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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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ATTENTATS SUICIDES CONTRE LES SONDAGES

J’ai déjà écrit à de nombreuses reprises que les sondages n’étaient qu’une supercherie venue des USA pour confectionner une opinion dominante qui… conforte les sondages ! Les marges d’erreur ne sont pas prises en compte et on présente comme des vérités ce qui ne devrait être qu’une tendance très peu fiable. Les sondages sont le résultat d’études complexes, qui font la part belle à l’empirisime, et qui par définition, pour les sondages publiés en tous les cas, ne peuvent pas, ou difficilement, être confrontés à la réalité : dès lors qu’ils sont publiés, ils influencent potentiellement le résultat des élections qu’ils ont mesuré. Ainsi donc va le petit monde des sondages et de leurs utilisateurs : produire toujours plus, mais être peu en mesure de ... mesurer et surtout de s’auto congratuler pour avoir créé les conditions de se donner raison en transformant les citoyens en sondés.
On sait aussi que les Etats-Unis servent de référence en matière politique depuis quelques temps. Tous les partis ont leurs spécialistes des analyses des enquêtes d’opinion. La campagne électorale actuelle bénéficie de toutes les attentions. Il faut importer les meilleures techniques afin de conserver ou de conquérir le pouvoir. Or il se trouve que hier s’est produit un événement qui va donner à réfléchir aux stratèges du prêt à porter idéologique. La victoire d'Hillary Clinton à la primaire démocrate au New Hampshire a confondu les instituts de sondage, à présent bien en peine d'expliquer comment ils ont pu se tromper aussi lourdement.
Des experts penauds ont reconnu hier qu'ils allaient devoir étudier de près leurs prévisions face aux résultats des primaires du New Hampshire, afin de comprendre pourquoi ils avaient pronostiqué à juste titre la victoire du républicain John McCain tout en se méprenant à ce point sur le score de Clinton chez les démocrates.
A l'approche des primaires de mardi - l'une des premières étapes du processus de désignation des candidats de chaque camp à la présidentielle de novembre -, les sondeurs avaient proclamé d'une seule voix que le sénateur de l'Illinois Barack Obama l'emporterait sur Clinton, un grand nombre d'entre eux évoquant même un écart de dix à quinze points. Ils se sont lamentablement plantés !
DES MOUVEMENTS IMPREVISIBLES
Au moment de vérité, la sénatrice de New York a battu Obama par 39% des voix contre 36%. Tous les sondeurs sont passés sous la table : une bérézina qui n’avait jamais été constatée pour des primaires aux Etats Unis.
A une époque supposée d'analyse instantanée, chacun y est allé de sa thèse pour expliquer le faux pas des sondeurs. Les uns ont souligné l'effet " humanisant " des images ayant montré Clinton au bord des larmes lundi en cours de campagne; d'autres ont dit soupçonner les électeurs du New Hampshire de voter délibérément à l'opposé de ceux de l'Iowa - où Obama était sorti vainqueur le 3 janvier. Il suffirait donc de quelques sanglots télévisés pour faire basculer l’opinion et donc déboussoler les ordinateurs qui organisent les analyses des réponses fournies par des panels électoraux.
" C'est réellement un sujet de mémoire sur les limites de l'effet tremplin "
Du fait que beaucoup de sondages s'étaient arrêtés 24 à 36 heures avant le vote du New Hampshire ou regroupaient dans une moyenne unique les données recueillies pendant trois jours, ils n'ont pu capter la montée tardive du courant pro-Clinton. En fait les universitaires hyper spécialisés (on a les mêmes en France mais on les appelle les politologues) se sont totalement plantés mais on savait bien qu’ils interviennent sur les plateaux de télé que pour gagner une notoriété que ne leur donnent pas leurs recherches.
Les femmes se sont mobilisées en grand nombre pour l'ancienne " première dame ", qui a également réalisé un score remarquable (48%) parmi les démocrates de 65 ans et plus. " Clinton a très bien réussi auprès des femmes. Et ceux qui se sont décidés tard ont tranché en faveur d'Hillary ", déclare Smith qui avoue ainsi qu’il n’a pas effectivement tenu compte de ces paramètres dans ses analyses.
Selon John Zogby, responsable du sondage Reuters/C-SPAN/Zogby, les 18% d'électeurs du New Hampshire qui ont dit s'être décidés mardi représentent " un chiffre sans précédent ". Il va finir par les accuser de ne pas être fiables en votant en leur âme et conscience dans des délais incompatibles avec leur mise en fiche. Comme la plupart des sondages, le dernier Reuters/S-SPAN/Zogby diffusé avant le vote était proche de la réalité quant à la primaire républicaine, créditant McCain de 36% contre 27% pour l'ex-gouverneur du Massachusetts Mitt Romney. Le résultat final s'est établi à 37% contre 31%. Mais chez les démocrates, il prédisait 42% à Obama et 29% à Clinton, qui a pour finir devancer son adversaire de trois points (39% contre 36%).
