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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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COMMENT ACHETER LE POUVOIR ?

S’il est un pouvoir qui est à prendre c’est bien celui qui permet d’acheter. Il y a bien longtemps que l’on n’avait pas évoqué l’importance de ce volet social dans l’avenir de la France. Il faut en effet convenir que l’horizon financier de bien des familles et, à fortiori de beaucoup de personnes isolées, s’est considérablement rétréci depuis plusieurs années. Il n’existe que les statisticiens de l’INSEE pour ne pas connaître des fins de mois difficiles car leur boulot consistent à démentir par des chiffres ou des graphiques ce qu’ils c2007-11-24T112206Z-01-NOOTR-RTRIDSP-2-OFRTP-FRANCE-POUVOIR-DACHAT-SONDAGE-20071124.jpgonstatent dans leur quotidien : le pouvoir d’achat des classes moyennes et de la classe ouvrière fout le camp, lentement mais sûrement, comme le sable qui coule de haut en bas dans le sablier.
Si l’on en croît les spécialistes la France occupe actuellement la neuvième place en Europe en matière de pouvoir d'achat avec plus de 18.000 euros par an et par habitant, juste devant l'Allemagne mais bien loin derrière la Suisse et ses 27.521 euros, selon une étude de l'institut GfK, communiquée jeudi. Les Français arrivent en neuvième position (18.873 euros) derrière notamment la Norvège (24.993), l'Irlande (22.207), le Danemark (21.521), l'Islande (20.511), le Royaume-Uni (19.863) et l'Autriche (18.960). La Suisse occupe bien entendu la première place ex-aequo avec le Liechtenstein. Le Luxembourg arrive en position suivante, avec 27.395 euros, alors que le revenu annuel moyen s'établit à 11.998 euros en Europe.
" Fait notable, l'Irlande connaît la plus forte croissance en Europe de l'Ouest : sur la période 2003-2007, le pouvoir d'achat moyen irlandais par individu s'est accru de 30% " à 22.207 euros, souligne GfK. L'Irlande est ainsi passée de la sixième place en 2006 à la quatrième en 2007, pendant que l'Allemagne se maintient en dixième position. Cet état des lieux va changer dans les prochaines semaines car les mesures gouvernementales actuelles vont accentuer la " dépression " en cours. La croissance ne sera pas au rendez-vous et d’ailleurs on a vite médiatiquement trouvé une raison : les grévistes ont ruiné notre pays et vont certainement être les coupables idéaux pour Christine Lagarde obligée de reconnaître qu’elle a exagéré, dans la présentation du budget 2008, la capacité de redressement de l’économie hexagonale.
 On travaille à l’Elysée pour écraser définitivement les velléités de contestation. Non seulement Nicolas Sarkozy a volontairement provoqué cette grève autour des régimes spéciaux, en refusant toute négociation antérieure aux mouvements, mais il veut anéantir les acteurs de cette contestation en faisant valoir leur responsabilité dans la décadence française. Le pouvoir d’achat ne pourra pas être rétabli en raison des pertes catastrophiques provoquées par des revendications inéquitables ; écoutez donc un peu le refrain qui monte dans les médias.
UNE VERITABLE CATASTROPHE
Il ne faut pas être dupe : la Droite et plus encore le Medef vont se servir de cette argumentation pour refuser par avance tout ajustement salarial. Laurence Parisot a vite exploité le filon en estimant que la grève dans les transports était une " catastrophe " et un " séisme " aux conséquences " extraordinairement dommageables ", en jugeant son coût économique " probablement gigantesque ". Selon cette grande spécialiste de l’analyse sociale " ce sont des quantités de rendez-vous clients manqués, d'opportunités d'affaires qui ont disparu. On ne sait dire le nombre d'investisseurs étrangers qui ont renoncé à faire telle ou telle opération en France ", a-t-elle dit. Dramatique, bien évidemment, quand on sait quel est le déséquilibre actuel de la balance commerciale qui ne doit rien aux grèves. " Une grève comme celle que nous subissons depuis huit jours, c'est de la croissance en moins, c'est presque une grève anti-pouvoir d'achat ", a-t-elle ajouté. Le tour de vis est donné et Nicolas Sarkozy qui cherche vainement une piste lui permettant d’effectuer un effet d’annonce positif vient d’être prévenu : impossible de pénaliser les profits des entreprises ! Laurence Parsiot qu’il méprise vient de lui faire un sacré croc en jambe d’autant que, si la négociation avec les syndicats aboutit, elle finira par coûter plus cher que les régimes spéciaux qu’elle doit condamner ! Le système est absurde mais il a fonctionné !
