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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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VOUS AVEZ DIT SINCERE ET VERITABLE ?

Il y a des mots qui ne peuvent pas être prononcés dans le monde politique actuel sans soulever une tempête. Alors, on utilise des litotes, des effets spéciaux, des atténuations pour dire ce que l’on devrait dire, mais sans le dire. L’exemple le plus frappant a été fourni par les déclarations de François Fillon se voulant plus sarkoziste que Sarkozy. En lâchant par exemple " faillite ", il s’est probablement condamné aux travaux forcés à Matignon. Il est en effet interdit à tout autre que le " chef " d’utiliser le poids des mots. Bernard Kouchner a été réduit au silence qui tue, pour avoir voulu utiliser comme menace les " bombardements ". Désormais, Christine Lagarde va être définitivement bannie pour voir osé faire une confidence sur " l’austérité ". Personne ne veut de pareille promesse. Comme celle de la " rigueur ", qu’Henri Guaino a vite écartée comme une erreur de communication dangereuse. Bien des ministres devraient aller en stage de formation à l’Académie Française pour espérer devenir immortels en politique ! En effet, ils jouent souvent leur tête sur un mot malheureux, car criant de vérité.

En fait, les mots qui font mal sont souvent expédiés comme des ballons d’essai français en période de Coupe du monde. On les cache, mais on finit par les extraire de la mêlée, avant d’échouer à quelques mètres de l’en but. En général, ils sont inexploitables, car ils suscitent illico une réplique fulgurante dont on ne se rétablit jamais véritablement. On les remet dans le maul pour les enterrer et créer durant quelque temps un point de fixation, afin de trouver un autre angle d’attaque. Le bon. Celui qui reviendra au même objectif, mais qui trompera l’adversaire avec une manœuvre plus habile.
Ainsi, après la présentation en conseil des ministres du projet de loi de finances pour 2008, la majorité a, sans surprise, salué mercredi un budget " de grande qualité " (avez-vous remarqué que ce que fait une majorité est nécessairement de grande qualité ?), alors que l'opposition accuse le gouvernement de dissimuler dans ses cartons un " budget caché ", qui se traduirait par une douloureuse " cure de rigueur " et " d'austérité " après les municipales de mars. Tiens donc… il y aurait une arrière pensée derrière des lignes budgétaires ? On n’effectuerait donc qu’un effet d’annonce, pour faire patienter les citoyens enthousiasmés par cette présentation a minima d’une situation catastrophique. La faillite nous voilà… La rigueur nous suivra…L’austérité arrivera !

UN BUDGET POUR 3 MOIS
C'est François Hollande qui a, le premier, sonné la charge. " Il y a un budget affiché et un budget caché" " a prévenu le premier secrétaire du Parti socialiste. Le second " sera révélé au lendemain des élections municipales et accentuera les mesures de rigueur ", a-t-il annoncé. Une tactique qui se tient, même si certains prétendent que Nicolas Sarkozy aurait fait l’impasse sur les deux prochains scrutins peu susceptibles de modifier la donne politique nationale. " On nous présente un budget pour les trois premiers mois de l'année 2008 ", a renchéri Michel Sapin, ancien ministre des Finances . " Il y a un autre budget derrière, qui est en train de se préparer, c'est le fameux budget de la rigueur " ! Celui que Christine Lagarde a peut-être par inadvertance déjà annoncé " en employant récemment le mot " rigueur ", celui qui tue les espoirs et sape les sondages.
" Il pleut toujours aussi mouillé ! Les riches n'ont pas de souci à se faire, ils finiront bien l'année 2008. Quant aux autres, ils vont continuer à se serrer la ceinture et à tirer la langue ".
Le PS a aussi épinglé le " laxisme " du gouvernement sur le déficit. Il " ne fait rien pour réduire les déficits et laisse filer l'endettement ", s'est inquiété François Hollande, " nous sommes le seul pays de la zone euro qui s'enfonce dans les déficits ". Un message relayé par… le Nouveau centre, pourtant allié de l'UMP. " Les économies ne vont pas encore assez loin! ", a sermonné le député Charles de Courson. " Ça n'est pas acceptable. (...) Nous nous sommes tous engagés, la majorité présidentielle, à supprimer tout déficit public à la fin de la législature ", a-t-il rappelé, comme pour se dédouaner au cas où l’austérité serait prochainement de sortie. Il a donc demandé au gouvernement d'ajouter deux mesures à sa copie, lors du débat sur le budget 2008 au Parlement, cet automne: " supprimer ou réduire fortement "… les exonérations de charges sociales des " très grandes entreprises " et " plafonner les niches fiscales ". C’est fou le nombre de membres de la majorité qui vont finir par rejoindre la Gauche, tant ils tiennent un double discours ! Autant dire que cet habitué de l’hémicycle n’a pas manqué de s’approprier les critiques que ses collègues formulent en privé, mais ne lâchent pas en public !