INTERNET, MOUVEMENT ET FLUIDITÉ
Susan Herbst, spécialistes des sondages au Georgia Institute of Technology, attire l'attention sur le fait que le flot d'informations circulant sur internet et susceptible d'influencer des électeurs évolue rapidement, ce qui a pu avoir un effet marqué sur les indécis du New Hampshire. Ca y est on a trouvé les coupables : les gens qui tiennent des blogs et qui échappent au contrôle réel des médias. Ce sont eux ces maniaques du clavier qui faussent le bel ordonnancement des instituts réputés capables de prédire l’avenir électorale. " Il y a plus de mouvement et plus de fluidité chez les gens et dans leur opinion, dit-elle. C'est une bonne chose, cela veut dire que les gens réfléchissent. " Incroyable découverte américaine digne de celles de la conquête de l’espace : il peut y avoir aux USA des gens qui réfléchissent et ne votent pas comme le souhaitent le pouvoir de l’argent ! 
D’ailleurs ce constat est exactement le même puisque le PS vient de décider qu’il était inutile de consulter les parlementaires sur ce qu’ils feraient pour le Congrès et encore moins les militants… Comme on est certain qu’ils ne seraient pas allés dans le sens souhaité par une poignée de responsables, on a décidé pour eux ! On recherche des subterfuges pour que le référendum revendiqué n’ait surtout pas lieu. Henri Emmanuelli qui n’a jamais été une admirateur forcené des sondages et qui préfère depuis des décennies les décisions individuelles fortes au consensus mou n’y va pas par quatre chemins : " Nous nous sommes engagés à quatre reprises pour que l’adoption d’un traité impliquant des abandons de souveraineté se fasse exclusivement par référendum. Il n’y a qu’un seul moyen de forcer Nicolas Sarkozy à l’organiser, c’est d’aller au Congrès de Versailles et de voter contre la modification de la Constitution permettant la ratification par voie parlementaire. Toute autre solution est dilatoire. Dire : " le PS boycotte Versailles ", c’est accepter qu’il n’y ait pas de référendum et laisser le champ libre au président pour sa manoeuvre. "  Inutile de sonder les gens pour savoir qu'ils parrcéient ces propos clairs et précis.
Les fameux sondages du JDD (Journal du Dimanche) vont d’ailleurs vite entrer en action pour marginaliser sa démarche ou ne seront pas publiés comme celui qui prédit une catastrophe pour la droite en mars prochain ! On trouvera bien des questions pouvant changer la réalité…
HARO SUR L’ELECTEUR IMPREVISIBLE
Avant les caucus de l'Iowa - toujours difficiles à prédire en raison d'un système atypique où les militants sont censés se regrouper par affinités dans les granges ou les gymnases qui hébergent cette procédure contestée -, les instituts de sondage avaient en substance conclu qu'on ne pouvait " préjuger de l'issue " (sic). Obama s'y était imposé confortablement du côté démocrate. Mais au New Hampshire, où l'on vote dans des urnes, les sondeurs ont cru avancer en terrain plus sûr et annoncer un " rebond " d'Obama. Sur quelles bases et avec quelles preuves ? Nul ne el sait !
A la décharge des instituts de sondage, on doit noter qu'il s'agit d'un processus électoral sans précédent à plusieurs égards - Obama deviendrait le premier président américain noir et Clinton la première présidente des Etats-Unis. Gary Langer, directeur des sondages chez ABC, ne croit cependant pas que les erreurs de prévision soient dues à des facteurs tels que l'appartenance raciale. Sur son blog, il incite les sondeurs à prendre en considération " leurs propres défauts en matière d'échantillonnage et de projection des probabilités de vote. Il est tout à fait sans précédent que tant de sondages aient été faux. " Nous devons savoir pourquoi", écrit-il.
Il faut annoncer à cet égard que Laurence Parisot, présidente du Medef, a décidé de passer la main à la tête de l’Ifop car ça commence à faire tâche dans une période où elle va avoir à convaincre de la fiabilité de son entreprise tout en constatant que ses propositions patronales sont parfois contraires aux souhaites des Françaises et des Français.
Nicipals Sarkozy qui a souhaité et va souhaiter de plus en plus une politique de " civilisation " américanisée va sûrement faire plancher sa cellule communication sur ce " raté " du New Hampshire. Il est extrêmement préoccupant car il démontre que tous les systèmes finissent à un moment ou à un autre, s’ils sont trop prégnants par produire l’effet contraire de celui que l’on attend. C’est bien pourquoi, une fois encore, le référendum sur le traité de Lisbonne restera un vœu pieu des vrais démocrates !
Mais je déblogue…
(sic), déclare Dante Scala, politologue à l'Université du New Hampshire, au sujet des prédictions des instituts de sondage qui voulaient qu' Obama poursuive sur sa lancée après son succès dans l'Iowa la semaine dernière. Dans le New Hampshire, un grand nombre d'électeurs se décident… très tard, tendance qui s'est encore accentuée cette année parce que les démocrates approuvaient tous leurs candidats, note Andrew Smith, autre analyste politique de la même université.
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