Les forêts restent, avec l’eau douce, la principale richesse dont dispose encore notre planète. Les forêts boréales et tempérées d’une part, tropicales d’autre part, se partagent pratiquement à part égale la surface boisée mondiale. Au sens le plus large elle couvrait en 2005 environ 30 % des terres émergées du globe. Selon la définition retenue, la superficie estimée de la forêt mondiale varie de 2,4 à 6 milliards d'hectares. Sur la base des chiffres envoyées par les états, la FAO a estimé la forêt mondiale à presque 4 milliards d'hectares, soit 0,62 ha/habitant. Elle est la mieux préservée sur la ceinture tropicale humide et au nord de la zone tempérée dans l'hémisphère nord. Ailleurs, dans 64 pays abritant un total de 2,0 milliards d'habitants, on compte en 2005 moins de 0,1 hectare de forêt par personne, chiffre qui diminue inéluctablement alors que le taux de population augmente et que la forêt régresse. Sept pays ou territoires ne possèdent plus aucune forêt et dans 57 autres pays, elles ne couvrent plus que moins de 10 % des terres.
Elles ne sont pas toutes traitées identiquement par l’Homme ce qui ne va pas sans poser des problèmes pour l’avenir. En effet le rythme annuel de la déforestation en forêt tropicale est de 15,4 millions d’hectares. Cette déforestation est largement due aux défrichements pour la mise en culture . La terre devenant stérile au bout de quelques années, de nouvelles surfaces sont constamment nécessaires. Mais elle découle aussi d'une exploitation excessive ou anarchique de certaines essences forestières et de l'urbanisation. Du fait de la tolérance de nombreux pays, comme le Brésil ou Madagascar , vis-à-vis du développement de l'agriculture en zones boisées, la déforestation actuelle concerne surtout les forêts tropicales. En 2005, elle a été qualifiée d'" alarmante " par la FAO. La destruction de la forêt est en effet responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre. C'est l’un des éléments importants qui cause le réchauffement climatique dont on ne parle pas assez notamment pour celle d’Amazonie. UN RALENTISSEMENT APPARENT
La surface plus ou moins arborée dans cette région s'étend pourtant sur 7 millions de km² et la forêt elle-même sur 4,2 millions de km², situé sur 9 pays, essentiellement le Brésil (avec 60% de la forêt), mais aussi l'Equateur, la Colombie le Venezuela et…la France (via le département de la Guyane), le Surinam, le Guyana, la Bolivie et le Pérou. Cette forêt représente plus de la moitié des forêts tropicales restantes et constitue la région la plus riche et diversifiée de toutes les forêts tropicales existantes. C’est un patrimoine qui devrait être classé, au moins autant que beaucoup d’autres, comme patrimoine mondial ! Or le Brésil a annoncé une forte baisse du taux de déboisement dans la forêt amazonienne, mais le World Wildlife Fund (WWF) a averti dans le même temps qu'il pourrait ne s'agir que d'une tendance à court terme qui masquerait des menaces importantes.
Le ministère de l'Environnement du Brésil a cependant fait savoir que le taux de déforestation aurait chuté de 20% entre août 2006 et juillet 2007 par rapport aux 12 mois précédents. Cette information officielle a été diffusée le même jour où l'importante organisation écologiste WWF avertissait que le réchauffement climatique, associé au déboisement, pourrait anéantir ou gravement endommager près de 60% de la forêt amazonienne d'ici 2030.
Selon le rapport des autorités brésiliennes, la forêt tropicale a perdu 11.224km² seulement d'août 2006 à juillet 2007, contre 14.039km² l'année précédente. L'aire déboisée, même si elle baisse, est plus importante que la surface totale de la Jamaïque ce qui donne une idée plus exacte du massacre.
Selon le secrétaire exécutif du ministère, Joao Paulo Capobianco, la baisse est largement due à une mise application plus stricte des régulations. Mais il a également cité la chute du prix du soja et la hausse du cours du réal brésilien, qui rendent moins lucrative la substitution des arbres par des champs. Cette tendance aura ses effets pervers même si dans l’immédiat ils peuvent paraître encourageants. " Les chiffres sont très positifs, mais nous ne célébrons rien ", a-t-il déclaré. " Nous sommes encore très loin de l'objectif du gouvernement, qui est la déforestation zéro ". Il reste donc un énorme effort à effectuer pour protéger ce poumon planétaire.
