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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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IL EST DE RETOUR

Je vous avais annoncé, dès le 23 octobre, dans une chronique intitulée le " Retour du Jédaï " confirmée le 6 décembre dans un autre texte intitulé "Fin de purgatoire" (1),  très précisément les modalités de la résurrection politique d’Alain Juppé. Je vous avais indiqué, dans un Fragment de blog, comment l’Elysée avait, pour contrer Sarkozy venu pérorer en Aquitaine, conseillé à cette " pauvre " Marie Hélène des Esgaulx (à sa place je rédigerais vite un communiqué de presse vengeur pour toutes les accusation qui l’ont frappées) de laisser filtrer la nouvelle de ce miracle, de telle manière que le fils " prodigue " envers le RPR, ait l’occasion de s’épancher sur son sort.

Relisez le papier, je vous avais déjà démonté le système qui serait mis en oeuvre : passage, pour les fêtes de fin d’année, par les rives de la Garonne, pour respirer l’air pur de la citoyenneté retrouvée, afin de redonner espoir aux Bordelaises et Bordelais éplorés. Je vous ai déjà confié comment les services officiels travaillaient, avec acharnement et efficacité, sur les hypothèses d’une l’élection partielle sur la 3° circonscription (Bordeaux Le Bouscat), de telle manière que Hugues Martin ne sorte pas meurtri par cette réinstallation du Commandeur…

Devant " sa " majorité municipale, à huis clos, hier, pour une rencontre amicale privée, " le meilleur d’entre eux " n’a pas encore donné toutes les clés de la méthode du retour, mais il a assuré et rassuré : avant la rentrée 2006, tout rentrera dans l’ordre normal des choses de la vie politique, et Alain Juppé sera de nouveau sur les estrades de l’UMP, et se retrouvera au journal télévisé de Claire Chazal. Un petit sondage du Journal du Dimanche ou une cote de popularité, taillée sur mesure le moment venu par l’IFOP, vous remettra tout cela en ordre de bataille…

Si vous êtes des lecteurs assidus de L’AUTRE QUOTIDIEN, vous connaissez déjà ce scénario d’un insoutenable suspense… Il reste certes encore quelques étapes à valider, mais faites-moi confiance, le déroulé cousu de fil blanc du père Noël, et son issue, ne seront guère différents de ceux que je vous ai annoncés.

RIEN D’ANORMAL .-
Il faut cependant que je sois honnête : contrairement à ce que vous pouvez penser, je ne trouve absolument rien d’anormal à ce " come-back " politico-médiatique, car je suis de ceux qui pensent que lorsqu’un condamné a purgé sa peine et que tous les recours judiciaires ont été épuisés, il faut considérer que plus rien ne s’oppose à son retour en grâce. C’est le cas pour Alain Juppé, comme ce fut le cas pour Henri Emmanuelli (lui, il avait pris deux ans d’inéligibilité pour des motifs bien moins graves !) et c’est le cas pour bien d’autres personnes qui on " payé " leur " faute ". Si, en plus, ils reçoivent le pardon final du peuple, qui leur témoigne une confiance inoxydable, je ne songerai pas un instant à y voir un événement scandaleux. Le système judiciaire est ce qu’il est. Le comportement des citoyens est ce qu’il est. Le résultat ne varie pas : vous êtes aussi vite éxonéré de vos erreurs que l’on a été prompt à vous traîner dans le caniveau. Le seul problème patent que l’on doit se poser, c’est de savoir si cette indulgence populaire s’applique à tous les cas, et si elle profite à toutes les personnes qui, à un moment ou à un autre, pour des faits moins graves ou moins connus, ont eu maille à partir avec la justice ?

