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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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HARO SUR LE THERMOMETRE

Il est un pote de Nicolas Sarkozy qui doit passer un mauvais week-end. Il doit avoir reçu quelques coups de fil lui annonçant des lendemains qui déchantent car il peut être la victime expiatoire d'un système mis en place depuis moins d'une année : toute personne qui contrarie tant soit peu le Président de la République est tôt ou tard virée. Les exemples se multiplient dans tous les domaines. Les journalistes les plus célèbres passent à la trappe.
Les fonctionnaires déplacés, placardisés, mutés sont aussi nombreux. Ils sont tous terrorisés et restent claquemurés dans leurs bureaux de peur d'être pris pour des ennemis potentiels. Les Préfets sont jugés au nombre d'expulsions réalisées. Les médias se retrouvent réduits au pain sec pour avoir à un moment ou un autre émis un simple doute sur l'attitude présidentielle. Bien évidemment on rétorquera que c'est une vision abusive de la vie au sommet de l'Etat car personne ne songe à cumuler des faits ponctuels apparemment anodins.
Le dénommé Jean Philippe Cortis ci-devant directeur de l'INSEE ne va pas tarder à être promu à de plus hautes fonctions totalement inutiles. A sa place je commencerai à me préoccuper de mon avenir. Le Conseil des ministres l'avait pourtant nommé avec zèle et motivation pour remplacer Jean-Michel Charpin dont le statisques avaient déplu à l'hôte de l'Elysée. Voici un bonhomme qui ne savait même pas truquer une chiffrer de croissance ou le moral des manages. Jean-Philippe Cotis, économiste en chef de l'OCDE avait toutes les qualités requises pour pratiquer cet art dans une Europe soucieuse de son image. Ce changement à la tête d'une des directions les plus sensibles du ministère des Finances n'avait pas constitué une surprise tant les polémiques avaient été nombreuses sur la statistique publique ces dernières années.
Ancien directeur des études économiques de BNP-Paribas (1990-1993) puis commissaire au Plan où il avait marqué par un rapport sur l'avenir des retraites, Jean-Michel Charpin, passé par Polytechnique et l'Ensae (l'école d'application statistique), était en poste à l'Insee depuis janvier 2003. Début 2004, l'Insee avait été contesté par le distributeur Michel-Edouard Leclerc, grand copain de qui vous savez, sur sa mesure du pouvoir d'achat. De cette période datent d'ailleurs les mauvaises relations de Jean-Michel Charpin, homme réputé de gauche, avec Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie. Il s'en est souvenu en arrivant à l'Elysée. La dernière polémique qui les avait opposés reposait sur les chiffres du chômage que tout le monde reconnaît faux.
En janvier 2007, l'Insee avait annoncé en catimini renoncer à publier son enquête annuelle sur le chômage, ouvrant les soupçons, à quelques mois de l'élection présidentielle, d'une intervention politique. Le recensement de la population qui bloque les communes depuis une décennie, la mesure des créations d'emplois ont été autant d'autres thèmes de friction. Ce divorce entre la statistique publique et le pouvoir politique, souvent prompt à instrumenter les chiffres de croissance ou d'emploi, est en partie le résultat d'un malentendu sur la nature et les objectifs de la statistique publique : l'Insee propose une évolution des prix à la consommation, pas un indice du coût de la vie. Il donne une évolution macroéconomique des revenus des Français, pas une mesure de leur pouvoir d'achat individuel. L'Insee avait en partie répondu à ces critiques, en affinant certains outils de mesure, mais il avait failli à communiquer clairement sur les chiffres du chômage. Selon une source au sommet de l'Etat, Jean-Philippe Cotis avait pour mission de « moderniser, dépoussiérer et rénover « l'Insee, forte de 6.000 agents et de 450 millions d'euros de budget. Il a dû le faire car en cette fin de semaine il se fait flinguer de tous les cotés pour les prévisions sorties par cette institution. Il n'a pas compris que l'INSEE n'était pas là pour démontrer que ce que son prédécesseur avait annoncé allait se réaliser : une échec totale , grave et prolongé de la politique gouvernementale impulsée par le futur Président d'une Union européenne erratique !
