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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA DURE TELE REALITE

La télé publique est bien malade. Elle a été victime d’un effet d’annonce totalement irréfléchi d’un Président qui dégaine plus vite que son ombre. Il a fait un effet bœuf dans l’audiovisuel en voulant une fois encore imiter la grenouille de la fable. Et encore une fois il va être obligé de se dégonfler devant la éralité. Terrible pour la démocratie et surtout sur le fonctionnement d’un pays qui marche à la godille sans avoir exactement où il va. La vérité d’un jour n’est plus celle de la semaine suivante.
Une réunion doit avoir lieu demains matin à l'Elysée sur l'audiovisuel extérieur public. Le nom du président de la nouvelle holding coiffant les chaînes TV5Monde, France 24 et Radio France Internationale doit être discuté lors de la rencontre. Bien évidemment quand il s’agit de nommer un pote quelque part on est sur le pont mais en fait les difficultés sont bel et bien ailleurs.
La réunion entre le président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel doit permettre d'examiner la " suite du rapport " sur l'audiovisuel extérieur et " la question de la gouvernance " du nouvel ensemble, selon ces sources.
Le rapport de Georges-Marc Benamou, conseiller de poids du président pour l'audiovisuel et la
culture, remis en novembre, préconise la création d'une holding qui pourrait s'appeler " FranceMonde " et coifferait TV5 Monde, France 24 et RFI, les trois entités gardant leur marque propre.
Un proche du président avait indiqué mardi qu'il était "possible" que le président de cette holding soit nommé vendredi. Des noms circulent, comme celui de Pierre Louette, Pdg de l'Agence France-Presse (AFP), Emmanuel Hoog, qui dirige l'Institut national de l'audiovisuel (Ina), et celui d'Alain de Pouzilhac, à la tête de France 24.
Pierre Louette, interrogé, a répété " ne pas souhaiter quitter l'AFP" donc il faudra considérer que s’il part ce sera à l’insu de son plein gré et qu’il faut se faire du souci pour l’agence distillant la quasi totalité de l’information en France. L’enjeu de la promotion forcée est de taille dans le contexte actuel.
Cette nomination arrive au plus mauvais moment. Dans un communiqué, publié aujourd’hui, l'intersyndicale de l'audiovisuel public a par ailleurs demandé la création " immédiate " d'une commission parlementaire pour étudier les solutions de financement pérenne du secteur sans la publicité, " à commencer " par la hausse de la redevance. Tiens donc le coup manqué pour les petites retraités reviendrait sur le tapis alors qu’on nous assure qu’après les élections aucune taxe, aucune redevance, aucun cotisation augmentera !
SARKOZY ET PERSONNE D’AUTRE
Les syndicats réitèrent également leur demande de rendez-vous au président Nicolas Sarkozy " pour obtenir la garantie du maintien du service public dans toutes ses missions et composantes actuelles ", au lendemain d'une " mobilisation exemplaire des salariés de l'audiovisuel public qui ont massivement suivi l’appel à la grève car ils ont bien conscience que leur emploi ne veut plus cher.
" L'intersyndicale demande la création immédiate d'une commission parlementaire pour étudier toutes les solutions de financement pérenne à commencer par l'augmentation de la redevance ", ajoute-t-elle.
Elle s'est également félicité que la grève de 24 heures qui a eu lieu mercredi à France Télévisions, Radio France, RFI et TV5Monde a rassemblé " le quart des personnels " qui sont montés à Paris pour manifester. Ce n’est pas le genre de la maison. La manifestation parisienne, entre la place de l'Alma et le rond-point des Champs-Elysées, via l'avenue Montaigne, a rassemblé près de 4.000 personnes. S’il y avait parmi eux des " charognards " ils ont dû se défouler et attendre avec impatience les échéances électorales qui arrivent.
Le ministère de la Culture et de la Communication a, par ailleurs, indiqué qu'il était ouvert à une discussion pour rappeler toutes les garanties concernant notamment la " pérennité du service public, de son financement " et le " maintien de son périmètre ". Personne ne peut le croire. Personne ne veut le croire puisque la vérité ne sort que de la bouche du bateleur présidentiel. Or lui ne se fait pas de soucis pour ces broutilles financières.
