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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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CLEARSTREAM : L'AFFAIRE EAU DE BOUDIN

L’affaire " courant clair " servira probablement de matière à un livre assez volumineux, écrit par des journalistes d’investigation, après les présidentielles. Ils retraceront les méandres d’un volet de la fin du mandat peu glorieux de Jacques Chirac, qui demeurera, quoi qu’il arrive, archivé au rayon des secrets d’Etat, tant tout le monde s’emploie à compliquer les événements réels et surtout à jouer sur les mots.
En France, le mot vérité n’existe plus, en effet, puisque chacun à sa manière s’efforce de manipuler les médias par des révélations calculées, des affirmations péremptoires, des dissimulations grossières, en partant du principe que personne ne tentera (et surtout pas la télévision) de percer le mystère de certains comportements. Depuis quelques semaines, lentement mais sûrement, on enlise une sombre tentative de manipulation politique dans les sables mouvants des procédures judiciaires. Les juges espèrent avoir, face à eux, des ministres suicidaires qui vont avouer tout de go comment ils auraient trempé dans une machination à double détente… destinée à discréditer les uns ou les autres. Alors que, quand les faits sont avérés, que l’on apporte toutes les preuves matérielles, les supposés coupables échappent par des arguties de procédure ou par des silences opportuns aux sanctions que l’on infligerait sans aucun état d’âme à n’importe quel autre citoyen.
Si vous prenez l’affaire Cleartream, elle n’est pourtant pas très compliquée à décoder : le clan Chirac, sachant la vérité sur la lessiveuse Cleartsream et connaissant parfaitement la manière dont elle fonctionne, décide, un beau matin, de " tuer " dans l’œuf des velléités présidentielles de celui qu’elle est obligée de promouvoir, tout en souhaitant le voir passer à la trappe. Au passage, elle noie le poisson Sarkozy dans le bouillon d’une liste codée truquée avec le secours des services secrets. Le principe se résume ainsi " qui veut tuer son chien l’accuse de la rage ! " ou s’évertue à lui donner l’apparence d’un enragé ! Voici donc un scénario totalement invraisemblable de cette affaire... que je vous demande de ne pas prendre au sérieux!
LES DETAILS DE L’ATTENTAT QUI SE PREPARE
Le problème viendra du fait que dès le début, la " victime " potentielle apprend, grâce à sa fonction et à quelques trahisons de cour, les détails de l’attentat qui se prépare. Il laisse bien tous les protagonistes s’engager dans les tripatouillages qu’ils ont montés. Il se prépare à passer du statut peu enviable de " coupable accusé à tort " à celui de " victime réhabilité par les faits ". Toute la subtilité de Cleartream repose sur ce cheminement soigneusement préparé. L’un des participants à toutes les réunions du complot prend soigneusement des notes au cas où un jour la " bombe " lui exploserait à la tête. Il se couvre aussi en jouant double jeu.
Quand il est certain de son fait et qu’il estime que le moment du tir est opportun, Sarkozy laisse filtrer, grâce aux méthodes habituelles de la Place Beauvau, des bribes de ce qu’il sait…pour lancer la chasse aux faux ! Un savant dosage mené par des spécialistes de la désinformation, dont on ne souligne pas assez le rôle capital dans notre société médiatique. Il sait, lui, que les listings ont été fabriqués. Il connaît les arcanes de ce que les autres ont voulu être une condamnation à mort. Il la retourne contre eux. Il pratique l’effet boomerang. Partout dans les grands quotidiens, les hebdomadaires, paraissent alors des extraits d’audition, des preuves matérielles, des théories justes… qui accule la justice à engager des procédures diverses. Les entourages des comploteurs trinquent les uns après les autres et ce pauvre Denis Robert, qui est dans le fond à l’origine de l’affaire,en prend plein la gueule pour avoir débusqué le système. Malheur à celui par qui le scandale arrive !
Les juges ne savent plus où donner de la tête, tellement on leur apporte d’éléments matériels sur les agissements des ministres… qui bizarrement sont tous des ennemis, tous de la mouvance Chirac, tous plus faux culs les un(e)s que les autres quand ils sont devant un micro ou une caméra. Ils font semblant de jouer aux durs, en auditionnant tout ce beau monde sous l’œil goguenard et jubilatoire du " ministre-président-candidat " qui sait que jamais on ne touchera un cheveu de leur tête, mais que médiatiquement l’impact fera des dégâts irrémédiables.
L’AFFAIRE COURANT CLAIR VIRERA EN EAU DE BOUDIN
Sarkozy les tient en respect, prêt à dégainer encore quelques révélations au cas où, avant le 14 janvier, il leur viendrait à l’idée de bouger. MAM a intérêt à se tenir à distance, et le " vieux " à rengainer ses remontrances éventuelles. L’affaire " courant clair " virera en eau de boudin, et seuls les lampistes finiront par prendre des peines de principe. Le seul qui risque gros demeure le journaliste qui aura osé rompre l’omerta sur la blanchiment des fonds via le Luxembourg. Lui, en revanche, il est identifié, acculé à la ruine, privé d’emploi et de revenus. Les autres se moquent pas mal de la justice mais cherchent surtout pasr médias interposés à gommer les faits qui leur sont reprochés.
