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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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TETUS COMME DES HOLLANDAIS

Deux pays européens avaient, par la voie d’un vote citoyen, refusé le traité constitutionnel européen : la France et les Pays Bas. Tous deux, successivement, n’avaient pas vu, dans un texte extrêmement complexe et libéral, la panacée pour construire une Europe sociale. Malheur leur en avait pris, car " médiacratie ", technocratie, " politocratie " et " bobocratie " ont fait chèrement payer à ces peuples incultes et obscurantistes leur position majoritaire. De partout, alors que nous devrions depuis quelques semaines vivre sous le régime de ce dispositif, les voix se sont élevées pour culpabiliser ceux qui étaient " demeurés " (dans toutes les acceptions du terme) dans le concept d’une autre vision européenne. Il se trouve que les Néerlandais viennent de boucler une campagne électorale, durant laquelle le problème est revenu à la surface : le 22 novembre, les partisans du Non ont infligé une nouvelle défaite, sans ambiguïté, à ceux qui les avaient traités de moins que rien ! Leur pays qui a institué une proportionnelle intégrale a largement réhabilité le concept du Non de gauche, mais je suis déjà certain que l’on n’en tirera aucune conséquence en France.
Il se trouve, en effet, que chez les Bataves, la zizanie la plus complète est sortie des urnes, plaçant la droite dans une situation complexe.
La coalition des Chrétiens démocrates (notre UDF) et du Parti libéral (UMP) a abandonné neuf sièges sur les 72 qu’elle possédait au sein du Parlement et n'a plus de majorité. Elle n’a pas vaincu le syndrome du référendum qui disait-on, là-bas aussi, n’était qu’une pâle reproduction de la position française… Mieux, la gauche social-démocrate, qui avait appelé à soutenir le traité, a essuyé une défaite encore plus cuisante, en laissant dans ces législatives… 10 sièges en rade (21 % des voix). Alors qu’elle était la première force d’opposition, elle a subi une déroute qui met le Parti travailliste en fâcheuse posture, et surtout dans l’incapacité de présenter une alternative majoritaire. L ‘ex camp du Oui a été taillé en pièces.
La surprise est donc venue de l’extraordinaire bond en avant de "la gauche de la gauche" farouchement antilibérale, dans un pays qui ne passe pas pour très avant-gardiste. C’est ainsi que le Parti socialiste (SP), qui avait été très nettement anti-traité européen et que l’on disait en début de campagne, dans les sondages, archaïque, ringardisé, prônant des valeurs oubliées, se retrouve avec 26 sièges contre… 9 antérieurement. Il prônait un pays " plus humaniste, plus social et plus solidaire " (vous vous rendez compte) et, surtout il rappelait son hostilité totale à l’Europe actuelle et future… Et là, impossible d’évoquer une situation à la française, puisque chaque voix est désormais comptabilisée dans son propre camp. Inutile d'avoir recours à des sondages pour départager les fameux "non d’extrême gauche, de gauche, de droite ou les honteux d ‘extrême droite"… Le verdict est net et sans bavure, puisque selon une analyse des résultats, ces prises de position ont réellement recueilli une adhésion populaire précise, tuant même en partie le camp populiste qui proliférait depuis des décennies. En revanche, les tenants des thèses les plus dures sur l’immigration ont raflé 9 sièges, et c’est l’autre leçon de ce scrutin hollandais. Chacun en pensera ce qu’il veut !

LE PEUPLE N’AURAIT PAS TOUJOURS RAISON
Certes, j’entends par avance les chatouilleux du oui qui vont encore une fois clamer que le Peuple n’aurait pas toujours raison, mais là, ce qui devrait les inquiéter c’est qu’aux Pays Bas il a effectué belote et re-belote pratiquement dans les mêmes circonstances que celles qui nous attendent. D’ailleurs, j’ai remarqué que dans les quatre sujets des débats citoyens qui attend le peuple de gauche … L’Europe n’a pas été inscrite comme une priorité royale, à moins que d’ici dimanche le tir soit rectifié. Je suis de ceux qui pensent que la situation économique actuelle (croissance très faible voire nulle, une absence dramatique de création d’emplois), la montée de conflits latents au Moyen Orient, une insécurité non jugulée, une Europe engluée dans l’élargissement turc, le désengagement militaire en Irak, ne vont pas favoriser un vote " ventre mou " sur des images d’Epinal !
Grand gagnant, le Parti socialiste néerlandais a de lointaines racines… maoïstes et avait efficacement mené campagne contre le Traité constitutionnel européen au printemps 2005. Il jubile de sa percée spectaculaire, avec 16,6% des suffrages, un score jamais atteint dans l’histoire récente des Pays Bas. Il a su capter le mécontentement social, muselé par les contraintes économiques pesant sur les ménages. Le vote remplace une fois encore la grève que l’on ne sait plus ou ne peut plus faire. Pour l'éditorialiste du journal Volkskrant (gauche), "la victoire est chez ceux qui ont mené la politique d'opposition la plus reconnaissable (...) Ce n'est pas un hasard si ce sont aussi les partis qui, l'an dernier, ont mené une campagne fructueuse contre la Constitution européenne, qui progressent le plus". Ce constat mériterait une analyse pointue de la part des médias français car, une fois encore, il n’est pas certain qu’ils aient compris ce que pensent leurs lecteurs, les auditeurs, les téléspectateurs, de la situation politique réelle. Ils ne vont peut-être pas longtemps, la trêve des confiseurs passée, se contenter des apparences !

