La société actuelle des apparences ne supporte pas les erreurs. On cherche par tous les moyens à les dissimuler grâce à des volte-face surprenantes, des embrouilles perverses, des arrangements permanents avec sa conscience. Plus que jamais la fidélité à un idéal paraît anachronique. Les élections municipales et cantonales sont en passe de confirmer cette mutation de l’alcool fort de la rivalité politique en "pipi de chat ". Je suis stupéfait de la manière dont se dissolve les appartenances à une mouvance ou à une autre. Ainsi les candidats de la majorité présidentielle oublient les logos du parti auquel ils appartiennent comme s’il fallait surtout apparaître comme inodore, incolore et surtout sans saveur. Il semble que le sigle Ump se porte comme une fleur de lys au fer rouge sur l’épaule d’une femme de petite vertu d’antan !
Mais pourquoi avoir honte d’être soutenu (e) par un parti aussi omniprésent ? Mais pourquoi faire semblant de se ranger dans cette catégorie des " apolitiques " qui seraient issus d’une " société civile " ayant tiré la vie politique vers les sables mouvants dangereux pour la démocratie. Le principal problème que rencontrent les élus actuellement c’est leur incapacité à assumer leurs choix. Ils sont terrorisés par les inévitables pressions des gens… ne partageant pas leurs convictions. Pour ma part je demeure persuadé que la sincérité transparaît dans le quotidien et que forcément elle génère d’inévitables désaccords. Il reste à chacun à assumer ses positions. Or ce n’est plus à la mode puisqu’il vaut mieux faire profil bas !
LA FORCE DU VOTE SANCTION
Mon ami Jean-Luc Mélenchon a ainsi appelé clairement et avec une vigueur aussi simple qu’efficace les électeurs à " sanctionner " Nicolas Sarkozy lors des municipales et des cantonales. " Je pense qu'il y a des tas de gens dont on s'est moqué, qu'on a roulé dans la farine, qui se sentent roulés comme jamais, qui vont prendre leur petit bulletin de vote et qui vont, en tenant compte naturellement des équipes locales, sanctionner. Et ceux-là, ils ont raison ", a déclaré le sénateur Mélenchon sur Canal+.
" Qu'est-ce que vous direz s'il se prend une raclée, Sarkozy? Il est en canard boiteux jusqu'à la fin de son mandat "
" C'est diabolique, cette manière de faire du président Sarkozy. Ils nous met des hommes de gauche en première ligne pour nous faire avaler la pastille de droite ",
DES OPPOSANTS CREDIBLES
A force de ménager la chèvre capitaliste et le chou salarié on en arrive à ce que les opposants identifiés sont celles et ceux qui sont en définitive les plus proches du gouvernement actuel sur certains points et dont les ex-amis ont rejoint le camp d’en face ! Ségolène Royal et le centriste François Bayrou apparaissent donc (si l’on a encore un brin de confiance dans le sondages) comme les opposants les plus… crédibles à Nicolas Sarkozy, mais 63% des Français ne pensent pas que le président du MoDem puisse être élu président de la République, selon un sondage Ifop pour Le Journal du dimanche.
François Bayrou est désigné par 25% des personnes interrogées comme l'opposant le plus crédible à Nicolas Sarkozy et 36% estiment qu'il pourrait être porté à l'Elysée.
Ségolène Royal est considérée comme l'opposante la plus crédible par 28 % des Français, selon l'enquête, devant Français Bayrou, le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë (18%) et le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) Olivier Besancenot (14%). Mais 13% des personnes interrogées ne voient en aucune de ces personnalités un opposant crédible au président… Dramatique puisque on ne voit émerger aucun des opposants crédibles non façonnés par les médias à celui qui démonte la France sociale ! Est-ce véritablement étonnant ? Est-ce véritablement un hasard ? Ce n’est que la confirmation de cette carence du débat qui ne peut plus être celui de " blanc bonnet " et " bonnet blanc " en une période où tout s’effondre. La France a besoin de convictions fortes et constructives.
A force de jouer à " je tiens, tu me tiens par la barbichette " entre la Droite et la Gauche on en arrive à ne plus savoir où se situe la réalité. Je comprends que la tentation soit grande d’apparaître comme un hybride asexué des deux camps ! On l’a compris au sein de l’Ump et on le fait sans le dire au modem ou parfois au PS.
