Voici que Bernard Laporte, promu secrétaire d’Etat au Sport pour avoir eu le privilège de partager quelques moments forts avec son ami de peu de temps Nicolas Sarkozy. Cette nomination s’est accompagnée d’une flopée de révélations sur son sens très spécial des affaires. Il semble en effet que le mot qui monte dans le lexique gouvernemental c’est bel et bien celui ci : " affaires ". Elles émergent de tous les cotés mais ne débouchent dans l’immédiat que sur des révélations journalistiques ne générant pas trop d’affolement chez les intéressés. Il ne s’agit pourtant pas de babioles mais de tripatouillages portant sur des millions d’euros. On sent bien qu’il règne un climat extrêmement particulier mettant les " amis " à l’abri de toute poursuite potentielle. Bernard Laporte n’a rien su, rien vu, rien entendu. Il est aussi blanc qu’un maillot anglais au début d’un match du tournoi des 6 nations. Il sait que ce n’est pas quelques dizaines de milliers d’euros puisés dans les caisses de restaurants qui vont altérer une carrière ministérielle prometteuse. Il sait aussi que ce n’est pas parce que l’on est ministre que l’on peut arrêter de gagner un poil d’argent de poche. Le seul problème c’est qu’il fait un peu amateur parmi de véritables professionnels ca ce n’est même pas en étant président de la République que l’on arrête les affaires puisque son mentor a conservé ses parts dans le cabinet d’avocats d’affaires qu’il possède en société comme le fait Jean François Coppé en étant député. Ils pourront l’un et l’autre demander à leurs collègues de défendre les Ministres réfugiés derrière la présomption d’innocence accordé aux uns mais refusée aux autres. Dommage que les tests ADN n’y puissent rien !
Il est vrai aussi que Bernard Laporte peut faire valoir qu’il a eu d’illustres prédécesseurs dont on sait qu’ils ont formé le chef de l’état. Tenez prenez le cas de Charles Pasqua qui occupa les fauteuils de Ministre de l’Intérieur et de Président du Conseil Général des Hauts de Seine avant Nicolas Sarkozy. Il vient, en ce début de semaine, de frôler la catastrophe uniquement par le fait qu’il est protégé par ces fonctions exercées et ne relève que de la cour de justice de la République. Lui ne marchait pas au radar et savait fort bien ce qui se passait dans son propre Ministère de la rigueur, de l’ordre et des enquêtes sur bien d’autres élus. C’est un pro des " affaires " !
FISTON LES DOIGTS DANS LA PORTE
Le Procureur d’un procès en cours a en effet réclamé deux ans et un an de prison ferme contre Pierre-Philippe Pasqua, son fils, et Pierre Falcone pour recel de détournements de fonds présumés au détriment de la Sofremi, société sous… tutelle du ministère de l'Intérieur, entre 1993 et 1995. L'accusation estime que près… de 36 millions de francs (environ 5,5 millions d'euros) de commissions indues ont été versées par la Sofremi à divers intermédiaires, dont Etienne Leandri, ayant donné lieu à des rétrocessions à des proches de Charles Pasqua.
Dès la nomination de la nouvelle équipe dirigeante de la Sofremi en 1993, nommée par Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur, Etienne Leandri, décédé en 1995, intervient dans les affaires de cette société d'Etat. Il perçoit des commissions qui, selon l'accusation, n'ont rien à voir avec les contrats. Etienne Leandri a versé, selon l'accusation, 1.835.000 dollars (environ 1,28 million d'euros) à Pierre-Philippe Pasqua, sans contrepartie aucune. " C'est une honte pour ce pays et la République française que le fils d'un ministre reçoive des millions de francs sans contrepartie ", a souligné le procureur Romain Victor.
A l'encontre des anciens dirigeants de la Sofremi, Bernard Dubois, le PDG, et Bernard Poussier, directeur général-adjoint, le parquet a requis trois ans avec sursis et 100.000 euros contre le premier et trois ans ferme et 300.000 euros contre le second. Bernard Poussier s'est vu rétrocéder 3,9 millions des 36 millions de francs de commissions versées par la Sofremi. Un homme qui vivait " dans un monde où règne le service rendu et le renvoi d'ascenseur ", a estimé le procureur.
Contre Bernard Guillet, ancien conseiller diplomatique de Charles Pasqua, bénéficiaire de 600.000 francs provenant d'une commission perçue par Etienne Leandri, pour l'achat de sa résidence principale, le parquet a requis 18 mois dont 12 avec sursis et 100.000 euros d'amende. Huit mois et 30.000 euros d'amende ont été requis contre l'ancien directeur administratif et financier de la Sofremi, Nicolas Maroslavac.
Autre bénéficiaire de fonds, versés par Leandri, la société éditant… " Le Quotidien du maire ", déficitaire quasi-continuellement, dirigée par Jean-Jacques Guillet, un proche de Charles Pasqua. Près de 12 millions ont été donnés par Leandri pour renflouer ce journal. Bien évidemment ce magazine a toujours été parfaitement objectif sur les mesures des gouvernements UMP !
