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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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ON NE FAIT PLUS LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS

 

Il paraît que quand on se rencontre et que l’on ne sait pas de quoi se parler, on cause de la pluie et du beau temps. C’est parfois un moyen comme un autre d’éviter d’aborder des sujets qui fâcheraient ou de nouer des liens pouvant déboucher sur des affinités. Chacun à son commentaire et surtout chacun a ses critiques à formuler, car je ne sais pas si vous l’avez remarqué, il y a rarement unanimité sur la qualité de la météo du jour. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, que la canicule ou les nuages soient au rendez-vous, et… obligatoirement il y a des satisfaits et des mécontents. Jamais on n'a vu de tels contrastes rapides entre deux situations. Beaucoup plus que le climat lui même, ce sont sa versatilité et l’ampleur de ces phénomènes qui provoquent des commentaires plus ou moins sérieux. Partout, on se pose la question d’un dérèglement global. Il est plus confortable de ne pas se prononcer sur cette réalité, qui implique que l’Homme a lui même bouleversé les fragiles équilibres antérieurs.
Cinq cents victimes de la canicule en Hongrie, des dizaines en Roumanie. De graves incendies en Italie, Grèce, Macédoine, Serbie, en Slovaquie. L'Indonésie noyée sous un demi-mètre d'eau tombée en trois jours. Et la Grande-Bretagne inondée par les pluies les plus diluviennes depuis un demi-siècle. Le chaos climatique menace. On y ajoute une violente tempête qui s'est abattue hier sur New York avec des vents de plus de 200 km/heure. Fortes chaleurs à Moscou, neige en Afrique du Sud et en Argentine, au Chili pour la première fois depuis un demi-siècle, inondations monstres en Asie du sud et en Grande-Bretagne...
C’est certain, le climat mondial semble se dérégler, mais les scientifiques se refusent à établir un lien avec le réchauffement planétaire. Celui-ci est pourtant bien réel et mesuré. Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui publie cette année sa quatrième synthèse sur le sujet, a déjà fait état d'une hausse moyenne des températures globales de 0,74°C en cent ans et prévoient 1,8 à 4°C supplémentaires d'ici la fin du siècle. Le GIEC s'attend également à ce que les chaleurs extrêmes et les fortes précipitations deviennent plus fréquentes et les cyclones tropicaux, typhons et ouragans, plus intenses, mais on évite de parler de ce qui fâche ! On ne veut pas donner du grain à moudre aux dénonciateurs de la responsabilité collective des pays développés qui sont les seuls en mesure de percevoir ces réalités.
Mardi soir, sur la Cinq, un reportage remarquable sur les conséquences de la disparition progressive du lac Tchad aura été regardé par trop peu de monde, alors qu’il illustrait parfaitement la mutation en cours. Une catastrophe écologique dont nos sociétés dites civilisées se moquent totalement. Il semble pourtant que le temps de l’indifférence et des supputations de comptoir soit passé.
Si la température de la planète a monté d'un cran, celle du débat scientifique devient très chaude. Longtemps, les chercheurs ont évité les discours alarmistes et les politiques se sont cachés derrière la fatalité. La prudence restait la règle d'or des membres du Giec, qui représente la voix officielle de la communauté scientifique. Ils hésitaient à lier le réchauffement global à tel événement particulier comme El-Niño ou le cyclone Katrina. Depuis quelques mois, le ton change. Et la discussion s'enflamme. On ose mettre en cause cette modification des données terrestres qui ne font que s’amplifier.
CHANGEMENT DE GRILLE D'ANALYSE
Début avril, pour la première fois, les experts ont affirmé que l'activité humaine était la principale responsable du recul des glaciers, des printemps précoces, du blanchissement des coraux ou des vagues de chaleur meurtrières. A peine publié, leur rapport a été critiqué: certains de leurs collègues leur reprochaient d'être trop optimistes ! Pour James Hansen, le spécialiste de la Nasa qui, le premier, a lancé l'alarme climatique en 1988, les experts sous-estiment la hausse du niveau des mers. D'autres spécialistes jugent que les modèles du Giec fournissent des pronostics faussement rassurants ! La météo folle de cet été ne risque pas de calmer le jeu. Au contraire, elle envahit l’actualité, même si bien des gens paraissent résignés face à des événements qui les dépassent. Les appels à la solidarité que l’on entendait autrefois en faveur des victimes d’inondations n’existent même plus ! Les images portent les malheurs, et les commentateurs distillent les nombres de morts !
Alors que le déluge s'abattait sur la Grande-Bretagne, la revue londonienne "Nature", référence internationale, publiait la première démonstration scientifique de l'influence humaine sur la pluie. Un groupe de scientifiques a comparé les observations météorologiques sur le terrain entre 1925 et 1999 aux résultats prédits par les modèles. En tout, les chercheurs ont examiné pas moins de 92 simulations différentes. Conclusion: les émissions de gaz à effet de serre ont fortement perturbé les pluies au XXe siècle. C’est indéniable !
Dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord, l'activité humaine aurait fait augmenter les précipitations de 50% à 85%. Dans la zone tropicale et subtropicale Nord, au contraire, elle aurait réduit les pluies de 20% à 40%, aggravant les sécheresses au Mexique, au Sahara ou dans le Sahel. Enfin, l'homme serait responsable du doublement de la quantité d'eau tombée au sud de l'équateur, inondant le Brésil, l'Afrique australe et l'Indonésie. Ajoutons que d'autres équipes ont détecté une influence humaine sur la température de l'atmosphère, la pression au niveau de la mer et la chaleur des océans. Bref, l'homme est désormais un acteur du climat qu’il ne maîtrise pas, mais qu’il dérègle toujours plus !
