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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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DROIT DANS SES BOTTES

Ce que je reproche essentiellement aux responsables du Parti socialiste actuels c’est de ne pas offrir aux citoyens des analyses des situations présentées de manière sommaire par les médias. Ils se contentent trop souvent de réagir aux faits et de les critiquer sans démonter le processus qui les sous-tend. En effet, Nicolas Sarkozy a toujours un objectif précis en lâchant une phrase, un mot ou effectuant un voyage, un geste qui remplace toute les philosophies politiques les plus sophistiquées. Il faut absolument dénoncer la méthode autant que les contenus car il calera sur ces derniers s’il les considère comme néfastes à son image mais recommencera de la même manière. Malheureusement le plus souvent on reste sur l’écume des jours et on n’insiste pas assez sur la dangerosité pour le démocratie d’un comportement soigneusement monté.
Avant il avait été très habile dans l’utilisation des défauts de notre société et depuis son élection Nicolas Sarkozy gouverne en tentant de se forger une notoriété quotidienne autour deux axes contradictoires : l’impression qu’il sait écouter et capacité réelle à ne pas entendre. Il va céder aux marins pêcheurs en quelques minutes des avantages qu’il refuse à d’autres durant des jours. Il pratique l’ouverture vers la gauche et met en place un programme d’extrême droite. Il va sur le terrain mais laisse Dati déployer une politique qui l’ignore totalement. Il sait en effet que l’image d’un homme d’Etat se forge dans l’adversité. Le mieux c’est de créer celle que l’on veut pour mieux l’affronter.
En fait il a inventé la politique des symboles partant du principe que les citoyennes et es citoyens ne se déterminent plus sur des " impressions " que sur des " certitudes ".  Il a mis en œuvre ce que l’on apprend en matière de propagande : offrir aux gens le sentiment que vous répondez aux aspirations qu’ils n’osent pas formuler par peur de la réprobation collective. Ils approuvent ainsi secrètement les décisions constituant ainsi un électorat souterrain, peu visible, peu actif similaire à celui, qui a porté aux présidentielles de 2002, Le Pen au second tour. Ce travail piloté par une cellule performante à l’Elysée constitue la principale doctrine politique du Sarkozysme : partir du sondage pour chaque acte du quotidien.
Hier, veille du début du mouvement de grève reconductible contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, Ségolène Royal a ainsi accusé Nicolas Sarkozy d'avoir dégradé le climat social en France. Ce constat n’a rien d’original dans l’analyse et il serait véritablement étonnant qu’elle formule une autre appréciation de ce premier semestre sarkozyste. " Bien sûr qu'il faut réformer le système des retraites globalement, mais ce qu'il ne faut pas faire et ce que fait malheureusement le gouvernement, c'est faire de la provocation ou aller à l'affrontement pour l'affrontement ", a déclaré l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle. Et c’est déjà beaucoup mieux car le véritable problème se situe dans la seconde partie de cette déclaration. " Il y a arrogance, il y a archaïsme et il y a volonté de ne pas régler les problèmes au fond ", a-t-elle ajouté à l'adresse du chef de l'Etat, qui travaille selon elle " beaucoup avec les sondages ".
LA CONFRONTATION DANS L’INTERET DU PAYS
" Un piège est tendu aux organisations syndicales et aux salariés : il va prendre les Français à témoin en disant 'vous voyez je vais aller jusqu'au bout, je vais faire la confrontation dans l'intérêt du pays' ",
Or, fin novembre, on saura ce qui sommeille dans l’esprit de celui qui ne rêve que de devenir le héros du monde libéral, une sorte de Thatcher auquel les ultras libéraux européens viendraient rendre un hommage appuyé ! Il y a toujours, dans le peuple, un goût immodéré pour les hommes à poigne qui font preuve de pugnacité dans les conflits. Rien ne vaut mieux qu’une bonne guerre pour se forger une image de solidité et de résistance : Sarkozy a décidé que la sienne serait sociale et non pas militaire !
" La porte du dialogue reste ouverte
A cet égard, Angela Merkel lui a adressé ses encouragements. " Je souhaite tous le succès possible à la France et à son président, même si parfois certaines mesures sont difficiles à obtenir et à prendre ", a-t-elle souhaité. Il est vrai qu’elle devait savoir ce qui l’attend : des menaces de… grève illimitée sur l'ensemble des lignes ferroviaires ont été proférée, hier, par deux dirigeants du syndicat des conducteurs de trains allemands. " Nous nous dirigeons vers une grève illimitée, au besoin simultanément sur les grandes lignes, les lignes régionales et les lignes de fret ", a annoncé à Angela Merkel, Frank Schmidt, responsable du petit syndicat pour l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie.
