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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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PENDANT LA CAMPAGNE LES TRAVAUX CONTINUENT

Vous n’avez pas fini de lire cette phrase aussi brève que limpide : " rien ne sera annoncé avant les municipales et les cantonales ". Elle va servir de ligne de conduite au gouvernement. Si les municipales et les cantonales sont favorables, un tsunami de réformes libérales va déferler avant les vacances sur le pays. Il est certain que tout signe tangible, même mince, de succès pour les candidats ou candidates " cachés " de l’Ump constituera un prétexte pour accentuer l’implosion du système social actuel.
Laurent Fabius, samedi soir, chez Ruquier avec intelligence et clarté, prévoyait cette réaction possible. Il rappelait au passage que l’avertissement donné aux législatives après qu’il eut fait avouer que l’augmentation du pouvoir d’achat promise serait vite détruite par une TVA sociale à 5%, avait empêché la mise en place de cette mesure. Il y voyait la preuve que, lorsque la pression existe, elle met sous le boisseau les projets discutés et discutables. Nicolas Sarkozy renâcle face à l’obstacle quand il s’élève ! Il sera donc obligé de tenir compte des résultats du 9 mars.
Laurent Fabius a également fait ressortir, à maintes reprises, le rôle des éditorialistes de l’opinion dominante et celui des médias télévisés maintes fois partisans ou contrôlés. Le Chef de l’Etat et ses conseillers élyséens sait qu’après le 16 mars il lui faudra absolument gérer une période délicate selon le résultat. Il aura besoin de tous ses amis pour soit mettre le paquet en mai 2008, 40 ans après l’autre soit pour tenter de redresser un navire qui prendrait l’eau de toutes parts ! Les grands supports médiatiques nationaux traversent des moments difficiles : chute d’audience de TF1, remous dans les rédactions, baisse des auditeurs pour les radios à la botte, annonce de la fin de la publicité pour France Télévision… Nicolas Sarkozy et sa garde rapprochée élyséenne constatent que son omniprésence et plus encore ses exigences ont fini par agacer une part de la profession journalistique et qu’il faut donc revenir sur le concept initialement monté. On va maintenant tenter de maîtriser le réseau régional beaucoup plus distant et surtout plus hétérogène avec des pôles de résistance à la sarkomania. On est donc passé de la phase " parisienne " à la phase " régionale " de la prise de contrôle madiatique.
De tous temps il a ainsi existé une indépendance des rédactions décentralisées de France 3. Même si, dans ma " carrière " médiatique j’ai vu des directeurs régionaux extrêmement militants pour le pouvoir en place, je dois à la vérité d’écrire que j’ai aussi croisé et que je croise encore la route de professionnels intègres, soucieux de préserver leur indépendance dans une période où les pressions sont réelles. Il est certain que cette attitude ne peut être brisée par des mesures locales. Même si on peut interdire d’antenne des journalistes indociles ou placardiser celles et ceux qui pourraient résister il faut un programme global de reprise en mains. Alors l’Elysée prépare carrément le démantèlement intégral de France 3 ! Ni plus ni moins. On se débarrasse en bloc de tous les récalcitrants et on fait des heureux en les confiant aux grands patrons de la presse écrite régionale, tentés par l’absorption de concurrents qui leur font de l’ombre ou les privent d’une part des budgets publicitaires.
DEPECAGE DES STATIONS REGIONALES
Selon une information de MediaPart, l'Elysée et la presse quotidienne régionale seraient donc actuellement en discussion sur un " démantèlement " de France 3, avec l'attribution de ses décrochages régionaux à la PQR. Sur le site indépendant d'information d'Edwy Plenel, le schéma discuté à l'Elysée, deux semaines après l'annonce de la suppression de la publicité à France Télévisions, serait le suivant : France 2 resterait dans le giron public et la structure nationale de France 3 serait également conservée, sans publicité.
Mais ses décrochages régionaux -le rendez-vous de la mi-journée et la tranche 18 h 30-20 h 30- seraient confiés, avec leurs parts de publicité, à la presse quotidienne régionale grâce à la création de sociétés d'économie mixte, intégrant aussi les collectivités locales, notamment… les conseils régionaux. Ces derniers se retrouveraient piégés car ils ne pourraient pas refuser de mettre la main à la poche pour au minimum ne pas avoir de relations trop mauvaises avec les équipes constituées. Les télévisions locales actuelles (comme TV7 en Gironde) sont d’ailleurs entrées depuis quelques semaines en phase de " dégraissage " comme si leurs financeurs actuels avaient des informations sur leur non pérennité. On comprend maintenant pourquoi !
Le seul problème de ce processus c’est que les citoyens paieraient cette " privatisation " puisque les régions déjà peu riches seraient obligées de faire appel à l’impôt pour financer les sociétés créées ainsi que leur fonctionnement que l’on sait par avance déficitaire ! Ils acquitteraient donc deux fois leur droit à recevoir l’information sarkozyste pour la suite du mandat présidentiel.
Le Syndicat national des journalistes (SNJ) de France 3, dans un communiqué paru hier a pris très au sérieux cette annonce et il " demande à l'Elysée de faire instamment toute la lumière sur les négociations en cours et les enjeux qui en découlent pour l'avenir de la chaîne. En tout état de cause, ce schéma, s'il était retenu marquerait purement et simplement la fin de l'information sur France 3. La preuve s'il en fallait une que l'annonce présidentielle de la fin de la publicité sur les chaînes publiques n'est que l'arbre qui cache la forêt de la réduction à terme du périmètre audiovisuel ". Le SNJ pourtant habitué à côtoyer professionnellement les politiques faits semblant de ne pas connaître la réponse : " rien ne sera décidé avant les cantonales et les municipales ". Tout est faux et aucun projet n’est en préparation ! Croix de bois. Croix de fer !
