Je reçois en mairie, actuellement environ 3 demandes d’emplois dans les services communaux par…jour. Toutes émanent de femmes et d’hommes cherchant désespérément un emploi de fonctionnaire territorial afin de mettre fin à la précarité de leur situation. Ils vont de bac + 4 ou 5 à la non qualification absolue et tous espèrent véritablement qu’un miracle leur permettra de s’installer dans une école maternelle, dans les services techniques ou comme cadres dans des spécialités totalement décalées avec les moyens de la commune ou de la communauté de communes. Jamais il n’est arrivé sur le bureau autant de lettres de recommandations, de sollicitations amicales. Cet afflux me laisse perplexe quand j’écoute les déclarations officielles car il est en décalage total avec les péroraisons des ministres géniaux de " Sarkoléon " et, plus encore, je ne cesse, nuit et jour, de me demander comment dans un contexte social aussi désastreux il est possible de trouver des citoyennes et des citoyens " aveugles " susceptibles de croire à… 75 % dans les vertus d’une majorité UMP. Où sont-ils ? Mais qui osera gueuler enfin et expliquer que la monde virtuel présenté par les médias ne correspond à rien… Tout n’est qu’un mirage pour esclaves d’une croyance en un libéralisme salvateur.
Je suis tellement excédé par ce décalage total que j’ai décidé de modifier totalement les lettres de réponse que j’adresse désormais à ces quémandeurs d’un emploi public. Je ne fais plus dans le politiquement correct mais dans la franchise absolue. Tant pis pour les convenances. A toutes celles et tous ceux qui réclament un poste dans la fonction publique je rappelle qu’en Républicain loyal je mettrai en œuvre le programme du Président que la majorité des Françaises et des Français ont choisi et s’apprêtent à plébisciter.
Ainsi je leur précise que je " tenterai de réduire le nombre des fonctionnaires communaux de moitié et que je n’assurerais désormais aucun remplacement des départs en retraite ". Puisque paraît-il les Françaises et les Français souhaitent voir la puissance publique économiser je n’effectuerai donc aucune embauche et je confierai en sous-traitance au privé les tâches antérieurement dévolues aux employées communaux. C’est à la mode et il paraît que c’est créateur d’emplois précaires beaucoup plus flexibles que ceux de ces fainéants de fonctionnaires ! Je leur écris également que je leur souhaite " bonne chance dans leur recherche d’un emploi en CDI " puisque chaque mois le gouvernement UMP annonce " la baisse spectaculaire du chômage "… Ils auront rapidement des offres et seront certainement beaucoup mieux payés que dans une commune soumise à des grilles de salaires incontournables et avec un budget étriqué.
DES COHORTES BLEU HORIZON
Ces millions de gens qui se préparent à envoyer à l’assemblée nationale des cohortes bleu horizon et font confiance à des sondages, des statistiques miraculeuses ne peuvent pas croire en un pauvre maire qui ne cesse de répéter que jamais le chômage n’a été aussi réel, que jamais la précarité n’a été aussi prégnante, que jamais les femmes n’ont traversé une période aussi difficile.
Ah ! si je pouvais déposer sur le bureau d’un commentateur " je sais tout " qui pérore dans un petit écran le paquet de lettres quotidiennes. Ah si je pouvais être invité à un débat et arriver avec tous ces témoignages de ces gens de ce peuple oublié et qui se font gruger par des annonces totalement démagogiques. Ah si je pouvais demander à M. Fillon, M. Borloo, M. Bertrand de lire devant une caméra ces courriers de désespoir ! Ah si je pouvais avant le 10 juin rencontrer chaque électrice et chaque électeur et lui apporter la preuve de ce que j’affirme avant qu’ils ne votent comme des moutons de Panurge en faveur de gens qui… les adulent aujourd’hui et les oublieront demain.
Alors que j’ouvre le courrier moi-même chaque matin et que je découvre ces demandes je lis dans le quotidien régional qui est juste là posé sur la table : " le taux de chômage en France s'établissait à la fin du mois d'avril à 8,2% de la population active -selon les chiffres diffusés mercredi par le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, sur la base des données provisoires de l'INSEE. Selon le gouvernement, sur un an, le chômage a baissé de 11%. " . Comment peut-on être assez naïf pour croire en ces affirmations ressemblant à un mélange de Lexomil et de Prosac statistiques pour hypnotisés de la télé ?
Le gouvernement souligne que " le nombre de jeunes demandeurs d'emploi diminue de 1,7% ". Par ailleurs " en avril, le nombre de chômeurs de longue durée de catégorie 1, inscrits depuis au moins un an à l'ANPE, diminue de 2,4%. Parmi eux, le nombre de chômeurs inscrits depuis un à deux ans décroît de 3,3% et le nombre de ceux inscrits depuis deux à trois ans de 1,6% ". Je crois que dès ce matin je reprendrai intégralement le communiqué du gouvernement de Sarkoléon, je le photocopierai et je le joindrai à ma réponse aux dizaines de jeunes qui rament pour trouver un emploi prometteur. Je suis épuisé de répéter que l’on ne pourra jamais satisfaire aux besoins fondamentaux de la société en… supprimant des postes de fonctionnaires ou en le diminuant par simple sectarisme et sans solution de remplacement des impôts directs dont on annonce quotidiennement la baisse. Rien n’est aussi simpliste qu’on l’annonce.
