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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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ENSEIGNEMENT : LA CUREE SE PREPARE

Dans les salles des profs ou les cours de récréation on trouve encore des supporteurs du Sarkozysme. Certes l’espèce est en voie de disparition mais elle tient bon au prétexte que la politique actuelle se révèlerait favorable à la promotion globale d’in métier qui doute. Il est vrai que par les temps qui courent il vaut mieux croire religieusement en l’avenir plutôt que d’oser faire confiance rationnellement en des idéaux réputés dépassés. La modernité s’accompagnerait de l’entrée dans les ordres monastiques de l’apolitisme salvateur. Tous pareils… tous pourris ! On chasse l’éléphant PS avec une férocité particulière, on traque le syndicaliste avec enthousiasme et on reçoit (si l’on est " chef ") une gratification paternaliste avec jubilation. Or il faudrait que soit affiché à la place des notes diverses distillées par une hiérarchie zélée les premiers propos présidentiels qui résument la vision républicaine que porte le gouvernement actuel et son mentor " just married ".
Une "bravitude" en Chine et les salles des profs bruissent de commentaires peu amènes. Les médias s’emballent pour une déclaration socialiste suspecte mais oublient véritablement de disséquer les propos présidentiels les plus dangereux. Aucune réaction réelle d’uns société anesthésiée ou assommée quand Nicolas Sarkozy sort la phrase suivante : "Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance" . C’était à l’occasion de son discours au Vatican, le 20 décembre dernier. Tous les enseignants de France auraient dû se lever indignés, révoltés, humiliés. Une grande pétition auraient été souhaitable et des milliers de lettres auraient dû partir pour l’Elysée sollicitant le retrait de ce jugement insultant pour une fonction essentielle dans notre société. On a défilé sans grande envie. On a fait grève sans passion. On est restés à la maison pour mettre le mouchoir sur ce qui n’aura même pas été une indignation particulière.
Voici pourtant qu’arrive le second acte de cette attaque en règle, de ce dépeçage qui se profile afin de rompre durablement les îlots de solidarité pouvant rester dans un corps de fonctionnaires passifs. L’attaque sur le fond n’ayant pas soulevé de tempête il faut vite se préparer la suite. Et, pour celles et ceux qui ont encore une analyse lucide du système Ump, on sait qu’elle passera par les conclusions d’une " commission ". En fait c’est l’astuce que les stratèges élyséens avaient envisagé : on créée une commission réputé ouverte à des opposants potentiellement fascinés par les honneurs, on la laisse phosphorer en lui intimant l’ordre d’inventer sans tenir compte des contingences matérielles, on accentue à la rédaction le contenu de ses conclusions de telle manière que le moins pire apparaisse comme plus avantageux que le pire annoncé ! Attali aura été l’archétype des complices de cette pratique qui commence à s’user avant même d’avoir servi. Comme tous les fayots qui suivent le chef, Xavier Darcos a du retard en la matière et donc il se hâte à boucler son projet de dégraissage du mammouth !
DE LA NITROGLYCERINE
Avant même qu'il ne soit achevé - il devrait être terminé en urgence ce week-end - on connaît donc les points forts du rapport dit " Pochard " sur le métier enseignant dont ons ait déjà qu’il ne vaut pas celui de curé, de pasteur ou d’imam. Sa teneur est très libérale : annualisation du temps de travail des enseignants, autonomie accrue des chefs d'établissements, évaluation de la performance des professeurs, incitation à la bivalence (enseignement de deux matières), primes en cas de présence accrue dans les classes, réforme des concours de recrutement. On va enfin donner du sens à une profession qui accepte d’être discréditée en permanence sur son manque de résultat, sur sa paresse incontestée, sur son incapacité à régler les problèmes sociaux, sur sa politisation outrancière, sur son refus de la modernité. Il ne reste plus pour la revaloriser qu’à la plonger dare- dare dans la religion du profit individuel, de la concurrence interne, de l’argent comme symbole de la réussite professionnelle. Autant de valeurs qui ont un sens dans un secteur où l’on sait bien que le culte du résultat ne repose pas sur un constat matériel mais sur l’impalpable motivation des élèves.
