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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE JOUR DU CLOPIN-CLOPANT

A partir de ce matin, il faudra oublier le fameux principe voulant qu’il n’y ait point de fumée sans feu. Il sera à remplacer par "feue la fumée" puisque nous entrons dans l’année un après J.C. (je clope) et que si certaines et certains doivent en griller une, ce ne pourra être qu’en allant dehors. C’est un nouvel air qui débute, avec pour les uns la satisfaction de le respirer à plein poumons, et pour les autres, la frustration de ne plus pouvoir mégoter à loisir. Dès l’aube,deux mondes qui ne se supportent plus, vont pouvoir se séparer, forcément dans la douleur, car il existe des victoires dont on est certain qu’elles provoqueront d’inévitables rebellions.
Impossible, en pareille époque, qu’il n’y ait point des résistants prêts à mettre leur environnement à feu et à sang, sous prétexte qu’on leur interdit d’exercer librement leur droit au suicide. Ils vont ostensiblement en allumer une, comme le feraient ces condamnés lors de leur dernier moment avant d’aller rendre leur ultime souffle au bourreau. Dans un défi anarchiste à un décret qu’ils estiment forcément néfaste pour leur équilibre psychique, ils goûteront à ce délice consistant à braver goulûment l’ordre établi. Les moins audacieux ne lâcheront les volutes de leur cigarette que dissimulés dans un recoin discret, avec l’espoir que leurs émanations tabagiques ne seront pas repérables par des censeurs zélés. La guerre de la cibiche va donc faire rage, au nom de la liberté pour les enfumés à prétendre à une atmosphère qui n’ait pas sale gueule !
En fait, toute interdiction ne résiste à l’épreuve du temps que si elle s’accompagne d’une sanction possible. Or véritablement, nul n’est encore capable d’expliquer la manière d’empêcher un pyromane de mettre le feu aux poudres dans un espace public. On voit mal les Renseignements généraux ouvrir un dossier pour terrorisme, par attentat suicide à la cigarette. Il serait étonnant que les policiers envoient un fourgon pour placer en cellule de dégrisement celui qui aura fait une consommation coupable de Malboro filtres. On voit encore mal un duo de gendarmes pénétrer dans un établissement scolaire pour interpeller un dangereux fumiste, tellement leur nombre a progressé depuis quelques années. Enfin, il n’entre pas dans les missions des sapeurs-pompiers d’intervenir sur un incendie de Camel extra douces. Il reste le maire. On pourra toujours lui adresser une lettre anonyme pour dénoncer un réfractaire du sans tabac. Aucune autre solution ne paraît efficace, car tout le monde sait que l’addiction à un produit illicite conduit aux pires dérives, et que rien ne saurait y faire renoncer les plus atteints.
 
175 000 SURVEILLANTS DE FUMEURS
Depuis hier soir minuit, il est pourtant interdit de fumer dans "tous les lieux fermés et couverts qui accueillent du public et qui constituent des lieux de travail. Ainsi en est-il dans les moyens de transports collectifs, dans les espaces non couverts des écoles, collèges, lycées, [...] ainsi que dans les établissements destinés à l'accueil, à la formation ou à l'hébergement". En revanche, il sera possible de fumer dans des "salles closes, affectées à la consommation de tabac et dans lesquelles aucune prestation de service n'est délivrée"."sont des transports particuliers de personnes, et non des moyens de transport collectif". 175 000 agents seront habilités à contrôler l'application de la réglementation et à verbaliser les contrevenants. C’est dire si nous allons avoir besoin de ces fonctionnaires que tout le monde veut supprimer ! Ou dans les taxis, puisque ce
Une cigarette allumée "hors des emplacements réservés à cet effet", et le fumeur sera sanctionné par une contravention de troisième classe forfaitisée de 68 €. Mais, si les emplacements réservés aux fumeurs ne sont pas aux normes, si la signalétique fait défaut et si tout a été fait sciemment pour "favoriser la violation de l'interdiction de fumer", il en coûtera alors une contravention de quatrième classe de 135 € pour le responsable des lieux. Il y a fort à parier que les premières sanctions porteront sur cette situation bien plus que les autres. En effet, peu de décideurs vont investir dans un espace spécifique, alors que les panonceaux interdisant de s’enfumer librement sont devenus introuvables depuis plusieurs semaines. Il y aura en effet de moins en moins de candidats à la mort anticipée, tant tout sera fait pour les mettre à la porte des lieux fréquentés par le public.