SI SARKOZY LE DIT…
Actuellement les demandes de dérogation affluent vers les écoles publiques de Créon puisque Sarkoléon a promis la suppression de la carte scolaire. Et croyez moi si Sarkoléon le dit c’est que c’est vrai ! Les fans qui ont voté pour cette mesure absurde ont compris que désormais ils pouvaient envoyer leur enfant où bon leur semblait. L’instit leur convient pas à La Sauve ou ailleurs. Qu’à cela ne tienne, ils exigent immédiatement l’inscription du génie à Créon. Sarko l’a promis, le maire de Créon le fera.
Ils viennent habiter à Saint Léon où ils s’aperçoivent trop tard qu’il n’y a pas de maternelle. Qu’à cela ne tienne Sarko a promis qu’ils pourraient aller où bon leur semble alors le maire de Créon le fera ! On doit accueillir les enfants du premier trimestre 2005… comme ne le souhaite pas le Ministre mais ce n’est qu’une supercherie car il n’y a plus aucun moyen pour le faire. Le Maire de Créon doit le faire !
Manque de chance le Maire de Créon a vu une classe de son école… supprimée pour la prochaine rentrée par le Ministère de cette éducation nationale qui sera rapidement dépassée par ces mouvements irraisonnés d’un établissement à l’autre. Qui a pensé en vantant les mérites de cette déréglementation du paysage scolaire va surcharger des écoles et en vider d’autres : à l’arrivée il y aura forcément économie de postes mais en attendant il faut assumer l’impopularité d’expliquer que la carte scolaire existe et qu’elle ne pourra jamais être supprimée en raison de l’inadéquation entre les moyens humains, les espaces matériels et les disponibilités financières.
Quels électrices et quels électeurs se rendent compte que la suppression de la fameuse carte scolaire concerne les collèges, les lycées d’enseignement général les plus huppés Déjà bondés et que pour le reste ils se font berner ?
Je refuse donc les dérogations en précisant que si l’éducation nationale me restitue la classe supprimée (et donc un poste de fonctionnaire) et si toutes les commues payent leur quote-part au fonctionnement aux investissements de Créon la promesse de Sarkoléon sera éventuellement tenue… Mais il faudra qu’il en oublie une autre sur la réduction du nombre de fonctionnaires.
A moins que l’on veuille insidieusement les orienter vers le privé et donc tuer à petit feu le système public d’enseignement avec la complicité d’un électorat ne voyant pas plus loin que l’écran de sa télé !
LIRE CES COURRIERS
Ah que j’aimerai avoir face à moi un ministre pour lui lire aussi les courriers de ces familles en quête d’une place en crèche. Hier l’une d’entre elles émanait d’une femme travaillant comme… fonctionnaire dans une communauté de communes dirigée par l’UMP. Elle n’habite pas sur le territoire de la communauté où elle travaille mais sur celle présidée par une UDF conquérante mais qui n’a encore pas aménagé la moindre structure d’accueil. Cette mère est donc dans l’impossibilité de placer sa fille près de chez elle. Elle a donc sollicité la crèche de son lieu de travail : refusé car elle n’y est pas domicilié ! Alors elle écrit au " socialiste de service " ayant lancé en 6 ans la rénovation ou la construction de 4 maisons intercommunales de l’enfant et qui doit, qui, trouver une solution alors que toute st complet. Vous savez ce socialiste qui ne sait pas gérer et qui dépense sans compter, qu’il faut éviter d’envoyer à l’assemblée nationale sous prétexte qu’il y gaspillerait l’argent des impôts en construisant des… crèches !
Rassurez vous nationalement un plan de création de multi-accueil pour les 0-3 ans va surgir avant la fin de la semaine prochaine. On oubliera de vous dire que la CAF , au vu de la diminution de ces ressources liées aux impayés des entreprises, aux cotisations de moins en moins nombreuses des salariés (tiens donc le chômage régresse mais la Caf ne le vérifie pas) va diminuer de 20 % ses aides aux collectivités gestionnaires… Les socialistes, ces fumistes de gestionnaires ineptes, ne sachant que faire payer des impôts aux riches avaient en 2002 terminé l’année avec une " cagnotte " fiscale et un excédent de la Sécurité sociale. Les " fans " de Sarkozy ont accentué tous les déficits mais eux, ce sont des vrais chefs d’entreprises, responsables, cohérents et efficaces. Vous allez voir, ce que vous allez voir : ils vont vous redresser tout ça ! Ils vont sans scrupule truquer les statistiques pour des effets d’annonce permanents afin, sans contre pouvoir réel, vous faire prendre les vessies capitalistes pour des lanternes sociales. Ainsi va notre société. Elle oscille entre le miroir aux alouettes et la réalité du terrain sur lequel on les amène à se poser. On y a déposé le filet aux illusions, celles qui vous clouent au sol et vous mettent en cage pour quelques temps. En attendant ce matin je vais encore envoyer mes lettres… avec l’espoir de détourner quelques alouettes toujours promptes à se faire plumer.
Mais je déblogue…