L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante
Pendant qu'au PS on se penche sur des tableurs Excel pour rectifier un vote de section ou un total qui défrise les uns et fait sourire les autres, la droite se déchire en toute tranquillité. C'est là toute la différence : d'un coté on s'expose puisque la stratégie est médiatique, de l'autre on s'assassine dans les couloirs, à mots feutrés, avec des silencieux. Le pugilat à gauche, sous les yeux du grand public, navré ou ravi par ce combat de catch entre « l'Ange Blanc » et le « Bourreau de Béthune » qu'aurait, en d'autres temps, commenté avec délectation Roger Couderc, va continuer à se dérouler jusque dans la salle. De l'autre coté, ça ressemble davantage à une cour de récréation où on se fait des crocs en jambe discrets, car on sait que le surveillant général peut à tout moment mettre les coupables au piquet. On se comporte comme ces gamins fourbes, qui décochent un coup de pied, puis vont vite se réfugier dans les jupes de la maîtresse en pleurnichant. Personne n'ose se livrer, car le « Dirlo », là-haut, de son mirador, juché sur ses talonnettes, possède des hommes de mains capables d'exécuter tous les récalcitrants.
Il a mis en place un réseau de « caméras de surveillance » qui, en permanence, scrutent les faits et gestes des opposants éventuels dans son propre camp. On se tue donc en catimini, avec parfois des poussées de fièvre collective vite réprimée. Le PS tente de l'imiter, mais aussitôt il y a un Narcisse dans le groupe qui va contempler son image dans l'écran d'une télévision quelconque. Il va vite hurler son désespoir, car lui au moins, il appartient aux tenants de l'immaculée conception politique. Il est aussi blanc que les neiges du Kilimandjaro de Pascal Danel... et surtout, il assure les médias de son souci de transparence absolue.
FRACTURES REELLES
A droite pourtant, les fractures s'élargissent, car tout le monde craint l'année 2009, et même si on se moque avec délectation de ce PS moribond, on sait fort bien que l'UMP va essuyer de plein fouet un tsunami économique qui ne cesse d'enfler à l'horizon. Et là, pour endiguer cette menace, il faudrait au contraire des socialistes solides, prêts à canaliser une part de mécontentement. Manuel Vals appelle bêtement les « militants du PS à la révolte » pour le résultat d'une élection interne, sans se rendre compte du décalage considérable entre cette perception de la motivation populaire et la réalité du terrain. Il est impossible que 2009 ne débouche pas sur une révolte beaucoup plus sincère et profonde du Peuple, accablé chaque jour par les conséquences du culte idolâtre du profit, cultivé durant des décennies !
La bombe à fragmentation sociale qu'a inventé Nicolas Sarkozy préoccupe beaucoup certains leaders discrets de l'UMP, car sur le terrain, ils entendent bien que ce ne sont pas les sondages qui font la réussite d'une politique. Discrètement, on s'organise au sein de la majorité présidentielle pour sauver les meubles le moment venu. Discrètement, pas à pas, Alain Juppé, par exemple, prépare son retour aux affaires. Il le fait prudemment, car il connaît le danger de courir à découvert devant le tueur de l'Elysée. Il s'abrite, mais chemine en prenant soin d'éviter les « bombes » abandonnées sur le terrain et pouvant, des années après leur positionnement exploser à la gueule de celui qui les ramène.
