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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA JUSTICE DE ROBE

C’est incontestablement la star du gouvernement. Elle est arrivée dans l’ordre protocolaire sur l’immense scène du parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris devant plus de 5 000 maires entassés dans une immense salle pour écouter la bonne parole présidentielle. Robe moulante d’un rouge du plus bel effet, juchée sur des talons hauts et malgré une température extérieure peu clémente avec un dos " nu " agrémenté d’une fermeture de soutien gorge noir elle s’est installée avec ses collègues avant que n’entre Nicolas Sarkozy. Bien évidemment cette élégance éclipsait tout le reste de l’équipe beaucoup plus classiquement et sobrement vêtues. Rachida Dati s’est parée des habits de la pipolisation intégrale de la vie politique et personne ne songerait à nier son élégance calculée. En fait son regard noir n’invitait guère à la contestation surtout quand les propos de son mentor attaquaient bille en tête celles et ceux qui contestaient sa méthode.
Elle a d’ailleurs été la première à recevoir un hommage appuyé pour son action pour la réforme de la carte judiciaire. Un léger sourire satisfait, semblable à celui des bonnes élèves recevant des louanges de leur professeur, flotta sur son visage aux mâchoires carnassières. La ministre de la justice acceptait avec jubilation devant ce public de premiers magistrats communaux le prix d’excellence de la réforme. Les applaudissements d’un auditoire subjugué par les mots symboliques du discours sarkozyste estompaient les critiques faites le matin même dans le débat sur la ruralité par le maire creusois d’Aubusson dépité de voir s’envoler son tribunal. Les arguments très construits de Michel Moine n’avait plus aucun écho. Ils se noyaient dans le spectacle calculé d’une cour en déplacement officiel. Il est vrai qu’il n’était pas dans le style Dati !
Dans le premier débat de la journée de mardi, consacré aux "territoires ruraux: nouvelles chances, nouveaux défis", il était intervenu pour " en souligner la duplicité. En effet, je vois bien les nouveaux défis qui nous attendent, désertification rurale en matière de services publics ou en matière médicale par exemple " souligna avec calme et pondération cet élu en proie à un déménagement du territoire qui n'était pas selon lui, " de nature à favoriser le développement économique des secteurs ruraux ", et qui n’était pas sûr " que les TIC représentent une solution universelle à tous les services qu'on nous retire.
Il est d'ailleurs assez frappant d'entendre la logique des "déménageurs": le tribunal ? Mais vous n'y allez pas tous les jours ! Le directeur départemental de la Poste ? Mais qu'est-ce que cela peut bien vous faire, c'est le facteur qui compte ! Les trésoreries ? Vous avez internet ! Les lignes et les gares de chemins de fer secondaires ? Mais à quoi servent-elles ? Les hôpitaux ruraux? Ils sont trop petits !  Et à chaque fois, on nous demande pourquoi nous nous battons pour garder, développer ou moderniser ces équipements ou services... La réponse est pourtant simple: si nous voulons rester attractifs pour les entreprises ou les familles, il faut que l'offre soit complète, il faut que la vie y soit possible sans le sentiment de vivre dans un désert. Alors, on nous oppose la sacro-sainte logique comptable: cela coûte cher, ce n'est pas rentable. Mais combien coûtera la disparition du monde rural ? " 
Rachida Dati " sponsorisée " par Prada n’était pas présente pour entendre cette intervention qui fut d’ailleurs au moins autant applaudie que celle du Président d’une République vantant les mérites de ce déménagement judiciaire dont on apprenait hier qu’il allait coûter les yeux de la tête à un budget de l’Etat très déficitaire ! Elle est repartie telle un mannequin défilant chez un grand couturier vers d’autres préoccupations que le tgi d’Aubusson et son devenir.
UN COUT ELEVE OUBLIE
La garde des Sceaux, Rachida Dati, a en effet enfin annoncé, que le coût de la réforme de la carte judiciaire allait s'élever à plus de… 500 millions d'euros. Interrogée sur RMC, la ministre de la Justice a détaillé le coût immobilier de la réforme et les mesures d'accompagnement social. Elle a expliqué que sa mise en œuvre serait progressive sur trois ans à partir de 2008, mais que son coût, lié en particulier aux programmes immobiliers l'accompagnant, s'étalerait sur cinq à six ans.
"Pour l'accompagnement social (...) nous avons provisionné pour 2008 1,5 million d'euros et 121 pour l'immobilier", a déclaré la ministre. "Puis il y aura sur 2009-2010 trente millions d'euros pour l'accompagnement social et un programme immobilier qui intègre l'immobilier qui n'est pas aux normes (...) on est à peu près sur 500 millions d'euros mais sur cinq ans ou six ans, parce que là c'est le programme immobilier". Rachida Dati doit être auditionnée le 28 novembre à l'Assemblée nationale sur la réforme de la carte judiciaire, selon une source parlementaire. Cette audition, ouverte à la presse, devant la Délégation à l'aménagement et au développement durable du territoire, interviendra à la veille de la grève des magistrats, fonctionnaires de justice et avocats contre la réforme Dati.
Le ministère a également promis des compensations financières aux avocats et personnels de justice concernés, dont le coût n'est pas connu avec précision. Il viendra se rajouter à une ardoise très élevée comme celui des déplacements des justiciables dans des territoires très mal desservis par les transports collectifs.
