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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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QUI SONT LES TERRORISTES ?

Ils sont morts. Ils ont été oubliés. On attend toujours la vérité sur les conditions de leur disparition, quelque part, là bas, dans un paysage désolé et désolant dont ils ne connaissaient pas les secrets dangereux. En fait, la France a oublié les argumentaires du gouvernement, qui ont suivi la capitulation sarkozyste face aux besoins des Américains enlisés jusqu'à la jugulaire dans une guerre qui tournera forcément au drame. En pleine crise du profit-roi, on ne va pas se soucier outre mesure des conditions ayant conduit le Président de la République à se ranger dans le camp du commandement intégré de l'Otan. Tous ceux qui ont émis seulement un doute sur l'intérêt d'une telle décision ont vite été taxés de laxisme vis-à-vis d'un terrorisme omniprésent.
Dans le fond, on découvre, quelques semaines plus tard, que les... terroristes en col blanc ont effectué le plus gigantesque attentat du demi-siècle écoulé. Par leurs agissements, ils ont détruit le système financier mondial plus efficacement que ne l'avaient fait les auteurs des attentats du 11 septembre. Une véritable explosion, ayant dynamité les certitudes et plus encore les apparences de prospérité. On se prend même à évaluer le nombre de victimes que fera le krak boursier. Le résultat est terrifiant : des milliers de suicides pourraient intervenir, face à la ruine provoquée par les ravages d'une déflagration annoncée, mais méprisée par les autorités.
La crise économique mondiale risque en effet de provoquer une recrudescence du nombre des suicides et des troubles mentaux parmi les victimes des turbulences financières, a prévenu jeudi l'Organisation mondiale de la santé. « Nous ne devrions pas sous-estimer les turbulences et les conséquences probables de la crise financière », a expliqué la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, lors d'une rencontre avec des spécialistes des troubles mentaux. « Il ne faudra pas être surpris de voir plus de personnes stressées, plus de suicides et plus de désordres mentaux », a-t-elle insisté lourdement.
Les drames humains se multiplient déjà aux Etats-Unis, où la crise du crédit immobilier a poussé des milliers de personnes hors de leur domicile. Cette semaine, à Los Angeles, un cadre de la finance de 45 ans, en proie à de graves difficultés financières, a tué cinq membres de sa famille, avant de mettre fin à ses jours. Dans une lettre à la police, il a expliqué son geste par sa situation économique désespérée. Karthik Rajaram était sans emploi depuis plusieurs mois, et ses économies avaient été entamées en raison de son chômage, avant de fondre entièrement en raison de la chute de Wall Street. Cette tragédie est devenue un symbole sinistre de la crise financière aux Etats-Unis, une semaine après la tentative de suicide, dans l'Ohio (Nord), d'une femme de 90 ans qui allait être expulsée de la maison où elle avait vécu pendant 38 ans.
Ces deux drames témoignent de l'impact sur la santé mentale des Américains de ce qui est considéré par des experts comme la plus grave tempête financière aux Etats-Unis depuis la crise de 1929 . Et personnellement, il y a tout juste quelques jours, j'ai dû affronter, en tant que Maire, le suicide par arme à feu d'un jeune habitant de ma commune, dont la crise économique avait ruiné le commerce d'informatique. Ce ne sont pas des élucubrations anti-sarkozystes primaires, mais tout bonnement la triste réalité quotidienne. La crise relève de l'attentat délibéré contre les plus pauvres ou les plus fragiles, qui finiront, tôt ou tard, par figurer parmi les dégâts collatéraux ! Et pendant ce temps, en Afghanistan, la guerre se poursuit, mais ses hauts et ses bas sont moins commentés que ceux des bourses mondiales. La mode est passée. Et pourtant, nous devrions être interpellés par une information parue dans le New York Times.

LE RAPPORT QUI INQUIETE
L'Afghanistan est plongé  dans une spirale négative et, selon un projet de synthèse des 16 agences américaines du renseignement, il est peu probable que son gouvernement soit en mesure de contrer la résurgence des talibans. Cette fuite intervient alors que les ministres de la Défense de l'Otan sont réunis à Budapest, où la question afghane occupe une place de choix. Washington devait appeler, une nouvelle fois, les membres de l'Alliance atlantique à s'impliquer davantage dans le conflit en Afghanistan... afin de soulager l'effort financier et moral des USA.
Interrogée sur cet article, Condoleezza Rice a confirmé que les organismes de renseignement avaient été chargés de faire le point sur le situation en Afghanistan, mais a dit ne pas avoir personnellement lu leur projet de rapport. « L'Afghanistan est un endroit difficile. Il y a eu des progrès depuis 2001. Nous avons tous discuté des nouvelles circonstances là-bas, et nous faisons le point pour voir ce que nous pouvons faire de plus », a déclaré la secrétaire d'Etat américaine.
Le rapport, classé confidentiel, évoque un effondrement du pouvoir central, accéléré par la corruption au sein du gouvernement du président Hamid Karzaï et l'augmentation des attaques menées par les insurgés, depuis leurs bases arrières au Pakistan. Le document fait état de progrès dans la mise sur pied d'une armée nationale afghane, mais souligne sans détours les effets déstabilisateurs du boom du commerce de l'héroïne qui, selon certaines estimations, représenterait la moitié des activités économiques du pays.
Le New York Times, qui cite des sources américaines autorisées ayant eu accès à ce document, précise qu'il s'agit de la version quasi-définitive de la synthèse du renseignement national sur l'Afghanistan, attendu pour le mois de novembre, soit après l'élection présidentielle. Il s'agira, ajoute le quotidien, de l'évaluation la plus complète de la situation en Afghanistan remise depuis des années à l'administration américaine. Au delà des attaques et attentats commis par des activistes opérant du Pakistan, ce rapport affirme que nombre des problèmes les plus lourds de l'Afghanistan trouvent leur origine dans l'administration même du pays. L'échec est garanti, et le terrorisme sortira plus fort, car vainqueur et dominateur. On n'en parle plus, ce qui simplifie les choses.