Le président de la République « fait bouger les lignes, il engage des réformes, beaucoup de réformes » a-t-il distillé hier matin sur France 3 Aquitaine. « Ca part un peu dans tous les sens, parfois ça donne un peu le vertige. Mais ça va se structurer" a-t-il ensuite affirmé. "Les réformes c'est bien, mais il faut en donner le sens ». Et le sens, « c'est que nous avons perdu au fil des années de la compétitivité », a-t-il expliqué... car pour lui, il n'y a aucun bon sens politique dans une agitation permanente purement circonstancielle. Il n'ira pas plus loin car chat échaudé craint l'eau froide... mais c'est un signal discret, ressemblant à une lampe allumée dans la nuit qui tombe. Répondant à des questions sur son avenir politique national ou international, Alain Juppé a indiqué que « les circonstances peuvent changer toujours les choses ». Tiens donc, lui qui avait « promis » de se consacrer à Bordeaux, rien qu'à Bordeaux, entièrement à Bordeaux. Il a en effet, jusqu'à présent, toujours affirmé qu'il souhaitait désormais s'occuper de sa ville « à plein temps » et avait, en revanche, écarté l'idée d'occuper à nouveau des responsabilités de premier plan au sein de l'UMP. Pas folle la guêpe, car il sait qu'après la catastrophe médiatique du PS, les partis politiques seront tous, malgré leurs affirmations, à droite comme à gauche, touchés par une profonde crise de confiance. Il va donc, comme bon nombre de ses amis tapis dans l'ombre, exister localement pour rebondir globalement ! Il est vrai qu'ils ont intérêt à raser les murs. Un enfant de chœur est à l'Elysée ! Ils le connaissent bien, et ils savent que la Chanoine de Latran ne tend jamais la joue gauche à quelqu'un qui lui a expédié une gifle sur la droite. surtout sur celle-là!LA TACTIQUE DE LA RAZZIA
Face aux snippers, les élus qui sentent venir le danger, appliquent la technique des Touaregs. Ils sortent de temps en temps du désert pour des coups de mains médiatiques, et repartent se réfugier dans le nulle part des décisions collectives, assumées à contre cœur. C'est leur seul moyen d'exister : constituer une bande, un groupe, rafler la mise, puis se fondre dans le paysage. Les sénateurs sont spécialisés dans cette tactique de la « razzia », car ils sont beaucoup plus protégés que les députés, soumis au charcutage de leurs fiefs ! Par exemple, ils ont tapé sur le pote Tapie ! L'amendement qui avait été voté par les députés « sur ordre du château » comme l'a dit Darcos à son staff, dans le cadre du projet de budget 2009, a été supprimée par le Sénat, vendredi. Le texte prévoyait de soumettre à l'impôt les indemnités pour préjudice moral de plus de 200.000 euros, et visait directement Bernard Tapie. Un avatar qui se résoudra par une négociation, consistant à remonter la somme à plus de 200 000 euros ! Un autre exemple de cette révolte sourde.
"Pourquoi continuer d'empêcher celui qui le veut de travailler le dimanche ? » s'interrogeait Nicolas Sarkozy le 28 octobre dernier. Le chef de l'État appelait alors les parlementaires à se saisir, maintenant et sans tabou, d'une proposition de loi qui avait été préparée en la matière. Malgré des aménagements précautionneux, la proposition de loi du député Richard Mallié reçoit un refus catégorique d'une frange de la majorité... gouvernementale. Une cinquantaine de députés du Nouveau Centre et de l'UMP ont même, indirectement, répondu au Président, dans un appel paru jeudi sur le site Internet de l'élu UMP Marc Le Fur et intitulé « Touche pas à mon dimanche ». Ne vous inquiétez pas on a relevé les noms à l'Elysée, et on a vu, avec Marleix, ce qu'on pouvait faire pour eux !
« Nous sommes un certain nombre de députés à considérer que le dimanche n'est pas un jour comme les autres, à considérer qu'une société, elle vit aussi de respiration, de rythme, de rendez-vous et c'est un rendez-vous social, le dimanche », déclare le député... UMP de Côtes-d'Armor. « Il y a déjà des dérogations qui existent et c'est très bien, on peut imaginer éventuellement des choses, mais sur l'essentiel nous sommes attachés à cette respiration sociale, et nous considérons que les arguments posés ne sont pas pertinents. (...) Une jeune femme qui vit seule avec ses enfants, comment fera-t-elle pour faire garder ses enfants, il faudra que la crèche ouvre à nouveau le dimanche, par capillarité, on change de société ! » Même certains socialistes ne sont pas allés aussi loin dans la... révolte militante ! Mais rassurez-vous, on travaille même le dimanche au PS puisqu'on compte et on recompte les tiroirs caisses.
Certains militants prennent en effet pour une injure ces manigances, car ils se sentent accusés d'être des fraudeurs alors que beaucoup d'entre eux, en cette période de baisse du pouvoir d'achat, ont dû faire un effort financier de solidarité considérable pour acquitter deux ans de cotisations pour supporter leur candidate ! De là à ce qu'on les fasse revoter, en plus, un dimanche... Heureusement, l'UMP est là pour les défendre !
Mais je déblogue...