Le voleur d’auto-radios ou de sacs à mains aura-t-il, après son passage aux flagrants délits, les mêmes chances de retrouver le droit chemin, de se réinsérer aussi parfaitement dans le système social d’où il vient ? J’ai eu l’occasion de rencontrer des hommes qui ont accompagné la période de financement occulte des partis politiques, et qui ont été des intermédiaires ( plus communément appelés porte-valises), condamnés pour des faits répréhensibles et qui sont totalement oubliés ; plus de droit à gérer, plus de chéquiers, car plus de banques pour les accueillir, plus de participation autorisée à la vie publique… Les caméras ne les accompagnent pas dans d’impossibles retours dans les coulisses de la scène publique (ils ne demandent pas à être sur le devant).

La démocratie ne peut se targuer d’être réelle que quand elle est en mesure de démontrer l’équité de sa justice. Or, celle-ci ne repose plus sur un délibéré écrit, sur un acte administratif, mais aussi et surtout sur l’écho qu’aura son jugement, et sur la capacité personnelle du " jugé " à affronter ou non une tempête médiatique. Les médias peuvent transformer un " condamné " en " martyr " ou en " racaille ". Quelques reportages bien sentis brisent une vie. Quelques oublis significatifs, ou quelques images sympas d’une promenade en ville, peuvent relancer une carrière.

PROFIL BAS .-
Alain Juppé revient. Personne n’élèvera la voix. On fera profil bas, en Gironde comme ailleurs. Silence radio. Surtout à gauche, où l’on connaît la " douleur du partir ". On fera semblant, dans le microcosme politique, de l’avoir toujours su (c’est fou le nombre de personnes influentes qui prétendent maintenant l’avoir toujours affirmé grâce au fameux sauf-conduit des " savants " : " je vous l’avais dit… "), et d’être au courant de ce qui va se passer. Mais surtout, ce retour gagnant va donner des idées à d’autres.

Tenez il y en a un qui doit se réjouir franchement de voir avec quel enthousiasme est accueilli, par son propre camp, un ancien premier ministre très impopulaire lors de son passage à Matignon, et parti vivre loin de son Pays. Je suis certain que Lionel Jospin va y voir un véritable encouragement à poursuivre son chemin. Il va débarquer dans les rues de Cintegabelle, en provenance de l’île de Ré, en annonçant que l’avenir dira ce qu’il peut encore apporter à la France. Lui n’a même pas été condamné, et il est déjà plébiscité par les sondages. Je ne vois donc pas de raisons objectives à ce que le Peuple ne lui accorde pas sa confiance.

A l’Elysée Droopy doit penser à Montebourg, qui veut absolument le traduire devant un tribunal, dès que le tour de passe-passe constitutionnel sur son immunité présidentielle sera enterré. Il doit se dire que, dans le fond, un an c’est vite passé, et qu’un retour d’exil en Corrèze, malgré la rudesse du climat hivernal ce ne doit pas être si terrible que cela à vivre. Juppé a résisté à la condamnation et à l’hiver canadien, alors ce doit être jouable… pour des broutilles.

Comme quoi, à quelque chose malheur est bon…

Mais je déblogue…

 (1) Bizarrement ces deux chroniques n'avaient pas passionné les lectrices et les lecteurs. Relisez les donc si vous avez un moment... Dommage qu'à l'époque les journaux "officiels" ne les aient pas reprises

 

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C
Allez Monsieur Darmian, s'il vous plait ... à cette occasion ressortez nous votre article sur la "béatification d'Alain Juppé" ... il annoncera sans doute le bal médiatique qui va être donné par nos chers journaux  ... locaux ....quotidien qui plus est.... Que vous soyez puissant ou misérable !!!!<br /> C'est vrai que vous avez souvent eu raison avant les autres ! Continuez c'est du bonheur de vous lire au quotidien ! <br />  
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E
La démocratie, le royaume des idiots !??!
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V
Le pire, c'est pas qu'il revienne en politique, mais c'est qu'il risque de se faire réélire...
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R
Encore ne foisLa Fontaine a tout écrit : "Suivant que vous soyez puissant ou misérable, le jugements de cour vous ernt blancs ou noir".Vraiment votre cuisine politique et électorale sent de plus en plus mauvais
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