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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LES PAVES SOUS LA PLAGE

 

Alors que le meilleur ami français du président Bush boucle ses bagages, effectue ses derniers footings et termine ses virées sur le lac américain de ses rêves, la France s’enlise tranquillement dans la récession. Les décisions prises à la hussarde depuis quelques semaines relèvent du " demain on rasera gratis " mais n’ont eu aucun effet sur la situation très préoccupante d’un pays qui, dans les faits quotidiens, n’a rien retiré de positif de l’élection de Nicolas Sarkozy. Sa visite, désastreuse sur le plan de l’image, rendue à un George Bush à l’agonie politique, n’arrange pas le contexte général de ce mois d’août catastrophique. Il suffit de dresser un bilan objectif de la situation pour constater que les mauvaises notes succèdent aux mauvaises notes, et que désormais les 100 jours de celui qui ne vit que pour " le coup d’éclat permanent ", selon une belle formule de Jean Glavany, préludent à un Waterloo de la rentrée sociale.
On a ainsi à peine replié les tables de plein air du pique nique amical, et on a tout juste sorti les poubelles dans la propriété familiale des Bush, que la triste vérité surgit. Le carnage se poursuit en Irak, et la théorie de celui qui s’est pris pour le John Wayne de la planète, s’effondre face à l’horreur quotidienne d’un pays occupé et ingérable. D’une manière ou d’une autre, en allant taper amicalement et successivement dans le dos de Kadhafi et de Bush, le président de tous les Français a effectué deux démarches hautement préjudiciables à sa crédibilité.
Là où tous les autres chefs d’état avaient plutôt tendance à rester sur la défensive ou au moins sur la réserve, il est tombé dans le piège de la tentation de jouer à la grenouille se prenant pour le bœuf. Chaque jour, la réalité dégonfle ses rodomontades médiatiques. N’en déplaise à des fans aussi crédules que des pèlerins du 15 août devant Notre Dame de Lourdes, buvant l’eau de la ville.
LE SOUTIEN INDIRECT DE TROP
Dans le nord de l'Irak, quatre attentats aux camions piégés, comptant parmi les plus meurtriers depuis le renversement de Saddam Hussein il y a quatre ans, viennent de mettre en évidence l’échec total de celui qui a été présenté comme le nouvel ami de la France. "Plus de 200 personnes ont été tuées et autant de personnes blessées", à Sinjar, ville du nord de la province de Ninive où les attentats ont eu lieu dans deux villages habités par une minorité religieuse. Le bilan, initialement de 175 morts, pourrait encore s'alourdir, selon le maire de cette ville située à 110 kilomètres à l'ouest de Mossoul, le chef-lieu de la province.
Des kamikazes, au volant de voitures piégées, ont déclenché presque simultanément leurs charges près de Qahataniya, à 120km à l'ouest de Mossoul. Au moins 30 maisons ont été détruites par les déflagrations. Des hélicoptères américains ont pu seulement évacuer les blessés vers des hôpitaux, dans un contexte d’horreur absolue.
La nouvelle n’a pas perturbé les vacances de George Bush, qui est désormais dans son ranch personnel, où il joue au cow-boy texan !
Il restera la photo de Nicolas Sarkozy en jean allant serrer sur son cœur cet ami, avec lequel il a encore quelques divergences, mais qui le considère comme, enfin, un président français digne de confiance. Même Chirac n’avait pas enchaîné pareilles bourdes politiques en si peu de jours, car on n’a pas fini de payer la facture des déplacements familiaux sarkozistes à Tripoli et aux USA ! La France, de retour dans le camp Bush, risque de payer la facture terroriste de ces amitiés que les Italiens et les Espagnols ont évitées, que les Anglais ne veulent plus assumer et que les Allemands se gardent bien d’accepter, alors que la France revient au plus mauvais moment !
DES TROUS PARTOUT
Sur le plan intérieur tout va pour le mieux, selon les fans du maître des clés médiatiques. Or il ne se passe pas une journée sans que l’on affiche des indices désastreux, qui n’ont aucune prise réelle sur une opinion sous hypnose. Le fameux paquet fiscal, qui fait payer aux moins riches les avantages consentis aux plus riches, annoncé de longue date, devait avoir un effet bénéfique sur l’économie nationale. Inutile de prétendre, comme le fait le redoutable Eric Woerth, que les effets se feront sentir bientôt, car tout le monde s’accorde à reconnaître que Nicolas Sarkozy a cette qualité première de faire ce qu’il avait annoncé… depuis longtemps .Il est donc fortement contradictoire de faire croire que personne n’a pu ne pas lui faire confiance, et ne pas avoir anticipé sur tous les allègements promis qui devaient relancer la croissance. On n’avait pas bien compris, sûrement.