AYEZ CONFIANCE
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a pourtant rejeté hier tout « défaitisme » en Afghanistan après des propos britanniques négatifs sur cette mission, et n'a pas exclu l'idée de négocier avec les insurgés, prêts à se réconcilier avec le gouvernement afghan.
« Nous sommes confrontés à des défis significatifs en Afghanistan, mais ce n'est certainement pas une raison pour être défaitistes ou pour sous-estimer les chances de succès à long terme », a-t-il déclaré, en réaction aux propos, publiés dimanche, du plus haut gradé britannique en Afghanistan, selon qui une « victoire militaire décisive » contre les insurgés est « peu plausible ». Dommage que les Françaises et les Français, préoccupés par les pertes colossales de leurs banquiers, n'aient pas eu connaissance de cette position au moment où on se prépare, sans en avoir les moyens financiers et humains, à expédier de nouveaux soldats dans la campagne autour de Kaboul.
A quelques jours de la tenue d'une réunion informelle des ministres de la Défense de l'Otan, M. Gates a également réaffirmé que « le besoin de troupes supplémentaires en Afghanistan », où sont déjà  basés 70.000 soldats étrangers dont 33.000 Américains. Interrogé sur de possibles négociations de paix avec les talibans, souhaitées par le gouvernement afghan, M. Gates a implicitement approuvé cette idée. « Ce qui est important, c'est de séparer ceux qui sont réconciliables des irréconciliables. Une partie de la solution consiste à rendre plus fortes les forces de sécurité afghanes, une autre partie de la solution est la réconciliation avec les gens qui sont prêts à travailler avec le gouvernement afghan », a-t-il estimé.

UNE ECONOMIE FLORISSANTE
L'économie afghane parallèle se porte en revanche très bien et elle ne sera jamais victime de la crise des subprimes. L'Afghanistan va demander son aide active à l'Otan contre le trafic de drogue, qui permet aux talibans de se constituer un trésor de guerre, a indiqué le ministre de la Défense Abdul Rahim Wardak, soutenu par son homologue américain Robert Gates. « Je voudrais que l'Otan soutienne nos efforts dans le cadre de la campagne contre le trafic de stupéfiants. C'est ce que je vais lui demander », a déclaré M. Wardak à la presse, avant un déjeuner de travail à Budapest avec l'ensemble des ministres de la Défense des 26 pays membres de l'Alliance atlantique, qui sera centré sur la situation dans son pays qui produit 92% de l'opium et de l'héroïne dans le monde. Les talibans financent largement leurs activités hostiles au gouvernement du président Hamid Karzai, grâce à ce trafic auquel ils s'associent dans le sud du pays où ils sont le mieux implantés. Une réalité que les forces armées alliées ne prennent pas en compte, afin de laisser la population locale en paix. Tout interventionnisme musclé contre ces « cultivateurs » qui pourrissent la société occidentale en crise, se révèlerait une catastrophe en termes d'image. Les talibans attendent patiemment ce moment là.
L'intervention canadienne coûtera entre 14 et 18 milliards de dollars, selon l'estimation du directeur parlementaire du budget. Et cette estimation est timide d'après son auteur, qui reproche au gouvernement son manque de transparence. Un officier chargé des relations avec le Parlement a jeté son pavé dans la mare à quelques jours du vote, en avouant que l'intervention représente 200 millions de dollars par mois d'ici à la fin de la mission en 2011 ! Un double effet que personne ne pourra juguler dans un contexte de restrictions budgétaires.
Le problème de la drogue en Afghanistan se concentre désormais dans le sud du pays, notamment dans les zones les moins sécurisées. Cette année, sept provinces du Sud-Est (Hilmand, Kandahar, Uruzgan, Farah, Nimroz, et dans une moindre mesure Daykundi et Zabul) ont produit, à elles seules, 98 % de l'opium afghan. C'est également dans ces provinces que se sont établis les talibans, et que les groupes criminels profitent de l'instabilité.
L'exemple le plus significatif est celui de la province d'Hilmand, où 103 000 ha d'opium ont été cultivés cette année - soit les deux tiers de la production nationale afghane. Si la province d'Hilmand était un pays, elle serait le plus gros producteur mondial de drogues illicites. C'est aussi la province avec la plus forte concentration de violence. En clair, l'opium finance l'insurrection, laquelle offre la protection nécessaire pour la culture illicite d'opium. Les soldats de l'OTAN sont tués par des armes achetées avec les revenus de la drogue. Pour en finir avec ce cycle infernal, il faut combattre à la fois les stupéfiants et l'insurrection. Mais accroître la sécurité dans les campagnes afghanes ne va pas en soi résoudre le problème de l'opium. C'est pourtant là que se trouvent les racines du mal qui ravage le monde, mais les terroristes... de Wall Street n'en ont cure !
Mais je déblogue...

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