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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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POUTINE TIENT SES PROMESSES

L’occident a toujours témoigné d’une évidente envie de supériorité vis à vis des régimes ne correspondant pas nécessairement à sa vision de l’organisation sociale. Ses dirigeants considèrent depuis des lustres que leur " démocratie " est véritablement le nec plus ultra du mode de gestion de la vie publique. Comme le disait plus honnêtement Sir Winston Churchill : " la démocratie est le pire des régimes politiques... si on fait abstraction de tous les autres. " . Et il est bien vrai que durant des décennies cette affirmation a correspondu à un affrontement idéologique de part et d’autre du rideau de fer. Lentement mais sûrement toute la logique " révolutionnaire " du communisme a été pervertie par la soif dictatoriale du pouvoir.
En 1966 alors que la guerre froide battait son plein, je suis allé en République Démocratique Allemande (ex-RDA) pour constater que la liberté n’était qu’une illusion tant la main mise du parti dominant était prégnante. Bien évidemment, bien que tenté par les idéaux de l’anti-capitalisme, je n’ai jamais accepté cette négation totale de la démocratie : leur socialisme n’avait rien de commun avec le mien. Lentement les principes défendus par les tenants d’une certaine idée de la société libérale ont obtenu que soit gommé de la planète ce communisme totalitaire. On a promis aux peuples que nous avions la potion magique qui leur rendrait à eux, et à eux seuls, le pouvoir. Quasiment tout le bloc soviétique a basculé dans le système parlementaire pour revenir à ses vieux démons.
Hier, par exemple la Russie qui fut tsariste avant de devenir léniniste puis stalinienne a découvert avec Gorbatchev une partie du chemin vers un fonctionnement jugé plus conforme à ce qu’attendaient les gouvernements occidentaux. Elle a juste entrevu durant quelques années l’ouverture espérée par une majorité de son peuple toujours obnubilé par les vertus de la société de consommation. En effet, peut-on considérer que le verdict des urnes de hier correspond véritablement aux paramètres de la démocratie ? Dans quelle catégorie doit-on ranger Poutine ? Celle des démocrates ou celle des dictateurs ? La réponse repose sur l’appréciation que l’on porte sur la manière dont fonctionne réellement un système qui a les apparences des nôtres ce qui semble suffire au bonheur de ses compères.
Dans un communiqué hier, le Kremlin assure que le président français Nicolas Sarkozy a " chaleureusement félicité " son homologue russe Vladimir Poutine pour la victoire de son parti dimanche aux législatives russes. Les deux présidents ont même " eu un échange de vues sur les questions d'actualité relatives aux relations franco-russes au cours d'une conversation téléphonique durant laquelle le président français Nicolas Sarkozy a chaleureusement félicité Vladimir Poutine pour sa victoire aux élections ", selon le Kremlin qui s’est empressé de répandre la bonne nouvelle ;
Plus tôt hier matin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, détenu on le sait par un certain Bernard Kouchner, Pascal Andréani a déclaré avoir " pris note " des résultats partiels donnant " une large majorité " au parti présidentiel et souhaiter que Moscou fasse " toute la lumière " sur les allégations de fraude. Que ces choses là sont bien dites en langage diplomatique et que Kouchner doit avoir une overdose de couleuvres !
REELLEMENT 90 % POUR POUTINE
En effet si la France, pays des droits de l’Homme et du citoyen, ayant inventé le suffrage universel direct reconnaît la qualité de la démocratie russe actuelle c’est que bien d’autres régimes mérite un label supérieur. Or pour Vladimir Poutine, le compte est bon et même excellent : avec les 64 % de son parti Russie Unie et les 8 % de Russie Juste, les " Poutiniens de gauche ", le président va bénéficier du soutien d’une Douma nationaliste, répressive et régressive à plus de 70 % ! Largement même, car l’extrême droite national-socialiste de Vladimir Jirinovski (10 %) n’est pas souvent en désaccord avec Poutine et le Parti communiste de Guennadi Ziouganov, avec 12 %, ne demande guère qu’un peu plus de retour à l’URSS. Tout cela nous mène vers les 90 %.
Encore un effort, " citoyens " russes et les scores brejnéviens ne seront plus des souvenirs pour livres d’histoire . Comme en Ingouchie et en Tchétchénie où le miracle du bourrage forcené des urnes et de la propagande ont entraîné des scores de 98 et 99 % en faveur de Russie Unie.
En fait Poutine vient d’effectuer un coup d’état parfaitement légal, s’emparant sans partage d’un pouvoir qui devait en fait lui échapper. Une réalité qui semble totalement avoir échappée à ceux qui furent les pourfendeurs de système communiste jugé totalitaire mais qui acceptent volontiers un résultat basé sur un scrutin réputé cette fois démocratique. Il y a eu les effets de la propagande parfaitement déclinée par le spécialiste Poutine, du muselage de la télévision et de l’essentiel de la presse écrite, à Moscou comme en province, puisqu’en raison de la faiblesse du système de distribution et de l’indigence des transports, il n’existe plus vraiment de presse " nationale ".
