Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

Publicité

LES PIEDS DANS LE PAF

Dans le contexte médiatique actuel il faut absolument se persuader qu’un accident de parcours suffit à vous mettre définitivement hors de la route vers le pouvoir. Une embardée de communication et le retard pris pour tenter de revenir sur le chemin initial devient irrémédiable. Lorsque l’on se penchera sur la période politique récente on trouvera parmi les cas les plus spectaculaires de ce phénomène, un certain Laurent Fabius. Quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, quoi qu’il propose, quoi qu’il analyse il est désormais systématiquement suspecté d’arrivisme primaire. Il annonce qu’il est candidat potentiel quelque part, c’est un tir nourri qui se déclenche contre des ambitions immérités. Il ne l’est pas, les messieurs je sais tout du PAF y voit un signe suspect. Il se positionne à gauche on rappelle diverses mesures approuvées par ses amis socialistes pour le placer à droite. S’il avance une idée moins affirmée et on soutient qu’il n’a toujours été qu’un égaré d’une Gauche obsolète ! Il n’est jamais sur les rails pour parvenir à se relancer conformément à ce que souhaite pour lui un nombre d’amis de moins en moins fidèles et de moins en moins nombreux.
Invité sur les plateaux de télé, il ne passionne guère les foules alors que bien souvent c’est le seul qui affiche la transparence la plus complète et surtout qui domine largement les sujets dont il parle. En fait Laurent Fabius ne parvient pas à effacer une image décalée. Pour moi il finira comme Rocard. Il n’a raison qu’après que les autres aient repris à leur compte ses critiques ou ses propositions (cf la TVA sociale). L’ex-Premier Ministre reste un " éléphant " pour beaucoup alors qu’il aura été le seul à refuser de suivre la piste vers un cimetière doré où sont partis les autres.
Hier soir il était l’invité de Ripostes. Cette présence a permis de vérifier qu’il n’a pas varié d’un iota, campant sur les positions prises il y a un an et qui ont été jugées par une vague de " consommateurs " du système StarAc’ politique comme arriérées. Les mêmes exprimées par Bayrou, deviennent surprenantes et donc attractives pour vendre de l’audience. Ce n’est pas demain qu’il aura celle que mérite son ancrage constant à Gauche car il déplait à tout le système médiatique qui ne lui pardonnera jamais d’avoir fait trébucher le Traité constitutionnel européen. Pourtant dans le contexte actuel puisqu’il fait entendre une musique qui est loin d’être de chambre !
Dans une récente tribune libre de Libération Laurent Fabius a récemment bousculé la béatitude qui semble régner autour de Nicolas Sarkozy. Il a fait feu sur la propension du régime actuel à se rapprocher de celui bien connu instauré par Berlusconi en Italie. C’est véritablement parfait. Et j’assume son point de vue même si des censeurs me taxeront de conservatisme avéré.
LE BERLUSCONISME MONTANT
Selon l’ex-candidat à la candidature aux présidentielles " le berlusconisme, le sarkozysme partage en effet au moins trois traits essentiels. D’abord le rapprochement entre la droite et l’extrême droite. N’oublions pas que c’est ce rapprochement qui explique les résultats électoraux dans la France actuelle comme dans l’Italie d’hier. Certains s’en réjouissent, y voyant la réintroduction dans le champ républicain d’un électorat autrefois latéral. Voire ! C’est oublier que l’opération comporte un prix lourd : tests ADN requis pour filtrer les étrangers, chasse aux sans papiers jusque dans les écoles, rupture désormais marquée avec notre tradition laïque, approche simpliste de la situation des banlieues - sur ces points, le Président français se retrouve plus proche des thèses du Front national que du gaullisme qu’il a manifestement passé par dessus bord. Si vous êtes un fidèle lecteur de ces chroniques vous avez souvent lu les mêmes analyses car elles sont indiscutables. Le seul problème c’est que le troisième volet de la Berlusconisation (la relation aux médias) porte en lui les difficultés que l’on peut rencontrer pour diffuser son désaccord sur les deux précédents !
En politique extérieure aussi, beaucoup d’aspects rapprochent M. Sarkozy et l’ancien Président du Conseil italien. Nous sommes - et c’est très bien ainsi - les amis et les alliés du peuple américain. Cette amitié et cette alliance ne justifient pas un quasi-alignement sur la politique bushiste ni en Irak, ni en Iran. Elles n’impliquent pas davantage la banalisation programmée de la position française au sein de l’OTAN. Avec, en prime, une certaine complaisance concernant des atteintes aux droits de l’homme.
Enfin et surtout, M. Berlusconi a bâti son pouvoir personnel sur sa domination des médias, M. Sarkozy emprunte le même chemin. Sans doute ne possède-t-il pas lui même directement ces médias, c’est l’affaire de quelques proches. Mais le système est tout autant cadenassé et anti-démocratique. C’est bien un régime nouveau qui a commencé de s’établir où s’additionnent tristement révérence et concentration autour de certaines puissances d’argent, confusion entre le peuple et le people, mépris pour les contrepoids traditionnels de la démocratie ".
Laurent Fabius a en donc remis une couche hier soir en affirmant à juste titre et avec courage que les écrans de télévision " dégoulinent de sarkozysme ", ajoutant qu'il ne voterait pas une révision institutionnelle qui n'imposerait pas une comptabilisation du temps de parole du président. " Puisqu'il va y avoir une révision institutionnelle, il faut inscrire dans cette révision institutionnelle que le temps consacré au président de la République soit comptabilisé et soit équilibré ", a-t-il dit. " En tant qu'homme de gauche, je ne voterai pas cette révision institutionnelle s'il n'y a pas cet équilibre médiatique ", a-t-il poursuivi. Combien il a raison mais il ne sera pas suivi car lui donner raison par les temps qui courent au PS c’est se fâcher avec le pouvoir médiatique en place !
