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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA COURSE AU TRESOR

Il faut bien avouer que si l’on voulait un exemple frappant des dérives du monde économique, on prendrait EADS. Quasiment chaque semaine, depuis maintenant un an, on découvre un pan de la gestion apocalyptique de cette entreprise qui fut pourtant jugée parfaite durant une décennie. La perversion de l’auto gratification imméritée a été élevée en système exemplaire et les révélations se succèdent alors que, chaque fois que des journaux indépendants, ont tenté d’informer les citoyens, les démentis les plus formels étaient opposés. Un voile pudique était jeté sur les dérives de la sécurisation des copains. Mais comme toujours la vérité finit par rattraper les protagonistes d’une distribution les millions d’Euros comme on attribue des prébendes institutionnalisées. Le héros de cette saga des parachutes dits dorés n’est autre que Noël Forgeard. Un homme réputé remarquable durant longtemps par ses copains qui l’avaient placé dans un fauteuil exceptionnel. Il a pourtant profité en cascade de la mansuétude de ses promoteurs pour se gaver des avantages les plus scandaleux. Au nom du libéralisme triomphant il a cumulé les pactoles.
D’abord la vente d'actions Airbus à laquelle il avait procédé, 3 mois avant l'annonce des retards de l'avion géant, a été perçue comme légitimant une enquête. Noël Forgeard en a en effet retiré une plus-value colossale. Le 20 juin dernier, l'Association des petits porteurs actifs d'EADS a déposé plainte pour " délit d'initié " et " diffusion de fausses informations ". Réalisées 3 mois… avant la chute de son cours, ses plus-values sur les actions EADS se montent à 2,5 millions d'€. Ce montant a été rendu possible par la forte valorisation du titre EADS entre l'octroi des stock-options et leur exercice, laps de temps qui correspond à la forte croissance connue par Airbus. Avec le co-président d'EADS, d'autres membres du groupe sont visés dans cette affaire ainsi que les groupes Damler-Chrysler (actionnaire allemand d’EADS) géré par Arnaud Lagradère, copain de qui vous savez, qui ont chacun annoncé fin mars 2006 la cession de 7,5% du capital d'EADS (environ 2 milliards d'€).
Déjà échaudés par des plus-values scandaleuses récentes, les médias et les politiques ont dénoncé le système des stocks-options, ce qui, mêlé à une guerre interne franco-allemande, à la fermeture douloureuse de la SOGERMA et à l'affaire Clearstream qui a remué les sphères supérieures de l'État et dans laquelle un cadre d'EADS s'est compromis, précipite la chute de Noël Forgeard. La crise à la tête a débouché sur un débat public quant aux rémunérations élevées des grands patrons français et au système des stock options pour les dirigeants de grandes entreprises. Le conseil d'administration d'EADS octroiera à Noël Forgeard une… indemnité de licenciement de 8,4 millions d'€ et défraiera ainsi la chronique électorale du scrutin présidentiel.
LES PATRONS DES ENTREPRISES QUI REUSSISSENT
Une fois connu du public, le montant de cette indemnité de licenciement a en effet provoqué un scandale retentissant et de vives réactions et de tous les autres candidats à l'élection présidentielle de 2007. Nicolas Sarkozy dans une attitude paradoxale, expliqua qu'il fallait réserver les grandes rémunérations aux patrons des entreprises qui réussissent, critiquant ainsi EADS pour le montant des indemnités accordées et encourageant les rémunérations à la réussite, type stock-options, qui ont pourtant entraîné le licenciement de Forgeard.
Ségolène Royal, elle, estimera qu'Airbus est en faillite, commettant certainement une erreur d'appréciation sur la situation industrielle de l'entreprise (en crise mais bien en vie). Elle estima que cette "faillite" était imputable à l'ex co-président d'EADS (2006) et d'Airbus (1998-2005). François Hollande mettra violemment en cause le gouvernement de droite pour sa participation au conseil d'administration ayant accordé les indemnités négociées pourtant en 2000 par le gouvernement Jospin lors de la signature du contrat de ce brillant dirigeant grassement récompensé de son échec !.
