L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante
Parfois en écrivant ces chroniques, je me dis que je suis peut-être de mauvaise foi et un diable gardien sarkozyste se charge de me mettre le doute qu'il n'a pas à l'esprit à travers un commentaire. Souvent j'essaie de me freiner en me disant qu'en agençant autrement l'actualité me pousse à ne voir que le mauvais coté des événements. Il suffit que je me pose devant la télé vers 20 heures pour constater que les « professionnels » sont beaucoup moins attentifs que moi à certains aspects de la vie sociale. Tenez hier soir PPDA, martyr du journalisme intègre, ouvrait son Jité avec la victoire de l'increvable cycliste Jeannie Longo lors des championnats de France de course contre la montre ! Imaginez un peu l'impact sur le quotidien des téléspectatrices et des spectateurs béats d'admiration devant la longévité de celle qui a toujours bu à un bidon d'eau claire... Avouez qu'il y a là matière à s'interroger sur son approche de l'information à moins de vérifier que la suite finit par justifier d'autres choix ! C'est probablement la satisfaction à attendre en vérifiant à posteriori de la justesse d'un analyse potentielle.
Tenez quand j'ai, à de multiples reprises dénoncé, les mesures fiscales prises en faveur des plus nantis de notre société j'ai cru que le résultat me démentirait peut-être. Or au titre du « bouclier fiscal » à 60%, près de 15.000 foyers fiscaux ont bénéficié d'un remboursement, pour un montant moyen de 16.000 euros, a indiqué hier Bercy. Les ordinateurs ont craché leur vérité : les trois quarts des bénéficiaires ne sont pas assujettis à l'ISF (Impôt sur la fortune). Dommage que les statistiques ne disent pas quelle est la somme globale restituée à ces 75 % et quelle est celle qui est revenue dans les poches des 25 % restants ! Le montant élevé de ce remboursement moyen cache évidemment d'importantes disparités.
Ainsi, près de 9.300 des demandes acceptées portent sur des remboursements inférieurs à 800 euros ; 5.700 demandes concernent un montant supérieur. Selon les profils des bénéficiaires, recensés à la fin février (12.288 au total), 74% avaient un patrimoine inférieur à 750.000 euros, qui correspondait en 2006 au seuil de déclenchement de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune). Et 84% avait un revenu fiscal de référence inférieur à 42.000 euros. En croisant ces données, l'administration fiscale a établi que 73% de ces bénéficiaires du « bouclier fiscal » avaient à la fois un revenu inférieur à 42.000 euros en 2006 et n'étaient pas concernés par l'ISF, pouvant donc être considérés comme des ménages modestes.
Vincent Drezet, secrétaire général du Syndicat national unifié des impôts (Snui), insiste pourtant sur le fait que « la majorité des bénéficiaires sont effectivement des gens qui n'ont pas de gros revenus, mais en termes de montants remboursés, c'est une minorité de contribuables aisés qui profitent du bouclier fiscal ». Dommage que Jeannie Longo ait peut-être bénéficié de cette mesure d'allégement fiscal car TF1 aurait pu s'intéresser à cette actualité !
GANGNER PLUS AU LOTO FISC
Confirmant une information parue dans Le Figaro, et selon des chiffres communiqués par le ministère du Budget, le fisc avait reçu au 30 avril dernier 23.159 demandes de remboursement au titre du "bouclier fiscal" sur les revenus de 2006. Sur celles-ci,14.981 ont été acceptées ce qui fait que seulement environ 3 760 d'entre elles ont été envoyées par des contribuables assujettis à l'ISF. Entré en vigueur en 2007, ce dispositif plafonne à 60% des revenus le niveau des impôts directs, CSG (Contribution sociale généralisée) et CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) comprises. Les contribuables qui s'étaient acquittés d'une somme supérieure pouvaient donc être remboursés de la différence. Dans le cadre de la loi Tepa votée en juillet dernier, aussi appelée "paquet fiscal", le plafond de cette "niche fiscale" a été abaissé à 50% pour 2008 (revenus perçus en 2007).
L'adoption de cette mesure avait suscité une vive polémique : des parlementaires de toutes tendances avaient estimé qu'elle visait principalement les grosses fortunes, candidates potentielles à l'expatriation fiscale. Encore un vérité oubliée. Elle devait faire revenir Johnny au bercail en compagnie de bien d'autres « pauvres » surtaxés partis tromper le fisc français dans un havre de paix suisse. Avant hier les événements prouvait que rien n'était plus mensonger que ce fallacieux prétexte ayant servi à récompenser les fans du Président.
Alain Ducasse, qui représente avec quelques autres les sommets de la gastronomie française (14 étoiles au Michelin), accessoirement propriétaire d'un groupe employant... 1900 personnes dans le monde est devenu, monégasque par ordonnance d'Albert II et du même coup, non redevable de l'ISF et non assujetti à l'impôt sur le revenu. Pour les plus fidèles d'entre vous connaissez ce que j'ai écrit sur cette mesure totalement inique consistant à faire perdre à l'impôt sa notion de proportionnalité et d'équité. Comme il est anormal que l'on ne paie pas, même très symboliquement, sa participation à la vie collective locale il est impensable que tout soit organisé afin que celles et ceux qui le peuvent ne règlent plus rien car ils ont les moyens légaux de contourner ce qui est... imposé aux autres ! On ne leur consacrera pas une poignée de secondes sur les ondes ou une bonne place dans les quotidiens gratuits car leur sort n'intéresse pas évidemment tous les idiots de lecteurs salariés qui eux ne peuvent rien espérer de ce constat. Dans le fond je n'avais pas tort en attirant depuis des mois votre attention sur des décisions d'une injustice déprimante.
