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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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DES ANTIBIOTIQUES AUX ANTI OGM

Le progrès repose en fait sur la capacité d’une société à assimiler positivement ses découvertes. Je garde le souvenir de ces samedis après-midi quand notre instituteur, comme je crois l’avoir déjà écrit, donnait des leçon de choses, comme l’on disat alors, aux élèves des cours de fin d’études. J’ai en souvenir des moments emblématiques liés à la santé. Ainsi il vantait avec force détails et une conviction profonde les bienfaits de la découverte accidentelle de Fleming en septembre 1928 permettant d'isoler la pénicilline. Pou lui, homme rationnel, cette arrivée qui avait marqué le début des antibiotiques modernes constituait un moment exceptionnel de l’histoire de l’humanité. Très tôt aussi, Fleming s'est rendu compte que les bactéries développaient une résistance aux antibiotiques chaque fois qu'on utilisait trop peu de pénicilline ou pendant une période trop courte. Almroth Wright avait prédit cette résistance aux antibiotiques même avant qu'elle eût été observée expérimentalement.
Dans beaucoup de ses discours à travers le monde, Fleming insistait déjà sur une utilisation correcte de la pénicilline. Il a recommandé de ne pas l'utiliser sans raison et en dehors d'un diagnostic correct, de ne jamais en prescrire trop peu, ou pendant une période trop courte, car c'est précisément dans de telles circonstances que se développe la résistance des bactéries aux antibiotiques. C’était il y a plus d’un demi-siècle mais personne en a tenu compte : la consommation a été exponentielle !
Depuis près de 20 ans, la France fait partie du peloton de tête des consommateurs d’antibiotiques dans le monde, aux côtés de l’Espagne ou de l’Australie. Les Français consomment près de deux fois plus d’antibiotiques que les Britanniques, les Allemands ou les Suédois. En effet, selon un rapport remis au secrétariat d’Etat à la Santé en 1998, la consommation des antibiotiques en France augmentait en moyenne de 3,7% par an.
Le problème n’était pas tant cette augmentation de la consommation d’antibiotiques mais la mauvaise utilisation de ces médicaments. Bien souvent, les antibiotiques restent prescrits pour soigner des infections respiratoires d’origine présumée…virale, alors que ces derniers luttent uniquement contre les bactéries. D’après une enquête de la CRAM Rhône-Alpes, 80,5% des cas de bronchites de l’enfant étaient soignées par antibiothérapie ; 40% des prescriptions d’antibiotiques pour ces affections sont inutiles, affirment des chercheurs français.
Un constat similaire peut-être fait concernant le traitement des angines. Chaque année en France, entre 9 et 11 millions de personnes consultent leur médecin pour une angine. Dans plus de 90 % des cas, des antibiotiques leurs sont prescrits, alors que la plupart des angines sont d’origine virale.
Au-delà du coût de cet usage systématique et inutile, il faut prendre en compte les effets secondaires non négligeables de ces médicaments, dont la résistance des bactéries aux antibiotiques. Ce phénomène est connu depuis longtemps à l’hôpital : les infections dites nosocomiales, responsables de 10 000 décès par an en France, présentent des résistances aux antibiotiques.
TOUJOURS SECONDS EN EUROPE
La médecine de ville est également touchée : les infections respiratoires et ORL, comme les otites, devenaient plus difficiles à soigner. Le nombre d’échecs thérapeutiques pour les infections à pneumocoques, notamment ORL, augmente. La moyenne nationale était en effet de près de 40 millions de prescriptions durant l’hiver 2001-2002 ce qui représentait un taux de 6,7 pour 10 habitants ! Ce pic a fini par poser des problèmes de fond puisque la France reste actuellement le second pays européen (derrière la Grèce) en terme d’utilisation de ces produits indispensables à notre santé quand ils sont utilisés à bon escient. Il fallait une réaction collective obligatoire car cinq ans plus tard on constate que le danger d’accoutumance aux antibiotiques n’a toujours pas disparu.
La situation reste en effet très " préoccupante " à l'échelle nationale, souligne Hubert Allemand, médecin-conseil national de la Cnam. Il déplore que " les laboratoires pharmaceutiques se concentrent sur des molécules plus rentables " plutôt que de trouver d'éventuels substituts aux " antibios ". Or, " plus la consommation d'antibiotiques est élevée, plus la résistance bactérienne y est conséquente ", met en garde Vincent Jarlier, président de l'Observatoire national de l'épidémiologie de la résistance bactérienne aux antibiotiques (Onerba). La France avait ainsi en 2006 " un des taux de résistance (36%) du pneumocoque (angines…) à la pénicilline les plus élevés d'Europe ", note-t-il.
" Les bactéries sont des espèces vivantes, qui s'adaptent sans cesse ",
explique M. Jarlier. Celui ci déplore en outre que " les médecins prescrivent encore trop souvent ces traitements pour des pathologies virales, ou des maladies courantes de l'hiver, alors que les antibiotiques sont efficaces contre les seules bactéries ". L'assurance maladie va donc poursuivre sa campagne d'information des patients, des médecins et des professionnels de la petite enfance pour expliquer " quand les antibiotiques sont utiles ".