LE HANDICAP DE L'EURO
Alors que le gouvernement table en effet, honteusement, sur une croissance comprise entre 1,7% et 2% en 2008, l'Institut national de la statistique dirigée par une éminent sarkozyste estime que le PIB de la France, rattrapée par la crise financière internationale, ne progressera que de 1,6% et que surtout celle de 2009 devrait nous entraîner vers le fond en matière économique avec un déficit extérieur record, un déficit encore plus lourd, une incapacité à financer les réformes promises, une inflation galopante ! De son côté, l'OCDE prévoit une croissance de 1,8% en 2008. Le 2 juin, le FMI a quant à lui révisé à la hausse sa prévision de croissance pour l'ensemble de la zone euro, qui devrait atteindre environ 1,75% cette année, sans donner de détails pour la France. Fin avril, la Commission européenne tablait sur une progression de 1,6% du PIB français.
Selon cette même Insee, l'inflation devrait atteindre 3,2% sur l'ensemble de 2008. Dans ses dernières prévisions publiques, le gouvernement français prévoyait de son côté une inflation moyenne de... 2,2%. Quant au pouvoir d'achat "par unité de consommation", qui prend mieux en compte les évolutions démographiques de la société, il devrait même stagner (+0%) sur l'ensemble de l'année, prévoit l'Insee.
L'appréciation de l'euro sur le marché des changes depuis 2007 amputerait la croissance de la France de 0,6 point de PIB en 2008 et pèserait sur le commerce extérieur et sur l'investissement des entreprises. Cette Europe que le peuple français repousserait encore (53 % pour le non au traité !) tellement elle devient pesante, distante, indifférente, technocratique, absurde n'a pas produit d'effets bénéfiques sauf pour les spéculateurs.
Première conséquence directe de l'appréciation de la monnaie européenne face aux autres devises: une dégradation de la balance commerciale, due au fait que les exportations sont pénalisées au profit des importations.
TROP PESSIMISTES POUR L'OPTIMISME OFFICIEL
Le dénommé Jean-Philippe Cotis n'a pas su donner un coté bling-bling aux prévisions. Il aurait pu les faire présenter par Carla Bruni-Sarkozy pour essayer de leur donner un coté plus enchanteur. A l'opposé il les a laissées publier sans les adoucir car pour un citoyen tant soit peu éduqué ces annonces constituent une preuve de l'échec absolu du libéralisme sarkozyste et surtout la prévision de ce qu'il faudra bien se résoudre à appeler un plan de rigueur absolue ! il a vite été rappelé à l'ordre pas sa hiérarchie politique qui n'a cure de son indépendance. Le ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a estimé que les prévisions de l'Insee faisant état d'une croissance limitée à 1,6% sur l'ensemble de l'année 2008 étaient « exagérément pessimistes ». On peut lui faire confiance puisque les siennes ne sont surtout pas depuis des années exagérément... optimistes sauf qu'elle les révise sans cesse à la baisse alors qu'elle lui ont servi à berner les députés lors du budget 2008 et qu'elle prépare celui de 2009 sur des base surestimées !
« Ces prévisions me paraissent exagérément pessimistes surtout si je compare avec d'autres prévisions d'autres organismes comme le Fonds monétaire international ou l'OCDE ou nos propres prévisions », dont aucune n'est inférieure à 1,7%, a déclaré la ministre. Rappelons que l'on avait viré le directeur de l'Insee pour avoir trop suivi les prévisions de l'OCDE !
Par ailleurs, Mme Lagarde a jugé que l'Insee était « assez sombre dans sa prévision » d'inflation pour 2008.
