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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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CHERCHEZ L'ERREUR

Selon l’un des experts les plus qualifiés, la guerre en Irak serait un gouffre sans fin, une sorte de tonneau des Danaïdes puisque son coût total pourrait dépasser les 2 000 milliards de dollars, ce qui est bien supérieur aux projections faites avant le conflit par la Maison Blanche, à en croire une étude notamment réalisée par le Prix Nobel de l'économie Joseph E. Stiglitz (Le Monde de ce jour).

Cette étude prend notamment en compte les pensions d'invalidité qui seront versées à vie aux 16 000 blessés de l'armée américaine, dont 20 % souffrent de graves déficiences mentales ou physiques, les frais imprévus concernant notamment le nécessaire recrutement de nouveaux militaires pour relever les effectifs en Irak, le ralentissement de la croissance américaine.

L’évaluation se fonde sur l'hypothèse d'un maintien de troupes en Irak jusqu'en 2010. Les deux universitaires ont toutefois postulé une réduction progressive des effectifs US, mais n’ont pas ajouté les dépenses des autres contingents présents à Bagdad ou dans le reste du pays.

La somme est probablement proche de la réalité car elle ne prend pas en compte, contrairement à toutes celles qui ont été publiées antérieurement, les seules dépenses directes, mais elle tient compte des "dégâts collatéraux" dont on ne parle dans les guerres que bien longtemps après.

17 MORTS US PAR SEMAINE.-
Plus de 2 000 G.I. ont été tués, et ce n'est pas fini. Les attaques soutenues des insurgés, avec des bombes artisanales de plus en plus sophistiquées, ont aussi fait plus 16 000 blessés parmi les militaires selon les sources officielles. Et ce n’est pas fini… Le désastre représente en moyenne depuis le début de l’opération 17 morts US par semaine, auxquels il faut ajouter les 34 morts irakiens par…jour (sinistre différence), statistique dont on ne parle jamais dans les médias pro Bush.

 

Quand on rassemble l’ensemble des bilans actuels de ce conflit on ne peut être qu’épouvanté par leur ampleur et les séquelles effrayantes qu’elles laisseront dans l’Histoire du Monde. Le pire, c’est que l’objectif primordial du déploiement de GI en Irak, le pétrole, est loin de compenser cet enlisement des USA dans un conflit dont pourtant ils avaient prédit un règlement rapide. " Le pétrole est au centre de la stratégie américaine au Proche-Orient. Le premier objectif d’une agression américaine contre l’Irak est de se saisir des énormes réserves pétrolières que possède ce pays ", commentait en 2002 le Washington Post. " Avec une réserve prouvée de 112 milliards de barils de brut, l’Irak est aujourd’hui le deuxième producteur mondial potentiel après l’Arabie Saoudite. "

Selon le département américain de l’énergie, la région du golfe persique dispose des deux tiers des réserves restantes, et devra inévitablement fournir une part croissante de la production mondiale d’or noir au cours des années à venir. Et il faudra peu de temps, même si les avis des experts divergent sur le moment où le pic de la courbe de production sera atteint, avant que le monde ne devienne totalement dépendant des pays de cette zone du monde. Mais, bien qu’ils ne représentent que 5 % de la population mondiale, les USA sont les plus gros " énergivores " de la planète. Ils brûlent environ 26 % de la production totale, mais ne contribuent plus désormais qu’à hauteur de 11 % dans cette production et ne détiennent plus que 2 % des réserves mondiales.

UNE ENERGIE CONSIDERABLE.-
Dans le monde globalisé et concurrentiel qu’il a inspiré, le pays du consortium pétrolier " Bush and Co " se révèle de plus en plus dépendant de son approvisionnement en pétrole et des cours mondiaux. Les réserves trouvées en Irak étant fréquemment mises à mal par des attentats sur les oléoducs, les revenus prévus pour atténuer la facture " guerrière " ne sont absolument pas au rendez-vous. Mieux, pour protéger, à n’importe quel prix, des installations vétustes, les armées d’occupation de l’Irak doivent dépenser…une énergie considérable. Pour sauver ce qui n'est pas endommagé et peut encore fonctionner elles déploient des moyens plus imposants que ceux mis en place pour sauvegarder les vies des Irakiens.

Près de Bassora, par exemple, les soldats britanniques tirent au mortier au-dessus des oléoducs toutes les nuits, pour éclairer le désert et repérer d'éventuels saboteurs... Malgré cela, les attentats se multiplient. L'enjeu de cette bataille des oléoducs se chiffre en milliards de dollars. Sans cesse interrompue, la production irakienne a atteint à peine 2 millions de barils par jour en juillet, soit 20 % de moins qu'en 2000, au temps… de la résolution " Pétrole contre nourriture ", dont on sait qu’elle était catastrophique dans son fonctionnement. Sans les sabotages, les installations irakiennes, bien que très vieillissantes (aucun technicien ou ingénieur ne se risque à aller travailler à Bagdad), permettraient de sortir au maximum 3 millions de barils par jour. Et c’est ce " petit " million de barils manquant qui arrangerait bien les affaires de tout le monde !

ALERTE SPECIALE.-
Des milliards de dollars engloutis, des dizaines de milliers de vies humaines sacrifiées, du pétrole de plus en plus onéreux et pendant ce temps la FAO s’égosille dans le désert à décréter l’état " d’alerte spéciale " dans la Corne de l'Afrique. Plus de 11 millions de personnes y sont  " au bord de la famine à cause des récentes sécheresses graves auxquelles s'ajoutent les effets des conflits passés et en cours dans la région ".

La Somalie, où près de deux millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire urgente, est particulièrement affectée par les pénuries alimentaires. La saison secondaire des pluies (d'octobre à décembre) a été quasi absente et les récoltes pourraient être les plus faibles des dix dernières années.

Une sécheresse prolongée au Kenya a entraîné l'épuisement des stocks de fourrages pour le bétail. Le pays a lancé un appel à l'aide pour que la communauté internationale lui envoie 150 millions de dollars, pour ravitailler 2,5 millions de personnes sur son territoire. C'est 10 % de la population du Kenya qui appelle au secours. Dans les campagnes, les animaux meurent de faim. On brûle les cadavres des chèvres et même, signe d’une extraordinaire catastrophe en préparation, les chameaux et les ânes succombent maintenant dans les villages. Un événement que de mémoire d’homme on n’avait encore jamais vu.

Cette sécheresse affecte également l'Éthiopie, où huit millions de personnes dépendent de l'aide alimentaire. La situation risque de s'aggraver entre les mois de janvier et mars en raison de la saison sèche.

À Djibouti, ce sont les éleveurs nomades qui sont les plus menacés par la sécheresse. Quelque 150 000 personnes, soit près de 20 % de la population du pays, sont menacées dans cet ex-territoire français.

64 000 tonnes d'aide alimentaire paraissent nécessaires, jusqu'à la fin de l'année 2006, pour nourrir les populations affectées par cette sécheresse. La FAO a lancé une alerte, puisque seulement … 16 700 tonnes ont été amassées, autant dire rien.

Avec le coût des fusées éclairantes lancées sur les oléoducs irakiens, on pourrait acquérir le reste, mais aux dernières nouvelles, il n’y a pas une seule goutte de pétrole dans ces régions d’Afrique.

Mais je déblogue…

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