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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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MON TONTON A MOI

Ce matin, il y a dix ans que François Mitterrand a quitté ce monde. Ecrire sur  cet événement, c’est tout bonnement suicidaire, car la particularité essentielle de cet exercice réside dans l’extraordinaire complexité du personnage. C’est d'autant plus suicidaire  que comme tous les hommes publics qui comptent, il suscite des passions contraires, allant de la haine viscérale à l’idolâtrie coupable. La "mitterrandolâtrie " me condamne, ipso facto, à la vendicte populaire, ou à une suspicion de ralliement intéressé. Tant pis, je l'assume. 

C’est à partir du moment où rien ne dérange dans une vie qu’il faut se méfier de l’image qu’on en donne. Pour ma part, je n’ai jamais adulé François Mitterrand dont les conceptions de la politique ne correspondaient pas à ce que j’avais vécu et appris dans le sillage du PSU. Michel Rocard correspondait davantage à la démarche initiatique qui avait été la mienne. Elle était entrée en moi, et je n’ai jamais pu véritablement m’en détacher, d’autant qu’elle s’est renforcée au fil des ans, grâce à la lecture attentive des écrits de Pierre Mendés France.

J’ai donc été un adepte modéré, car j’avais été échaudé, dès mon arrivée au PS (1976) par une exclusion d’un an pour non respect des décisions fédérales, correspondant aux élections municipales créonnaises. L’intégrité, la clarté, la sincérité, la liberté, n’étaient pas des vertus cardinales à mettre en avant. Je l’ai payé d’une première désillusion.

LES IDEES NOUVELLES ALLAIENT GERMER.-
J’ai pourtant loyalement participé à la campagne électorale de 1981,
sans aucun état d’âme, en me démenant nuit et jour, avec enfin le sentiment que des idées nouvelles allaient germer avec l’accord du Peuple. Je me revois encore, au milieu de la nuit du 9 mai, me lever, me déguiser en monte en l’air, pour aller coller sur l’affichoir du Créon Ciné, une caricature de Giscard, dépositaire des diamants de Bokassa.

Je conserve, quelque part en moi, le bonheur immense du champagne bu pour fêter son élection, chez Roger Caumont, mon maître, comme moi hérétique, réconcilié avec la discipline du parti. Sincèrement, elle m’a procuré l’une des toutes premières joies profondes d’un militantisme exubérant, mais convaincu de son utilité. Faire élire quelqu’un en qui l’on croit appartient à la plus merveilleuse des tâches politiques. Le voir l’emporter accorde la plus superbe des récompenses : l’espoir ! Je m’étais battu pied à pied pour un instant tenant du miracle. Oui je l’avoue, j’avais été peu regardant sur tout ce qu’il y avait eu avant. D’autant qu’en 74, je m’étais autant battu dans le bataillon de harkis rocardiens, arrivés avec armes et bagages (avant d’être virés du PSU), et je n'avais rencontré que l’échec. Je m’étais fait laminer par ses troupes, en 1977, lors du Congrès historique de Metz,  au cours duquel il avait fallu être solide pour ne pas sombrer. Les cicatrices pansées, je m’étais fait une raison car, en politique, il faut admettre la défaite pour ne jamais être en contradiction avec ses principes.

J’ai cru en lui, non pas par dévotion intéressée, mais tout simplement parce qu’un printemps venait de se lever. J’ai toujours continué, malgré cela, à être méfiant, mais quand on fait de la politique, il faut savoir que rien n’est pire que le renoncement, la fuite, la trahison. La déception enrichit. Le repli sur soi affaiblit. J’ai donc mon droit d’inventaire dont je suis fier, en ce jour anniversaire de sa mort. Je sais que chacun aura sa vision du personnage, mais il faut analyser ma réaction en comparaison.