CA MONTE PLUS VITE QUE PREVU
Par définition, les événements exceptionnels sont… rares. Il est donc extrêmement difficile d'établir des statistiques à leur propos. Pour l'Europe occidentale, les modèles prédisent des hivers humides et des étés de plus en plus secs et chauds, mais aussi de fréquentes tempêtes et précipitations estivales comparables aux orages tropicaux. 2007 est à l'image de ces prévisions. Sous les tropiques, l'activité des cyclones augmente. Juste avant Katrina en 2005, " Nature " publiait un article démontrant que l'énergie totale dissipée par les cyclones tropicaux avait presque doublé en trente ans sur les bassins nord de l'Atlantique et du Pacifique. Augmentation logique : les cyclones sont des moteurs thermiques qui puisent leur énergie dans la chaleur des océans. Ils sont "gonflés" par le réchauffement. Même si d'autres mécanismes interviennent, il reste que les tempêtes tropicales sont et seront de plus en plus dévastatrices et qu’elles remonteront vers les zones tempérées, car elles le seront de moins en moins. Les zones de confrontations entre des masses d’air chaud et d’autres, beaucoup plus froides, seront sujettes à des manifestations violentes, brèves et massives.
Le rapport des experts du GIEC donne une projection de 0,34 m d'ici à la fin de ce siècle pour l’élévation du niveau des mers. Préoccupant. Pas encore catastrophique. Seulement, voilà : la projection est fondée sur des modèles, et on ne sait pas tout modéliser. Au cours des dernières années, les glaciers du Grand Nord, les glaces du Groenland et celles de l'Antarctique Ouest ont accéléré leur glissement vers l'océan par suite d'effets d'amplification qui ne sont pas totalement compris. De ce fait, les glaces disparaissent plus vite, et le niveau des océans pourrait monter beaucoup plus que ne le prévoient prudemment les membres du GIEC. Certains sont beaucoup plus radicaux, car ils prévoient une montée… d’un mètre ! C'est assez pour inonder le Bangladesh, la Floride, les Maldives et toutes les côtes basses, dont l'ensemble des régions d'Asie, inondées par le tsunami de décembre 2004. Cette masse aquatique ponctionnée par l’évaporation liée à… l’augmentation de la chaleur ne va pas calmer la formation d’ouragans ou d’orages de type tropical.
UN PROCESSUS DIFFICILE A STOPPER
Ces réalités (et on le constate ces derniers jours) risquent d'aggraver l'inégalité entre pays riches et tiers-monde. Les régions côtières les plus exposées à la montée des océans se trouvent en majorité dans des pays pauvres. Le niveau des eaux a commencé à baisser mardi en Asie du Sud, après des pluies de mousson inégalées depuis des décennies. Elles ont fait près de 1.900 morts depuis juin en Inde, au Bangladesh et au Népal. Et ce sera probablement ainsi désormais tous les ans car des dizaines de millions de personnes habitent dans les deltas des grands fleuves d'Afrique et d'Asie, comme ceux du Nil et du Brahmapoutre. Les populations affluent pour… y trouver l’eau qui leur manque ailleurs. Elles ne cessent de renforcer les risques de désastres humanitaires directs, mais aussi indirects (épidémies, famines, exodes…) que personne ne maîtrise plus.
Même une action planétaire cohérente et solidaire ne permettra pas d'éviter le changement climatique qui est en cours. Elle pourrait peut-être le diminuer, car en moins de 200 ans, l'industrie humaine a fait augmenter de 50% la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. D'après les données recueillies dans les carottes glacières, elle était restée stable pendant les 400 000 années précédentes.
Dans le scénario le plus optimiste, le thermomètre montera de 1,4°C dans les cent prochaines années. Selon les scientifiques, le seuil nécessaire pour commencer à freiner le réchauffement se situe autour de 60% de réduction des émissions d'ici à 2050. C'est l'objectif que s'est par exemple fixé le Royaume-Uni. Il est beaucoup plus ambitieux que ceux du protocole de Kyoto. A l'inverse, si l'on ne fait rien, le réchauffement atteindra de 4°C à 5°C, voire près de 6°C d'ici à 2100. Avec des conséquences dramatiques: famines, sécheresses, épidémies, disparition d'espèces, inondations et menaces de la montée des eaux sur New York, Londres ou Tokyo.
Porter un jean en coton "biologique", conduire une Toyota Prius, utiliser du rouge aux lèvres à la cire d’abeilles, ne changera pas grand-chose si nous continuons à consommer massivement et donc à produire massivement. La première cause du réchauffement est la croissance économique colossale des sociétés modernes.
Au rythme actuel, la population mondiale atteindra 10 milliards en 2100. Dans le même temps, la consommation d'énergie par individu aura aussi décuplé. La production totale d'énergie serait donc multipliée par 100 en trois siècles ! La seule solution sérieuse est une transformation radicale de notre mode de vie. A défaut de celle-ci, l'humanité ne sera pas forcément totalement menacée à la surface de la planète. Elle a déjà fait la preuve de sa capacité d'adaptation. Mais le coût du maintien de nos habitudes est une hypothèque sur l'avenir de l'espèce. Or, les préoccupations collectives sont autres. Les efforts ne sont que pour les autres. Les responsabilités ne concernent que les autres.
On risque bien, dans un siècle, de ne plus parler de la pluie et du beau temps… Mais alors qu’aura-t-on à se dire quand on ne veut rien se dire ?
Mais je déblogue…
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E
@ Julie<br /> Pourquoi, tu y vas à la piste sous les étoiles ?<br /> La prochaine fois, Julie, viens nous faire la bise ! ;-)
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J
en tiut cas le temps est prévu au beau fixe à créon pour la piste aux étoiles il paraît!
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