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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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UNE MECANIQUE PARFAITEMENT MAITRISEE

Désormais la politique n’est plus qu’une affaire d’image. Il faut savamment la calculer, la maîtriser, la développer et l’exposer et ça nécessite de savants calculs pour arriver à fournir aux autres ce qu’ils attendent de vous. Des dizaines de personnes travaillent méticuleusement sur les effets attendus d’une situation ou d’un message. On peaufine le lieu, le timing opportun, la mise en scène, l’entourage… et ensuite on donne aux mots le poids qui convient. Ce n’est qu’un montage méthodique concocté par des spécialistes inspirés par les analyses américaines sur le sujet et notamment par les cellules de désinformation de la CIA.
Dictature mondialiste bien entendu : Léo Bogart défendait déjà, en 1956, dans son livre " l’âge de la télévision " l’idée selon laquelle on assisterait sous l’influence de ce média à une uniformisation de la culture et à la disparition des cultures particulières. Herbert Marcuse affirmait dans " l’homme unidimensionnel " (1964) que les massmedias seraient l’instrument d’une manipulation qui viserait à rendre les sociétés irrationnelles, totalement "  intégrées " et passives comme elles ne l’ont jamais été. Les techniques de communication standardisées sont, selon lui, un boulevard pour la démagogie et la médiocrité, privilégiant ce qui unit au dépens de ce qui divise. Ils diffuseraient une néo-culture soporifique, incitant plus à l’évasion qu’à l’affrontement du réel.
Le Canadien Marshall McLuhan, franchit encore une étape lorsqu’il lance sa formule lapidaire "  le message c’est le médium "  : ce qui importe, ce n’est pas le contenu du message, mais la façon dont il est transmis. "  Les médias, depuis la presse à imprimer jusqu’à l’ordinateur, conspirent pour changer simultanément l’homme et la société " .
Selon Jacques Ellul, avec la dissolution des groupes primaires tels que la famille, il n’y aurait plus rien qui puisse faire écran entre les moyens de communication de masse et l’individu. De plus, selon lui, le bien-être est objectivement l’allié d’une propagande dont le support principal est "  l’information ". La surinformation accroîtrait la vulnérabilité des individus à la propagande et aux idéologies en vogue. Quand on maîtrise ces paramètres le pouvoir vous appartient. Attention ce n’est pas si simple qu’on le croît car il y a forcément des moments délicats en raison des erreurs potentielles dans les calculs d’opportunité. Le staff sarkozyste a plusieurs fois frôlé le pire.
UN MONTAGE TYPE
Tenez rien à faire, la vie privée du président de la République est LE sujet de cette fin d'année en France. Certains prétendront le contraire alors qu’ils savent bien que la réalité est tout autre. Il faut dire que l'annonce de sa relation avec la sulfureuse chanteuse italienne Carla Bruni a littéralement envahi médias et conversations dans l'Hexagone.
Du coup, le sondage CSA publié hier par Le Parisien donne une première lecture " scientifique " du produit monté par l’Elysée.
Si 45% des Français jugent excessive l'exposition par le président de sa vie privée, ils sont 43% à estimer que Nicolas Sarkozy n'en fait " ni trop ni pas assez ", 6% assurant qu'il devrait en dire plus! Plus rassurant pour la marche de la France, 90% des personnes interrogées estiment que ce ramdam médiatico-people ne change rien à l'opinion qu'elles ont du chef de l'Etat. La division gauche droite reste toutefois très forte: 59% des sympathisants de droite jugent que Nicolas Sarkozy n'en fait ni trop ni pas assez, alors que 65% des électeurs de gauche assurent être en état d'overdose.