UNE MAIN MISE TOTALE
Mais il ne faut pas aussi négliger l’importance de la dérive d’une partie de la population choquée par la période de " l’ivrogne " Eltsine, par la chute de prestige de son pays, par son alignement sur la politique américaine, imprégnée par la belle époque soviétique où leur pays tenait tête à l’oncle Sam. Dans le même temps, le modèle de consommation américain fascine le plus grand nombre qui espère pouvoir s’en rapprocher.
Elimination physique ou morale des opposants, contrôle farouche des médias (assassinat des journalistes gênants), remise en place d’un système répressif, maîtrise quasi absolue des richesses naturelles, effets d’annonce sur la réussite individuelle : Vladimir Poutine, pur produit de la Nomenklatura a su parfaitement s’adapter au monde actuel. Hier il l’a démontré sans aucun état d’âme !
Dans un tel contexte avec ses " amis ", sa famille et quelques mafias impunies, Boris Eltsine avait réussi le plus beau hold-up du siècle sur les richesses de la Russie. Vladimir Poutine, après avoir redistribué les grandes sociétés à ses potes de l’ex-KGB en même temps que les postes de gouverneurs de régions qui ne sont plus élus, a lui réussi son hold-up mais il y a ajouté…la démocratie qu’il a gommé de tout le paysage. Les Ukrainiens s’en inquiètent et l’Occident n’émet que des protestations de façade, de peur que Poutine se venge en augmentant le prix du gaz. Dans ce charmant tableau, Nicolas Sarkozy ne devrait pas plus fâcher les Russes sur la question des droits de l’homme qu’il ne l’a fait avec les Chinois ou avec Kadhafi. C’est un choix qu’il assume en une période où il n’a pas intérêt que l’énergie coûte plus cher à la France. Il est donc peu regardant sur ses férquentations par réalisme pour son propre sort.
VIVES CRITIQUES
Pourtant en l'absence de la principale mission d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l'opposition et l'ONG russe Golos ont dénoncé de nombreux bourrages d'urnes, entraves à leur travail et abus dans l'utilisation des urnes mobiles. A l'étranger, la presse européenne était sceptique et l'UE a évoqué des violations des droits d'expression et de réunion. Aux Etats-Unis, la Maison Blanche, qui avait critiqué pendant la campagne le sort réservé par le pouvoir à l'opposition, a enjoint aux autorités russes d'enquêter sur ces accusations.
Le scrutin a suscité les vives critiques des observateurs internationaux. Goran Lennmarker, président de l'assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a jugé qu'il " n'est conforme à aucune de nos normes " démocratiques. Ce n'était " pas une élection équitable ".
De son côté, Luc van den Brande, qui dirigeait la délégation de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, a pointé du doigt l'absence d'une réelle séparation des pouvoirs. Il a souligné " l'écrasante influence des services présidentiels et du président durant la campagne " et dénoncé " un abus certain des ressources administratives " pour influer sur le résultat du vote. " La Russie n'était pas une démocratie et la Russie n'est (toujours) pas une démocratie ", a résumé pour sa part le porte-parole du gouvernement allemand, Thomas Steg. Le problème c’est que Poutine n’en a cure ! Ces élections législatives russes n’avaient qu’un enjeu : pérenniser le pouvoir de Vladimir Poutine, empêché par la Constitution de briguer un troisième mandat.
En conduisant la liste de Russie unie, le "parti des fonctionnaires" (ne riez pas, en Russie, ce sont les fonctionnaires qui gagne les élections !) dont il n'est pas membre, le président russe a transformé le scrutin en un plébiscite sur sa personne. "Le 2 décembre, la question du chef de l'Etat sera réglée. Vladimir Poutine, est, doit être et sera ce chef", avait affirmé Boris Gryzlov, président de la Douma. Au moins ça a le mérite d’être clair. Pourvu que cette manière d’agir n’inspire personne en Occident !
Mais je déblogue…
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M
Présenter Poutine comme un dangereux dictateur, en voilà un beau cannular :)Manipulation de masse...Vive Poutine et vive Chávez !
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M
Bonjour,<br /> Vos articles sont très solides, les pro n'ont qu'à bien se tenir. Vraiment étonnant!<br /> Max
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G
Hugo Chavez a lui perdu démocratiquement son auto-référendum.Moralité : quant on veut etre dictateur, rien ne vaut une expérience d'ancien du KGB. Ca aide beaucoup plus.
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