Une " provocation ", selon le SNES, principal syndicat enseignant. " Les préoccupations des membres de la commission nous ont semblé très gestionnaires, regrette Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU. Rocard est mal à l'aise, ce livre vert est un brûlot qui va à l'encontre des attentes de la profession ". L'ancien Premier ministre aurait-il prétexté une " trahison " journalistique pour ne pas cautionner un document politiquement incorrect vu du PS ? " Ce livre vert, c'est de la nitroglycérine, il nécessitait un plan de communication très délicat, confie un observateur. Aujourd'hui, vu le climat politique, avec Sarkozy qui baisse dans les sondages, certains préfèreraient l'enterrer. Personne n'a envie de se mettre les enseignants à dos, c'est un classique dans ce pays… Dommage, il y a des propositions intéressantes. " La version définitive du livre vert sera présentée officiellement à la presse lundi matin. Selon le calendrier initial, un livre blanc est attendu pour le printemps… après les élections et probablement avant la période des examens de telle manière que les remous soient limités.
LE MERITE EXISTE DEJA
Ce rapport dont la dangerosité a effrayé en définitive ce pauvre Rocard n’apporte absolument rien de nouveau sur le fond. Par exemple la notion de mérite est déjà reconnue et qu’elle entraîne des conséquences sur la rémunération. Exemple le fait d’obtenir une promotion à un grade plus élevé, cela ne se fait pas au même rythme selon les notes obtenues lors des inspections. Exemple le fait de se voir confier une mission – professeur principal par exemple – qui entraîne une rémunération supplémentaire – en principe on confie ce genre de responsabilités à un professeur qui a des qualités particulières. Exemple devenir conseiller pédagogique repose sur une examen interne. Exemple accéder aux fonctions de chef d’établissement repose sur un concours. Il existe des promotions a dites " au choix " au mi-choix " qui font déjà gagner des mois sur les changements d’échelon. En fait ce n’est pas le mérite qui servira de repère mais… le flicage quotidien basé sur la gueule du " client " ! Partout, à tous les niveaux dans l’enseignement le mérite reste le seul moyen de promotion ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres corps.
A cette réalité que bien évidemment le grand public ne connaît pas car il vit sur des affirmations brossières et des approximations entretenues par… le Ministre lui-même ! On pourrait aussi ajouter à ce " mérite " d’autres formes de récompenses : les enseignants en ZEP perçoivent une indemnité qui, implicitement, marque le mérite qu’il y a à travailler avec certains publics. Mais aussi les professeurs des prestigieuses classes préparatoires qui sont payés… 50% de plus par heure de cours, façon cette fois de reconnaître le mérite lié à l’excellence académique. Vous a-t-on dit que les professeurs sont inspectés et notés par les chefs d’établissements qui donnent ce qu’on appelle une note administrative. Là-dessus la commission est nette : elle rappelle la dimension fictive de cette notation puisque tout le monde quasiment obtient la même note. Il faut savoir que quand un chef d’établissement fait varier cette note au-delà d’un seuil minime, l’ordinateur refuse de prendre en compte… la note et il faut établir un rapport. Une démarche longue et complexe, et ce que la variation se fasse à la hausse ou à la baisse ! C’est la dure réalité d’un Ministère qui dissimule l’échec de sa politique en la transférant sur les personnels dont il a la responsabilité. Cette commission n’est qu’une machine à transformer les enseignants en curés du libéralisme et surtout à finir par achever la démolition du service public laïque d’éducation pour le marchandiser !
DES PROCEDURES DISCUTABLES
Il faudrait que les professeurs se réveillent et expliquent partout qu’ils sont notés et rémunérés de manière différenciée, en fonction de leur " mérite " , même si ça n’est pas dit en ces termes… Où est le problème : est-ce juste une affaire de mots ? Oui c’est une affaire de mots, ils ont donc leur importance. Mais c’est aussi une affaire presque culturelle. Pour l’instant, l’évaluation du travail pédagogique est quasi inexistante – il y a d’ailleurs peu de professions où on ne vous jauge qu’une heure tous les trois ans ou tous les sept ans, et encore pour vous mettre la même évaluation qu’au voisin. Imaginez donc dans ce contexte l’effet d’une " mauvaise " note, même si ce n’est qu’un quart de point manquant, ça prend des proportions humiliantes !
