Le plan national de lutte 2008-2012 contre la maladie d'Alzheimer, a été enfin dévoilé par Nicolas Sarkozy, à Nice, histoire de donner un petit coup de pouce à son ami Estrosi en campagne dans l’une des villes les plus " a^égées " de France. Il prévoit le déblocage d'une enveloppe de 1,6 milliard d'euros sur cinq ans, dont 300 millions dès 2008, pour financer de nouvelles mesures telles que la création d'une " fondation de coopération scientifique " ou de " maisons pour l'autonomie et l'intégration de malades ".
Sur cette somme de 1,6 milliard d'euros, 1,4 milliard sera financé par le produit des franchises médicales entrées en vigueur au 1er janvier, a précisé l'Elysée. Les 200 millions restants seront pris en charge par l'Etat et consacrés au volet recherche du plan. En fait les malades vont payer pour les plus malades au nom d’une solidarité que l’on ne réclame surtout pas à celles et ceux qui dégagent des profits considérable. Il faut relativiser avec le montant de cette somme qui représente… 4 fois moins que les pertes de la Société générale. Il est vrai que dans cette banque les trous de mémoire doivent être nombreux et il faut effectuer des longues recherches pour trouver les responsables. Alzheimer aurait sûrement trouvé des malades potentiels.
Suite à la remise du rapport du professeur Joël Ménard début novembre, ce plan, d’ailleurs plusieurs fois reporté, comporte plusieurs mesures phares. Pour améliorer le diagnostic, un dispositif d'annonce et d'accompagnement sera mis en place et les consultations mémoire à forte activité renforcées. Pour mieux soigner les 860.000 malades déclarés, des " maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades d'Alzheimer " verront le jour sur tout le territoire avec des " coordonnateurs ", en plus d'un renforcement du soutien à domicile. Je vais vous livrer un scoop : nous sommes prêts dans un mois à accueillir à Créon la première maison dans cette entité visitée la semaine dernière et que nous avons maladroitement baptisée USSAD !
Un numéro de téléphone unique et un site Internet d'information et d'orientation seront mis en place. Une " fondation de coopération scientifique " permettra de " stimuler et coordonner " la recherche scientifique sur cette maladie neurodégénérative incurable. " C'est un engagement durable de l'Etat dans une lutte implacable que nous allons mener contre cette maladie. C'est un engagement personnel auquel je veillerai ", a promis le chef de l'Etat. Allez chiche il commence dès lundi en donnant au hameau de la Peloue nouvellement construit à Créon les 18 postes qui lui font défaut pour ouvrir ses 12 places permanentes et ses 12 places d’accueil de jour pour les démences séniles ! Il suffit que les autorités de tutelle acceptent de financer le prix de journée correspondant et que les postes liés au volet médical soient enfin pris en compte… par la sécurité sociale ! Remarquez qu’avec le trou de la Société générale on pourrait donner la gratuité absolue durant… 2000 ans à l’Etablissement d’Hébergement pour personnes âgées dépendantes de Créon et à ses 105 résidents. LOIN DU COMPTE
Les ministères ont procédé au chiffrage de chacune des mesures proposées par la commission, leur financement devant provenir des franchises médicales (850 millions d'euros par an), mises en place le 1er janvier sur les dépenses de santé, mais qui doivent aussi servir à la lutte contre le cancer et l'amélioration des soins palliatifs.
L'association France-Alzheimer a déjà à plusieurs reprises souligné qu'on " était loin du compte avec le montant des franchises ", selon le vice-président de l'association, Guy Lerochais.
L'Elysée a annoncé par ailleurs que Florence Lustman, inspecteur général des Finances, serait chargée de " piloter la mise en œuvre interministérielle du plan sur l'ensemble de ses volets " et d'évaluer ses résultats. Je vais donc très vite lui écrire ! Même s'ils affirment donc être plutôt satisfaits des mesures du plan Alzheimer 2008-2012, les gestionnaires de maisons de retraite s'inquiètent cependant de leur financement et de l'absence d'annonces de création de places.
L'AD-Pa (directeurs de maisons de retraite et services, publics et privés) et le Synerpa (maisons de retraite privées) saluent " l'engagement personnel " du chef de l'Etat dans ce domaine. C’est ce qui coûte le moins !
Pascal Champvert, président de l'AD-Pa, affirme cependant dans un communiqué qu'il " attendait des actions précises " sur le " manque de personnels, l'épuisement des familles, les coûts trop élevés des établissements. Les arbitrages financiers ne sont pas assez ambitieux ", dit-il, et " ne permettront pas d'améliorer suffisamment les conditions de vie des malades et de leurs proches ". Et ce d’autant qu’après 11 ans de démarches sort de terre un projet pilote on lui chipote des moyens d’ouvrir dans de bonnes conditions. Je parie que dans quelques mois, le plan Alzheimer va retomber sur les… conseils généraux car l’Etat n’aura pas les moyens de faire face à ses engagements.