La SNCF propose en effet déjà 90 millions d'euros en compensation aux cheminots sous forme d'augmentation de salaire en fin de carrière ou de régime de retraite complémentaire. Les 417 millions de bénéfice en 2006 le lui permettent, et au bout du compte, le client paiera… car il est certain que l’on va vers un " achat " pur et simple des principes ayant justifié la grève. La note sera de fait réglée par le démagogue lambda qui hurlait sa haine des grévistes devant les caméras de TF1, de LCI ou de France 2. La SNCF va en effet accorder toutes les compensations possibles aux cheminots pour faire passer les 40 annuités et les transformera en hausse des tarifs maintenant dérégulés.
En refilant la négociation aux entreprises l’Etat a évité de payer l’ardoise de sa victoire voulue pour l’image de Nicolas Sarkozy. En définitive on ira via l’augmentation des tarifs de l’électricité, du gaz, des transports collectifs vers une érosion supplémentaire du pouvoir d’achat qui passera, encore une fois, comme une lettre à la poste le 1° janvier prochain. " Si les prix augmentent c’est de la faute aux grévistes ! " va-t-on entendre de toutes parts !
UN SIMPLE TRANSFERT
Les grèves auront eu au moins ce mérite : mettre en évidence la manière de faire payer aux moins riches les avantages refusés à d’autres tout aussi pauvres en amputant leur pouvoir d’achat. Les libéraux sectaires n’y verront rien à redire puisqu’ils ne prennent ni le métro, ni les TER et leurs voyages en TGV sont remboursés par leurs entreprises. Pour eux une augmentation des tarifs n'est pas choquante, d'autant que le train est, en France, encore, selon eux, très bon marché. Les entreprises, les clients, et pour une part aussi les salariés paieront pour des retraites qui seront peut-être meilleures, ce qui est quand même plus normal que de faire payer… le contribuable affirment les tenants de la libéralisation totale des systèmes sociaux. C’est une vision dangereuse de la solidarité car 90 millions comparés aux 5 milliards que l'Etat économiserait si la réforme arrive à son terme dans une décennie avec la disparition des régimes spéciaux, cela laisse même une marge de négociation encore plus large pour faire payer les clients ou les usagers. Il est certain que le pouvoir d’achat va en prendre un coup supplémentaire en 3008 quelles que soient les mesures sarkozystes annoncée en fin de semaine prochaine.
Incontestablement le coup a été remarquablement monté : on refuse toute négociation préalable, on joue le pourrissement d’un conflit inévitable afin de faire monter l’exaspération simpliste des bons face à l’attitude des méchants, on transfère le problème des retraites par répartition sur celui des salaires et on défausse l’Etat victorieux sur les entreprises qui à leur tour le feront payer les usagers ou les clients… doublement victimes. L’opération est en tous points rentables ! On transfère, pour une mesure emblématique inutile, le pouvoir d’achat pris à terme aux uns avers les autres… qu’il faut calmer ! Mais qui l’a expliqué aux braillards des quais bondés ? 
Le prof ignore qu’en soutenant la réforme il va se faire berner comme tous les autres quand il recevra sa facture de gaz ou d’électricité ou qu’il prendra après le 1° janvier le train ! C’est lui qui règlera l’ardoise sarkozyste d’une réforme faite pour l’exemple ! Il va perdre ce que la SNCF, EDF, GDF… est en passe de donner aux détenteurs d’un régime spécial : c’est cela l’équité !
