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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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FAUX ET USAGE PUBLIC DE FAUX

Hier je vous ai présenté un entretien non imaginaire avec Victor Hugo. Un moyen, comme un autre d’appeler l’Histoire à les rescousse pour expliciter un contexte présent extrêmement préoccupant. Ce recours au passé constitue depuis des mois une tactique fondatrice du Sarkozysme. Il sait que pour une catégorie sociale (les plus de soixante ans) les références à des événements ou des personnalités appartenant à leur parcours ou au moins à leurs connaissances historiques de la communale ou du collège suffisent à labelliser une proposition présidentielle. C’est le coup de l’escroc qui présente toujours des listes impressionnantes de personnes dignes de confiance mais avec lesquelles il n’a pas grand chose à voir. 
C’est ainsi que nous avons eu droit à la lettre de Guy Mocquet sortie de la poussière de l’oubli pour devenir le symbole de l’ouverture vers une Gauche convaincue et courageuse. La récupération provoque inévitablement son cortège de protestation mais peu importe car elle confine les autres au rang de sectaires toujours prêts à critiquer des positions généreuses. Il semble que l’entourage du Chef de l’Etat s’appuie volontiers sur cette période de l’histoire de la France qui offre beaucoup d’avantages sur le plan politique. Elle rappelle en effet qu’il fut une période où face aux idéaux nazis venus de l’extérieur une poignée de courageux a su se dresser, sans se soucier du danger encouru, pour défendre la liberté. Ce front commun, émanation d’un sentiment républicain sacré, mérite sans cesse d’être remis en avant afin de stigmatiser celles et ceux qui s’élèveraient contre. 
On a donc assisté à une sorte de dénonciation véhémente de l’attitude des personnalités s’opposant, en raison de principes qualifiés de dépassés, à l’utilisation à des fins politiciennes d’un écrit n’ayant rien à voir avec les concepts défendus par la majorité actuelle. Mais peu importe l’essentiel c’est de mettre l’adversaire mal à l’aise pour critiquer ce qui paraît être une décision louable. Guy Mocquet aura été au cœur de la vie française, à l’insu de son plein gré, durant des semaines. Il a même été convoqué par Laporte pour être le seizième homme d’une équipe de rugby devant se sacrifier. Grotesque mais déjà oublié !
Durant la campagne des présidentielles Nicolas Sarkozy avait convié aux festins du libéralisme Jean Jaurés, François Mitterrand, Pierre Mendés-France ou De Gaulle. Il les a, depuis, renvoyés dans le dictionnaire des citations car ils ne lui servent à rien. Par contre il va encore chercher avec le parrainage des enfants de la Shoah une nouveauté venue de la dernière guerre mondiale. Sans se soucier véritablement des conséquences concrètes de sa proposition il récupère à son profit l’émotion légitime d’événements le plus souvent ignorés par des enfants n’ayant pas encore la maturité pour prendre du recul par rapport aux événements les plus douloureux. Il sait fort bien que la même initiative prise en sixième aurait provoqué un tollé puisque… l’histoire est devenue une matière très subalterne dans les programmes scolaires des collèges. Et, avec les mesures drastiques en préparation sur les postes d’enseignants elle est même extrêmement menacée. Car c’est là que réside l’astuce : renvoyer la responsabilité d’un échec de sa proposition sur ces profs d’école jugés laïcards attardés par le maître des mémoires et surtout comme inférieurs en matière d’élévation des consciences aux religieux. Il a adopté la technique de la référence aux mânes des ancêtres, une vision tribale assez intéressante de la vie sociale d’un pays dit civilisé.
CELA A DE PLUS NAUSEABOND
Bien évidemment il a fait des émules car il faut aussitôt imiter le maître pour être considéré comme un bon disciple. On vient d’en avoir une preuve honteuse avec la saillie de Roger Karoutchi, sarkozyste militant, par ailleurs ministre en charge des relations avec les représentants du peuple. Il a cru bon de prendre la défense du soldat Sarkozy malmené dans les sondages en utilisant un nouvel élément des pires périodes de l'histoire française. Tant lorsqu'il s'agit de dénoncer les agissements supposés de la presse que ceux des politiques (la pétition des 17 personnalités contre les " dérives de pouvoir personnel ") on n’hésite pas à aller puiser ses sources dans la période d’avant la seconde guerre mondiale.