Le bulletin de vote reste encore pourtant pour quelques temps encore l’arme individuelle la plus efficace pour remettre une société sur les rails. Elle ne peut pas pourtant être efficace si elle est à blanc ou si on se tire dans le pied !
UN TEMPS D’AVANCE
Olivier Besancenot et ses amis ont le mérite d’avoir compris que cette situation ne perdurerait pas. Elle ne sera pas totalement effacée par les municipales et les cantonales mais après quelques années de gouvernement Sarkozyste on finira par revenir aux fondamentaux. La Ligue Communiste Révolutionnaire anticipe donc habilement sur ce que sera la présidentielle de 2012. Elle a jeté les bases lors de son 17e Congrès, du nouveau parti anticapitaliste qu'elle entend construire, espérant occuper l'espace de la gauche radicale sans alliance avec d'autres forces. " Ce congrès est historique, pas pour la grande Histoire, mais pour notre histoire ", a lancé Olivier Besancenot à la tribune de ce congrès à la Plaine-Saint-Denis. Pour construire ce nouveau parti, censé devenir " incontournable dans la lutte des classes ", il propose de " gagner des milliers de militants " d'autres courants de gauche, beaucoup d'anonymes " qui n'ont aucune filiation ", mais sans appeler au sommet d'autres formations de gauche. Le parti Communiste a désormais du souci à se faire s’il ne veut pas terminer dans une cabine téléphonique !
" C'est une des décisions les plus importantes que notre courant a pu prendre depuis qu'il existe ",
Le leader historique n'a pas d'état d'âme devant la disparition projetée de sa formation : " à la différence des sectes, le parti, pour nous, est un outil qu'on adapte au but ". A l'inverse des pays européens, notamment l'Allemagne, où la gauche de la gauche s'est recomposée dans le cadre d'alliances, la LCR se lance sans autres partenaires, et " c'est un handicap ", on " peut le regretter ", reconnaît Krivine. " Mais nous avons tout tenté depuis longtemps, j'ai participé à toutes les tentatives unitaires possibles et imaginables et a n'a pas marché. Cette fois on part, il y a une attente ", dit-il. " Jamais la situation n'a été aussi favorable pour lancer un grand parti anticapitaliste" ajoute-t-il. Bien vu ! Le Congrès a adopté le calendrier et la méthode pour lancer le processus " irréversible " en vue de la nouvelle formation: un appel sera lancé pour la mise en place de " comités pour le nouveau parti ". En juin, une assemblée constituante fixera le programme, le statut, l'orientation de le nouvelle organisation dont le " congrès de fondation " est prévu fin 2008. Avec lui. Ses références seront " la lutte des classes ", " l'anticapitalisme ", le " changement révolutionnaire ". La LCR prend date… bien avant que le PS entame sa mutation. Elle fait le pari, selon moi, d’une dérive centriste des socialistes ce qui lui ouvrirait un boulevard idéologique qu’elle sera prête à exploiter.
Mais je déblogue…
a renchéri Alain Krivine, fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire il y a 40 ans, dans la foulée de mai 68. a-t-il ajouté. " Honnêtement, il faut l'arrêter cet homme, parce qu'il a quand même fait beaucoup de dégâts déjà ". Mais, " ce qui me fait de la peine ", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon, " c'est plutôt de voir tous ces gens de gauche qui n'ont pas de fidélité à eux-mêmes ". a-t-il expliqué, évoquant notamment le rapport de la commission Attali sur la croissance. " Si bien qu'on passe autant de temps à s'expliquer sur ce que font ces gens-là plutôt que sur le fond. Vraiment, je trouve ça minable, parce qu'il faut être fidèle à soi-même, il faut accepter d'être minoritaire ". Pour le sénateur socialiste, " le rôle de la démocratie c'est de continuer à développer ses idées, pas de se coucher comme un petit caniche ". C’est sincère, clair, efficace et surtout sans ambiguïté. Je bois du petit lait politique dans un contexte national qui ne va pourtant pas dans ce sens.