CANDIDAT A RIEN
Par ailleurs, Laurent Fabius a jugé " pas très opportune " la récente déclaration de Ségolène Royal, affirmant qu'elle souhaitait prendre la tête du PS. " Le Parti socialiste aura à se poser ce problème de leadership à la fin de l'année, au lieu de désigner dès maintenant qui sera son candidat, on a le temps. Il vaut mieux nous mettre d'accord sur un projet novateur (...), sur des équipes unies (...) que de dire voilà qui sera notre champion en 2012, parce que les femmes et les hommes de gauche, pas seulement les socialistes, plus généralement, ne veulent absolument pas qu'il y ait de bagarres ", a-t-il ajouté. Encore un discours à contre courant.
Pour exister sans être candidat(e) dans une grande ville ou sans participer des batailles pour des pouvoirs départementaux jugés " médiocres " il faut bien renforcer les querelles internes du PS. Comme Laurent Fabius je pense que ce n’est ni le moment, ni la priorité du moment que celle d’affirmer sa volonté de se porter candidat(e) à la tête du PS. Même en ajoutant que tout sera fait pour tenter de " rassembler les socialistes " sur une " offre politique ", ce qui mettrait en bonne place pour être la candidat(e) socialiste à la présidentielle de 2012. Alors que l’on constate objectivement une fuite des adhérente(s) passés au PS pour participer à des primaires sous influence cette annonce va simplement accentuer la fracture au moment même ou la solidarité doit être absolue pour affronter les municipales et les cantonales.
De plus en plus de militants se solidarisent à la base, participent à leur propre réseau hors du parti, se construisent leur propre programme et oublient totalement les principes nationaux. Les ténors ne sont pas désirés car ils risquent de brouiller l’image de proximité. Le combat des chefs ne passionne plus les militants les plus solides qui sont, eux restés, en place : ils ne rêvent que de victoires locales car ils savent que ce sont elles qui conditionneront la suite. François Hollande limite ses ambitions au fauteuil de président du… conseil général de la Corrèze. Arnaud Montebourg fait des éclats verbaux mais flatte le notable en Saône et Loire pour devenir lui aussi présidentiable départemental.
On sent bien que la base va reprendre du poids après les promotions de l’an passé ! Laurent Fabius le sent et ne veut pas rallumer la guerre sur le terrain alors que toute le monde s’efforce de recoller les morceaux. Seul problème : personne ne lui en sera reconnaissant d’avoir déclaré : " je ne serai pas candidat au poste de premier secrétaire, je refuserai de me mêler à quelque bagarre que ce soit " puisque c’est le contraire qui aurait intéressé les médias !
DOUBLE NON
Il a également pris deux propositions fermes : il ne votera pas la réforme constitutionnelle en l’état et il réclame un référendum sur le nouveau traité de Lisbonne. C’est clair net et précis mais là encore il n’y aura pas de retombées de ces décisions que d’autres vont s’évertuer avec des contorsions politiques de ne pas prendre.
L'ancien premier ministre socialiste, Laurent Fabius, a pourtant déclaré qu'il votera contre la révision de la Constitution qui doit précéder la ratification du nouveau traité européen. " Il y aura deux questions qui seront posées: est-ce que vous êtes d'accord pour réviser la Constitution, et que pour que ce soient les députés et les sénateurs qui décident ", a déclaré le député de Seine Maritime.. " Là, je voterai à coup sûr non, parce que je trouve qu'il est absolument antidémocratique - qu'on ait voté d'ailleurs oui ou non- que lorsque la question a été tranchée par référendum, on propose la même question, mais en court-circuitant le peuple et en disant désormais ce sont les élus ". Attendons pour connaître les positions internes sur ces thèmes forts qui peuvent à un mois des municipales et des cantonales véritablement faire basculer Sarkozy dans le vide ! S’il manque la marche du Congrès (il lui faudra une majorité des 3/5 pour l’emporter) dans le contexte social actuel il devra se battre pour revenir sur les rails. Malgré ses atouts berlusconistes il aura bien du mal à se réinstaller dans les esprits.
Le système médiatique actuel fait émerger les " vedettes " dont il a besoin pour se nourrir. Il les précipite dans le précipice de l’oubli aussi vide qu’il les a portées aux sommets. Il s’évertue même à leur marcher sur la tête afin que surtout ils ne reviennent pas sur les berges. On ne va tarder à proposer d’évaluer les femmes et les hommes de l’opposition pour éviter de voir revenir celles et ceux que l’on n’aime pas trop.
Laurent Fabius se rocardise. 
Même sérieux, compétent, efficace, fidèle à ses idées, combatif il est considéré comme un has been qui n’a plus le droit de revenir dans le jeu où l’on a plus besoin de lui. Il est victime de la nouvelle donne de la " consommation " politique voulant qu’il faille en permanence en tête de gondole médiatique des produits en promotion. Dommage pour la véritable Gauche car elle cherche bien loin ce elle pourrait avoir très vite, avec un brin de courage. Fidélité aux valeurs, volonté de combattre, efficacité dans l’action  sont des concepts qui peuvent revenir sur le devant de la scène pour peu que l’on ait la patience des gens convaincus.
Mais je déblogue…
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article