LA PETITION DE FABIUS
Les chiffres du CSA, pourtant peu suspect d’anti-sarkozysme primaire, confirment pendant ce temps que la parole présidentielle a été et demeure omniprésente. La propagande est permanente sur TF1 et France 2. Et cela pose un vrai problème d'équilibre démocratique compte tenu de la place qu'ont pris les médias dans la vie publique. Il n'est pas normal que le président et ses conseillers ne soient pas comptabilisés dans le temps de parole. L'utilisation "berlusarkozyenne" des médias déséquilibre le système démocratique. Laurent Fabius, conscient des enjeux, a d’ailleurs pris l’initiative d’une pétition citoyenne qui a recueilli déjà plus de 15 000 signatures par internet. Il a posé le problème avant que l’irréparable intervienne. C'est donc important de mettre en avant une réalité en tant que telle car autrement on va à la fin de la démocratie telle que nous la connaissons.
Si, sur la question du temps de parole, la règle est changée, cela protègera les journalistes eux-mêmes contre les dérives. Car le président pratique un jeu pervers qui les oblige à le suivre comme lors d'une course cycliste. Et comme il a souvent plusieurs sujets imposés, ils n'ont pas le temps de les creuser tous, ils ne peuvent même plus suivre le feuilleton quotidien et se contentent d’en extraire les bonnes feuilles.
Nicolas Sarkozy procède donc par épisodes sur le terrain et il a donc besoin de télés régionales bienveillantes. On a eu " Sarkozy à l'usine ", " Sarkozy chez les pêcheurs ", " Sarkozy à l'Elysée ", " Sarkozy et les religions ", " Sarkozy dans les banlieues ", " Sarkozy et la délinquance ", " Sarkozy et les faits divers " : on aura bientôt " Sarkozy et France 3 rénovée ".
Il répète à satiété l'expression " politique de civilisation " mais fait tout pour pulvériser les références actuelles à celle qui a construit la République. Et cette répétition est censée imprimer les esprits pour couvrir les coups tordus à venir. En annonçant la fin de la publicité sur le service public de l'audiovisuel il a déjà fait beaucoup pour ses amis. Il n'y a qu'à observer comment l'action de TF1 s'est envolée après la conférence de presse élyséenne pour comprendre à qui profite le crime. On sait par avance à qui profitera le démantèlement de France 3 dans les prochains mois.
REACTION… ACTIONS
Les journalistes devraient se méfier car après avoir été flattés dans le sens du poil ils vont traverser des moments moins glorieux. Récemment ils auraient par exemple, dû apprécier à leurs juste valeur les propos de la " plume " sarkozyste. Il a en effet vivement mis en cause la façon dont les journalistes ont rendu compte des propos de Nicolas Sarkozy sur la religion à Rome et à Ryad, Henri Guaino l'a qualifiée " d'opération de désinformation " le vendredi 17 janvier sur i-Télé. Et croyez-le car en la matière c’est un spécialiste !
" C'est très facile de dénaturer, de tronquer le discours du président. Que ce soit le jeu dérisoire des opposants politiques (...) je peux comprendre mais que les journalistes se livrent à cette opération de désinformation comme celle qu'il y a eu d'ailleurs sur le discours de Dakar, je trouve ça un peu plus déplorable pour un sujet qui me paraît extrêmement important ", a déclaré le conseiller spécial du président de la République. Aussitôt il s’est mis au travail… en toute simplicité. Mise à genoux de France télévisions quelques jours plus tard, dépeçage de France 3, reprise en mains de la scène médiatique : les punitions ont été immédiates ! Mais aucune ne sera formulée avant les municipales et les cantonales. On se retrouvera plus tard pour un printemps qui sera probablement décisif pour la fin du mandat.
Le mois qui s’ouvre servira à accumuler les munitions. Elles serviront soit à passer à l’offensive soit à tenir le siège. Les bulletins de vote du 9 mars seront décisifs sur l’option à retenir. Hier, lors des deux législatives partielles de chartres et du Plessis Robinson (Hauts de Seine) il ne semble pas encore que le poids des mots et la réalité des faits aient véritablement pesé sur l’électorat en raison de cette indifférence qui envahit les esprits en une période où la désillusion a succédé aux certitudes de pacotille. Encore une fois les Allemands ont pourtant monté la voie en renvoyant les troupes Angela Merkel à la maison dans le land de Hesse. Le 16 mars au moment où se fermeront les bureaux de vote le sort de notre société actuelle sera scellé. Jamais peut-être une journée électorale aura été aussi " ordinaire "  mais aussi décisive pour l’avenir de la politique de civilisation.
Mais je déblogue…
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A
Entièrement d'accord avec toi : Fabius a été remarquable samedi soir chez Ruquier. Il a été très clair, très didactique, plein d'humour et de brio et j'ai apprécié son numéro de duettiste avec Lucchini. Entièrement d'accord avec toi aussi sur le devenir de l'information en France, et de l'information régionale en particulier.Il nous faut gagner à tout prix, et ici nous nous y employons! Alors, si tu es allé jusqu'au bout de l'émission, tu as pu voir que les socialistes niçois s'offrent  une très belle 4ème de liste, Sophie Duez, qui n'est pas "que" comédienne et qui ne veut à aucun prix être la "people" de la liste. Il faut bien reconnaître que "la people" d'Estrosi, notre adversaire, ne lui arrive pas à la cheville... puisqu'il s'agit de Denise Fabre!!!!Donne-nous encore plein de chroniques comme celles-ci.J'allais oublier : je transfère un certain nombre de tes chroniques -dont celle d'aujourd'hui-, à Sophie, qui apprécie beaucoup leur qualité et ton humour.Amitiés socialistes et niçoises,Annie
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