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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE TROU AUX MILLIARDS

J'en arrive à comprendre ces citoyennes et ces citoyens qui doutent de la politique, et qui se détournent chaque fois qu'ils entendent ce mot. Il leur faut en effet, pour celles et ceux qui suivent les déclarations ministérielles successives, avoir une sacrée confiance pour croire un seul mot de ce qu'ils entendent. Il n'y a plus aucun courage, aucune lucidité, aucune fiabilité, dans les effets d'annonce quotidiens effectués par les uns et par les autres. Dramatique. Surtout pour la démocratie, qui finira mal, avec cette propension à déclarer n'importe quoi, à dissimuler les réalités, à masquer les insuffisances, derrière un rideau d' approximations assénées comme des vérités.
Le commun des mortels ne sait plus qui croire, et taxe aisément les gens qui ne renoncent pas à parler vrai de pessimisme permanent. La vie publique se contente désormais de communiqués de victoire ou de minimisation des pertes, comme savent le faire tous les militaires durant un conflit. Le gouvernement actuel brille par son extraordinaire capacité à effectuer des voltes-faces, à annoncer tout et son contraire, à truquer les statistiques et à gonfler les sondages, en caressant l'opinion dominante dans le sens du poil ! C'est phénoménal, mais c'est oublié par tout un chacun, car une contre vérité vient chaque jour en chasser une autre.
Par exemple hier, Eric Woerth a annoncé, le jour où tout est éclipsé par l'Obamania médiatique que la catastrophe prévue par le Président de la Commission des finances de l'assemblée nationale, le socialiste Didier Migaud, serait bien au rendez-vous fin 2009. Dès le mois de septembre 2007 il estimait que le déficit 2008 devrait se rapprocher "des 3%". Il affirmait que le déficit des comptes publics devrait être creusé par « près de 7 milliards d'euros de moins values-fiscales ». Presque tout le monde s'en moquait, car le « déficit public » ne concerne qu'une infime minorité de contribuables obsédés par le niveau de... leurs impôts locaux.
Le gouvernement prévoyait un déficit public de 2,5%. Didier Migaud ne voyait « pas comment, nous pourrions ne pas dépasser les 2,5% prévus pour 2008, alors même que la croissance sera de l'ordre de 1% ». Pour Didier Migaud (PS), le seul moyen d'enrayer cette dégradation des comptes serait de « revenir sur le paquet fiscal, injuste et inefficace au regard des objectif affichés, à savoir le pouvoir d'achat et la croissance ». Impossible qu'une telle affirmation reste impunie, et Christine Lagarde ou Eric Woerth se fendaient aussitôt de déclarations, de communiqués, de graphiques pour expliquer que jamais au grand jamais cette prédiction désastreuse pour l'économie réelle ne se réaliserait. Ils étaient là pour le garantir.
UN DEFICIT RECORD
Le ministre du budget répliquait avec l'aplomb de celui qui sait que ce qu'il annonce est inexact, et qu'il faut donc l'énoncer avec une sûreté de ton irréprochable : « le déficit restera à... 2,7% du produit intérieur brut en 2008 et en 2009, soit en-dessous de la règle des 3% fixée par l'Union européenne ». Pour lui, le retour à l'équilibre budgétaire pour 2012 ne posait pas de problème. « On peut le faire en tenant la dépense », avait-il dit sur RTL. « Le déficit budgétaire 2008 sera plus important que le déficit que nous prévoyions l'année dernière, nous prévoyions 41,4 milliards d'euros, il sera plutôt aux alentours de 49 », avait-il précisé. Il avait expliqué cette hausse par la baisse des recettes fiscales et l'augmentation de la charge des intérêts de la dette liée à l'inflation. Il avait aussi officialisé le chiffre de 52 milliards de déficit pour le budget suivant.
« Ce sera un budget qui sera plus proche de la vérité, j'ai souhaité qu'un certain nombre de dépenses qui n'étaient pas dans le budget auparavant soient dans le budget », avait-il encore expliqué... en excellent prévisionniste ! Mais comment peut-on accorder le moindre... crédit à ces affirmations qui se succèdent, et qui creusent le trou dans lequel nous allons être ensevelis ? Mais qui donc montera dans une émission de télévision sérieuse, honnête, les déclarations successives qui ressemblent au comportement du fossoyeur bouchant un trou avec la terre de celui qu'il creuse à coté ? L éminente Ministre de l'Economie avait été tout aussi péremptoire il y a trois mois : je le dis « catégoriquement »le déficit devrait être inférieur à 3% du PIB en 2008, c'est l'engagement qu'on prend vis-à-vis de nos partenaires européens ». Ouf nous étions sauvés ! Enfin, par les mots, car pour le reste!
DES PREVISIONS DESAVOUEES
Or hier, en pleine cérémonie d'investiture du sauveur du monde, Eric Woerth a totalement contredit ce qu'il avait annoncé en changeant de prévision chaque mois depuis mars 2008 ! L'impact de la crise économique ou plus exactement les erreurs de gestion de cette crise ont contraint le gouvernement à réviser à la hausse les déficits publics de la France pour 2008 et 2009, qui s'établissent respectivement à... 3,2% et 4,4% du PIB. On en arrivera probablement même à davantage pour la situation passée et surtout pour la situation future. Le gouvernement prévoyait jusqu'à présent un déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) de 2,9% du PIB en 2008 et 3,9% du PIB cette année. Encore une fois, il y avait soit de l'incompétence, soit une volonté de dorer une pilule amère ! Aux gens qui ont un brin de lucidité de choisir !