On comptait en effet fin 2006 chez les 15 - 75 ans 31,8% de fumeurs, contre 31,2% en 2004, 30,4% en 2003 et 34,5% en 1999, selon une étude de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, réalisée du 3 octobre au 10 novembre 2006. 48,5% des 18 - 25 ans fumaient en 2006 (47,5% en 1999). La prévalence pour cette tranche d'âge avait chuté à 40,3% en 2003. On estime par contre à 25 millions le nombre de Françaises et de Français intoxiqués par celles et ceux qui avancent clopin-clopant
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UN PERMIS DE FUMER
On pourrait imaginer un permis de fumer payant à points sur le principe de celui qui autorise à mal se conduire sur la route. Il serait brûlé en place publique le jour où son propriétaire aurait perdu son pactole initial. On lui accorderait la dernière cigarette du condamné avant de le contraindre à abandonner définitivement son véhicule vers le bonheur. La mesure ferait un véritable tabac surtout si on peut imaginer qu’un automobiliste fumant au volant en roulant à 55 km/h dans un village, et utilisant son téléphone portable (ne vous y méprenez pas : il y en a sûrement !) se ferait… descendre immédiatement.
Le gouvernement met le paquet pour, dans le fond… diminuer les recettes de l’Etat car on oublie trop souvent que le premier bénéficiaire du tabagisme, comme de la consommation d’alcool, comme de l’addiction au jeu n’est autre que le ministre des finances qui taxe à mort ces créneaux jusque là extrêmement porteurs, puisque le total de ces taxes approcherait en 2006 plus de 15 milliards d’Euros. Pour la première fois depuis 2002, qui marquait le début d’une forte hausse des prix, la consommation de tabac avait recommencé à augmenter en France en 2006, selon les chiffres publiés par la Confédération des débitants de tabac de France.
Les ventes avaient ainsi progressé de 2,8% sur les cinq premiers mois de 2006 par rapport à la même période de 2005. Le marché avait reculé de 0,4% en volume en 2005 par rapport à 2004 et de 32% entre début 2003 et fin 2004. Les ventes de cigarettes avaient également augmenté de 3,2% en volume (+5,8% pour les blondes, -10,5% pour les brunes) et de 5,45% en valeur. Plus de la moitié des départements métropolitains avaient enregistré une hausse supérieure à 5% pour les cigarettes. Quinze autres, notamment dans le grand Sud-ouest et dans le Nord, où les achats transfrontaliers en Espagne et en Belgique sont favorisés, étaient en revanche en recul sur les mêmes périodes. C’est donc un gros manque à gagner pour les finances publiques, mais probablement un bonus dans des décennies pour la Sécurité sociale.
UN ABSENTEISME TABAGIQUE PREJUDICIABLE
Non d’une pipe ça va donc chauffer dès aujourd’hui dans certains bureaux. Celles et ceux qui ne se parlent plus depuis des lustres vont continuer à se faire la gueule et celles et ceux qui échangeaient encore un peu vont rapidement se fâcher en voyant leurs collègues fumeurs s’éclipser pour en griller une devant la porte. On va sortir les chronomètres afin de mesurer l’absentéisme tabagique préjudiciable à la fameuse rentabilité de l’entreprise. Par ailleurs, selon les régions, un petit tour dehors en bonnet, en gants, et en parka, en plein hiver, favorisera les rhumes, les angines ou les bronchites… Autant de problèmes que le décret n’a pas prévu.
En ce qui me concerne, je suis heureux de cette décision, car je n’ai pas touché à la moindre dose de tabac depuis 40 ans. Ma pipe a été rangée au rayon des objets symboliques d’une jeunesse marquée par l’exemple de Brassens. J’adorais l’odeur de l’Amsterdamer grillant dans le foyer d’une bouffarde en bruyère. Elle a disparu de la planète avec la mise en évidence des dangers de ces drogues officielles qui permettaient pourtant à de nombreuses personnes de vivre.