Borloo et son ministère du développement durable devrait par exemple calculer l’impact du déplacement de l’ensemble des intervenants dans un procès initialement prévu à Moulins et désormais renvoyé à Vichy soit 160 kilomètres aller retour ! Quand on ajoute qu’il y avait globalement 8000 dossiers traités dans les tribunaux de Moulins supprimés on aura une idée de la sincérité du Grenelle de l’environnement !
La réforme prévoit notamment rappelons le, la suppression de 23 tribunaux de grande instance (TGI) sur 181, de 176 des 473 tribunaux d'instance et de 63 tribunaux de prud’hommes sur 271 ce qui donne une idée plus précise de la désertification organisée. 
Il n’y aura pas de concertation sauf pour les députés UMP bien en cour et qui auront eu le privilège d’être informés plus de 24 heures avant la décision. D’ailleurs mercredi après-midi quelques centaines d’élus socialistes ont pu constater ce que Rachida Dati faisait de leurs doutes.
Conduits François Hollande ils se sont vus refuser l’accès d’une délégation auprès de Mme la Ministre qui fit annoncer à la piétaille que… sa seule disponibilité était le 6 décembre quand tout serait définitivement bouclé. On leur tiendra un discours de comptable ce qui est différent de celui du gestionnaire devant prendre le problème dans sa globalité (impacts multiples sur la vie des hommes) et non pas sous le seul aspect des économies budgétaires d’ailleurs pas véritablement chiffrées ! On les renverra au déficit de l’Etat et aux nécessaires économies !
RECUPERER LES DEBRIS
La diva de rouge vêtue pouvait avoir le sourire mercredi en soirée. Elle assumait ce saccage sans précédent du maillage territorial de proximité d’une justice pourtant largement critiquée pour son éloignement temporel et " fonctionnel " des justiciables. Mieux elle représentait la victoire d’une politique d’Etat reposant sur la " force " et plus sur les pratiques habituelles de la concertation sociale. Depuis plusieurs mois on assiste en effet à une méthode redoutable consistant à casser pour ensuite d’aborder la négociation sans possibilité de retour en arrière. Les partenaires se retrouvent le dos au mur et sans espoir réel de modifier les décisions prises.
Le maire d’Aubusson résume parfaitement cette nouvelle donne. " Le moins que l'on puisse dire, c'est que je suis sorti de la chancellerie avec le sentiment d'un simulacre de dialogue avec le cabinet de Rachida Dati. Comme je le redoutais, c'est la seule logique comptable qui prévaut dans cette réforme, sans tenir le moindre compte de la réalité d'un département comme la Creuse, ni le moindre compte de l'avis des élus et des citoyens ". Il n’obtiendra rien puisque selon Nicolas Sarkozy il a été mandaté par les Françaises et les Français pour mettre en œuvre cette politique de " réforme " consistant à les priver des services public auxquels… ils réclament sans cesse davantage d’efficacité et de proximité. Les dégâts seront irréparables mais dans le fond ils ne semblent pas affoler les populations plus sensibles aux tenues de Rachida Dati qu’à ses actes politiques.
Dans les conflits sociaux actuels on note la même attitude. Dans celui des universités on approche du moment où l’on va ouvrir des négociations à la marge. Dans le système éducatif on s’engage dans un processus identique. On détruit et ensuite on discute pour savoir ce que l’on peut récupérer dans les débris car il est totalement impossible de " reconstruire " après le passage de la tornade. Nicolas Sarkozy a scellé la réforme de la carte judiciaire en défendant une promesse tenue au nom de la rationalisation des dépenses publiques, mais il a reconnu qu'elle " posait des problèmes " aux communes affectées. " Bien sûr que ça pose des problèmes dans tel ou tel village, dans telle ou telle ville, dans telle ou telle commune. Mais je pose la question : est-ce que vous croyez que la France de 1958, c'est la France de 2007? Je veux bien qu'on me dise 'économisez les dépenses publiques', mais est-ce qu'il est raisonnable de garder deux tribunaux de grande instance à 18km de distance?", a lancé le chef de l'Etat lors d'un discours d’une impressionnante démagogie devant le congrès des maires où j’étais. Comment ne pas avoir envie de lui rétorquer : " Est ce que vous croyez que les besoins de la France de 1958 sont les mêmes que celle de 2007 ? Est-ce que vous pensez sincèrement que les Françaises et les Français de 2007 ont moins besoin de services que celles et ceux de 1958 ? Est-ce bien raisonnable an 2007 de débuter une réforme devant économiser les deniers publics en présentant une note de largement plus de 500 millions d’Euros, " Mais la démocratie participative n’a pas encore cours au congrès des maires. Alors vive la robe rouge moulante de Rachida Dati : c’est un argument comme un autre pour les journaux qui de plus en plus s’intéresse à la forme et jamais au fond. Quant aux maires un tant soit peu critiques ils auront fait leur jugement : les apparences sont parfois trompeuses !
Mais je déblogue…  
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M
qd par malheur on discute avec certains chirurgiens (dans le privé) bien pensants (assoc en faveur des paralysés, "lyon's club pour avoir bonne conscience....), ils nous disent avec aplomb qu'il ne faut plus de" petits" hopitaux, ni de "petits" tribunaux (en fait mèdecine et justice : même combat!!!!) parce que ça coûte trop cher!!!! et puis aussi, certains postes sont occupés par des mèdecins "étrangers" et ça, c'est " très grave"!!!!(car ils viennent manger le pain des pauvres mèdecins "français")! mais, je "déblogue"......
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