Lors d'une réunion politique le brillant historien qu’est Roger Karoutchi a comparé l'attitude des journalistes d'aujourd'hui à ceux de la " presse des années 30 ". Se référant au SMS de Sarkozy à Cécilia, publié sur le site du Nouvel Observateur, et plus largement au " déballage médiatique " de ces " journalistes qui passent derrière vous dans les chambres ", il a dit : " On a l'impression d'un vent de folie qui respire les années 30 avec ce que cela a de plus nauséabond ".
Devant une assistance sans aucun réaction, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement n’a pas hésité à assimiler les " attaques " contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay " mi juif, mi protestant " cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. " Cela a contribué au fait qu'il soit assassiné ", a-t-il même tenu à préciser. On se pince pour croire qu’un Ministre de la République puisse être aussi outrancier face à ce qui ne sauraient être que des révélations de secrets d’alcôves présidentielles ;
Dans son élan, Roger Karoutchi s’en est ensuite pris à la pétition dans laquelle 17 personnalités dénoncent les " dérives de pouvoir personnel " du président de la République. " Il y a des types qui n'ont toujours pas accepté que Sarkozy gagne les élections. C'est du déni de démocratie "…et " du fascisme rampant ". Rien que ça ! Il aurait même pu y ajouter un soupçon de stalinisme déguisé ou un " pinochétisme " triomphant. Il a oublié de préciser ce qu’avait été Jean Zay comme ci tous les Français en avaient une idée exacte.
UNE FILLE REVOLTEE
La fille de Jean Zay, née en 1940, a vite réagi mais bien évidemment ses positions ont été oubliées par tous ces monsieur " je sais-tout " des grands médias. Peu d’éditorialiste on relevé cette nouvelle outrance verbale d’un proche de l’Elysée. Elle a déclaré : "  je n’ai connu mon père que dans la prison de Riom où l’avait jeté le régime de Vichy jusqu’à son assassinat par des miliciens en 1944. Un journaliste du Nouvel Observateur nous apprend que Roger Karoutchi "n’a pas hésité à assimiler les 'attaques' contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay 'mi juif mi protestant' "cible de la presse d’extrême-droite sous le gouvernement de Vichy."
Et M. Karoutchi aurait même ajouté : "Ceci a contribué au fait qu’il soit assassiné." Je ne peux taire mon écœurement devant cette assimilation entre, d’un côté, les mises en cause du comportement politique de M. Sarkozy et, de l’autre, les attaques antisémites et les appels au meurtre dont Jean Zay fut la cible dès les années 30 et qui, se poursuivant sous Vichy alors qu’il était emprisonné, le désignèrent aux coups de ses assassins. Que M. Karoutchi s’abandonne à un total confusionnisme politique et historique, c’est son affaire, et chacun pourra en penser ce qu’il voudra. Mais je refuse à ce Monsieur le droit d’instrumentaliser l’histoire tragique et la mémoire de mon père ".
Il s’agit bel et bien d’instrumentalisation de la vie d’un homme qui a bel et bien été assassiné par des gens ayant la même analyse de l’immigration que certains autres ministres. Mais lui ce ne fut pas par des écrits ou des paroles mais par les balles des Miliciens, " bons " Français s’il en était !
Comparer la situation de Nicolas Sarkozy quia aurait adressé un SMS à son ex-épouse et qui est attaqué sur sa " gouvernance " à visage découvert par ses opposants démocratiques c’est effectuer une récupération honteuse. Et comme en plus M. Karoutchi a participé à l’écriture d’un livre sur celui qui fut un laïque républicain on ne peut même pas l’accuser d’ignorer la réalité de la vie de celui qui fut une homme exemplaire engagé dès ses études secondaires aux Jeunesses laïques et républicaines, puis, à sa majorité au Parti radical. Il fréquentait les cercles républicains, devient membre de la Ligue des Droits de l’Homme et responsable de la Ligue de l’Enseignement avant d’être initié dans une loge maçonnique.
A 27 ans, il est élu plus jeune député radical socialiste du Loiret. On est loin des réalités actuelle. très loin.
