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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LES CHARRETTES VONT SE MULTIPLIER

La tempête ne fait que débuter. Elle traverse parfois l'Atlantique pour venir déferler sur les côtes de la vieille Europe. Elle frappe de plein fouet des économies déjà mal en point. Elle vient déstabiliser ce qui souvent n'est pas très solide. Elle constitue l'annonce de phénomènes que l'on n'a jamais vus ! En fait, on sait fort bien, sans être un grand spécialiste, que tout ce qui vient des « States » s'installe chez nous avec un certain décalage. Alors, il faut considérer qu'après la crise financière qu'ils ont eue, ils vont exporter la crise économique, et quoi qu'il arrive, ils transféreront la crise sociale. Les premiers nuages noirs envahissent l'horizon... et rien ne dit que le reste ne va pas suivre.
Sur le front de l'emploi, la journée de hier restera probablement comme l'une des plus noires de la crise économique mondiale. En une petite journée, 67 000 suppressions d'emploi ont été annoncées entre les Etats-Unis et l'Europe, selon le décompte du journal britannique Le Guardian. Bien évidemment, je ne vous apprend rien, puisque vous l'avez entendu lors des journaux télévisés français... qui ont choisi cette information pour ouvrir le festin d'effets d'annonce habituel.
Sur le seul marché américain, ce sont 45 000 suppressions qui ont été annoncées en une seule journée. Les mesures les plus spectaculaires ont été celles du constructeur d'engins de chantier Caterpillar, avec 20 000 postes supprimés dans le monde (18 % des effectifs), pour s'adapter à l'année " la plus faible de l'après-guerre ". Dans la pharmacie, Pfizer a couplé l'annonce du rachat de son concurrent Wyeth à celle de la suppression de 10 % de ses effectifs à l'horizon 2011, soit environ 8 000 emplois qui passeront à la trappe. Dans les deux cas, ces annonces ne modifient pas fondamentalement les principes antérieurs. Ainsi, Caterpillar (-8,5%) a dévoilé un bénéfice net de... 661 millions de dollars au quatrième trimestre 2008, contre 975 millions de dollars un an plus tôt, et aussitôt tapé dans l'humain pour protéger les profits de ses actionnaires, avec la disparition de milliers de postes. Home Depot (+5,3%) a pour sa part annoncé la fermeture de son enseigne de mobilier EXPO, ce qui devrait entraîner la perte de 7.000 emplois.
Par contre, les opérations de fusion-acquisition se portent bien, Pfizer (-9,8%) ayant confirmé la conclusion d'un accord définitif visant à faire l'acquisition de Wyeth, pour un montant de 68Mds$, ce qui représente la plus grande opération de fusion au sein du secteur pharmaceutique depuis le début de la décennie.
L'opérateur de télécoms Sprint Nextel a présenté un plan social touchant 8 000 postes (14 % des effectifs) pour " avoir une structure de coûts compétitive et pour rester sain financièrement dans cet environnement économique difficile ". Le constructeur automobile General Motors, actuellement sous perfusion des pouvoirs publics, compte supprimer 2 000 emplois, après avoir mis plusieurs de ses usines américaines au chômage technique ces derniers mois... Attendez, vous allez pouvoir remplacer des marques inconnues par d'autres beaucoup plus connues ! Tous les groupes ont justifié lundi leurs annonces par la dureté de l'environnement économique, et leurs craintes pour 2009. Caterpillar anticipe ainsi un chute de 20 % de son chiffre d'affaires cette année... et par une baisse des investissements dans le BTP. Les commandes vont diminuer, et avec elles, le repli sur les commandes essentielles.

DES RAMES DE METRO
Près de 600 000 nouveaux chômeurs se sont inscrits sur les registres dans la semaine du 17 janvier. Le taux de chômage américain est désormais à un niveau record en 16 ans, à 7,2 %. Le président Barack Obama, ouvrant sa conférence de presse sur cette litanie de restructurations annoncées, a souligné que ces mesures frappaient des hommes de chair et de sang " dont les familles ont été frappées et dont les rêves ont été mis de côté ". M. Obama a promis "d'agir avec un sens de l'urgence " pour faire passer son plan de relance de l'activité. " Je suis impatient de signer un plan de reprise et de réinvestissement qui remettra des millions d'Américains sur le chemin de l'emploi et posera les jalons d'une reprise durable. " En fait, son discours ne s'éloigne guère de ceux que prononcent tous les dirigeants du monde. Il se contente de justifier les milliards de dollars qu'il va lui falloir obtenir des parlementaires américains.
En Europe, le groupe de banque et d'assurance néerlandais ING a indiqué qu'il allait supprimer 7 000 emplois dans le monde en 2009, dans le cadre d'un plan visant une réduction des coûts d'un milliard d'euros. Autre groupe néerlandais, Philips a dévoilé la suppression de 6 000 emplois dans le monde en 2009. Mêmes nuages sur l'emploi chez le sidérurgiste anglo-néerlandais Corus, filiale du groupe indien Tata Steel et deuxième producteur d'acier en Europe, qui a annoncé la suppression de 3 500 emplois. Les fameuses « charrettes » d'antan ressemblent à des rames de métro les jours de pointe. Demain sera un autre jour d'annonces du même type, et la relance ne servira qu'à masquer une catastrophe d'une ampleur exceptionnelle. En fait, le plus dur se situera certainement au mois de mars, avec donc les déclinaisons diverses qui suivront. Par exemple, le monde du tourisme commence à se faire du souci !
Dans les prochains mois, on prévoit des affaiblissements spectaculaires de certaines filières sur lesquelles repose une bonne partie de la prospérité française. La qualité des sites et des prestations est en effet au cœur des préoccupations dans le tourisme. Alors que le taux de départ en vacances des Français recule (voir l'étude du CREDOC sur Veille Info Tourisme) et que l'on ne sait pas très bien ce qui se passera sur le terrain des marchés étrangers en 2009, la question du maintien d'une bonne qualité des prestations touristiques mérite d'être posée.