Les syndicats ont donc, refusé une entrevue avec la ministre Christine Albanel. Ils exigent d'être reçus part …Nicolas Sarkozy, qui a annoncé début janvier la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public. " Mme Albanel avait bousculé son agenda pour nous recevoir mais on a refusé, car on estime que " a déclaré Jean-François Téaldi, un des porte-parole de l'intersyndicale. Il se croit à al télé ce pauvre gars : jamais le Président acceptera de les recevoir alors qu’il devrait se déjuger. Il va créer une commission sur " le financement du service public d’audiovisuel " avec quelques grands noms du petit écran, présidé par un socialiste compatissant et ravi de passer au journal de France 2. A moins qu’il choisisse de jouer la montre et qu’il attende un remaniement ministériel pour imposer Cavada !
TAXIS PLUS PUISSANTS QUE LES JOURNALISTES
" Une telle manifestation n'avait pas eu lieu depuis la casse de l'ORTF en 1974. C'était inattendu, même pour nous. 25% du personnel a fait grève. Une preuve que l'inquiétude du personnel est réelle et sa volonté d'en découdre aussi. La mobilisation d'hier marque aussi le soutien clair à l'intersyndicale. Elle laisse augurer de bonnes perspectives pour la suite de la bagarre jusqu'en juin, mois où sera discuté le projet de loi devant le Parlement. Nous avons des propositions concrètes à proposer au gouvernement. Si Nicolas Sarkozy a reçu les chauffeurs de taxis, il peut bien nous recevoir. Nous étions aussi nombreux qu'eux à manifester. Seulement nous ne bloquions pas la circulation. S'il faut en arriver là pour qu'il nous entende, nous n'hésiterons pas "
CE SERA INSUFFISANT
L’enjeu n’est pas mince car il faut trouver… 1,2 milliards d'euros à l'année pour financer l'audiovisuel public, soit 4 fois moins que le trou de la Société Générale. Nicolas Sarkozy a lâché des pistes non réalistes comme une taxe sur la téléphonie (vive le pouvoir d’achat) et la taxe sur les recettes publicitaires des chaînes privées (vous les paierez sur les produits en rayons). Même si ces solutions peu réalistes aboutissent tout le monde reconnaît que le problème ne sera pas totalement résolu avec ces mesures.
Christine Albanel a dit récemment que Bercy travaillait depuis des mois à cette réforme alors que quelques temps plus tôt, elle avait affirmé… ne pas être au courant. Il existe un vrai problème d'incohérence. Dramatique pour la République car c’est l’illustration parfaite des dégâts du pouvoir personnel. Les syndicats l’ont compris : " Si nous n'obtenons pas de réponse à notre demande d'entretien avec Nicolas Sarkozy, s'il ne s'exprime pas, ou que la cacophonie entre la ministre de la Culture et la communication de l'Elysée perdure, alors l'intersyndicale verra ce qu'il est nécessaire d'envisager ". Ils vont être entendus mais sûrement pas écoutés : les promesses faites à la presse régionale ou à TF1, Canal +, M6 et bien d’autres attendront encore un peu. Ce ne sont tout de même pas des " charognards " de France 3, de France bleue ou de France Inter qui vont faire céder la loi du profit maximum pour les uns et la disette budgétaire pour les autres !
" Lancer une telle bombe sans étude préalable et sans solutions de compensation crédibles, c'est extrêmement grave ",
Mais je déblogue…
a déclaré Marc Chauvelot, autre porte-parole de l’intersyndicale. Si ce sont les gens de la " télé réalité " qui le disent on peut les croire car eux, depuis des années quand ils parlent des revendications des autres il les traitent avec autant de motivation… leurs ténors pourraient aller jusqu’à ne plus parler de Nicolas Sarkozy dans les Jités. Allez on peut rêver ! explique le Président de l’intersyndicale. On attend en effet toujours des solutions de financement panachées et pérennes comme le développement de partenariats et de parrainages et… l'augmentation de la redevance. Il faut que des garanties soient apportées toutes les missions du service public. Et qu'une station comme RFI ou une chaîne comme TV5 ne disparaissent pas. Mais on approche des élections et il n’est aps question de programmé la moindre augmentation de quoi que ce soit. En juin il sera temps de taper dans le porte monnaie.
On commence d’ailleurs à modifier les affirmations présidentielles avec la contre annonce que RFO conserverait… sa publicité car il n'existe pas d'autres offres alternatives de diffusion de publicité aux DOM-TOM. Il n’y aura plus de pub mais le développement des parrainages et la diffusion de la publicité institutionnelle, comme de grandes campagnes par exemple. C’est à dire que l’on ne verrait pas la différence avec seulement le fait que ce serait les Ministères qui… accorderaient ou refuseraient ces budgets à des chaînes sous perfusion ! Le peu d’indépendance qui reste disparaîtrait sous la pression des chargés de com’ de ces institutions.
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