AUCUN ESPOIR REEL D’AUGMENTATION
Les enquêtes notent une inquiétude grandissante dans l'opinion. La moitié des salariés sont préoccupés par leur salaire et 44 %, deux fois plus qu'en juillet, anticipent une baisse de leur pouvoir d'achat dans les mois à venir, selon un sondage Ipsos-Manpower pour LCI et Les Echos, publié le 22 novembre. Il est donc devenu urgent de faire semblant de faire quelque chose. Le problème c’est qu’il n'y a pas de "cagnotte" disponible, que les prévisions de croissance sont dans le rouge, que le conflit n’a rien résolu et que les engagements européens sont encore devant nous ! Autant écrire que la marge de manœuvre ressemble au fil d’un rasoir !
Alors que le débat budgétaire se poursuit à l'Elysée, au gouvernement et dans la majorité, le premier ministre " collaborateur " a rappelé une laconique réalité : " Je n'ai pas d'argent ". Les rentrées fiscales ralentissent, la croissance 2007, quoi qu'en dise la ministre de l'économie, Christine Lagarde, risque d'être inférieure à 2 %, ce que laisse présager la forte baisse de la dépense de consommation des ménages en produits manufacturés en octobre (- 1,1 %), l’euro trop élevé pénalise les exportations !
Votée au cœur de l'été, la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA), qui coûte 13,9 milliards par an en régime de croisière et lie les mains du gouvernement sur le plan budgétaire jusqu'en 2012, n'a pas créé pour l'instant ce " choc de croissance et de confiance " voulu par le chef de l'Etat. Les riches n’ont cure des pauvres. Ils ont systématiquement empoché le pactole et sont allés voir ailleurs ! Rien n’a bougé sauf les comptes en Suisse.
Le slogan " travailler plus pour gagner plus " n’a véritablement aucun effet. Le dispositif de détaxation des heures supplémentaires est jugé complexe, voire illisible par les chefs d'entreprise qui hésitent en outre à proposer des " heures sup " à leurs salariés dans le climat économique morose prévalant actuellement. Le reste de la loi, largement consacré à des baisses d'impôts (bouclier fiscal, allégement massif des droits de succession, etc.), profite d'abord aux plus aisés et n’améliore absolument pas le pouvoir d’achat de ceux qui en ont besoin ! Et il est impossible de donner un coup de pouce au SMIG ou aux prestations sociales.
Alors sur le quai des gares ou du métro, celles et ceux qui ont pesté contre les nantis qui faisaient grève vont bientôt découvrir qu’ils n’auront bientôt plus assez d’argent pour se payer les transports collectifs qui leur ont tant manqué. 
La défaite des cheminots qu’ils ont tant voulue sera finalement la leur ! Au bout du bout ils seront les cocus d’un libéralisme uniquement tourné vers la protection du profit. Je leur annonce déjà en 2008 une effondrement de leur pouvoir d’achat miné par toutes les mesures accumulées en quelques mois au nom de la nécessité de sortir le pays de l’ornière dans laquelle l’on mise les gouvernements Raffarin et de Villepin qui, comme on le sait, n’étaient pas Ump !
Mais je déblogue…
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P
petit calcul à faire à la maison: comparaison entre mes revenus d'octobre 1998 et ceux d'octobre 2007 sachant que j'exerce la même fonction dans la même société et que l'augmentation des prix moyens hors tabac (je ne fume pas)  est de 15,37% entre ces 2 dates ( Insee)variation de mon salaire de base brut:  + 19% (ça y-en-a tout bon)variation de mon revenu net: +7% ( cherchez l'erreur....)baisse de mon pouvoir d'achat: -8% (ça y-en-a pas bon du tout !!!)Et d' où ça vient-y tout ça alors que je travaille toujours pareil?Ben ça vient de mon patron qui paye de plus en plus mal (voire plus du tout) les fruits de mon travail ( la partie variable, celle qui fait qu'en travaillant plus on devrait gagner plus ou gagner au moins autant en travaillant autant....)Alors le petit Nicolas sa théorie du plus pour plus il va pouvoir se la mettre au ..........
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