser notre peau. Beaucoup d'entre nous supporteront très bien cette agression car leur peau est solide et n'est pas sujette à être agressée par l'environnement. Dans plusieurs lessives en poudre, on retrouve par exemple du NTA, de l'acide nitrolotriacétique, qui a des effets cancérigènes sur les rats et les souris de laboratoires mais qui est réputé inoffensif pour les enfants.
MENACE PERMANENTE
La grande majorité des produits de toilette sur les tablettes sont faits avec des produits de synthèse, des parfums et des dérivés de pétrole, c'est une des raisons pour laquelle énormément de gens souffrent d'allergies ou de problèmes de peau comme de l'irritation, de l'eczéma et du psoriasis. On y retrouve souvent le "Paraben" et ses dérivés utilisés comme conservateur qui a un potentiel allergique important. Notre peau n'est pas hermétique, elle ressemble à une éponge et absorbe tout. Beaucoup trop de personnes ignorent que le produit qu'elles appliquent sur leur peau peut avoir des conséquences sur leur santé.
Certaines études ont prouvé que des ingrédients dérivés du pétrole comme le sodium lauryl sulfate ont des effets cancérigènes. Avant d'utiliser un produit tous les jours et même plusieurs fois par jour, c'est important d'y réfléchir. Il y a 30 ans, les gens commençaient à s'intéresser à ce qu'ils mangeaient. Aujourd'hui, il est grand temps qu'ils réalisent que les savons, dentifrices, shampoings et antisudorifiques qu'ils achètent ont aussi des impacts à long terme sur leur santé.
La pollution de nos habitats est aussi le fait de ces ingrédients chimiques: du pot pourri au désinfectant parfumé en passant par les bâtons d'encens, nos milieux aériens se sont enrichis de produits chimiques que nous n'avions pas ou peu autrefois. De nombreux produits que nous côtoyons tous les jours peuvent engendrer des eczémas allergiques. Les allergies de contact sont la cause la plus fréquente d'eczéma chez les adultes, mais elles existent aussi chez les enfants. Quelques produits véritablement ordinaires et souvent achetés, faute d'autres possibilités, au meilleur marché mènent au même résultat : vaisselle, lessive, produits de lavage des vitres, désodorisants, dépoussiérants, insecticides, désherbants, engrais, colles, vernis, nettoyants, peintures, résines acryliques... Le danger est partout sans que personne ne le sache véritablement sauf à constater que des maux inédits envahissent la vie quotidienne des enfants.
MATERIAUX MENACANTS
Emis par les matériaux de construction, le mobilier, les produits d'entretien et lors de nos différentes activités de bricolage, les produits chimiques participent largement à la pollution de l'air intérieur de nos maisons. La prise de conscience du public et des instances gouvernementales des effets de la pollution de l'air intérieur sur notre santé est tout à fait récente et demeure encore très faible. Les effets de cette pollution sont nombreux et vont de la simple irritation de nos muqueuses ou stimulation sensorielle à des effets beaucoup plus graves qui peuvent toucher le système respiratoire aussi bien que le système nerveux ou le système gastro-intestinal. Certains polluants chimiques sont classés dans la catégorie des substances cancérigènes. Si on connaît la toxicité de la plupart de ces polluants pris individuellement, on ne sait pratiquement rien de leur toxicité quand ils sont en mélanges et à de faibles concentrations comme ils se présentent le plus souvent dans l'air intérieur de nos maisons. L'évaluation du risque et des effets de ces mélanges complexes est dans ce cas beaucoup plus délicate.
Certains effets ont des liens évidents avec une exposition aux polluants de l'air intérieur. C'est le cas de certaines maladies respiratoires et de certaines allergies, notamment celles dues au formaldéhyde. Ce dernier est en effet un sensibilisant bien connu et l'un des polluants chimiques les plus fréquents de notre air intérieur classé cancérogène certain par l'OMS depuis juin 2004.
Bon nombre de ces polluants sont des irritants. Pris individuellement ou en mélange (c'est le cas le plus fréquent), ils peuvent donner lieu à une sensation d'inconfort et à divers symptômes que l'on rapporte à ce qu'on appelle communément le Sick Building Syndrome (SBS) ou syndrome des bâtiments malsains. Personne n'en parle vraiment afin de laisser les fabricants écouler les stocks à bas prix de peintures, de vernis, de sols PVC, de faux plafonds ou de divers supports en PVC. Si l'on ajoute ensuite les micro-ondes qui nous cuisent le cerveau à petit feu, on constate que l'environnement devient menaçant en permanence.
MICROS ONDES GRANDS DANGERS
Symbole du progrès et de la modernité, le système Wifi permet de se connecter sans fil au réseau Internet, fait de plus en plus d'adeptes. Mais le système Wifi, qui utilise des ondes d'une fréquence similaire à celles qui servent à réchauffer nos plats dans les fours à micro-ondes -, commence à susciter des interrogations.
En novembre 2007, le comité d'hygiène et de sécurité de la direction de la culture de la ville de Paris a tiré le signal d'alarme. Deux mois après que des bornes Wifi ont été installées dans les 60 bibliothèques parisiennes, 40 employés se plaignent de malaises importants. Nervosité, maux de tête, vertiges, tension musculaire, difficulté de concentration... A Combovin, petit village drômois de 150 habitants, l'installation d'une antenne Wi Fi en avril 2006 a aussi fait parler d'elle. « Assez rapidement, une vingtaine de personnes ont eu des problèmes de santé. Elles habitaient toutes le quartier le plus exposé au faisceau principal de l'antenne, raconte Monique, une villageoise. Celles qui restaient au village étaient plus mal que celles qui allaient travailler à l'extérieur. Une famille a été obligée de déménager, car les deux enfants avaient totalement perdu le sommeil. Nous avons rassemblé 120 signatures et, finalement, l'antenne a été désactivée en septembre 2007. Depuis, on a le câble et tout va bien. » Impossible de savoir si ces phénomènes relèvent du psychosomatique ou du mal véritable. En tous cas si on y ajoute les révélations faites par une vingtaine de cancérologues. Ils ont lancé un appel à la prudence dans l'utilisation des téléphones portables en l'absence de conclusions scientifiques définitives sur leur éventuelle dangerosité pour la santé.
Pour les scientifiques à l'origine de cet appel, parmi lesquels figurent, outre des médecins français, un Italien, un Néerlandais et un Américain, le mode d'utilisation des portables doit s'articuler autour de dix règles.
Ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d'urgence, maintenir le téléphone à plus d'un mètre du corps lors des communications en utilisant le mode haut-parleur ou un kit mains libres ou une oreillette, éviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en veille.
Le texte suggère aussi de communiquer plutôt par SMS et d'éviter d'utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides en voiture ou en train. « Nous sommes aujourd'hui dans la même situation qu'il y a cinquante ans pour l'amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu'il y a un faisceau d'arguments scientifiques inquiétants », explique Thierry Bouillet, cancérologue à l'hôpital Avicenne de Bobigny et signataire de l'appel. Hier, à la suite de l'appel des scientifiques, les deux associations ont renouvelé leur demande pour une "campagne officielle", similaire à celle sur les dangers du tabac. Cause toujours compte tenu de la dimension économique du phénomène il faudra une décennie avant que l'on prenne conscience du danger... et au moins autant pour que l'on réagisse.
Mais je déblogue...