UNE OPERATION MARKETING
L'hypothèse de croissance de 2 à 2,5% pour 2008 a également fait grincer des dents et a alimenté des conversations de couloir. La Gauche n'a pas manqué de relever que le gouvernement avait promis, dans l’enthousiasme du sarkozisme triomphant, un " choc de confiance " dans la foulée du " paquet fiscal " voté cet été dans l’enthousiasme que l’on sait. " On nous a expliqué au début de l'été qu'on dépensait 15 milliards d'€ pour créer un choc de confiance, qui devait se traduire par un choc de croissance. En réalité, le gouvernement prévoit une croissance qui est la même que celle de l'année dernière ", a tonné  Henri Emmanuelli, ancien président de la commission des Finances de l'Assemblée, critiquant une opération " marketing ". Elle repose sur la… remise à plus tard de l’inavouable, puisque le principe du droit français, applicable à tout budget de la plus minable des communes, c’est qu’il doit être " sincère et véritable " ! Sauf pour l’Etat, puisque c’est lui qui s’autocontrôle et s’auto-excuse !
A charge pour le député PS Didier Migaud, président de la commission des Finances de l'Assemblée, de relever les " contradictions " et " incohérences " du gouvernement et du Premier ministre François Fillon. " Pourquoi avoir parlé de faillite après avoir proposé de dépenser 15 milliards de dépenses supplémentaires en régime de croisière? ", a annoncé le meilleur spécialiste des finances publiques. En définitive, cette mesure deviendra un coeur de main spécifique réservé aux amis : une récompense pour l’œuvre de soutien antérieure.
C'est un budget 2008 " de grande qualité, qui témoigne d'une détermination de croissance vigoureuse et d'une gestion rigoureuse des finances publiques ", a proclamé Christine Lagarde en quittant la commission des Finances de l'Assemblée. " On est dans un budget très maîtrisé ", a appuyé Eric Woerth, à ses côtés. Alors, de quoi s’inquiète-t-on ? Rassurez-vous, dormez tranquille : vos fins de mois ne seront angoissantes qu’après le 31 mars, a complété le député communiste Jean-Pierre Brard à la sortie de la commission des Finances de l'Assemblée Nationale, où ma ministre de l'économie Christine Lagarde et le ministre du Budget Eric Woerth étaient venus présenter le budget 2008 aux députés. Enfin, à celles et ceux qui étaient là pour écouter une litanie de mauvaises nouvelles, car du côté de l'UMP, c'est plutôt la soupe à la grimace !

FAITES CE QUE JE DIS…
Le problème, c’est que dans la gestion publique locale la plus basique, on exige des maires qu’ils présentent sous leur responsabilité un budget " sincère et véritable ". Les juges administratifs sont prêts à sanctionner tout document qui ne reposerait pas sur ces deux principes, et d’ailleurs, ils ne s’en privent pas. L’équilibre doit non seulement être absolument respecté, mais en plus il est exigé des marges d’autofinancement aussi larges que possible. Des systèmes informatisés signalent vite le moindre écart entre la norme et la réalité. Les finances locales sont sous étroite surveillance, et génèrent des demandes d’explications précises des services officiels d’un Etat qui passe son temps à ne pas respecter le moindre principe exigé des autres. Le fameux principe du " faites ce que je dis, mais pas ce que je fais " n’a jamais été aussi patent.
Le budget 2008 a été mis en place avec la volonté de masquer une cruelle réalité le plus longtemps possible, en se disant que si la supercherie marche, il sera bien temps ensuite de revenir au choix des mots : " rigueur ", " austérité ", " faillite "… qui ont été mis sous le boisseau pour 7 mois. Durant cette période, l’Etat va vivre à crédit, décalant toutes ses aides et cherchant à gagner du temps, en complexifiant les démarches pour obtenir des aides annoncées, mais non financées.
C’est facile à vérifier. Pour la seule communauté de Communes du Créonnais,  le budget actuel l’Etat via la CAF doit actuellement 450 000 € de contributions destinées à respecter un contrat pourtant signé (les fonds de… 2006 ne sont toujours pas totalement soldés), une subvention accordée pour une maison du Patrimoine naturel (32 000 €), une contribution pour le Relais services publics (10 000 €), la Dotation de Développement Rural pour un multi-accueil (120 000 €)… Ajoutons les remboursements de TVA décalés (37 000 €) pour avoir une idée exacte de la fiabilité des dispositions prises dans le budget 2008, déjà rongé par les dettes antérieures. La dette vis à vis de la communauté est... supérieure aux rentrées fiscales attendues pour 2007 !
Aucun maire, aucune collectivité locale ne pourrait se permettre une pareille négligence, ce qui n’empêche pas les autorités qui représentent l’Etat, parfois avec zèle, de mettre en doute la gestion des élus locaux, vers lesquels le budget 2008 va purement et simplement transférer les défaillances criantes d’une nation exsangue. Nicolas Sarkozy aurait répondu à un sénateur, président de conseil général UMP, qui s’inquiétait de cette situation : " De toutes les manières vous serez obligés d’augmenter les impôts locaux qui sont trop bas dans notre pays. Alors débrouille toi… car on ne reviendra pas en arrière ". Ça a le mérite de la clarté : la rigueur, l’austérité, la faillite, c’est pour les autres.
Mais je déblogue…


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A
c'est un bon blog pour moi en politique pour arriver à ce debarrasser de sarko,je suis pour une alliance PS:rénové-modem-cap21-vert-prg-mrc et avec sa 2012 sera à notre porté de tir,je vous invite à passer voir mon blog http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/ et plus si affinité,vous abonnez à la Newsletter.merci encore et bravo aux créateurs de ce blog.......  
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E
@ Vinz<br /> Très bien ton lien ! Simple, clair et efficace ! ;-)
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V
... et vous quel choix feriez-vous avec 14 milliards, à quoi auraient-ils pu servir ?... faites votre choix sur http://www.baisses-impots.com/ un outil de compréhension intelligent et ludique réalisé par Alternatives économiques...
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