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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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AUX ARMEES DELINQUANTS!

Comment rester insensible aux déclarations royales ? Même si le risque existe d’être traduit en haute cour, il faut avoir le courage, une fois encore, de ne pas suivre l’opinion dominante. La "Reine des sondages" a parfaitement compris que, pour rester sur le trône de l’IFOP, de la SOFRES, d’IPSOS, ou du CSA, il devient indispensable de parler " peuple " et de lui offrir, il n’y a pas de miracle, ce qu’il aime entendre. L’idéal s’efface derrière l’approbation des poncifs colportés par les discussions politiques de comptoirs de bistrots. Dans le fond, chaque candidat(e) sait que c’est là que souvent se forgent les réputations, et qu’il faut en épouser les contours pour coller au terrain... et en tirer profit!
Dans une chronique précédente, j’avais annoncé cette dérive populiste, inévitable dans le contexte incontestable de droitisation de la France. On le sent, on le présume et on l’entend au quotidien. De partout monte le concept de l’inutilité de la prévention, de l’éducation, car seule la répression, correspond à la violence des faits rapportés par la télé. Hors de l’occupation des rues, des cours d’école, des centres commerciaux, des stades, des parkings par des compagnies de CRS, point de salut.
Dans une telle ambiance, le choix s’amenuise, car la marge de manœuvre entre popularité maintenue et respect des convictions devient mince et fragile. Ce sera d’ailleurs l’enjeu politique des prochaines années : qui aura la lucidité d’être à contre courant pour espérer récolter un jour le bénéfice de son courage ? Ils ne se bousculent pas au portillon…
Sur le problème de l’insécurité, la surenchère n’a donc pas fini de grimper au fur et à mesure que l’échéance présidentielle va se profiler. D’abord, celle des événements destinés à impressionner l’opinion publique. Les banlieues ne vont pas cesser, par miracle, de flamber, car absolument rien ne peut être résolu en quelques mois, et aucune mesure réelle n’a été mise en œuvre. Ensuite, la seule certitude qui parcourt les milieux généralement bien informés, c’est que la rentrée sociale ne sera pas de tout repos, tant le pouvoir d’achat va devenir la préoccupation omniprésente des salariés de tous bords. Les augmentations des énergies et des produits de première nécessité vont plonger des familles " fragilisées " par un endettement croissant, dans le désespoir. Enfin, les solutions proposées devront forcément rassurer par leur sévérité certes inapplicable,  mais dans le fond utile aux effets d’annonce.
Il est vrai que tout est parti très vite, certainement trop vite. La " Formule un", bleu de France, a brûlé le feu de départ, croyant ainsi s’assurer un avantage définitif. Elle a simplement laissé de la gomme sur la piste des présidentiables pour se planter dans… le premier virage à droite, et terminer dans le décor présidentiel. D’autant qu’aussitôt, ses poursuivants ont vite exploité l’erreur de pilotage ! Ils savent que les moteurs les plus performants sont ceux qui tiennent la distance… et que les passages répétés au " stand " pour se ravitailler en idées doivent être proscrits, car ils coûtent en temps et plus encore comportent des risques.
AUCUNE MESURE MIRACLE
Sur la délinquance des mineurs, il faudrait avoir le courage de reconnaître qu’il n’existe aucune mesure miracle. Tous les responsables de terrain, qui côtoient les jeunes, autrement que sur la base de généralités absurdes, savent que le problème global est celui de la responsabilité individuelle. Celles et ceux qui créent des difficultés sont le plus souvent totalement étrangers à cette notion, qui ne leur a jamais été inculquée. Ils ne se positionnent pas par rapport à des repères familiaux ou civiques, car ils ne se sont jamais heurté aux limites d’une culture en déliquescence.
Chaque fois que la collectivité a eu maille à partir avec l’un d’entre eux, sur Créon, je me suis systématiquement porté partie civile, afin de vérifier la manière dont se déroulait le processus de la sanction. Et, quasiment toujours, j’ai par exemple, constaté que le (c’est souvent le cas) ou les (extrêmement rares) parent(s) n’accompagnaient pas le mineur au tribunal, ou dans les démarches de médiation. Contrairement au "décret royal", je refuse la mise sous régime militaire, car elle n’aura, comme conséquence, que le durcissement de la position de " résistance " de la personne qui y sera expédiée. En revanche, je suis convaincu que la seule manière de conforter l’autorité parentale réside dans "la convocation simultanée".
