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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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L'EVANGILE SELON SAINT NICOLAS

Nicolas Sarkozy s’est rendu hier au Vatican pour faire acte d’allégeance au maître des lieux, histoire de faire définitivement oublier la réception en grandes pompes républicaines de Kadhafi et surtout après son escapade amoureuse au pays de Mickey. Cet homme là qui divorce avec fracas, qui trouve un mannequin disponible dans des délais très brefs, qui soutient la chasse aux étrangers, avait certainement besoin de soulager sa conscience catholique et de se confier à un confesseur à la hauteur des ses pêchés. Il a d’ailleurs été beaucoup plus rapide que tous ses prédécesseurs qui n’étaient allés recevoir leur titre d’" unique chanoine honoraire " de la basilique de Saint-Jean de Latran, la cathédrale de la capitale du catholicisme que de longs mois après leur élection. Ce titre est l’apanage de tous les chefs de l’État depuis Henri IV, le "Vert Galant " qui offrit en 1604 les revenus de l’abbaye de Clairac (Lot-et-Garonne) au chapitre de la basilique. Tout un symbole. En remerciement c’est la France qui bénéficie de la reconnaissance éternelle de l’église. C’est un peu l’équivalent des confréries vinicoles qui attribuent des récompenses de vignerons d’honneur à celles et ceux qui s’engagent à défendre une appellation d’origine contrôlée.
Cette visite présidentielle n’a en effet été instaurée qu’en 1957 par René Coty et Pie XII qui furent les premiers à se rencontrer. Emboîtant le pas au général de Gaulle en 1967, à Valéry Giscard d’Estaing en 1978 et à Jacques Chirac en 1996, le chef de l’Etat a trouvé le moyen de transformer sa rencontre avec Benoît XVI en événement très attendu.
Ce déplacement aura été en effet extrêmement intéressant par sa qualité philosophique représentée par le niveau des accompagnateurs. Que du beau monde très en phase avec les idées papales ! En tous cas désormais il faut analyser, comme au temps royaux, la composition de la cour invitée au voyage pour connaître les tendances en vogue. La France des Lumières étaient en effet dignement représentée.
Où était passée Carla Bruni, la petite amie de Nicolas Sarkozy ? Elle n’était pas du voyage. Par contre sa mère Marisa Bruni-Tedeschi faisait partie de la délégation présidentielle mais n’a pas participé à la visite du pape. Pendant ce temps, elle est allée se promener dans les jardins et les fouilles du Vatican… a-t-on assuré à Rome. On ne peut tout de même pas débarquer au Vatican avec sa maîtresse, fut-elle sanctifiée par " Paris Match Pravda ", " Closer " ou " Point de Vue " sans se faire excommunier. Carla Bruni est, ne l’oublions pas, d’origine italienne ; elle savait que sa présence au Vatican aurait sans doute suscité beaucoup d’ennuis à son nouveau compagnon de fortune. Elle est donc sagement restée à la maison ! Il est vrai que le Président de notre Principauté avait matière à présenter au Saint Père un reflet des intellectuels français proches de ses convictions.
BIGARD DU VOYAGE
A l'issue de l'audience, le chef de l'Etat a eu en effet le privilège de proposer à la bénédiction de Benoît XVI les membres de sa délégation, parmi lesquels son conseiller spécial Henri Guaino, l'ancien ministre de la Justice Dominique Perben (candidat à la mairie de Lyon), le sénateur et maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (menacé dans la ville de la Bonne Mère), l'historien Max Gallo (ex-bouffeur de curés), les journalistes Catherine Pégard et Patrick Buisson aujourd'hui conseillers de l'Elysée, le père Guy Gilbert, connu comme le " curé des loubards ", et surtout… l'humoriste Jean-Marie Bigard, fervent catholique, dont on connaît la qualité des analyses théologiques contenues dans ses sketchs.
Le Président n'a d’ailleurs pas pu s'empêcher de sortir une petite blagounette au Pape au sujet des journalistes présents sans que l’on sache si Bigard l’avait inspirée: " Ils m'accompagnent autour du monde mais ils ne sont pas toujours gentils avec moi! " avant de consulter vite fait son téléphone portable pour lire un message, à quelques centimètres du… Saint-Père qui a eu la politesse de faire semblant de ne pas demander quel été cet envoi divin envoyé par SMS ! C’était probablement Carla qui souhaitait savoir quand il rentrait au bercail. Trêve de plaisanterie.
Aucun voyage au Vatican n’est neutre de sens surtout dans le contexte français actuel. Surtout quand on connaît les positions prises par l’hôte des lieux. Le chef de l'Etat français qui aura été le chantre de la laïcité, n’a d’ailleurs fait mystère de ses états d’âme en déclarant qu’il fallait " assumer pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre Nation à l'Eglise (…).La France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d'affirmer ce qu'ils sont et en quoi ils croient ". Et il ajouté pour flatter le pape : " Comme Benoît XVI, je considère qu’une Nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture... C’est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité parvenue à maturité ". Or il aurait peut-être été courageux d’évoquer aussi les prises de positions du Vatican sur l'avortement (c’était hier le 40° anniversaire de la loi Neuwirth), le contrôle des naissances, l'homosexualité, l’Islam qui sont réputées conservatrices. Il aurait pu lui parler des prises de positions politiques condamnant la dérive vers le marxisme (on ne lui en voudra pas trop) mais plus étonnant vers le libéralisme et, pire pour notre admirateur de Cendrillon, le libertinage qui caractérise les sociétés modernes. Et pour clôturer en beauté Nicolas Sarkozy aurait pu évoquer ce relativisme (avec les conseils de Bigard) que redoute tant le Pape !