DISPARITION DE 55 %
Par contre pour l'organisation environnementale WWF, le déboisement, l'élargissement des stocks de bétail et la sécheresse, dont on estime qu'ils empireront ces prochaines années, sont autant de facteurs qui pourraient faire disparaître environ 55% de la forêt. Si les précipitations baissent de 10 % dans la région, comme les prédictions le laissent croire, la forêt pourrait perdre encore 4 % de sa surface. Une perte de cette ampleur pourrait à son tour accélérer la hausse des températures au niveau global, selon WWF.
L'antenne brésilienne de l'organisation a enfin noté que les chiffres des autorités devaient être considérés comme illustrant une " tendance à la baisse à court terme ", notant que le système d'alerte satellite DETER, chargé de surveiller la forêt amazonienne, indique une hausse de la déforestation depuis août dernier ce qui n’apparaîtra que l’an prochain. Mais ce n’est pas qu’un phénomène brésilien !
Près des deux tiers des forêts du monde sont concernées par une forte déforestation depuis deux siècles (le siècle étant un laps de temps court pour la reconstitution d'un écosystème forestier qui s'effectue sur plusieurs siècles, voire plus de 1000 ans sur les sols les plus difficiles), avec une aggravation du phénomène principalement dans 8 pays : Australie, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Russie, Pérou, République Démocratique du Congo, Etats-Unis et Canada ont stabilisé la déforestation, mais la forêt y a souvent été très " artificialisée ". Ailleurs, comme en Europe et au Japon, la forêt est stable ou gagne de la surface (en France notamment), mais elle perd de sa qualité en terme de biodiversité et surtout d'intégrité en particulier à cause de la fragmentation par les routes et des plantations d'essences de rentes.
LA BIODIVERSITE MENACEE
En se basant sur les chiffres envoyés par les états, le rapport de la FAO conclut donc que suite à la déforestation ou à des coupes sélectives, les plantations artificielles d'arbres ont encore augmenté couvrant en 2005 près de 5% des superficies boisées du monde ; les forêts primaires ou sans signes visibles d’activités humaines présentes ou passées ne constituent plus en 2005 que 36% de la superficie forestière mondiale, continuant à disparaître ou être modifié à raison de 6 millions d’hectares par an de 2000 à 2005. Une partie des coupes sera suivie d'une régénération forestière, souvent lente ou médiocre, une autre partie sera plantée d'arbres de rentes (eucalyptus, palmier, palmier à huile, hévéa, cacaoyer, théier, caféier…) et en zone tropicale, ces champs se dégradent rapidement, pour évoluer vers une savane ou la désertification
Un spécialiste suggérait par ailleurs en 1998 que près de 10 pour cent des espèces d'arbres connues, soit environ 7 000 espèces, sont menacées d'extinction à court ou moyen terme (essentiellement en zone tropicale), et pour chaque espèce, c'est une richesse génétique plus grande encore qui est perdue parfois définitivement. Une nouvelle étude réalisée sur 130 espèces d'arbres en Amérique du Nord montre par exemple que le changement climatique pourrait les obliger à se déplacer à plusieurs centaines de kilomètres vers le nord et réduire leur nombre à plus de la moitié. Si les arbres doivent répondre au changement climatique en dispersant leur lignée vers des endroits plus favorables, les chercheurs ont observé que les espèces étudiées se dirigeraient vers le nord à environ 700 km et diminueraient de 12 % en moyenne.
Si les espèces sont incapables de se disperser, elles se déplaceraient seulement à 320 km et diminueraient dramatiquement de 58 %. Tous ces phénomènes ne préoccupent guère dans les chaumières car ils paraissent lointains et sans conséquences sur le quotidien. L’Amazonie reste l’Eldorado de la survie planétaire et mériterait d’être placée, avec bien d’autres lieux, sous protection universelle.
Mais je déblogue…