Outre la volonté réformatrice sincère et bilatérale sur les rémunérations choquantes, à droite comme à gauche, on est aussi probablement heureux d'économiser un débat sur les problèmes de gouvernance d'EADS, chacun étant en cause (la gauche pour la mise en place du pacte d'actionnaire, la droite pour sa gestion depuis 5 ans). Il y a quelques heures la présidente du MEDEF n’a d’ailleurs pas dit autre chose en sommant EADS de balayer dans sa maison, au plus haut niveau, sous peine de discréditer totalement le patronat français. Laurence Parisot a appelé hier EADS à "mettre de l'ordre dans sa gouvernance", après les informations du magazine "Capital" selon lesquelles le directeur général délégué du groupe, Jean-Paul Gut, réclamerait de confortables indemnités de départ.
"J'étais vraiment fumasse en entendant cela. Je souhaiterais vraiment qu'EADS mette de l'ordre dans sa gouvernance", a lancé la patronne des patrons lors de sa conférence de presse mensuelle.
"Ou ce qui est dit, le chiffre dont on parle, est juste et justifié, et il est de la responsabilité d'EADS de communiquer et de s'expliquer en toute transparence. Ou ce qui est dit n'est pas vrai et relève de la rumeur malveillante, et il faut le faire savoir au plus vite. Ou alors, ce n'est pas justifié et dans ce cas, la direction doit prendre ses responsabilités", a-t-elle ajouté. Dont acte. On accusera la Gauche d’être sectaire et bornée mais quand Laurence Parisot lui donne raison ? Dommage qu’elle le dise après les élections !
LES ALLEMANDS TRAHISSENT
Le 19 avril 2007, le PS et l'UDF avaient officiellement demandé la démission du ministre de l'économie Thierry Breton qui, selon des informations publiées dans le magazine Challenges du 18 avril 2007 serait personnellement intervenu dans cette affaire dite du "parachute doré", notamment en appuyant la nécessité du versement de ces 8,4 millions d'euros prévus par le contrat de Forgeard, qui aurait sinon pu se retourner contre EADS, ayant été licencié sans faute. En avril 2007, Thierry Breton, s'était vigoureusement… défendu de toute intervention dans la négociation du montant des indemnités de départ de Noël Forgeard, démentant ces informations.
Hier, le coprésident allemand d'EADS, Thomas Ender a reconnu dans un entretien que le gouvernement français était bel et bien intervenu auprès des administrateurs d'EADS afin d'obtenir le versement des 8,5 millions d'€. Tiens donc c’est donc bien vrai que la politique a non seulement cautionné mais exigé que l’on récompense ce merveilleux ami de tous les grands noms de l’UMP. En une période où beaucoup de citoyens lucides s’étonnent des relations entre le futur Président de la République et le monde des affaires cet aveu allemand prend toute sa valeur symbolique.
"Le gouvernement français nous a d'une certaine façon tordu le bras". Le conseil d'administration a certes accepté que Noël Forgeard quitte le groupe avec les indemnités prévues dans son contrat de travail, "mais sous la pression du gouvernement français", ajoute-t-il. Les membres allemands du conseil d'administration ont indiqué dans une note au bas du document entérinant les indemnités que ces dernières avaient été établies telles quelles sur le souhait du gouvernement français, poursuit. En avril, le ministre français de l'Economie Thierry Breton s'était vigoureusement défendu de toute intervention dans la négociation du montant des indemnités de départ de Noël Forgeard. Quelle valeur faut-il donc accorder à cette dénégation  depuis hier ? Aucune car c’est reparti de plus belle maintenant que l’installation de Nicolas Sarkozy est assurée.
ENCORE UN FAUX PARACHUTE DORE
En effet, Jean Paul Gut, directeur général délégué du groupe EADS aurait demandé un parachute doré de 12 millions d'€ pour son départ. Ce cadre supérieur est lui-aussi mis en examen par l'AMF pour délit d'initié suite à sa vente de stock options pour un montant de 1,15 millions d'€. Un comportement qui vaut bien une récompense.