Le(s) parent(s) réputé(s) responsables des agissements de leur progéniture devrai(en)t être systématiquement associé(s) à tous les stades de la procédure. Lors des rendez-vous de l’instruction, le jour du jugement, lors de la réparation, il serait obligatoire, pour eux, de se trouver aux côtés de leur fille ou de leur fils dans les face à face ou dans le box
Aucune excuse, aucune dispense, mais simplement la mise en place d’un rappel aux responsabilités qui sont les leurs, constituerait une première punition pour les coupables. La notion de sanction familiale par la mise sous tutelle des allocations familiales (ou pire leur suppression) n’offre aucun intérêt dans le cadre de la répression de la délinquance. Elle met uniquement en évidence le principe voulant que la seule valeur d’une " punition " repose sur les finances, et pas sur l’exemplarité sociale.
AFFICHAGE EN MAIRIE DES VERDICTS
Pourquoi ne pas imaginer que, comme on publie en mairie les permis de construire, les délibérations, les diverses décisions individuelles (mariage par exemple), le juge puisse décréter l’affichage en Mairie de verdicts relatifs à un délit ou une incivilité notoire ? Selon les cas, elle pourrait être identifiable ou anonyme, mais en tous cas cette procédure (appliquée aux délits de fraude fiscale ou de diffamation) effacerait cette contre vérité d’opinion dominante voulant que la justice… soit laxiste ! Les peines prononcées demeurent secrètes et perdent ainsi toute leur exemplarité.
Combien de fois ai-je entendu cette phrase : " de toutes manières ça sert à rien qu’on les poursuive, puisqu'on les relâche aussitôt et qu'ils n’ont rien… ". C’est tellement entré dans la " croyance " collective, que les jeunes eux-mêmes sont persuadés qu’ils ne risquent rien, et se révoltent au moment de la sanction, se croyant les victimes individuelles expiatoires d’une société injuste. Ce sentiment n’existerait pas si on accordait une " publicité " plus grande aux décisions de justice.
D’ailleurs, en rencontrant les adolescents et en ouvrant un vrai dialogue avec eux, on s’aperçoit qu’ils ont une méconnaissance totale du vocabulaire lié à la délinquance : incivilité, délit, crime (la quasi totalité des garçons ignorent qu’un viol est un crime…et ne savent même pas ce que recouvre la notion même de viol). Taguer un mur, dégrader un lampadaire, casser les vitres d’une bibliothèque, casser des panneaux de signalisation… ne relève pas, pour nombre d'entre eux, d’une dégradation d’édifice public… passible de prison. Et il en va ainsi de bien des actes commis sans en mesurer les conséquences pénales.
LEUR MOTIVATION SERA AU TOP
Les parents, qui ont parfois conservé une haine particulière du système scolaire, où ils ne sont pas allés ou qui les a placés en situation d’échec permanent dès l'école primaire, seront, soyez-en certains, très enclins à fréquenter assidûment, des "stages" dans des "écoles de parents" lors du "premier acte d'incivilité" de leur enfant. Ils seront convoqués sur leur temps de travail ou après, à des réunions… durant lesquelles des formateurs, triés sur le volet, leur expliqueront qu’ils doivent surveiller leur progéniture et plus encore comment il faut l' inciter à bien travailler au collège !. Sûr que leur motivation sera au top. On peut même imaginer des travaux pratiques (M6 a déjà réalisé le scénario) ou des interrogations écrites… Une mauvaise note entraînera peut-être des devoirs à effectuer à la maison, pendant que le fils ira rejoindre ses potes.
Le seul point royal avec lequel je suis absolument d’accord, c’est que la suppression du "service national" et pas du "service militaire" constitue une erreur. Réellement égalitaire (les exemptions finissaient par profiter à une classe sociale), il aurait, si on en redéfinissait les conditions (pas de maniement d’armes, filles aussi bien que garçons, proximité géographique, durée identique d’un trimestre, rémunération convenable) et les objectifs (mixité sociale effective, actions de solidarité concrètes, formation citoyenne intensive…) une véritable utilité fédératrice. Malheureusement, à cause de contingences budgétaires et pas du tout, comme on l'a dit, à cause de principes philosophiques, on a supprimé l’un des creusets de la société républicaine.
Mais au fait, de quel droit est-ce que je me permets d’avoir une vision différente de la voie royale ? Peut-être parce que je vis une  autre réalité… et que j’ai une âme de régicide rentrée.
Mais je déblogue…
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E
J'ai comme l'impression que JMD va encore se faire remettre en place par ses camarades du parti !
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B
Merci M Darmian pour votre plume accérée et votre humour éguisé.En effet il va être encore difficile au prochaine élection de savoir pour qui on vote...contre!Qui va nous proposé enfin une vrai politique sociale juste?et non pas des raccords de dernière minute.En tous cas, je suis heureux de vous lire tous les matins, vos articles sont les croissants avec mon café.Mercijlb
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