« Cela ne me paraît pas justifié par l'évolution que nous constatons actuellement sur les marchés qui est inférieure à ce chiffre là », a-t-elle dit. Il s'agit en outre d'une moyenne sur l'ensemble de la population française. Or les carburants et l'alimentation étant les dépenses qui pèsent le plus lourd dans le budget des foyers les plus pauvres, il est vraisemblable que le pouvoir d'achat de ces derniers régressera purement et simplement cette année. En fait elle prétend, contre vents et marées, que Nicolas Sarkozy reste le président du pouvoir d'achat des nantis ce que personne ne lui conteste dans son bilan. Mme Lagarde nie l'évidence car il n'est pas question de tolérer une mise en doute de son savoir faire économique pourtant désastreux.
NIER L'EVIDENCE
Il faut nier l'évidence et donc porte-parole de l'UMP et le chef du gouvernement s'en sont pris aux "prévisions pessimistes" de l'Institut national de la statistique et des études économiques. « Les prévisions de l'Insee sont comme d'habitude extrêmement pessimistes. On a vu ces derniers mois qu'elles ne se vérifiaient pas toujours » a dit François Fillon dans une allusion à la révision de la croissance 2007. « Ne me demandez pas de me passionner pour un document dont je sais qu'il sera révisé ! », s'est exclamé Nicolas Sarkozy en marge du Conseil européen de Bruxelles. Ces critiques, inhabituelles à la sortie des notes de conjoncture de l'Insee, entretiennent le doute sur le professionnalisme de cette institution, à un moment où le volontarisme du chef de l'Etat se heurte au retournement conjoncturel et aux contraintes d'une économie globalisée.
« Il faut y voir une nouvelle manoeuvre destinée non pas à casser mais à décrédibiliser le thermomètre de la conjoncture que constitue l'Insee », a estimé Michel Sapin, député de l'Indre et secrétaire national du PS à l'économie. « Il s'agit d'un raisonnement politicien primaire face à l'absence cruelle de marges de manoeuvres budgétaires », a ajouté l'ancien ministre socialiste des finances. Trois types de critiques sont formulés par la droite : l'Insee réviserait trop souvent ses statistiques, ferait des prévisions d'inflation trop "sombres", et omettrait de tenir compte des « effets de la politique volontariste du gouvernement ». Or les facteurs négatifs (pétrole, alimentation, euro) vont pourtant fatalement peser sur la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance française ces dernières années. Déjà mal en point au premier trimestre de l'année, cette consommation restera donc faiblarde, et la consommation alimentaire devrait même reculer fortement (-1,1%). Autre victime de la crise financière et d'une croissance en berne: l'investissement en logement des ménages, qui devrait reculer. Pour l'Insee, le « retournement » de l'immobilier « est désormais engagé en France », même si son ampleur reste encore incertaine. Conséquence : augmentation des impôts locaux puisque les droits de mutation recueillis au bénéfice de leurs budgets vont s'effondrer !
Dans un environnement mondial moins porteur, le commerce extérieur devrait encore creuser un peu plus son déficit et peser davantage sur la croissance. Seule consolation théorique car discuté sur son contenu, le taux de chômage devrait lui continuer à baisser légèrement pour atteindre 7,1% en métropole fin 2008. Et encore ça dépendra des décisions de quelques multinationales sur leurs délocalisations dans un contexte inflationniste fort. Alors pour éviter que la fièvre monte dans le pays anesthésié par son indifférence à la politique et ce consensus mou droite-gauche en préparation on cherche à briser le thermomètre. Un moyen comme un autre d'éviter que l'inquiétude gagne du terrain avant les vacances.
Mais je déblogue...