LA COHABITATION N’A PAS DEPLU
Le parlement néerlandais a explosé. Il a témoigné des hésitations d’une société qui pourtant ne se trouve pas aussi fortement que chez nous dans la précarité. Une théorie court donc les rédactions parisiennes sur le fait que le vote en faveur d’un Président de la République en France pourrait, pour la première fois dans l’histoire, être différent de celui des législatives qui suivront à peine six semaines plus tard.
La cohabitation n’a pas déplu aux Françaises et au Français, car elle a permis dans tous les cas d’éviter le déluge actuel de mesures impopulaires. Il se pourrait donc, d’après certaines simulations, que Nicolas Sarkozy gagne et se retrouve sans majorité au Palais Bourbon, ou que Ségolène Royal l’emporte mais ne dispose pas de la Gauche plurielle pour la soutenir… si un trop grand fossé se creuse entre la tendance social-démocrate triomphante et la gauche d’une Gauche qui peut cumuler 15 à 20 % des voix au premier tour.
Il n’est pas certain que les couches sociales qui avaient voté négativement le 29 avril viennent spontanément se présenter dans les " débats citoyens " qui vont se mettre en place dans les prochains jours. Ils vivront, repliés sur eux-même, avec le souvenir de l'échec infligé à l'opinion dominante que l'on a voulu de force leur imposer.
LA MAYONNAISE NE PREND PAS
Les retraités à la dérive, en raison du coût des services à la personne, les salariés qui ne peuvent plus faire face à leurs dépenses obligatoires, les couples éclatés sans " double " logement, les ouvriers craignant des licenciements dans la sous-traitance EADS, les viticulteurs pourchassés par les banquiers, les enseignants confrontés à la violence, n’auront peut-être pas la motivation des adhérent(e)s du PS.
Déjà que certains parmi ces derniers, pourtant extrêmement mobilisés, trouvent qu’il y a trop de réunions, trop d’heures volées à leur douce vie familiale, critiquent ouvertement les rencontres d’information et n’y participent pas, au prétexte qu’ils n’y jouent pas le rôle qu’ils ambitionnent, le risque est grand que la mayonnaise ne prenne pas facilement. Elle avait cependant monté de manière intéressante dans les mois précédant le débat sur le traité constitutionnel européen.
J’avais personnellement beaucoup appris dans des réunions forums, où les idées émises ne tournaient justement pas sur l’opinion dominante, mais sur les réalités quotidiennes qui permettaient de s’en construire une autre. Ce serait terrible si l’on fermait la porte au doute, aux opinions réputées minoritaires, au retour sur le débat interne qui est pourtant réputé clos. Si celui sur les personnes est terminé, celui sur les idées ne peut pas l’être, sous peine d’aller dans le mur !
Les certitudes se forgent malheureusement trop souvent dans des circuits fermés, où l’on accuse froidement les élus de trop en faire, plus fréquemment de ne pas assez écouter avant de faire, ou au pire de faire ce que l’on voudrait ne pas avoir à faire… De retour du Congrès des maires, où justement le seul intérêt consiste à sortir du confort de ses a priori, je suis certain que la démarche d’avant le 29 avril est la seule qui permettrait de connaître la réalité du terrain. Surtout après le verdict des urnes néerlandaises.
Mais je déblogue…
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E
Cela ne m'étonne pas Jacques ! Viens plutôt voir le mien, il y a moins de conneries dessus ! ;-)
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J
Mais bien sûr que OUI, Marc! J'irai voir ... Je visite régulièrement le blog d'IES!
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E
Non merci !
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M
Pour répondre aux "NON" hollandais et Français, six leaders européens lancent un "Appel de Florence"....Vous le trouverez sur le blog d'IES, si vous le voulez bien...
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R
Tout d' abord, la situation neerlandaise n' a rien à voir avec celle de notre pays. Je vous rappelle qu' il regne une belle pagaille dans la vie politique depuis l'assassinat de Pim Fortuyn suivi d'un score record aux elections precedentes pour son parti comparable au FN en France. Les extremes s'assemblent et, l' emotion passée, il n'est pas illogioque que beaucoup d'electeurs d'extreme droite soient passés de l'autre coté.<br /> Par ailleurs, si le peuple europeen a raison, suivons le ! Il a voté en majorité pour la constitution européenne.
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