Florence Arnaiz-Maumé, présidente du Synerpa, a déclaré à l'AFP que les 44 mesures du plan étaient " cohérentes " mais elle a fait remarquer " qu'en terme de création de places et de renforcement de personnel, l'ensemble des annonces correspondait exactement au Plan Solidarité Grand Age annoncé en 2006 ". Si c’est moi qui l’écrivait on m’accuserait encore d’être un mauvais Français défaitiste !
DU DEJA VU
Le plan " Solidarité grand âge "2007-2012 de Philippe Bas, alors ministre délégué aux personnes âgés, prévoyait déjà la création de… 2.500 places d'accueil de jour et 1.100 places d'hébergement temporaire tous les ans durant cinq ans. C'est sensiblement ce même nombre (2.125 places d'accueil de jour et 1.125 d'hébergement temporaire) que prévoit le plan Sarkozy pour l'année 2008. Il n’y a donc qu’un simple effet d’annonce mis en salade niçoise. Rien de nouveau sauf que dans les Jités ça fera plus d’effet sur l’électorat âgé que le mariage du siècle reporté… après les municipales et les cantonales !
L'accueil de jour et l'hébergement temporaire permettent aux familles de " souffler " quelques heures ou quelques jours. C’est prévu à Créon et nous avons même acheté l’autobus sécurisé pour effectuer le " massage " des gens concernés. Qui donnera l’argent pour acheter l’essence : les protégés par le bouclier fiscal, les détenteurs d’actions pétrolières ou les pauvres malades en phase terminale d’un cancer ?
En septembre 2004 déjà, le plan Alzheimer de Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la santé, avait fixé un objectif pour fin 2007 de 15.500 places d'accueil et d'hébergement temporaire, sur lesquels 7.000 seulement étaient créées dans les délais. Le plan ne prend pas en compte ce retard accumulé et donc on part avec un extraordinaire non dit. Florence Arnaiz-Maumé s'est donc également interrogé sur le financement. " L'apport des franchises médicales ne suffiront visiblement pas à financer les 1,6 milliard annoncés, où seront les financements manquants ", interroge-t-elle. On lui répondra après les échéances à venir. Ce qui permet à la candidate Ump aux cantonales dans mon canton de réclamer… 500 places supplémentaires d’EHPAD de manière démagogique puisque on ne même pas réalisé celles sui sont déjà programmées tellement l’Etat est ruiné !
LE COUP DE POUCE AU COPAIN
En fait on a résumé de la qualité du déplacement en se penchant sur cette dépêche d’AP. " C'est la République des camarades, on ne l'empêchera jamais", soupire Jacques Peyrat, sénateur-maire de Nice et candidat à un troisième mandat: venu présenter son plan Alzheimer, Nicolas Sarkozy a discrètement affiché son soutien à son secrétaire d'Etat à l'Outre-mer et ami Christian Estrosi, à moins de six semaines du premier tour des municipales.
C'est à quelques mètres l'un de l'autre que les deux rivaux ont arpenté avec le président les allées de la Villa Hélios, qui accueille 80 pensionnaires atteints de la maladie d'Alzheimer non loin de la baie des anges. Mais c'est Christian Estrosi, 52 ans, président du conseil général des Alpes-Maritimes, qui a obtenu les faveurs de Nicolas Sarkozy, qui l'a cité deux fois dans son discours.
De quoi agacer franchement le bouillant Jacques Peyrat, 76 ans, maire sortant en poste depuis 1995. Candidat à sa réélection, il a été suspendu de ce fait par l'UMP. " C'est normal, les copains, les camarades... C'est la République des camarades, on ne l'empêchera jamais ", a-t-il soupiré.
Voit-il dans cette visite présidentielle un soutien à son principal compétiteur? " C'est évident, ça crève les yeux. Je serais un idiot si je vous disais le contraire! ", a-t-il tempêté. Et ce transfuge du FN d'ajouter, pragmatique: " on ne peut pas nier que cela aura certainement un impact, c'est sûr. (...) Cela étant dit, toutes les armes sont bonnes quand on est en matière électorale ".
Une course aux faveurs présidentielles que Christian Estrosi, fidèle sarkozyste et ancien champion de moto surnommé " motodidacte " par ses adversaires, a feint d'ignorer: " Vous savez, quand on s'occupe des maladies d'Alzheimer comme le fait le département des Alpes-Maritimes, on oublie un peu les affaires politiciennes et électorales. Ce serait plus digne. ". On veut bien le croire ! J’espère que les Niçois n’auront pas cependant la mémoire courte !
Mais je déblogue…