« Pour les années 2010 à 2012, le déficit serait impacté de la même manière qu'en 2009 par les prévisions de recettes », révisées en baisse en raison du ralentissement économique, « soit d'environ 9 milliards d'euros », a ajouté Eric Woerth. Le déficit public s'inscrirait donc à 3,1 points de PIB en 2010, 2,3 points en 2011 et 1,5 point en 2012, a-t-il précisé. Retenez bien ces chiffres car... il faudra vous en souvenir, quand vous aurez à juger des effets de la politique économique d'un président qui n'a probablement pas eu connaissance de ces constats et ces engagements, car il n'en a pas parlé dans ses multiples déplacements dans les villes encore gérée par l'UMP !
Avant cette énième révision, rendue nécessaire par l'impact de la crise sur l'économie française, le Premier ministre François Fillon avait reporté à... 2014 son engagement à un retour au « déficit zéro », initialement annoncé à Bruxelles pour 2012. Et toujours pas question de revenir sur le paquet fiscal, sur les exonérations des heures supplémentaires, sur le plafonnement de l'ISF, sur la réforme des collectivités territoriales qui va plonger le pays dans le doute le plus complet sur sa capacité à résister, dans la proximité, à une crise qui va devenir économique, puis sociale !
De son côté, le président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée, Didier Migaud, a estimé que le déficit budgétaire total (Etat, Sécu, collectivités locales) va frôler en 2009 les « 100 milliards d'euros ». Soit près de 5% du PIB et non 4,4 comme réévalué par le duo des économistes ministériels sarkozystes. "La France est rentrée dans cette crise beaucoup plus affaiblie que d'autres pays", a estimé le Président de la Commission des Finances de l'Assemblée, mais personne ne souhaite l'entendre !
LE MIRAGE DES MILLIARDS
Il est vrai que chaque jour, lors de ses vœux, le Président fait un geste. Il distribue des milliards d'euros que la France n'a pas, avec une générosité qui n'inquiète personne. Son « collaborateur » a annoncé, pour sa part, en ouverture des états généraux de l'automobile que l'aide de l'Etat en faveur des constructeurs automobiles, frappés par la crise, serait au total de « l'ordre de 5 ou 6 milliards d'euros ». Peugeot (-2,62% à 13,19 euros) et Renault (-1,20% à 16,41 euros) ont reculé à la veille des états généraux de l'automobile, et alors que le secrétaire d'Etat à l'Industrie a affirmé que l'Etat français pourrait monter dans le capital de certains groupes du secteur en échange de son soutien financier. On va finir par renationaliser les constructeurs, et recréer la Régie Renault !
Les dirigeants des banques, arrivés à l'Elysée la corde au cou, comme les Bourgeois de Calais, sont ressortis personnellement « ruinés » mais avec 10,5 milliards supplémentaires. Cette annonce a aussitôt précipité leur chute, car c'est avouer, de fait, leur très mauvaise santé financière, puisque s'ils n'avaient pas de difficultés, les responsables du système bancaire auraient maintenu leurs positions de dimanche sur leur bonus et les dividendes aux actionnaires. Société Générale (-10,25% ), BNP Paribas (-5,71%), Crédit Agricole (-6,47% ), Dexia (-5,52% -NDLR : l'action Dexia va tomber en dessous de... 5 euros !) et Natixis (-4,95% NDLR : on approche d'un euro l'action) ont souffert de la défiance restant très forte à l'égard du secteur.
Les prisons et la police ont récupéré une promesse de 180 millions d'euros supplémentaires lors de leur passage à l'Elysée. Leur hôte avait déjà promis 20 milliards pour un fonds souverain pour les entreprises, et 1,8 milliard d'euro consacrés au logement... alors que l'on sait bien que le secteur de l'immobilier plonge à une allure vertigineuse, et qu'il faudra des années pour inverser une tendance de renoncement au logement social, surtout si les départements sont détruits, par pure idéologie partisane ! Les milliards défilent, mais rien n'y fait, puisque personne ne sait quand ils arriveront, car nul ne sait d'où ils viennent.
La fondation progressiste Terra Nova a fait tourner les ordinateurs, et le compte n'y est pas. Le plan de relance annoncé par Nicolas Sarkozy, n'est pas de 26 milliards mais de 10 milliards d'euros. Artifices comptables, astuces de présentation, imprécisions en tout genre... Ceci explique cela... et tient de la prestidigitation, plus que de la gestion de crise.
Mais je déblogue...

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E
Et il n'y a pas que les promesses qui ne sont pas tenues !Darcos a signé un accord cadre sur la rénovation de la voie professionnelle en mai 2008. On sait maintenant que cet accord n'est pas respecté ! La signature d'un ministre de la République ne vaut plus rien ! Le peuple doit maintenant prendre conscience que la négociation avec ce pouvoir est absolument inutile et que seul le combat politique et syndical quotidien lui permettra, peut-être, d'être à nouveau respecté !
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G
Bonjour Jean-Marie,                  Salut à tous, Et si on commençait à exiger tous ensemble la nationalisation des Banques sous contrôle de l’Etat et de ses salariés? Je crois que c'est Fillon qui "menaçait " en novembre dernier ces mêmes banques; Et si on le prenait sérieusement aux mots!Amicalement, Gilbert de Pertuis en Luberon
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