MES REPERES SUR TONTON.-
Je vous propose donc mes repères sur Tonton. Ils sont discutables, et vont faire fulminer, bondir, hurler, détourner de mon blog (? ) quelques uns(e)s d’entre vous, mais je les assume. A vous de juger :

La plus belle journée de Mitterrand : le 21 mai 1981, lors de son passage au Panthéon

La pire journée de Mittterand : le 1° mai 1993, jour du suicide de Bérégovoy

La plus belle mesure de Mitterrand : l’abolition de la peine de mort

La pire mesure de Mitterrand : l’instauration de la proportionnelle aux élections de 86, qui favorisa l’émergence du FN

Mon meilleur souvenir sur l’arrivée de Mitterrand : les larmes de Mendés-France, lors de la cérémonie à l’Elysée

Ma plus belle image de Mitterrand : la cérémonie à Douaumont avec Helmut Kohl

Ma plus belle phrase de Mitterrand : " Laissez le tyrannie régner sur un mètre carré, elle gagnera bientôt la surface de la terre ".

Ma phrase détestable de Mitterrand : " La démocratie, c'est aussi le droit institutionnel de dire des bêtises. 

Le lieu symbolique de Mitterrand que je préfère : Le bois de chênes de Latché

Le lieu mitterrandien que je déteste : La Roche de Solutré

La femme mitterrandiste que j’admire le plus : Danielle Mitterrand

La femme mitterrandiste que je respecte le moins : Edith Cresson

L’homme de Mitterrand que j'admire le plus : Robert Badinter

L’homme de Mitterrand que je respecte le moins : Roland Dumas

La passion de Mitterrand que j’aime le plus : les mots

La passion de Mitterrand que j’aime le moins : le goût du pouvoir à tout prix

L’événement phare de la période Mitterrand : la chute du mur de Berlin

Le pire événement de la période Mitterrand : l’affaire du Rainbow Warrior

La qualité de Mitterrand que je voudrais avoir : le courage face à la maladie

Le défaut de Mitterrand qui me révulse : le mensonge institutionnel

Le reproche que je formule à l’égard de Mitterrand : son cynisme dans l’utilisation des autres

L’admiration que j’ai pour Mitterrand : sa résistance aux échecs

La force essentielle de Mitterrand : sa capacité de gérer le temps

La faiblesse irrémédiable de Mitterrand : sa haine de Michel Rocard

Je sais, ce petit jeu est subjectif, incomplet, inutile, mais sincère et désintéressé. A vous d’en juger…

Mais je déblogue…

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R
Adhésion totale à chaque phrase de cet article ! Merci !
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J
Pour moi, les années Mitterand, me rappellent ma jeunesse, dans une ambiance nettement différente.<br /> En effet, l'abolition de la peine de mort, le RMI et autres mesures, les manifestations de solidarité de tout genre, "touche pas à mon pote !", les luttes contre la montée du Front National qui allaient si bien avec l'esprit (qui me semblait ambiant) de la société d'alors.<br /> Aujourd'hui, j'ai plutôt tendance à croire, que l'intérêt général se limite à la défense de ses propres acquis, au carré délimité par la clôture de sa propriété, à la piscine que l'on a creusé dans son jardin, ou au canapé de plus en plus grand dans un salon de moins en moins fréquenté à l'occasion de réunions amicales de plus en plus rares.<br /> Je me trompe ?  serais-je trop naïf ? pas sûr ...<br /> Et si au lieu d'étudier François Mitterand, on en profitait pour se regarder et voir ce que nous sommes, Mitterand représentait (au début surtout) un espoir, mais c'est nous qui le portions non ?
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D
Ouf!<br /> Le plus réjouissant est de voir ressusciter les articles de JM Darmian sur le blog <br /> Merci et bon voyage à tous deux
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I
Francois Mitterrand president prefere des francais<br />  <br />
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G
Je suis surpris de tout ça, car je pense que tout le monde est sincère " parfois d'accords, parfois opposés, les uns étaient d'accord avec lui au début et ont changé ensuite et pour d'autres ce fut l'inverse alors que certains pour ou contre ne changeaient rien! Pour ma ma part je n'étais pas un fana de Mitterand et je ne le suis pas devenu mais on ne peut être indifférant. C'est vrai qu'on parle beaucoup de Lui, mais sans les médias en serait il de même?
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