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A
Au-delà des chiffres, des statistiques, de la croissance ou de la crise, des bons chiffres du chômage ou des mauvais chiffres du Produit Intérieur Brut, ce qui me paraît particulièrement inquiétant, c'est ce que la pouvoir actuel est en train de faire de l'Administration française. Fonctionnaire, fille et petite fille de fonctionnaires, j'ai toujours eu de la fonction publique une vision toute autre que celle que, de dérives en dérives, elle est en train de devenir.....Depuis quand un fonctionnaire entre-t-il dans la fonction publique pour servir un homme? Depuis quand ne doit-il plus servir l'Etat, et, partant, l'intérêt général, pour se transformer en larbin servile d'un despote qui le nomme et le révoque au gré de ses humeurs, qui ne peut entendre que ce qui va dans le sens de ce qu'il attend , qui se débarasse de tous ceux qui ne proclament pas que tout ce qu'il fait est bien fait ? Jusqu'à présent, on entrait dans l'Administration, par choix ou par nécessité, après avoir passé un concours censé mesurer vos capacités... Vous vous engagiez à servir l'ETAT honnêtement et loyalement, les fonctionnaires des Finances, dont font partie ceux de l'Insee, étaient même tenus à une prestation de serment devant le juge d'instance, au début de leur carrière, mais on ne leur demandait pas leurs opinions politiques, et sauf faute grave, on ne les mutait pas, on ne les mettait pas au placard, on ne les renvoyait pas  à chaque changement de gouvernement. Les meilleurs d'entre eux gravissaient les échelons, passaient des concours, et pouvaient devenir directeurs, sans être inquiétés pour leurs prises de position politiques.....Qu'est-ce que l'INSEE et quel est son rôle? L'Institut National de la Statistique et des Enquêtes Economiques est une des Directions du Ministère des Finances, avec la Direction Générale des Impôts, la Direction Générale du Trésor, la Direction des Douanes et celle de la Concurrence et de la Consommation. Les employés de tous grades qui y travaillent sont des fonctionnaires ou des contractuels, soumis aux régles de la fonction publique. L'objectif principal confié à cette administration est d'éclairer le débat économique et social. Pour ce faire, elle à pour mission de collecter, grâce à ses 24 directions régionales,  diverses informations auprès des acteurs économiques et de les analyser le plus rigoureusement possible, à partir de modèles mathématiques très élaborés qui permettent d'établir des prévisions à très court terme, et d'alimenter la réflexion sur les évolutions à moyen et long terme. Ces informations intéressent les administrations, les entreprises, les chercheurs, les médias, les enseignants et les particuliers. Elles leur permettent d'enrichir leurs connaissances, d'effectuer des études, de faire des prévisions et de prendre des décisions. Mais ce qu'il ne faut jamais perdre de vue, c'est que les données sur lesquelles travaillent ces statisticiens sont des données objectives, scientifiques, mathématiques, qui peuvent être interprétées, certes, mais jamais manipulées....Et si les informations recueillies sont défavorables, ou ne correspondent pas à ce que le pouvoir politique attendait, ou à ce qu'il souhaitait pour regonfler le moral des troupes, ce n'est pas au Directeur de l'organisme qu'il faut s'en prendre mais à ... la conjoncture du moment, ou aux mesures inapropriées prises par le pouvoir politique. Le rôle des responsables c'est de relater et d'analyser ce qu'ils constatent pour aider les politiques à prendre les décisions qui s'imposent! Et sûrement pas de leur fournir des éléments mensongers destinés à endormir les craintes des citoyens ou à les désinformer.Jean Michel Charpin s'est fait virer fin 2007 pour avoir fourni des statistiques trop pessimistes. Nommé en Octobre 2007, Jean Philippe Cotis subit le même sort pour avoir fait des prévisions insuffisamment optimistes quant à l'avenir de la croissance, du pouvoir d'achat et de l'économie française en général....Que devient dans tout cela l'Administration Française, qui faisait l'admiration de nos partenaires, mais où désormais, pour survivre, les responsables et les fonctionnaires ne pourront plus que vanter les louanges de Superman.Et personne ne s'insurge! Et tout cela se passe dans l'indifférence générale! De toute façon, lorsque les gouvernants s'en prennent à des fonctionnaires, quel que soit leur grade ou leur fonction, le bon peuple ne sait qu'applaudir...
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