L’odeur du tabac reste, en effet, pour moi celle des veillées chez mon grand-père et mon oncle qui appartenaient, à Sadirac, à un groupe de producteurs avant-gardistes. Patiemment, toute la famille, en hiver, lissait les longues feuilles patiemment séchées pour constituer des " manoques " homogènes destinées à être livrées à Tonneins. Vivre durant des heures dans cette odeur de tabac froid, pénétrante, constituait la meilleure manière d’en dégoûter les novices. Il me restera également des images. Celle de mon grand-père arrêtant son attelage pour " s’en rouler une " en sortant un paquet de tabac gris et un paquet de papier job. Celle de mon père, qui avait un goût prononcé pour les "Balto", qu’il me fallait parfois aller lui quérir dans un bureau de tabac tenu par un ancien de 14-18 et sa femme, maîtresse femme. Celle de cette guerre permanente, à l’Ecole normale, entre les fumeurs de gauloises, de Gitanes filtres ou papier, maïs affirmant leur attachement à une vision populaire de l’acte, et celle des élégants, les bécheurs, tirant sur une Camel.
Il y avait en effet une typologie sociale, un engagement politique, qui correspondaient à chaque choix de cigarettes, et  observer le paquet sorti d’une poche illustrait à coup sûr la tendance politique de son utilisateur. Chaque volute de fumée portait donc, parfois, un idéal. Lentement, la symbolique s’est estompée… pour laisser la place à la course au profit menée par des fabricants soucieux de plaire et de faire consommer, au mépris de la santé de leur clientèle. Désormais ils ont été rattrapés par leurs abus.
Mais je déblogue…
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O
Un article fumeux ;-)
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R
Plaisant ces jeux de mots bien sentis!<br />  <br /> <br /> Le jour de la mise en application de l'interdiction de fumer dans les lieux publics, un fumeur de pipe écolo. se déclare candidat sans doute pour mettre un peu plus le feu à gauche!<br />  <br /> <br /> Savoir si le PS tel le phénix….<br />  <br /> <br /> Pour le tabac comme pour le reste, la seule chose hélas que nous comprenions clairement c'est d'être touchés au porte-monnaie!<br />  <br /> <br /> Donc il serait souhaitable de doubler encore le prix des paquets! Et que le surplus aille dans les caisses de la Sécu qui est grevée par les dépenses de santé liées au tabac.<br />  <br /> <br /> Seulement il faudrait aussi appliquer la même politique dans les autres pays européens (pas facile avec le Non) comme par exemple l'Espagne où beaucoup vont s'approvisionner à moindre frais mais en parcourrant quelques centaines de km. Leurs voitures fument aussi, polluant un peu plus la planète, mais qu'importe le plein en Espagne est moins taxé!<br />  <br /> <br /> Ceux qui usent du tabac ne sont pas contents, comme les buralistes qui le vendent, et les agriculteurs qui le produisent, quant aux multinationales du tabac elles ont de nouveaux marchés, les pays en voie de développement!<br />  <br /> <br /> A quand les manifestations des pompes funèbres qui ne pourront pas atteindre leurs objectifs de croissance!<br />  <br />
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S
Dans son édition du 31 janvier 2007, Le Parisien publie une interview de Lilian Thuram.<br /> Celui-ci y raconte son entrevue avec N. Sarkozy, en 2005, après les émeutes.<br /> <br />  <br /> <br /> Selon le footballeur, N. Sarkozy lui aurait tenu ces propos: "M. Thuram, ceux qui créent les problèmes en banlieue, ce sont les noirs et les arabes".<br /> <br />  <br /> <br /> Je pense qu'il serait important de diffuser cette information.<br /> <br /> http://fr.news.yahoo.com/31012007/202/thuram-sarkozy-a-une-vision-raciale-des-gens.html
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E
Certains vont ainsi, peut-être, enfin se rendre compte de leur état "d'esclave" !<br /> http://web.mac.com/ericmouchet/iWeb/Site%20Perso/Nouveau%20Blog/F0C153CB-8DBF-47A1-ABD7-C0019AECCCB9.html
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