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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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DIFFICILE DE BIEN LE BLAIRER

Il y eut dans l’histoire de la culture française la querelle des Classiques et des Modernes qui opposa (déjà) deux courants. Celui des Classiques menés par Boileau soutenait une conception très particulière de la création littéraire comme simple imitation des auteurs de l’Antiquité. Cette thèse était fondée sur l’idée que l’Antiquité grecque et romaine avait atteint une fois pour toutes la perfection artistique. Le choix par Racine pour ses tragédies de sujets antiques déjà traités par les tragédiens grecs illustre cette conception de la littérature respectueuse des règles du théâtre classique. Il y eut aussi le camp des Modernes, représentés par Charles Perrault qui soutenait le mérite des auteurs du siècle de Louis XIV affirmaient au contraire que les auteurs de l’Antiquité n’étaient pas indépassables, et que la création littéraire devait innover. Ils prônaient une littérature adaptée à l’époque contemporaine et des formes artistiques nouvelles.
Du moins, tel est le débat manifeste. 
Sous l'apparent progressisme des Modernes se cachaient aussi des enjeux de pouvoir. Boileau était proche de Port… Royal. En défendant les Anciens, il défendait, au nom de la diversité des héritages, des marges de liberté dans la République des lettres. Les Modernes sont quant à eux pris d'une sorte de fureur "normalisatrice". Fumaroli écrit ainsi "tout au long de la Querelle, qu'il s'agisse d'Euripide ou d'Homère, ce sont sous Louis XIV les Anciens qui admettent ce qu'il y a de vif, de déconcertant, de déchirant dans la représentation de la vie humaine par les poètes antiques, tandis que les Modernes sont favorables à des conventions morales et esthétiques uniformes et confortables."
Comme l’histoire est un interminable recommencement adapté seulement au contexte en raison de la pérennité des comportements humains, le Parti Socialiste s’offre une apparente querelle entre les Anciens et les Modernes. Du moins on lui en donne l’apparence de telle manière que on en oublie les fondements même du socialisme au nom du réalisme politique. La phase de l’utopie est laissée aux siècle antérieur, celle du pragmatisme appartient au présent. Toutes deux se succèdent avec forcément comme support la notion de " modernisme " indispensable pour dit-on être en adéquation avec les réalités. Forcément ce discours est décliné de manière différente de celui qui est tenu par une droite soit disant déculpabilisée. Il faut absolument oublier les vieilles recettes du passé pour étonner et convaincre que la page est tournée. Le problème c’est qu’en perdant tous ses repères on finit par ne plus attirer la majorité des gens qui ne se retrouvent plus du tout dans le spectacle donné.
Il est certain que certains socialistes vont passer un mauvais week-end. Eux qui ont entendu, durant une décennie, vanter les mérites du modernisme de Tony Blair auront probablement la gueule de bois en buvant les paroles tenues par celui qui fut un " classique " de la rénovation du socialisme. Venant après les ravages effectués par la férule Thatcher, même avec du décalage, il est aisément apparu comme un homme de… gauche alors qu’il était seulement moins à droite que celle quia totalement démantelé le système collectif britannique. Contraint de passer la main en raison de sa bushisation avancée, il s’offre désormais le plaisir de venir tailler des croupières à ceux qui défendent autre chose que son idéal néo-libéral saupoudré de condiemnts sociaux.
ACCUEILLI EN HEROS
Hier il a franchi le Rubicon et a véritablement monté que les " classiques " n’étaient pas où on le croit et les " modernes " surtout pas où on les attendait. Tony Blair a en effet rendu hommage au " très énergétique " Nicolas Sarkozy lors d'un conseil national de l'UMP où il a été accueilli en… héros par ce que la droite peut avoir de plus conservateur. " Votre président est très énergétique, et dans tous les domaines " (NDLR : on murmure que Carla serait déjà enceinte !), a plaisanté l'ancien Premier ministre travailliste britannique devant Nicolas Sarkozy et quelque… 2.000 cadres de l'UMP réunis au Palais des sports de la porte de Versailles. Cette allusion à sa liaison avec l'ancien mannequin Carla Bruni a fait rire Nicolas Sarkozy, qui écoutait le discours au premier rang ; Ca c’est une info politique de premier choix qui réjouira les personnes qui sont passées par les caisses des centres commerciaux aujourd’hui ! Tony Blair, invité par l'UMP a tenu à s'exprimer sur le thème de la réforme en Europe, a axé tout son discours sur la nécessité du changement dans le " nouveau monde ".
" Changer demande du courage, de l'engagement, et surtout d'énormes réserves d'énergie. A cet égard vous avez de la chance d'avoir Nicolas Sarkozy comme président ", a lancé l'ancien Premier ministre britannique devant un président et un auditoire UMP aux anges. " Une autre leader, dont je tairai le nom, m'a dit un jour: 'Sarkozy, il est très tonique'. J'ai répondu: 'Non, je n'avais pas remarqué' ", a plaisanté Tony Blair.
Le travailliste britannique n'a pas été loin de faire acte de candidature à un poste dans le gouvernement Sarkozy: " En France, je serais probablement au gouvernement. Non je plaisante, je serais au PS, mais au côté de ceux qui ont à coeur de le transformer ", s'est-il repris. Tony Blair a été applaudi debout par le conseil national lorsqu'il a fait son entrée dans la salle au côté de Nicolas Sarkozy. Ces saillies d’humour britannique ont dû particulièrement réjouir tous les militants socialistes qui voyaient dans cet Anglais peopolisé le parangon du socialisme moderne ! On peut en effet se demander désormais si la politique sarkoziste n’est donc pas le modernisme utile au PS !