Poussé vers la sortie par les co-actionnaires allemands d'EADS, Jean-Paul Gut réclamerait d'indemnités pour quitter sans bruit son poste, rapporte "Capital" sur son site Internet. Ce montant serait justifié juridiquement par son contrat et son ancienneté dans la maison, précise le magazine. Il est entré en 1983 chez Matra-Défense (Qui en est l’actionnaire principal ?)
Le directeur général délégué d'EADS devait initialement partir à la fin du mois de mars, mais son départ a traîné en longueur en raison du problème des indemnités, explique "Capital". Le magazine affirme qu'une solution a été imaginée afin de masquer son parachute en or et éviter un nouveau scandale, après celui des indemnités de départ de Noël Forgeard. Celle-ci prévoit que le fonds d'investissement de… l'Etat du Qatar, qui contrôle un peu plus de 6% du capital d'EADS, embauchera Jean-Paul Gut, en lui versant une prime de bienvenue d'au moins 12 millions d'€, ce qui permettrait à son indemnité de départ chez EADS d'être "tout à fait raisonnable". Il faut avouer que ces combines bien évidemment démenties par EADS dans cette période de gloire et de beauté politique va singulièrement remonter le moral des salariés qui rament pour aller jusqu’à la fin du mois.
Dans la campagne des législatives qui s’ouvre il faudra bien à un moment ou un autre qu’une voix s’élève pour demander des comptes sur ces faits avérés qui traduisent une formidable américanisation de la vie politique, de la vie économique et de la vie médiatique française. Tout ce joue en millions, si ce n’est en milliards, d’Euros qui passent d’un secteur à l’autre. Comme un symbole, hier soir, Alain Juppé a été entendu comme témoin dans l’affaire des chargés de mission de la ville de Paris… et du monopole qu’exerçait alors l’UMP sur l’ensemble des pouvoirs régaliens de la République se croyant à l’abri des ennuis et de l’opinion. Un rappel sur un passé lointain… dont plus personne ne voudrait entendre parler mais qui est désormais non seulement quotidien mais en croissance quant aux sommes en cause. Qui s’en soucie en mettant son bulletin dans l’urne ? Dès demain tout va changer : la morale va revenir sur la scène publique.
Mais je déblogue…  
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E
Nous pensons à tort avoir davantage raison lorsque nous nous exprimons en criant ! Sur un blog, lorsque nous écrivons avec des caractères très gros et "gras", nous n'avons pas davantage raison... ;-)
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E
Le commentaire ci-dessus de Joëlle est erroné (voir commentaires sur l'article précédent).
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J
5 ans d'indemnité "chômage" pour les députés = parachute en or de 417 120 Euros !Mais pourquoi 5 ans ? C'est précisément le temps d'une alternance législative.C'est scandaleux ! Au moment où les candidats nous parlent des efforts que devront consentir les Français pour réduire la dette et qu'ils dénoncent le train de vie dispendieux de l'état !!!Profession : politique = menteur professionnel !L'information sur la nouvelle indemnité "chômage" des députés a d'abord été révélée par "Le Canard Enchaîné" du 7 fevrier 2007. Puis reprise et précisée par le Midi Libre le 1er Mars 2007. Curieusement à part ces deux médias, silence du côté des télés, radios ou des autres journaux, habituellement toujours prompts à dénoncer les parachutes en or de certains grands patrons (certes avec raison...).Pourquoi pas plus d'écho sur cette affaire ? Sans doute parce que cette loi votée en douce, l'a été à l'unanimité de tous les groupes politiques : UMP, PS, UDF et PCF, qui pour s'octroyer des avantages savent parfaitement s'entendre !Pour chaque député non réélu les Français devront payer 417 120 Euros soit donc 60 mois x 6 952 euros d'indemnités !La confiance règne sur l'issue du prochain scrutin et les coquins et les copains s'organisent : Jean-Louis Debré avant de quitter sa fonction de Président de