LES MENACES DE LAGARDERE
Il peut aussi invoquer l’exemple venant des " frères " de Nicolas Sarkozy. Laporte croisera souvent Arnaud Lagardère qui a sous contrat avec son " team " bon nombre de sportifs de haut niveau. Qu’il se méfie car le bonhomme a le Sang chaud et la pigne facile. croisera souvent. On sait en effet qu’autour des actions EADS ils ont été nombreux a avoir eu un flair indubitable pour vendre à la Caisse des Dépôts leur patrimoine au meilleur niveau et avant sa dégringolade. Ces gars là ne sont pas des spécialistes de l’EPO mais de l’OPA ! C’est tout aussi dangereux.
Beranrd laporte devrait donc bazarder tout ce qu’il possède au plus vite et poursuivre crânement sa mission de VRP de divers produits totalement inoffensifs pour la santé des gens qui lui font confiance. Et si par hasard il tombait sur quelques " miteux " osant une critique il s’inspirera d’Arnaud Lagardère qui a prévenu les bréteurs récalcitrants : " si vous venez à Lagardère… Lagardère vous recevra ! " Frédéric-Karel Canoy, qui représente plusieurs petits actionnaires d'EADS, a en effet porté plainte contre lui pour " acte d'intimidation et menaces ". Là où il y a des oppositions il faut savoir ne pas se gêner pour expédier des messages clairs. La raison de cette plainte? Lors de l'assemblée générale du groupe d'aéronautique et de défense européen à Amsterdam, lundi, Arnaud Lagardère aurait déclaré qu’il " rendra coup pour coup " et qu’il " n’oubliera personne ". A bon entendeur salut ! Que les illuminés qui auraient vu un délit d’initié là où il n’y a que de la science financière se taisent ou alors…
Ces propos tenus par le patron du groupe, actionnaire de référence d'EADS, alors que le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur un éventuel délit d'initiés massif commis par des hauts dirigeants d'EADS et certains actionnaires, illustrent à merveille les réalités du Sarkozysme : il faut plier l’échine et on admettre que les amis du président qui sont intouchables ou alors c’est le pilori. Plus particulièrement, ces déclarations interviendraient après le dépôt par Me Canoy d'une plainte contre personne non dénommée, mettant en cause le groupe Lagardère, et son P-DG, pour, entre autres chefs d'inculpation, délit d'initiés, recel de délit d'initiés, manipulation de cours, publication de faux bilans, faux et usages de faux. Une liste qui ressemble étrangement à d’autres en d’autres lieux et avec d’autres personnes. Par ce biais, l'avocat entend engager la responsabilité pénale du groupe et de son dirigeant, et voir les actionnaires minoritaires d'EADS indemnisés de leur préjudice. Il sera donc intéressant de voir dans un an ce qu’elle est devenue.
DES PATRONS EXEMPLAIRES
Bernard Laporte peut également se tourner vers le Medef dont on sait combien il vénère l’austérité imposée par le gouvernement aux salariés désireux de parler pouvoir d’achat. Denis Gautier-Sauvagnac a annoncé hier qu'il allait démissionner en novembre de la présidence de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) mais en restera toutefois… le délégué général. Il reconnaît par ailleurs l'existence d'une " caisse " (dont il donne pas la couleur) de la bagatelle de… 600 millions d'euros.
" Ce système, j'en ai hérité, je suis le septième délégué général depuis 1901, ça tombe sur le septième, ce n'est pas de chance, mon devoir est d'assumer. Mon erreur est de ne pas avoir arrêté le système en 1994 quand je suis devenu délégué général ", explique cet homme qui adorait faire sa valise quotidienne ou presque. Selon lui, comme pour les autres " il n'y a jamais eu de corruption, de financement politique, d'achat de parlementaires ou de signatures lors d'un accord syndical, jamais! " On croirait entendre un dopé qui s’excuse en clamant qu’il l’a été sans le savoir et parce que les autres le faisaient.
Denis Gautier-Sauvagnac explique que " ces fonds ont servi à indemniser les entreprises qui sollicitaient notre secours après un conflit " et ont également permis de financer " diverses organisations de notre vie sociale ". Bien évidemment laporte pourra noter que le fait que ce soit avec des valises d’argent liquide et que ces transferts ne constituent pas aux yeux de cet éminent patron un acte coupable. Pas plus que ce l’était pour Pasqua fils et ses amis.
Depuis 1972, 290 millions d'euros ont été ainsi encaissés par l'UIMM grâce à une surcotisation versée par les entreprises membres de l'UIMM, qui a permis d'alimenter ce fonds baptisé "EPIM" (Entraide professionnelles des industries de la métallurgie). Une partie de ces fonds a été dépensée depuis mais il reste 120 millions qui, " bien placés ", selon Denis Gautier-Sauvagnac, vaudraient aujourd'hui 600 millions d'euros parce que vous pouvez être certain que le maître eds froges sait placer l’argent. Lui n’a pas acheté des restaurants bodegas, des campings des " Flots bleus ", des casinos et encore moins des actions d’EADS comme la scrupuleuse Caisse des Dépôts et Consignations. Chez ces gens là, Monsieur, un billet est un billet et on ne le confie pas à n’importe qui ! Laporte n’est qu’un amateur. S’il ne le sait pas encore il va le découvrir.
Mais je déblogue…