De son côté, l'ex-rivale du président, Ségolène Royal, qui ne crache pas dans la soupe de la peopolisation de la politique, n'a pu s'empêcher de lâcher: " Nicolas Sarkozy a le droit de faire des tours de manège avec qui il veut " à Disneyland Paris, mais " il doit nous dire quand et comment il compte s'occuper de nos difficultés ". Une pure vue de l’esprit car elle sait fort bien pour avoir utilisé le même processus pour vendre son bouquin. On en arrive à ne plus croire un mot de ce qui est avancé tant les méthodes sont similaires en enlevant tout sens réel à la politique ! Ce sont même parfois les mêmes qui conseillent un camp et l’autre. Heureusement que pour les gens sérieux il y a… Le Figaro. Lui redresse l’image avec une petite enquête d’opinion valorisante.
Dans un sondage OpinionWay, le quotidien de droite révèle que 56% des Français estiment que l'action de leur président va plutôt dans le bon sens, 43% pensant le contraire. Parmi les mesures présidentielles les plus appréciées, la réforme des régimes spéciaux de retraite arrive en tête (32%), suivie de l'exonération des droits de succession (28%). En revanche, 48% des personnes interrogées critiquent la visite du colonel Kadhafi à Paris. On se demande encore comment il ne peut y en avoir que 48 % de critiques tellement ce fut calamiteux !
Des scores somme toute flatteurs pour l'hôte de l'Elysée. Quand il y est ! Car, à peine rentré de Rome, où il est allé rencontrer le pape jeudi sans Carla Bruni mais accompagné de belle-maman! voila qu'on a appris, hier, depuis Kaboul où il est passé… 6 heures, que le surexcité de l’avion, effectuera une visite officielle en Egypte les 30 et 31 décembre. Visite précédée d'un " séjour privé ", à Noël à Louxor puis quelques jours à Charm el-Cheikh. Avec ou sans Carla? La cellule communication de l’Elysée en décidera au vu des attentes du peuple !
NOAH AU SERVICE
Dans le milieu du show bizz dont on connaît le soin qu’il apporter au marketing de l’image il y a de fins connaisseurs de ce processus. Yannick Noah, qui avait soutenu Ségolène Royal lors de l'élection présidentielle, a déclaré que " tout le choque " dans l'action de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, dans un entretien de ce matin dans le Journal du Dimanche. " L'attitude, le ton, l'arrogance me choquent. Le déballage de richesse, le cynisme me choquent. La désinformation me choque " estime l'ancien joueur de tennis devenu chanteur, qui dit toujours soutenir Ségolène Royal. " Je n'ai pas encore rencontré quelqu'un qui m'a dit ce qu'il avait vraiment fait ", ajoute-t-il. " Qu'est-ce qu'il y a eu à part un brouhaha et de la godille? Quels problèmes ont été réglés? " Ce gars là a au moins son franc-parler et surtout pas la trouille de déplaire. Il n’accompagnera pas le Chef de l’Etat au Vatican ! "  Je ne veux même pas parler du côté diversion avec la mise en scène de sa vie privée, et tous les médias qui suivent. C'est le roi avec sa cour, et les courtisans se mettent à genoux ", poursuit Noah sur ce sujet alors qu’il vient de s’installer en tête des Français les plus populaires devant… Zidane. Il est pourtant minoritaire dans cette vision puisque plus de quatre Français sur cinq (86%) estiment que l'image de Nicolas Sarkozy n'a pas changé depuis l'annonce de sa liaison avec la chanteuse Carla Bruni, selon un sondage publié dans l’incontournable miroir de l’opinion dominante qu’est le "Le Journal du Dimanche". En revanche, 11% des personnes interrogées pensent que son image s'est détériorée, alors que 3% estiment qu'elle s'est améliorée.
Toutefois, pour 89% des Français, il s'agit d'une affaire privée qui ne concerne que le président de la République et l'ancien mannequin. Ils sont toutefois 11% à considérer que c'est une affaire publique, et que la vie privée du président concerne aussi les Français.