UNE CERTAINE GENE
Remarquez qui se souvient que le 2 février 2006 dans un article du Finaciloa Times on trouvait cette déclaration de la meilleure candidate de gauche à la présidentielle française de 2007 selon les sondages, Ségolène Royal. " Cela ne me gêne pas d'afficher mon adhésion à certaines de ses idées " avait elle précisé quand l'opinion allait donc à l'encontre de la méfiance dominante des autres dirigeants du parti socialiste envers Tony Blair.
" Il a réinvesti dans les services publics. Face au chômage des jeunes, il a obtenu de vrais succès en recourant à plus de flexibilité et plus de sécurité. Les jeunes diplômés sont mieux traités au Royaume-Uni qu'en France. Ce n'est donc pas uniquement pour des raisons fiscales que tant de nos jeunes quittent la France pour aller travailler dans la City de Londres. Nous ne devons être bloqués sur aucun sujet, comme les 35 heures par exemple " affirme encore l'ancienne ministre3. Ségolène Royal a jugé " surprenante " la présence de Tony Blair au côté de Nicolas Sarkozy au Conseil national de l'UMP, tout en affirmant que c'était " sa liberté ".
Tiens donc j’ai souvenir que on avait menacé d’excommunication quelques parlementaires socialistes qui étaient allés à des meetings unitaires appelant à voter non au traité constitutionnel. Qui a déclaré alors en parlant d’eux que c’était leur " liberté " d’être plus à gauche que les autres ? " J'attends de voir, d'écouter ce qu'il va dire pour juger de sa présence. Il est vrai que sa présence est surprenante. C'est sa liberté ", s'est bornée à déclarer Ségolène Royal, venue soutenir la candidate PS Danielle Bousquet aux élections municipales à Saint-Brieuc. De son côté, François Hollande a déclaré pour sa part, le président Nicolas Sarkozy recevra " celui qui a voulu faire intervenir son pays en Irak ", ce que lui, premier secrétaire du PS, " n'aurait pas fait ". Mais on ne va pas plus loin… Enfin certains car par exemple Paul Quilés a vite sorti le colt.
LES ORS DU POUVOIR
Il estime que la présence de Tony Blair au Conseil national de l'UMP est " la continuation du brouillage idéologique entrepris " par Nicolas Sarkozy, ironisant sur une droite qui " aime les socialistes... morts ou étrangers ". En fait il suffit de constater que jamais un socialiste n’avait fait un aussi beau cadeau idéologique à la droite la plus dure dans un pays. Les ralliements de Bockel, Kouchner et de Besson ne sont que des babioles par rapport à ce que vient de faire ce brave Tony !
" Tony Blair ovationné par les cadres de l'UMP et encensé par Nicolas Sarkozy. J'imagine la réaction indignée de ces millions d'hommes et de femmes de gauche qui ne peuvent croire un seul instant que le leader de la droite, adepte d'une ligne dure, se soit converti aux idées de la gauche! ", a déclaré l’ex-Ministre au nom de celles et ceux que l’on appellera dans quelques mois des " classiques " ou des " rétrogrades " Selon Paul Quilés : " il ne s'agit là naturellement que de la continuation du brouillage idéologique entrepris, avec succès, par Nicolas Sarkozy, citant un jour Jaurès et Blum, rendant hommage une autre fois à Guy Môquet, attirant dans ses filets quelques socialistes attirés par les ors du pouvoir ".
En fait Tony Blair est tout bonnement venu clarifier les enjeux du PS fin 2008 en résumant ce que pensent tout bas bien des têtes penchantes vers la droite dans les discussions privées. " Aux Etats-Unis je serais démocrate, au Royaume-Uni, je suis travailliste, en France je serais.... probablement au gouvernement", a plaisanté l’ex-Premier ministre britannique. "Non, je plaisante, s'est repris plus sérieusement l'homme du New Labour (parti travailliste rénové), je serais au Parti socialiste, aux côtés de ceux qui ont à cœur de le transformer." Et bien je vais être clair : je la leur laisse leur idole ! Je souhaite même qu’ils se revendiquent de ses réformes et de son idéologie ! Mais à mon avis il suffirait de ressortir les déclarations de certains caciques pour voir que tous les éléphants n’ont pas choisi le cimetière de gauche pour finir leurs jours en politique. Grand bien leur fasse.
Mais je déblogue…
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M
Merci de votre bonté...je n'ai pas l'habitude de ne lire que les textes de mes amis...
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M
monsieur Marc d'Here, je suis très étonnée que vous sacrifiiez une partie de votre temps qui je pense est précieux, à lire les chroniques de Jean-Marie!!!!!!mais nous sommes encore en "démocratie" et donc, vous pouvez nous exprimer vos idées "progressistes"!!!
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M
Longue vie à toi, certainement.....
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E
@ Marc d'héré<br /> Heureusement que le ridicule ne tue pas !
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M
Cette intervention de Blair était très importante et très utile....très significative aussi.Il nous fait également l'amitié de venir au colloque international " La voie Progressiste" que les Progressistes, mouvement animé par Eric Besson, organisent  fin janvier à la Sorbonne....
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