SUIVRE LES CONSEILS DE FLEMING
La consommation d'antibiotiques aurait pourtant baissé de 23,4% ces cinq dernières années selon la Cnam qui a présenté un bilan de son programme " antibiotiques " lancé en 2002 autour du slogan " les antibiotiques, c'est pas automatique ". Cette campagne a entraîné des " changements de comportement " des assurés et des médecins, qui ont permis cette baisse. Au total, la diminution équivaut à près de 27 millions de traitements, " soit environ 850 millions d'euros de dépenses évitées depuis le début du programme ", relève l'assurance maladie dans son étude.
Les enfants entre 0 à 5 ans, traditionnellement gros consommateurs d'antibiotiques, " sont les premiers à bénéficier de cette baisse: dans cette tranche d'âge, le recul est supérieur à 34%, soit 6,4 millions de traitements évités depuis cinq ans ", précise-t-elle.
L'assurance maladie va donc poursuivre sa campagne d'information des patients, des médecins et des professionnels de la petite enfance pour expliquer " quand les antibiotiques sont utiles ". Outre les habituels spots télévisés qui martèleront le message : " Quand c'est viral, pas d'antibiotiques ", la Cnam va diffuser au cours du premier trimestre 50.000 DVD sur " le bon usage des antibiotiques " auprès des centres de protection maternelle et infantile (PMI), ainsi que des assistantes maternelles, qui gardent environ un tiers des enfants de 0 à 3 ans.
La Cnam va par ailleurs mener une " concertation sur les objectifs 2008-2010 avec l'ensemble des acteurs concernés ", en particulier les médecins, qui doivent " se mobiliser plus fortement encore ", a annoncé le directeur de la Cnam Frédéric van Roekeghem. On va donc peut-être enfin respecter les conseils de Fleming qui avait comme beaucoup d’inventeur vite cerné les limites de son invention.
SCIENCE ET PHILOSOPHIE
On se trouve également, après ces constats plus ou moins alarmants, le débat actuel sur les… OGM qui débouche au coin du bois ! Les résistances aux antibiotiques chez les bactéries pathogènes pour l’homme se répandent de nos jours et constituent un problème alarmant en médecine, amplifié par la " sur prescription " des antibiotiques et leur utilisation dans l’alimentation des animaux d’élevage comme promoteurs de croissance. On redoute que les plantes transgéniques n’aggravent ce phénomène.
En effet, leur génome contient des gènes bactériens de résistance aux antibiotiques. Ces gènes utilisés comme " marqueurs de sélection " sont des résidus de la construction génétique et n’ont aucune utilité dans la plante elle-même. Ils pourraient être transférés, soit aux bactéries colonisant le tube digestif animal ou humain, soit aux bactéries du sol, leur transmettant ainsi le caractère de résistance à des antibiotiques majeurs, allongeant ainsi la liste des antibiotiques devenus inefficaces. Par exemple l’utilisation d’un gène de résistance à l’amikacine est préoccupante, car il s’agit d’un antibiotique majeur, que l’on réserve à certaines infections humaines particulièrement difficiles à traiter… on imagine les problèmes si ce gène est transféré à d’autres organismes responsables de ces maladies.
Bien qu’un tel transfert génétique entre plantes et bactéries n’ait jamais été reproduit expérimentalement, il reste possible selon plusieurs études. Plusieurs firmes agro-industrielles avancent que les gènes de résistances aux antibiotiques ne posent pas de problèmes puisqu’ils seraient, de toute façon, déjà présents chez la plupart des bactéries pathogènes. D’une part, cet argument est contredit par le simple fait que les pénicillines ont par exemple été prescrites 12 millions de fois en Allemagne en 1996. D’autre part, plusieurs résultats de recherches démentent cette argumentation. Le maïs transgénique de la firme Novartis, autorisé en France depuis novembre 1997, contient un gène de résistance aux pénicillines. Cette autorisation a été provisoirement suspendue, entres autres, à cause de ce caractère.
La consommation des plantes transgéniques pourrait donc être dangereuse pour la santé animale et humaine. Il est donc indispensable de remplacer ces techniques de transgénèse obsolètes par des techniques n’utilisant pas des gènes de résistance à des antibiotiques, ne serait ce que pour respecter le principe de précaution. Cela est tout de même à nuancer puisque de nouvelles techniques sont actuellement développées : les gènes de résistance y sont soit éliminés après la construction génétique, soit remplacés par des caractères sélectifs dont l’innocuité est prouvée.
En fait le débat porte sur la notion même de progrès et ses limites acceptables. Il ne s’agit pas nécessairement d’un problème " scientifique " mais " philosophique ". Il faut bien admettre que les multinationales de tous poils ne sont pas très penchées sur ce type de réflexion et notre système sociale méprise notoirement les penseurs pour leur préférer les producteurs.
Mais je déblogue…
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D
le recours aux antibiotiques n'est il pas à rapporter au recours au savoir médical..comme si seul ce qui necessite de passer par le medecin, est donc bon, donc efficace ?de la même manière le taux d'antidepresseurs et tous les produits dérivés des molecules chimiques ayant un impact sur nos chers neurones...est toujours très important en France.Bref en France on va pas si bien que ça...la qualité de vie des uns et des autres s'en ressent..condiiton de vie, conditions de travail...( suicides et maladies professionnelles, arrets..)..et nous ne savons pas le gerer autrement qu'en passant par medecin...la gestion medicalisé de tous les problemes de société en est le reflet, alors que par ailleurs le systeme de prise en charge solidaire est en braderie...si nous nous en prenions a la cause...?
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