Sarkozy était allé aussi à Washington chercher un coup de main de George Bush, il est ensuite symboliquement allé quérir un soutien de l’autre bord à Berlin. Fort de ces bénédictions il laisse monter la pression persuadé qu’il l’aura à l’usure et qu’elle s’éteindra dans un contexte où les problèmes économiques individuels prendront le pas sur les convictions.
UNE OPPOSITION CALCULEE
Il sait qu’il finira par dresser la fameuse majorité silencieuse contre cette contestation menée par des " privilégiés ", paresseux, trop payés et jamais contents. Il va jouer la France des réalités contre la France des impressions, la France de la raison contre la France de la télévision, la France laborieuse productive contre la France réputée coûteuse et privilégiée, la France contestataire et la France résignée, la France moderne et la France archaïque. Il mettra en œuvre tous les supports médiatiques pour qu’il en soit ainsi engageant une " guerre " psychologique. Le gouvernement n’est d’ailleurs pas malheureux que le mouvement de grève soit massif afin que s’il y obtient une victoire finale elle ait une ampleur significative. Chaque jour jusqu’au 20 novembre les médias vont montrer cette France spoliée, souffrante, inquiète par ces grèves qui paralysent l’activité économique de la Nation. La machine TF1 va tourner à fond !
L'UMP se prépare également à ce qui pourrait se transformer en marathon social, en serrant les rangs derrière l'exécutif. " Les acteurs des conflits sociaux doivent mesurer l'exaspération des Français ", a prévenu Jean-Pierre Raffarin jouant sur l’opposition des deux France . " Ceux qui, par les grèves, sont privés de leur travail sont aujourd'hui en colère " et " l'UMP, le moment venu, saura exprimer cette insatisfaction et porter le message de la majorité silencieuse ". Pas possible : comme si ce discours était nouveau et comportait la moindre avancée en matière de dialogue. " L'UMP fera, dans cette affaire, tout son devoir, si c'est nécessaire ", a confirmé le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian. " Il y a 366.000 adhérents à l'UMP, ça représente aussi à une force capable de se mobiliser ", a-t-il souligné. " La démocratie, c'est ce qui se passe dans les urnes, ce n'est pas ce qui se passe dans la rue ". Dommage qu’il n’ait pas fait pareille déclaration lors du défilé en faveur de l’école libre ! En fait ce n’est qu’une déclinaison du discours préparé pour accentuer la radicalisation du conflit et lui donner la tonalité délibérée d’une épreuve de force.
ATTENDRE LE 20 NOVEMBRE
C’est l’avis du patron de la CGT. Bernard Thibault qui a déclaré que le gouvernement " a cherché à créer la division syndicale" et "veut le conflit pour l'exemple. Je suis bien obligé de constater que toutes les catégories professionnelles ne sont pas traitées avec la même brutalité quand des problèmes apparaissent ".
Comme François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, Bernard Thibault a le sentiment que le gouvernement a " poussé " les organisations syndicales vers la grève. Un peu plus tôt, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, avait refusé d'organiser la réunion tripartite (Etat, syndicats et entreprises) sur les régimes spéciaux de retraites demandée par la CGT, renvoyant le syndicat vers les négociations d'entreprises. Pas question que le gouvernement se mette en situation de céder. Il essaie au contraire de dramatiser la situation : " chacun doit être conscient que le mouvement peut durer, même si j'ai demandé aux entreprises des moyens de transports de substitution et un effort sans précédent d'information " déclare le ministre dans un entretien publié, évidemment, dans l'édition de samedi du… Figaro.
En définitive il faudra probablement attendre la journée du 20 novembre pour connaître le verdict de cet affrontement social. Si la première vague de contestation tient une semaine elle recevra un sacré renfort avec l’ensemble de la fonction publique et peut-être les… étudiants. Nicolas Sarkozy aurait alors bien du mal à résister. Comme il a les yeux rivés sur la ligne bleue de sa cote de popularité il recherchera vite une position de repli exposant, c'est certain, les ministres concernés et sacrifiant symboliquement les PDG des entreprises sur l’autel de la repentance.