UN TROU ABYSSAL
Inutile de se mettre martel en tête pour avoir dénoncer la situation catastrophique d'un Etat donneur de leçons permanentes aux collectivités locales car avec un peu de patience on finit par trouver confirmation officielle de cette « faillite » potentielle. La Cour des comptes a estimé que les hypothèses du gouvernement pour un retour à l'équilibre des comptes publics en 2012 paraissent très incertaines. Quand je l'ai écrit un thuriféraire du sarkozysme m'a immédiatement tancé pour donner un air inquiétant à une vérité pourtant assez simple. Le déficit est en effet reparti à la hausse l'an dernier, et le poids de la dette publique pour le citoyen est sans cesse croissant.
Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes, pas encore socialiste à ma connaissance, a insisté sur le fait qu'avec un déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) de 2,7% du PIB en 2007, après 2,4% en 2006, « la dette publique ne manque évidemment pas de s'alourdir ».
« Aujourd'hui en France, tout actif occupé a sur ses épaules un endettement de 47.000 euros, qu'il devra bien rembourser, lui et ses enfants », a précisé Philippe Séguin en présentant le rapport de la Cour sur « la situation et les perspectives des finances publiques ». Celui-ci a été remis au Parlement avant le débat d'orientation budgétaire pour 2009... qui n'en doutons pas sera, en plein mois de juillet, très médiatisé ! L'ordre du jour de la session qui ressemble à un dictionnaire permettra des échanges construits et durables.
A elle seule, la charge des intérêts de la dette représente « 2.000 euros par an et par Français employé », a répété doctement Philippe Séguin, pour qui cette charge « réduit à néant nos marges de manœuvre » et menace l'avenir des systèmes de solidarité publics. Mais diantre pourquoi en même temps ne pas avoir dénoncé l'absurdité des 241 millions de non-profit pour l'Etat et de profits réels pour les chevaliers au bouclier doré ?
En 2007, cette charge des intérêts se montait à plus de 50 milliards d'euros, soit l'équivalent du déficit public, en augmentation de 12% par rapport à 2006. Alors que la France n'était quasiment pas endettée en 1980, le niveau de la dette publique est passé à 40% du PIB au début des années 90 puis à 50% au début des années 2000. Philippe Séguin a déploré le fait que "maintenant, nous dépassons pour la cinquième année consécutive le seuil de 60% fixé comme limite maximale par le traité de Maastricht". Il a regretté que les périodes de forte croissance n'aient pas été mises à profit pour réduire cet endettement, comme chez les plupart des partenaires européens de la France. Il n'y a que le temps qui donne raison et j'aimerai pouvoir vous renvoyer à quelques chroniques oubliées dans le fleuve des pseudos infos de chaque jour.
UNE TOUTE PUISSANCE ANGOISSANTE
Même sentiment d'avoir raison trop tôt pour ce qui concerne un système médiatique gangrené par la soumission, l'imprécision, la pipolisation et une sensation de toute puissance angoissante. Parfois j'ai eu honte de taper un peu fort sur la main mise du sarkozysme, grâce aux copains et leur puissance financière, sur la majeure partie des supports influents. C'était exagéré ? Non point puisque hier on apprenait simultanément que le Président de république bananière française s'arrogeait le droit de nomme le Président des chaînes dé télévision publiques après avoir fait virer, pour crime de lèse majesté, le patron de « Paris Match Pravda », le présentateur et ses sbires du journal de 20 heures de TF1, avoir influé indirectement (ou directement) sur des contenus des papiers du JDD et surtout après avoir été invité à satiété sur les plateaux spéciaux de télé, avoir vendu les photos de ses amours. D'ailleurs afin de donner un avant goût de ce que sera Office de la Radio Télévision Sarkozyste (ORTS) et me donner raison, il s'est directement convié à pérorer sur le triomphe probable de sa présidence européenne lundi soir sur France 3. Juste un passage d'une demi-heure qui ne sera pas comptabilisé, comme les spots de pub sur le pouvoir d'achat, dans le temps imparti à la Droite !
Les Verts ont exprimé hier clairement « leur profonde inquiétude » après les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'avenir de France Télévisions qui se situe pour eux, « entre dérive berlusconienne et népotisme à la Poutine ». La nomination du président de France Télévisions par le gouvernement est bel et bien une régression démocratique et un danger pour l'indépendance des médias, déjà fortement mise à mal en France comme je l'ai écrit des dizaines de fois. Les écologistes estiment qu'il « s'agit d'un mauvais tour de passe-passe malheureusement sans ambiguïté. Ce n'est pas pour renforcer la qualité des chaînes publiques qu'on supprime leurs subsides publicitaires mais pour les obliger à venir manger dans la main du pouvoir. Comme à l'habitude aucun financement alternatif n'a été assuré et rien ne dit que le personnel (journalistes notamment) de sera pas envoyé à l'échafaud pour absence de collaboration et au nom des inéluctables restrictions budgétaires ! Nicolas Sarkozy exactement comme je l'avais annoncé a réalisé le tour de passe-passe de l'année en supprimant la publicité sur le service public pour mieux le contrôler et s'est acheté à bon prix la bienveillance des chaînes privées reconnaissantes. On dit même qu'elle vont le nommer Chanoine bienfaiteur à vie. Il se peut même que sa carrière terminée il devienne animateur présentateur. Il hésite entre la « Roue de la Fortune », « Tournez manège » avec Carla ou « qui veut gagner des millions ? »
Mais je déblogue...