DE RATZINGER A BENOIT XVI
Le Président de la République française aurait pu aussi discuter à la bonne franquette avec son hôte de la position des évêques français ayant condamné les dérapages de Brice de Clermont, plus connu sous le pseudonyme d’Hortefeux auteur de la loi sur les tests ADN! Il aurait pu aussi au moins se rappeler qu’au Moyen Âge, le tribunal de l’Inquisition n’hésita pas à recommander le bûcher aux hérétiques, toutes personnes ayant contrevenu à la doctrine chrétienne et celles-ci furent nombreuses. Joseph Ratzinger devenu Benoît XVI a pu compter sur l’appui inconditionnel de Jean-Paul II pour réprimer toute dissidence doctrinale au sein de l’Église. Selon le père Thomas Reese, éditeur du magazine jésuite America, le cardinal Ratzinger aurait en effet sanctionné ou réduit au silence une centaine de théologiens et d’écclésiastiques durant ses 24 années à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Une des victimes importantes du " panzerkardinal ", surnom donné par les catholiques de gauche à Ratzinger pour ses positions rigides et conservatrices, furent les Théologiens de la libération, courant religieux de gauche très populaire, notamment en Amérique latine. Par la suite, il s’attaquera à l’homosexualité qu’il décrira comme " une moralité intrinsèquement diabolique " ou " un désordre objectif qui est contraire à la sagesse créatrice de Dieu " ainsi qu’à la légalisation des mariages gais qu’il décrira comme " destructive pour la famille ".
Il fermera toute porte aux revendications des femmes pour accéder à la prêtrise. Toutes ces positions étaient déjà défendues par Jean-Paul II et le haut clergé. Au sujet de l’avortement, il a suggéré l’an dernier aux évêques américains de refuser la communion aux politiciens pro-choix. Il aurait même déjà dénoncé la musique rock et les applaudissements durant la messe
Or notre Président laïque s’est contenté de pérorer en clamant " croire ou de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout ". Ayantété accueilli dans la cour d'honneur du Vatican par des gardes suisses et une garde d'honneur composée de " gentilshommes du pape ", personnalités de l'aristocratie romaine il ne pouvait pas infliger un tel affront à celui qui à quelques jours de Noël pouvait lui redonner une certaine virginité politique altérée par ce fondu de Kadhafi ! En fait il continue à se refaire une santé par des images pieuses !
UN CONTEXTE INQUIETANT
Les positions du pape ont de quoi inquiéter, mais celles de son entourage ne font que confirmer l'immobilisme doctrinaire de l'Église. Il a voulu très vite s'entourer de gens pensant comme lui. Par exemple, le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'État et numéro deux du Vatican sous Jean-Paul II, avec qui il a étroitement collaboré pendant de nombreuses années. Ensuite, le cardinal Francis-James Stafford, Américain traditionaliste qui est derrière l'organisation de la dernière Journée mondiale pour la jeunesse. On a eu droit aussi à des hommages ostentatoires à l’Opus Deï !
Responsable du Grand Pénitencier apostolique, instance judiciaire du Vatican chargé des confessions et des indulgences, le cardinal Stafford a déjà déclaré que la culture moderne est une " culture de la mort ".
Benoît XVI est aussi proche du cardinal nigérian Francis Arinze, qui a déclaré en 2002 à Toronto que l'homosexualité est une " abomination " et l'homosexuel " l'architecte de sa propre misère ". ils devaient parler des multiples prêtres américains mis en cause dans des affaires dé pédophilie ! Ce même cardinal " progressiste " a aussi salué la ferveur avec laquelle les musulmans pratiquent leur religion. " Ils prient cinq fois par jour, où qu'ils soient, alors que beaucoup de chrétiens ont honte de faire le signe de la croix dans un restaurant. "
Finalement, Mgr Christoph Schönborn, Autrichien qui est pressenti comme son successeur potentiel à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Selon Mgr Schönborn, les pays occidentaux qui font preuve de discrimination envers le christianisme, situation qu'il compare à celle des Juifs et ou chrétiens de la Rome antique.
Encore une fois il ne s’agit pas d’interdire bêtement tout contact entre le pouvoir républicain et l’église car ce serait une erreur fatale, une entorse aux principes du respect des croyances des uns ou des autres. Tout est dans la manière dont on se comporte en pareilles circonstances.  " Un homme qui croit, c'est un homme qui espère et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent ", a estimé Nicolas Sarkozy qui a ensuite ajouté " la désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie des prêtres n'ont pas rendu les Français plus heureux ". Ils auraient pu seulement rappeler que " la désaffection en milieu rural des gens pour le bénévolat associatif, la disparition des amicales laïques, la pénurie d’enseignants engagés " avait eu, au moins, tout autant d’importance dans les difficultés sociales actuelles. Mais il a eu un trou de mémoire!
Mais je déblogue…
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Y
Sarkozy a les convictions religieuses du moment changeant selon les moments : admirateur de la religion catholique, juive, de la scientologie ...Il n'est pas la peine non plus d'aller chercher dans l'entourage du Pape des doctrinaires intégristes, le désormais "célèbre" Bolufer n'est pas en reste non plus.Et pour finir bienvenue aux nouveaux de l'espace Shengen !!!
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