Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

Publicité

LA DANGER DE FAIRE LA COURSE EN TETE

Le mois d’octobre sera celui de tous les dangers. Pas nécessairement parce que les intempéries peuvent singulièrement perturber le quotidien, car on sait désormais que l’on arrive à s’en remettre. En fait, il faudra, durant quelques semaines, quitter son domicile avec un casque lourd, deux gardes du corps d’une fidélité absolue, les oreilles bouchées pour éviter d’entendre les déflagrations, et se préparer à plonger à la moindre alerte… Et encore, il vaudra mieux rester chez soi et ne sortir qu’en cas de nécessité absolue, pour éviter d’en prendre une entre les deux yeux. Les balles vont siffler et il sera indispensable de progresser avec d’infinies précautions. En effet, toutes les personnes qui veulent jouer un rôle dans les prochaines échéances électorales de 2008 ont tout intérêt à se méfier de toutes celles et tous ceux qui furent leurs amis. Les tireurs d’élite sont postés au coin de chaque réunion… Les traquenards ou les embuscades se préparent dans l’ombre. Quels que soient le lieu et même l’enjeu, la tactique demeure la même : on tire à vue en se dissimulant derrière la légitime défense.
De partout, dans les grandes villes et bientôt dans les petites, il sera difficile de faire la course en tête, car les places vont être chères et en se montrant hors de la tranchée on risque bien d’essuyer une rafale mortelle.
Alain Juppé l’a compris, lui qui a déclaré dès hier sa candidature, de telle manière que les autres soient condamnés à courir après lui. L’ancien premier ministre a annoncé son départ aux municipales de 2008 lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle il s’est dit " prêt à ouvrir très largement sa liste à tous ceux qui partagent sa vision de Bordeaux ".
" Notre ville a changé. L'équipe municipale des années 2008/2014 doit être à son image : rajeunie, riche de sa diversité, ouverte à tous ses quartiers "  Il s’est d’ailleurs permis, lors de sa conférence de presse, une petite pique à l’égard de l’Elysée, qui a décrété que les ministres battus aux municipales de 2008 ne seront pas tenus de démissionner comme lui-même l’avait été après sa défaite aux législatives. Alain Juppé trouve " très drôle ce changement de doctrine en quelques semaines. Je suis franchement rigolard là-dessus ". C’est rare de le voir s’amuser de son malheur, parfaitement organisé par celui qui a fini par tourner le dos à la Chiraquie en se débarrassant de quasiment tous ceux qui pouvaient encore la défendre. Alors, autant penser que c’est un rire crispé !

UN SONDAGE RASSURANT
Il a bien compris que le temps que ses adversaires s’organisent, se mettent en ordre de bataille, il aura décoché les flèches les plus acérées, et qu’il aura pris une bonne avance. Sa crainte a été atténuée par un sondage qui lui donnerait 56 % des voix face à un adversaire socialiste. Il sera donc finalement en tête de la liste UMP aux municipales des 9 et 16 mars. 
Il semble que les conditions qu’il avait posées aient été entendues. L’ancien premier ministre souhaitait voir un rassemblement autour de sa candidature, avec notamment les six élus du Modem actuellement membres de la majorité municipale, et qui resteront avec lui, quoi qu’ils en disent publiquement, car Bayrou en a pris l’engagement.
Alain Juppé a cependant tiré des leçons du contexte actuel " J'ai entendu votre message: notre ville mérite un maire à plein temps, si vous me renouvelez votre confiance, je n'exercerai aucun autre mandat ", explique-t-il dans sa lettre aux Bordelais, promettant que sa candidature est " un choix de cœur, pas un choix professionnel, de commodité matérielle ". En fait, il met habilement la pression dans le camp adverse, en se disant que l’on n’est pas obligé d’aller à Paris chaque semaine pour exister. Justement, il a simplement constaté que Delanoë a réussi à s’imposer sans être parlementaire, et il sait que tous ceux que la Gauche peut lui opposer auront beaucoup de mal à se montrer aussi disponible que lui. Il est installé. Il s’est positionné. Il attend la sortie du bois de ses concurrents. Après avoir pris une décharge à bout portant aux législatives, il se replace dans le jeu, dans la meilleure position : il attend de voir ce que vont faire les autres !