FAIRE APPEL AUX EMOTIONS
L’être humain fonctionne de manière schématique comme une mécanique certes complexe mais pourtant parfaitement " détournable ". Toute perception est analysée par le système nerveux, ou le cerveau, suivant des  " grilles d’interprétation ". Le résultat qui en ressort détermine, en fonction de divers critères, et notamment en comparant avec l’expérience, s’il faut agir, et quelle est la réaction la plus adéquate. Celle-ci est, en général prévisible pour celui qui connaît parfaitement "  la grille " de l’individu. Cette dernière est, en effet, directement liée à sa personnalité, son système de valeurs, ses normes et motivations… subtil mélange de physiologie et de vécu. S’il s’avère complexe d’étudier un individu particulier pour tenter de prévoir son comportement (ce n’est en général " rentable ", pour un manipulateur, qu’en ce qui concerne les décideurs, politiques, économiques ou les leaders d’opinion), il est beaucoup plus aisé d’étudier statistiquement une population spécifique et les réactions de " l’opinion " à une information donnée. Ce sera même d’autant plus aisé que l’on aura fait appel aux émotions et aux sentiments plutôt qu’au raisonnement.
Il ne reste plus dès lors qu’à effectuer des choix tactiques quant aux informations qui seront diffusées, quant à la manière dont elles seront propagées et quant à la façon dont elles seront commentées, de sorte que la réaction de l’opinion publique soit celle que l’on attend. De toutes façons, de telles décisions sont devenues une nécessité matérielle, vu la surabondance des informations disponibles. Les choix importants sont opérés de manière consciente et concertée dans le chef de certains manipulateurs. Le " contrôle social " opéré dans le petit monde des médias mène inévitablement au conformisme et à l’autocensure.
Les grandes agences de presse et les publicitaires deviennent des éléments clés de la manipulation de l’opinion. Les premières constituent un oligopole de l’information mondiale : elles trient l’information, sélectionnent les nouvelles sur lesquelles l’attention des opinions publiques sera attirée et n’hésitent pas à passer des faits essentiels sous silence. Les journalistes ne peuvent traiter le plus souvent que l'information qu'on leur fournit. La nécessité de " coller à l'actualité " augmente encore considérablement la possibilité de se faire manipuler.
Les publicitaires jouent, quant à eux, un rôle plus important encore. La publicité, en tant que telle représente, selon des études américaines, le facteur principal de l’évolution des mœurs ! La publicité permet notamment de faire passer des messages implicites, qui n’ont rien de commercial. De plus, les publicitaires peuvent également influencer indirectement la presse: ils constituent souvent la première ressource de médias perpétuellement en quête de moyens financiers.
Dès lors, celui qui maîtrise bien les techniques de manipulation de l’information et qui en use avec circonspection, peut mener l’opinion publique, c’est-à-dire la majorité des citoyens à se mobiliser dans un sens ou dans un autre, en fonction de ses objectifs. Lorsque l’on sait qu’en " démocratie " les politiciens tournent casaque au gré de ce qu’ils croient être l’opinion, on ne peut qu’en conclure que celui qui tient les rênes de l’information et des médias dirige en fait la société. Le " quatrième pouvoir " est donc bien un terme impropre : en réalité, il s’agit de la clé de la puissance politique et du pouvoir réel. Pensez-y tous les matins en vous rasant si vous êtes un citoyen et en vous coiffant si vous êtes une citoyenne.
Mais je déblogue…
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A
Et bientot ca va etre pire :La matière première du journaliste, ce sont les dépeches AFP ; or, en ce moment l'AFP est à vendre ; et qui est sur les rangs ?Monsieur Bolloré l'homme qui prete son avion.La boucle sera bientot bouclée
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E
Malheureusement, à gauche, il va falloir aussi arriver à utiliser ces pratiques de manipulation du peuple. Oui, je sais, c'est intellectuellement malhonnête, mais le peuple est vraiment trop stupide pour savoir où se trouve l'intérêt général ! Il faut donc lui raconter des histoires de Noël. Les religieux l'ont compris et pratiqué depuis toujours ! ;-(<br /> <br /> @ JP<br /> Oui JP, "l'important c'est ce qu'il y a dans la boîte", et là, l'emballage masque un contenu "dégueulasse" ! C'est grave !
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R
L'emballage fait vendre, mais l'important c'est ce qu'il y a dans la boite!
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