Alors que de nombreux spécialistes ne cessent de répéter que les exonérations généreusement accordées via le bouclier fiscal, l’exonération des heures supplémentaires,  allaient accroître un déficit déjà abyssal du budget de la France, le secrétaire d’Etat nie l’évidence. Malgré une croissance plus faible que prévu au deuxième trimestre, Eric Woerth, ministre du Budget et des Comptes publics, a en effet déclaré qu'il n'a "pas d'inquiétude" sur le déficit en 2007. Le gouvernement continue à croire en un déficit public ramené à 2,4% du PIB à la fin de l'année. "Rien ne change là dessus parce que 2,4%, c'était construit notamment sur des hypothèses de dépenses qui sont aujourd'hui (...) parfaitement tenues (...) Il n'y a pas d'inquiétude à avoir sur la tenue de nos comptes publics en 2007", a-t-il déclaré. Dont acte. Les hypothèses de dépenses publiques sont "parfaitement en ligne avec ce qui était prévu (...) Il n'y a pas de risque particulier", a-t-il même souligné.
Pourtant, selon la première estimation de l'Insee, publiée mardi matin, la croissance s'est établie à 0,3% au deuxième trimestre après 0,5% au premier trimestre. Ce mauvais chiffre s'explique en partie, selon Eric Woerth, par le contexte "un peu particulier" du deuxième trimestre, marqué par… quatre dimanches d'élection et une campagne électorale "très forte", ce qui n'est "jamais très propice à la croissance". Extraordinaire explication politique du déficit budgétaire, de celui de la balance des échanges commerciaux, de l’augmentation du second tiers provisionnel pour certaines catégories de contribuables, de la hausse des prix à la consommation, de l’effondrement de la bourse, que celle qui consiste à rendre... le suffrage universel responsable des résultats économiques.
Vous verrez que bientôt, ce seront les jours fériés, puis les horaires d’embauche, puis le nombre de jours de congés payés, puis les salaires, puis le code du travail… qui  seront remis en cause, mais pas la politique gouvernementale ! Dans le fond, un bon sondage suffirait et éviterait ces dimanches d'élection qui font baisser la croissance ! C'est bien la première fois que l'on impute aux élections un résultat économique désastreux. Il a par ailleurs brillamment estimé que "l'effet Sarkozy" se ferait sentir à partir du second semestre. Demain, on rasera gratis !
HARO SUR LE BAUDET
D’ailleurs, l’un de ses collègues du gouvernement a trouvé la solution : à la rentrée, on va entamer la chasse forcenée aux fonctionnaires. C’est populaire, c’est rentable sur le plan de l’image, et surtout ça permet de se dédouaner en trouvant des boucs émissaires au quotidien. Haro sur le fonctionnaire ! Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, une " grosse tête ", éminemment médiatique, a jugé "anormal que 24% de la population active soit fonctionnaire"  sur RTL et pas dans l’émission de Bouvard dont il fut un assidu.
"Ce n'est pas normal que les fonctionnaires aujourd'hui soient mal payés, et que l'Etat soit un mauvais employeur. Il ne les choisit pas" a commenté cet ancien ami de Bayrou. Revenant sur le résultat d'un sondage IFOP pour Le Journal du dimanche, affirmant que 61% des personnes interrogées ne sont pas satisfaites du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, André Santini trouve cela "très bizarre car, dans l'opinion, tout le monde gueule contre les fonctionnaires, et 75% des jeunes n'ont qu'une envie, c'est d'être… fonctionnaire ".
Ce qu’il n’a pas précisé c’est ce que le bon peuple met derrière le qualificatif de fonctionnaire quand il les critique ou les soutient. Sont-ce les enseignants qui s’occupent de ses enfants que le peuple veut supprimer ? Sont-ce les agents hospitaliers qu’il veut voir diminuer ? Sont-ce les gendarmes et les policiers dont il ne veut plus ? Sont-ce les fonctionnaires de la justice qu’il ne souhaite plus voir agir ? Sont-ce les employés des collectivités locales qui s’occupent de leur quotidien qu’il ne faut plus embaucher ? Sont-ce les douaniers, les inspecteurs du travail, les inspecteurs des fraudes qui traquent les abus préjudiciables à la santé, à l’économie, qu’il faut trucider ? Pour l’instant, Santini n’a pas fourni de réponses précises. Il attend probablement le retour du maître des clés médiatiques pour cibler ses purges et trouver un exutoire aux résultats gouvernementaux catastrophiques.
 Il est certain que, pour lui, les fonctionnaires chargés de contrôler les déclarations fiscales des porteurs du fameux bouclier, ne sont plus guère utiles et qu’il faudrait bien s’en débarrasser une fois pour toutes. Ils ennuient tous ses électrices et ses électeurs pour pas grand chose. Mais ce serait un peu juste de les exterminer pour rétablir une situation pour le moins préoccupante.
Attendez donc le retour prochain de l’ami de Bush et vous allez voir : tout ira mieux en  un rien de temps ! En revanche, continuez bien à profiter de vos vacances, car dans quinze jours vous retrouverez les pavés sous la plage ! C'est la seule certitude non médiatique de la rentrée.
Mais je déblogue…
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J
Et quel est le métier de ce brave André Santini, quand il trouve du temps pour l'exercer ? Fonctionnaire, bien sûr !JR
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