LA REVOLUTION GRONDE A NEUILLY
Il semble que ce ne soit pas partout la même " force tranquille ". A Neuilly, on se débat dans le mélodrame, afin de savoir qui succèdera à celui qui s’occupe des municipales locales en même temps que du nucléaire en Iran, des régimes spéciaux de retraite, de la franchise médicale ou de la croissance du pays. Il a décidé de faire l’impasse sur Paris, et donc d’offrir " sa " ville à David Martinon, porte-parole de l’Elysée, investi dimanche par l'UMP dans le fief de Nicolas Sarkozy. " Ce parachutage est terriblement vexant, car il suppose que personne à Neuilly ne soit en mesure de prendre en main le développement et la gestion de la ville ", a déclaré Jean-Christophe Fromantin, candidat sans étiquette, mais se prétendant sarkozyste. Ce chef d'entreprise de 44 ans s'est présenté deux fois récemment contre les candidats officiels de l'UMP à des élections locales à Neuilly, dépassant à deux reprises les 10% mais pourtant privé du poste que convoitaient bien de ses colistiers.
" David Martinon a sans doute besoin de Neuilly pour démarrer un itinéraire politique, mais Neuilly n'a pas besoin de David Martinon pour assurer son avenir (...) Neuilly doit se prendre en main et ne pas attendre de l'Elysée des candidats ou des consignes de vote ; c'est surréaliste ", ajoute-t-il, comme s’il pouvait réellement ébranler une décision prise par le Président de la République, toujours persuadé que ses décisions ne sauraient être contestées. Dans une ville entièrement vouée à la Droite, une récente élection cantonale destinée à remplacer Nicolas Sarkozy vient déjà de mettre aux prises deux… de ses ex-adjoints. La candidate officielle l’a emporté, montrant ainsi que la contestation ne réussit pas toujours. La fête a été gâchée par des sifflets et des quolibets, ce que l’on n'a guère l’habitude d’entendre en pareilles circonstances à… Neuilly ! Arnaud Teullé, le patron de la section UMP locale, briguait la succession du maire Louis-Charles Bary, non candidat à sa réélection. Mais Sarkozy a imposé Martinon. Depuis, Teullé ne s’est pas véritablement exprimé. Il est groggy ! Alors, les militants tentent l’exercice de la modération et du self-control. Pas simple. Les premiers pas du porte-parole élyséen ont illustré cette difficulté. En partant assez tôt, Martinon sait cependant qu’il parviendra plus facilement à apaiser les aigreurs par un ou deux cadeaux à faire.

UNE IMPASSE DISCRETE
La mitraille vient de tous côtés, dans tous les partis. La vérité de hier, les serments faits dans une salle discrète d’un restaurant, les accords scellés sur le marbre d’une table de café, les refus de parachutages plus ou moins dorés, n’ont plus aucune valeur. On doit s’adapter. L’UMP aura été la première formation politique à le faire. Selon certains observateurs, sachant que Paris, Lyon, Lille ne seraient plus gagnables en mars, et que les conseils généraux n’estomperont pas le virage à gauche du précédent renouvellement, Nicolas Sarkozy aurait décidé de faire l’impasse sur ces deux échéances. 
Il sait que, dans le fond, compte tenu des transferts massifs que va accentuer le gouvernement vers les collectivités locales, ce n’est pas un bon plan de les diriger par les temps qui courent. Il vaudra mieux se réserver pour les régionales, qui viendront dans des délais plus satisfaisants pour que soit passé le train des réformes. Au sein de l’UMP, certains ont vu arriver le coup et commencent à se plaindre. La réponse qui leur est faite reste toujours la même : " si vous n’avez pas assez de voix dans votre camp, allez en chercher chez les autres, via l’ouverture tous azimuts ". Une méthode dont on attend de voir ce qu’elle donnera au niveau du gouvernement, avant de se lancer au plan local.
Donc, de tous les côtés on s’épie, on s’observe, on se traque. Mieux, certains font même déjà l’impasse sur les deux échéances qui arrivent, en restant au chaud pour éviter de prendre un éclat, car on prépare des rendez-vous plus lointains. Inutile de courir le moindre risque. Il est certain que, selon la situation après les fêtes, il y aura des défections imprévues, quand on constatera qu’il y a plus à perdre qu’à gagner dans des municipales qui restent le véritable moment de vérité pour les ambitions. 
Comme s’annonce (la position de Juppé constitue un indice fiable), dans le cadre de la réforme institutionnelle, une mesure sur le cumul des mandats, on va en profiter pour se mettre à l’abri. Car, dans le fond, en politique comme dans la vie, pour vivre heureux, il vaut mieux vivre caché le plus longtemps possible. Mais pas trop longtemps, car la nature a horreur du vide. Juppé la compris. En revanche elle n’aime pas non plus le trop-plein. A Neuilly comme ailleurs !
Mais je déblogue… 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
Le parachutage houleux de Neuilly... et dire que tf1 n'en a pas parlé... à voir sur l'excellent site d'arrêt sur images: http://arretsurimages.net/post/2007/10/02/TF1-occulte-Martinon-non-non-a-Neuilly
Répondre