ASSASSINE PAR DES MILICIENS
En 1936, Albert Sarraut le nomme sous-secrétaire d’Etat à la présidence du conseil. Quelques mois plus tard, il est réélu et devient, à 32 ans, membre du gouvernement du Front Populaire dont il deviendra le mythique Ministre d’une Education qui était encore nationale. Il le restera sous les divers gouvernements qui se succèdent jusqu'à sa démission du 2 septembre 1939 pour rejoindre l'armée combattante. Il estimait qu'il devait accompagner l'effort de sa classe d'âge. Il passa du Ministère à la IV° armée française !
Répondant à une convocation, il quitte son régiment pour assister à une session parlementaire, à Bordeaux où est débattue la question d'un transfert du gouvernement en Afrique du Nord. Jean Zay part avec sa femme. Arrivés à Casablanca, les passagers sont arrêtés deux mois après et quatre d'entre eux sont traduits devant un tribunal pour désertion en présence de l'ennemi. Renvoyé en métropole, il est interné à Clermont Ferrand. Dénoncé comme Juif, franc-maçon, antimunichois, antihitlérien et… ministre du Front Populaire, Jean Zay subit pendant des mois une violente campagne de presse orchestrée par Philppe Henriot, ministre de l'Information du gouvernement de Vichy, réclamant la condamnation à mort du " Juif Jean Zay ". Il est finalement condamné par le tribunal militaire permanent de la 13e division militaire, siégeant à Clermont-Ferrand, à la déportation à vie et à la dégradation militaire ;
Le 20 juin 1944 des miliciens viennent le chercher dans la prison de Riom d’où la Résistance aurait pu le faire évader mais il l’avait refusé.Ils lui laissent entendre ensuite qu'ils sont des résistants déguisés qui ont pour mission de lui faire rejoindre le maquis, et l'assassinent dans un bois, près d'une carrière abandonnée, au lieu-dit Les Malavaux, à Molles dans l'Allier. Ses tueurs le déshabillent, lui ôtent son alliance, jettent la dépouille dans un puits et y lancent quelques grenades de manière à ce qu'il ne puisse pas être identifié.
Un SMS vaut-il ce nouveau viol de mémoire ? Un appel à la vigilance démocratique justifie-t-il que l’on exhume les restes déchiquetés de Jean Zay ? Vers quelle République allons nous ? Celle de Jean Zay ou celle de Roger Karoutchi ? J’ai ma réponse et je la donnerai le 9 mars dans les urnes !
Mais je déblogue…
 
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E
@ Marc<br /> Le courage ? Pourquoi parles-tu de courage ? Quel est le danger ?
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M
Il faut avoir le courage de dénoncer les journalistes charognards, comme l'a fait Rama Yade et comme le fait Karoutchi....Ils sont peu nombreux à oser le faire, qu'ils en soient d'autant plus remerciés et félicités.
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J
Cher Monsieur DARMIAN,avez vous pensé à faire parvenir l'article de votre blog imaginant un entretien entre la presse et Victor Hugo à la rédaction de Marianne ?Et de manière plus générale (puisque je suis abonné à votre blog depuis pas mal de temps) sont ils informés de vos  billets quotidiens; il serait intéressant, à mon avis, que vous soyiez en relation. Nous enfonçant jour après jour dans une crise aigüe et mondiale qui débouchera, selon moi, sur un nouveau conflit militarisé (je le crains),  il me semble important que les énergies se rassemblent, celles des hommes de "bonne volonté", comme Romain Rolland en son temps.Cordialement,Jean-Louis Lourau
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M
Les charognards de l'histoire sont à la manoeuvre. Rien n'est trop outrancier, rien n'est tabou pour ceux qui pratiquent, à l'instar du premier d'entre eux, le confusionnisme et la mise en scène, à leur profit, des points marquants de notre histoire.Vous avez sûrement vu, hier soir, sur France 2, le trés beau "docu-fiction" consacré à la résistance, rendant hommage avec rigueur et honnêteté à ceux qui, pendant la 2è guerre mondiale, ont su, chacun avec ses moyens, se révolter et ne pas accepter l'inacceptable. J'ai eu une pensée émue pour mon grand-père résistant et déporté à Buchevald où il passera 3 ans et dont il reviendra marqué à vie par ce qu'il avait vécu et vu.Quel rapport en effet avec les "persécutions" dont souffre notre président médiatisé?Un peu de pudeur, messieurs de l'UMP!
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