Mais en fait, quand vous discutez avec les enseignants, tous sont capables de vous dire que tel ou tel, dans leur établissement, est " bon " ou " mauvais " mais peu croient qu’il existe des procédures d’évaluations équitables, justes, fiables ; ils renvoient vite à l’arbitraire de celui qui évalue, au jugement personnel qui peut vous déglinguer en une heure.
J’ai souvenir de l’instituteur de Sadirac farouche adepte de la pédagogie Freinet qu’un inspecteur zélé avait plongé dans le dépression en jugeant ses méthodes absurdes et en lui collant une note totalement surréaliste. C’était avant la publication des instructions officielles sur feu les classes de transition qui prônaient cette pédagogie. Le même inspecteur était revenu deux ans plus tard, celui à qui je dois beaucoup, pour lui tripler sa note en louant son mérite… Cette fois il avait la conscience tranquille : il respectait les instructions officielles. Minable ! Le même homme dont je garde un souvenir particulier puisque c’est lui qui des années plus tard m’ accordait par vengeance un 11 à mon CAP d’instituteur en novembre 1967 en me disant " vous méritez mieux mais on ne peut pas débuter trop haut ! ". La médiocrité se mérite au moins autant que la perfection.
Mais je déblogue…
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E
@ JP<br /> Je n'ai pas bien compris, tu n'as pas encore trouvé de sytème ?<br /> <br /> "Le pire c'est lorsqu'il n'y a pas d'évaluation, ce qui selon moi incite à la médiocrité!" : JP, seuls les médiocres ont besoin d'une carotte pour avancer, ou peut-être les ânes aussi ! ;-)
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R
@Eric"je te mets au défi de trouver un système "juste" de notation au mérite pour un enseignants !" Il n'y à pas de système de notation juste dans l'absolu ni chez les enseignants, ni ailleurs, mais il y a des systèmes de notation partout! Ils indiquent et évaluent la valeur d'un individu en fonction de ce qui est attendu!Le pire c'est lorsqu'il n'y a pas d'évaluation, ce qui selon moi incite à la médiocrité!Le rapport Pochard est à lire, même s'il est long, mais je prendrais le temps, idem pour celui d'Attali!En pages 6 et 7 (version du 25 janvier)(…)Ils vivent très intensément leur appartenance au service public de l’éducation et ils croient en ce service. Mais ils se résignent à ce que le « mouvement » se fasse sans respecter le principe fondamental du service public qui veut que celui-ci soit d’égale qualité sur tout le territoire public. Ils revendiquent une reconnaissance de leur mérite. Mais ils ne trouvent jamais assez de garantie d’impartialité dans les moyens destinés à apprécier ce mérite au point de lui préférer une forme d’égalitarisme subsidiaire vite démotivant. En tout cela, les enseignants ne sont pas fondamentalement différents de nombreux autres fonctionnaires ; s’y ajoute toutefois une méfiance, qui existe beaucoup moins ailleurs, vis-à-vis de l’autorité de proximité. La commission n’en a pas conclu qu’elle se trouvait devant des attentes ou des conceptions si contradictoires qu’elles interdisaient sinon toute conciliation, du moins la détermination d’axes de changement susceptibles de recueillir un assentiment véritable.(…)A méditer!
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E
@ JP<br /> Et sinon, je te mets au défi de trouver un système "juste" de notation au mérite pour un enseignants !
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E
@ JP<br /> Je n'ai pas besoin de le prouver, je le constate tous les jours, il suffit de s'intéresser aux autres pour s'en rendre compte ! D'ailleurs toi, ta motivation est bien ailleurs que dans l'argent, car sinon tu ne ferais pas tout ce que tu fais pour un salaire aussi médiocre que le tiens ! Tu es donc un bon prof... ;-)
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R
@Eric"Ceux qui prônent la notation au mérite sont ceux qui ont un peu de mal à trouver la motivation ailleurs que dans l’argent ! Ils se sont trompés de métier ! Ce sont de “mauvais” profs !"Je suis partisan de la notation en fonction du mérite (le mérite de chacun: prof, élève… doit-être reconnu) et je te mets au défi de prouver ce que tu affirme concernant les "mauvais" profs!
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