l'Assemblée Nationale, a fait voter une loi adoptée à l'unanimité et dans le silence complet afin qu'un député non réélu touche pendant 60 mois au lieu de 6 mois son indemnité mensuelle nette qui est à ce jour, selon le site de l'Assemblée Nationale, en net mensuel de 5178 euros, et en brut de 6 952 euros.Le total de 60 mois d'inactivité en brut mensuel coûtent 417 180 euros par député non réélu !Les indemnités attribuées aux députés ont été définies par l'ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958. L'indemnité de base est calculée "par référence au traitement des fonctionnaires occupant des emplois de l'État classés dans la catégorie présentement dite hors échelle".Elle est "égale à la moyenne du traitement le plus bas et du traitement le plus élevé de cette catégorie", ce qui correspond au traitement d'un conseiller d'État ayant moins d'une année d'ancienneté dans son grade. S'y ajoute l'indemnité de résidence, comme pour les fonctionnaires, au taux de 3 %. Selon l'article 2 de l'ordonnance précitée : "L'indemnité parlementaire est complétée par une indemnité dite de fonction". Le montant de cette indemnité est égal au quart du montant de l'indemnité parlementaire (indemnité parlementaire proprement dite majorée de l'indemnité de résidence). Depuis le 1er février 2007, les indemnités mensuelles brutes sont les suivantes :- Indemnité de base :5 400, 32 €- Indemnité de résidence (3 %) : 162, 01 €- Indemnité de fonction (25 % du total) : 1 390, 58 €Soit un total brut mensuel 6 952, 91 €Retenues obligatoires. Doivent être déduites du brut mensuel diverses retenues :- Cotisation à la caisse des pensions pendant les 15 premières années de mandat : 1 153, 08 €- Contribution exceptionnelle de solidarité : 55, 62 €- Contribution sociale généralisée et contribution au remboursement de la dette sociale : 539,55 €- Cotisation au fonds de garantie de ressources : 27,00 €Soit un total net mensuel de 5 177, 66 €Avant de quitter la présidence de l'Assemblée Nationale, Jean Louis Debré, nouveau président du conseil constitutionnel, a fait un joli cadeau à ses amis députés de tous les partis : une loi, votée en catimini par tous les groupes, permettant à tous les députés non-réélus en juin prochain, de continuer à percevoir leur indemnité parlementaire pendant encore 60 mois, au lieu de 6 actuellement (et oui les temps sont durs !)Bien entendu cette généreuse "indemnité chômage" est totalement inconditionnelle, et l'heureux bénéficiaire de cette jolie rémunération de 4 ans et demi supplémentaires, n'est tenu à aucun engagement quelconque, comme par exemple justifier de la recherche d'un nouvel emploi, d'une visite mensuelle auprès d'un conseiller ANPE, ou d'une activité justifiant cette "aide sociale", bref, tout ce qui est demandé à des chômeurs ordinaires.Voilà de quoi crève la République, de la corruption de ses élites, car évidemment aucun parti n'a protesté, vu que tous bénéficieront des largesses de M. Debré.Vive la Dette Publique !
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C
Les salaires des patrons d'EADS sont exorbitants - dont acte, hors de toutes querelles partisanes. <br /> Mais le moins cité des scandales, est le salaire que s'octroie le PDG de Renault, qui en moins de deux ans a réussi à faire de l'entreprise phare de l'industrie automoble européenne, son enfant malade. Il ne se paie pas mons de 21 millions d'Euros par an pour conduire son entreprise dans le mur en jouant les "pipoles".<br /> Ce scandale passe étonnamment inaperçu, mais un jour les salariés de l'ex RNUR finiront peut être par rire ...jaune !, comme on dit chez Nissan.
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M
Et pourquoi la gauche ne propose t elle pas des mesures de gauche comme une tranche d'imposition sur le revenu à 90% au-delà de par exemple 4 millions annuels? Ca nous changerait de ce stupide ISF qui ne rime à rien (ile de ré!!!).....
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