Dominique de Villepin a donc, pour sa part, nié toute volonté de manipulation dans cette affaire et a affirmé que le président Chirac était resté totalement hors de l'affaire… C’est pas très clair, quand on connaît le fonctionnement des Renseignements généraux,  de découvrir un Président de la République qui… ne sait rien ! Les HLM de Paris : il n’a rien vu ! Les faux électeurs parisiens : il n’en a jamais entendu parler ! Les faux emplois du RPR : il n’a jamais été informé ! Voici un homme, plébiscité par les Françaises et les Français, qui n’a rien entendu, n’a jamais rien dit, et qui n'a surtout vu personne ! On peut avoir confiance en lui pour diriger un pays de sourds, d’aveugles,  et de muets. L’Elysée est le seul endroit du pouvoir où l’on ne sait rien sur rien… Et dire, qu’une fois encore, cela va marcher et qu’avec Noël qui approche la France profonde aura oublié les miasmes de " Clearstream " pour se plonger sous le sapin, vers la dinde aux marrons et la bûche pâtissière congelée !
Personne ne se pose cependant ce matin la vraie question : comment Le Monde, daté d’aujourd’hui, peut-il avoir, en partie, quelques heures après leur transcription, le texte de l’audition du Premier Ministre de la France, ayant témoigné devant des juges soumis au secret de l’Instruction ? Le fait que le Ministre de la justice ait rejoint le comité de soutien à Nicolas Sarkozy est totalement étranger à cette nouvelle fuite. Qui osera dire que de Matignon, pour tenter d’éteindre l’incendie, aucun " bleu " n’est parti vers Le Monde… Tenez, attendez demain et le Journal du dimanche, et vous aurez la seconde livraison !
UNE VICTIME DE L’AFFAIRE
Dominique Galouzeau de Villepin s'est en effet présenté en victime de l'affaire devant ses juges bourreaux qui l’ont épuisé durant 17 heures. "Je regrette l'instrumentalisation politique et médiatique qui a été faite (de ce dossier), qui a modifié en profondeur la perception que l'on pouvait avoir du rôle de certains acteurs en en particulier du mien", a-t-il dit, le pauvre , après avoir répondu (imaginez un peu le supplice) à près de 170 questions. Il a réfuté un par un les éléments de la procédure que lui présentaient les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, susceptibles d'accréditer l'idée d'un complot contre… Nicolas Sarkozy et de conduire à une mise en cause pour "recel de faux", "usage de faux", voire "dénonciation calomnieuse". De toutes manières, personne ne peut croire qu’il sera mis en examen pour ces babioles.
La procédure a pourtant nettement établi que Dominique de Villepin avait tenu une réunion sur ces listings le 9 janvier 2004, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères, avec le vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, porteur des listings et le spécialiste du renseignement, le général Philippe Rondot. Dominique de Villepin nie avoir eu en mains les listings (NDLR : il dit sûrement vrai, ce sont les autres, autour de la table qui les avaient mais lui ne les a pas touchés) : "A aucun moment, cette liste que vous me présentez ne m'a été donnée et je ne l'ai pas consultée, je n'ai pas pris de listing, je n'ai pas regardé de listing", dit-il. Il assure aussi n'avoir pas demandé d'enquête : "je n'ai pas confié au général Rondot de mission. Je lui ai demandé de me tenir informé (...) des développements qui pouvaient concerner le ministère des Affaires étrangères".
Le Premier ministre affirme aussi ne pas connaître le cadre d'EADS Imad Lahoud, à qui l'accusation impute la falsification. Lorsque ce dernier était en garde à vue dans une autre affaire en mars 2004, il nie avoir demandé au général Rondot, comme l'affirme ce dernier, être intervenu pour le faire libérer. Il y a eu un échange à ce sujet, reconnaît-il toutefois. "J'ai coupé court à la conversation par une formule qui devait être du type : " voyez ce qu'il en est ", explique-t-il. Contredisant aussi de nombreuses notes du général Rondot, Dominique de Villepin assure que le nom de Nicolas Sarkozy n'est jamais apparu en janvier 2004, mais seulement en juillet 2004, date à laquelle il a demandé une seconde enquête à la DST.
Contrairement à ce qu'a indiqué aussi le général Rondot (qui décidément était peu fiable), selon lequel Dominique de Villepin se prévalait sur l'affaire d'instructions directes de Jacques Chirac dès janvier 2004, le chef du gouvernement assure n'avoir jamais parlé directement de Clearstream avec l'Elysée. Selon lui, le chef de l'Etat avait seulement donné des instructions générales. "Le président de la République avait insisté auprès de moi pour que je sois vigilant sur tout ce qui touchait… la moralisation de la vie économique internationale". En l’occurrence le premier des Ministres a bien choisi son qualificatif car il a parlé aux juges de la vie économique " internationale " (sic) mais surtout pas " nationale " afin de rester dans sa fonction et surtout pour être crédible. Car s’il avait avoué que Chirac voulait moraliser la vie politique française, il aurait fait un " authentique faux témoignage ". C’est trop de boulot pour lui et ça reviendrait à condamner la France à croire éternellement au père Noël !
Mais je déblogue…
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