Il va bien trouver un moyen de débarquer sur TF1 au Jité de son ami PPDA pour exprimer samedi ou dimanche soir sa compassion pour ces voyageurs sans train, ces élèves sans classe, ces maisons sans électricité ou sans gaz, ces universités sans étudiants … et surtout ces députés UMP sans tribunaux de proximité. Novembre 95-Novembre 2006 : même combat, mêmes dégâts ? Alors que notre pays risque de vivre l’un des conflits sociaux majeurs de ces 10 dernières années, Nicolas Sarkozy a bien décidé à ne pas céder face aux syndicats. Le Juppé " droit dans ses bottes de 95 " aurait-il fait un émule ? Pourtant les bottes paraissent trop grandes pour lui ! Il préfère les talonnettes !
Mais je déblogue… 
(NDLR : je sais écouter), mais ces réformes nous les ferons, parce qu'elles doivent être faites (NDLR : je fais ce que je veux) ", a-t-il martelé de Berlin (NDLR : le lieu n’est-il pas symbolique ?). " Tous les pays qui les ont faites ont eu des résultats et ça s'est traduit - c'est normal dans une démocratie - par des mouvements de contestation, des discussions. Eh bien, il faut regarder ça avec beaucoup de sang-froid, un grand sens de la responsabilité ". Il faut " savoir une chose: nous avons été élus pour transformer la France, pour que la France ait le plein emploi, pour que la France réduise ses déficits et pour qu'il y ait plus de justice dans notre pays. C'est cette action que nous allons mettre en œuvre ", a-t-il promis. a souligné Ségolène Royal. Et dans les prochains jours, beaucoup plus que des déclarations factuelles sur le mouvement de grève, il faudra expliquer que Nicolas Sarkozy a voulu ce conflit, qu’il l’a volontairement fait monter en puissance, qu’il l’a sciemment inventé pour s’offrir le luxe de se donner l’image d’un chef d’état à poigne ne cédant pas à la rue. Il joue avec la République et la démocratie sans que les Françaises et les Français en aient véritablement conscience.
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E
@ marc d'héré<br /> Hé oui, tout fout le camp, mais lorsque nous serons redevenus des "serfs" à cause du manque de vision de politique globale dont souffre le peuple, je suis sûr qu'il sera alors plus facile de "fédérer" à nouveau !<br /> En attendant, le pouvoir surfe sur la bêtise !
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M
La grève nationale à la SNCF, à l'appel de sept syndicats sur huit, était suivie aujourd'hui à 11 heures par "61,5% des agents", contre 73,5% à la même heure le 18 octobre, selon la direction de l'entreprise publique.Source : AFPEt, c'est moi qui l'ajoute, les Syndicats ont ACCEPTE le principe des 40 annuités! 
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E
Non, ne rigolez, les interprétations politiques de marc d'héré sont sincères ! Il est beaucoup trop vieux pour faire de la provoc ! ;-(<br /> Il est juste fan de Sarko ! Mais ne lui dites pas qu'il est de droite, il a toujours cru qu'il était de gauche ! ;-)
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M
Il semble, d'après les premières informations de la journée que la grève soit moins suivie que le 18 octobre et que prévue....Il semble aussi que les syndicats n'exigent plus de négociations sur le principe des 40 annuités et donc qu'ils l'ACCEPTENT....Voilà un grand pas en avant.Ils "consentent" à négocier dans les entreprises ce que le gouvernement demandait depuis un mois!......On est sur la bonne voie et le gouvernement voit sa fermeté justifiée.
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P
Il me paraît évident, depuis son élection et même avant, que Sarko cherche à diviser les français (fonctionnaires contre privés, français contre immigrés etc..) et à provoquer les affrontements pour mieux asseoir son pouvoir personnel.Malheureusement pour lui, bien qu'on lui prête une ressemblance avec Napoléon, il n'en a ni le charisme ni l'intelligence, le monde et l'Europe ont bien changé, la France n' est plus qu'un petit pays parmi d'autres, et ses gesticulations font surtout sourire à l'étranger.Il ressemble à un petit chef de cour d'école, et quand il aura pris quelques baffes ( il en a déjà pris une avec les pêcheurs), il partira bouder dans son coin sous les risées des ses ex-fans.Je me demande si la meilleure façon de le contrer ne serait pas de le laisser faire tout ses caprices en n'y prêtant aucune attention; il finira bien par se lasser et il sera toujours temps de remettre les choses en ordre quand il sera parti.
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