A CONTRE TEMPS
Si l'on pose l'équation, dont les données sont, a priori, moins de clients, moins de dépenses, mais des exigences au moins stables, alors effectivement on se demande comment les professionnels du tourisme vont tenir leurs engagements qualitatifs, sauf à comprimer davantage leurs coûts de gestion. Mais la qualité a un prix, quoi  qu'il en soit. A voir dans les prochains mois. Dans tous les cas, Veille Info Tourisme vient de publier un article du journal britannique « The Independant » dans lequel le dirigeant de VisitBritain, l'organisme officiel du tourisme, s'attend à constater la perte de.... 50 000 emplois dans le secteur touristique britannique, en raison d'une baisse attendue de la qualité des prestations hôtelières, déjà mal notées par les touristes étrangers, et de la mauvaise image que ces derniers ont des Britanniques en tant qu'hôtes assez peu amènes. En France, on s'attend au pire dans le monde de l'hébergement, et surtout dans celui des structures de masse.
Des arguments concrets sont avancés : des économies seront forcément réalisées par les exploitants, tant dans la politique des RH que dans l'approvisionnement en...savon et serviettes... Le tourisme n'est plus, pourtant, une priorité - c'est certain - dans notre pays : il est devenu une « sous-direction », depuis le décret du 13 janvier dernier annonçant la création de la... DGCIS !
Le Comité de modernisation des Politiques publiques (sic) du 4 avril 2008 a en effet décidé la création d'une direction générale unique, regroupant la Direction générale des entreprises (DGE), la Direction du tourisme (DT), et la Direction du commerce, de l'artisanat, des services et des professions libérales (DCASPL). On fusionne, on masque, on fait disparaître, on amalgame, mais surtout on rogne sur les budgets et on laisse la loi du marché s'appliquer. Placée sous l'autorité du ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, la Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services (DGCIS) aura pour objectif de soutenir la croissance du secteur marchand, de contribuer au développement de nouveaux secteurs, de soutenir et de diffuser l'innovation, et d'anticiper et d'accompagner les mutations économiques.
En outre, le Conseil des Ministres doit entériner cette semaine la fusion de "Maison de la France" et "d'Odit France" au sein d'un groupement d'intérêt économique, ce qui paraît une bonne chose pour gagner en efficacité. Mais la question de fond, qui doit mettre en éveil la profession du tourisme, c'est tout de même celle des hommes et des femmes qui s'occuperont bientôt du tourisme au sommet de notre pays : seront-ils des experts et des passionnés du sujet comme nous les connaissions, ou bien arriveront-ils d'autres horizons ? Pendant ce temps, l'Espagne débloque 400 millions d'euros pour relancer son tourisme, commente l'Echo Touristique ! La France, elle, diminue ses budgets et ne considère pas que cette activité appartient au plan de relance !

BANQUIERS HEUREUX
Les seuls effets des plans d'aide aux banques ont consisté en une augmentation ultra rapide des profits pour les actionnaires, mais en aucune manière en un soutien au milieu économique en détresse. Hier, alors que les listes de licenciements s'accumulaient, le CAC 40 reprenait sa croissance. BNP Paribas caracolait en tête du classement, alors qu'il va profiter des liquidités mises à sa disposition par le gouvernement pour émettre de... nouveaux titres sans droit de vote.
La banque a publié un bénéfice net part du groupe d'environ 3 milliards d'euros sur l'exercice 2008, en dépit de la prévision d'une perte nette part du groupe d'environ 1,4 milliard d'euros sur le quatrième trimestre. Après un début d'automne catastrophique, le mois de décembre est redevenu positif pour la division banque d'affaires... Mais, contre le renoncement à des bonus « justifiés » de leurs dirigeants après de tels résultats positifs, elles ont obtenu plus de 16 milliards de soutiens officiels.
Crédit Agricole et Société Générale lui emboîtent le pas, après avoir dévoilé dans la matinée un accord préliminaire en vue de rapprocher leurs activités de gestion d'actifs. Le nouveau pôle comprend 100% des activités du groupe CAAM, auxquelles la Société Générale apporte ses activités de gestion européennes et asiatiques, et 20% de TCW, sa filiale de gestion d'actifs aux États-Unis. Détenue à 70% par Crédit Agricole et à 30% par Société Générale, cette nouvelle société se situera au 4ème rang européen et au septième rang mondial. Voici, en fait, à quoi servent les fonds affectés au soutien à un milieu bancaire... d'un coté comme de l'autre de l'Atlantique.
Pour les courbes, remarquez que plus celle des licenciements monte, plus elle est suivie par celle du CAC 40. Le bonheur n'est pas dans le... prêt mais dans la gestion des fonds déposés par les autres. C'est plus facile que d'assumer le risque de soutenir des entrepreneurs susceptibles de préférer l'emploi au profit en dormant. Au fait vous souvenez-vous de ces propos de Mitterrand, dénonçant ceux qui s'enrichissaient « en dormant ». Ce n'était que provisoirement passé de mode !
Mais je déblogue...

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P
Tout ce gachis pour préserver les profits des actionnaires. Ils font des choix désastreux et c'est le peuple qui paye.La crise c'est eux la solution c'est nous. Demain j'espére que nous serons des millions dans les rues pour dire aussi un non puissant à cette politique dévastatrice pour les plus faibles et favorisant les plus riches. (voir le bouclier fiscal) A quand un bouclier social!!!!
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