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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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L'INFLATION REVIENT AU GALOP

Il devait être le Président du pouvoir d’achat. On a au moins une certitude : il est devenu le Président de l’inflation ! En définitive ce serait une satisfaction si le travail était rémunéré au minimum sur la même base. Or l’écart se creuse à une allure vertigineuse et va faire plonger une bonne part des ménages dans une situation progressivement dangereuse. La marge des disponibilités en fin de mois se rétrécit alors que le prix de l’énergie ne cesse de grimper.
La France, dont le niveau d'inflation a longtemps été inférieur à celui de la zone euro, a ainsi effectué un rattrapage entièrement dû à la poussée des prix des produits alimentaires et de l'énergie, qui ont encore augmenté de respectivement + 1,4% et + 0,8% en janvier sur un mois. Ce constat va à l’encontre d’absolument toutes les déclarations gouvernementales et plus encore à l’encontre de toutes les perspectives budgétaires pour 2008 en matière de croissance et donc de sortie des sables mouvants économiques où s’enlise la France.
Les prix des produits manufacturés ont en revanche baissé de 1,5% et ceux de l'habillement et chaussures de 7,4%.
Les économistes sont partagés quant à savoir si l'inflation élevée empêchera la Banque centrale européenne de baisser ses taux mais tous s'accordent à y voir une mauvaise nouvelle de plus pour l'économie française, alors que le Fonds monétaire international a réduit mercredi sa prévision de croissance à 1,5% pour 2008, contre 1,9% en 2007, et que la Commission européenne vient de ramener la sienne à 1,7%. Rappelons que le budget 2008 de la France est fondé sur une hypothèse de croissance de 2,25 %.
On peut donc écrire dès aujourd’hui qu’aucune des prévisions et des annonces effectuées ne seront respectées. La crédibilité du politique va s’en trouver mise en cause et une crise profonde risque de s’installer dans un système démocratique décrédibilisé.
L’augmentation accélérée de l’inflation, conjuguée à des facteurs politiques (échéances électorales prochaines), contribue au recul du moral des ménages qui lui-même peut modifier des paramètres, en faveur, par exemple, du recours au crédit. D'autre part, l'augmentation de l'inflation diminue arithmétiquement la progression du pouvoir d'achat ce qui, en retour, devrait tirer vers le bas la consommation, phénomène déjà observé au quatrième trimestre et qui devrait se trouver confirmé au premier trimestre 2008.
Cette dégradation est quasiment historique dans un contexte mondial préoccupant avec en ligne de mire le résultat des élections américaines pouvant conduire vers le pouvoir le redoutable Mc Caïn. L’incertitude sur ce point va incontestablement peser sur les cours des matières premières en raison des déclarations agressives du candidat républicain que personne ne range dans le camp des colombes.
DES OBEJECTIFS IRREALISTES
En attendant avec 2,8% sur un an, l'inflation est au plus haut depuis mai 1992 en France. Les prix de l'énergie ont augmenté de… 12,3% en variation annuelle et ceux de l'alimentation de… 4,2%. Tous les discours gouvernementaux ne changeront rien à cette réalité ! L'inflation alimentaire, la plus perceptible dans le caddie de la ménagère, est à un record depuis mars 2002. Si sur le pétrole on peut imaginer un effet temporaire, sur l'agroalimentaire pour l'instant on n'en voit pas. Or c'est une vraie problématique dans toutes les questions tournant autour des négociations salariales car la hausse des prix des produits alimentaires, le consommateur lambda le voit tous les jours. On peut lui raconter ce que l’on veut il regarde simplement le montant de sa note en sortant des caisses du supermarché ou de la station service attenante.
La poussée des prix des matières premières agricoles et les nouveaux records du pétrole - à plus de 100 dollars pour le brut léger américain mercredi - entretiennent l'incertitude sur la décrue annoncée de l'inflation dans les prochains mois, même si un effet de base favorable devrait faire reculer les prix de l'énergie à partir de février. Ce n’est qu’une hypothèse car la réalité risque bien d’être différente ! Les prévisions deviennent en effet extrêmement aléatoires et relèvent d’interprétations géopolitiques complexes.
La Banque centrale européenne, qui a un objectif en dessous de 2 % pour l'inflation dans la zone euro sera d'autant plus sensible que l'accord salarial intervenu mercredi dans la sidérurgie allemande risque d'attiser ses craintes : voir les salaires accompagner la hausse des prix. Le syndicat IG Metall a obtenu pour 85.000 sidérurgistes de l'ouest de l'Allemagne une revalorisation salariale de 5,2%, sans précédent depuis 16 ans, qui pourrait bien faire tache d'huile dans d'autres secteurs du pays après des années d'austérité… Il est certain qu’en France on est encore loin d’une telle progression mais divers mouvements sociaux dans le privé représentent un léger frémissement. L’exemple allemand pourrait donner des idées à de syndicats qui vont entrer dans la campagne des élections prud’homales
DES AUGMENTATIONS INDISCUTABLES
Les inquiétudes sur la croissance sont devenues plus importantes ces derniers mois, mais compte tenu du niveau d'inflation et du fait qu'il devrait rester élevé pendant une bonne partie de 2008. Il se confirme en effet que l'inflation n'est pas due à un excès de demande par rapport à l'offre, mais à un choc lié aux tensions internationales sur les prix alimentaires et énergétiques. Et cette situation n’est réellement maîtrisée par personne.
La seule vérité repose sur les tickets de caisse que les Leclerc, Carrefour, Auchan et autres car ils ne peuvent plus mentir. Ils abreuvent les consommateurs de coupons de réduction et nous matraquer de publicité pour leurs promos à tout casser mais font valser les étiquettes dans tous les rayons sans véritable concurrence sur le fond mais uniquement sur des " coups ponctuels ". Pas vu, pas pris. D’un jour à l’autre les prix augmentent.
Le Nouvel observateur s’était procuré, fin 2007, un listing retraçant l'évolution des prix, dans un hyper, de plus de 250 produits de grandes marques parmi les plus vendus dans les grandes surfaces. tout flambe ! Les steaks hachés (+ 42%), les coquillettes (+ 32%), les filets de maquereau (+ 35%), l'eau de Volvic (+ 26%)... En trois ans, la hausse moyenne de ce "superchariot" s'établit à + 11,5%, une valse des étiquettes deux fois supérieure au taux d'inflation calculé par l'Insee pour la période. Plus spectaculaire encore : depuis 2000 (passage à l'euro !) , le grand panier du " Nouvel Obs " s'est renchéri, en moyenne, de … 29%. C’est cela la réalité ! Et cela ne devrait pas s'arranger : invoquant - non sans raison - la flambée du cours de l'énergie et des matières premières, la plupart des grands groupes agroalimentaires ont présenté cet automne des tarifs rehaussés de 8% qui se traduiront, si rien ne change, par une nouvelle flambée des étiquettes avant le printemps ! La période est parfaite pour augmenter les marges et contenter les actionnaires.
LES MARGES TRAFIQUEES
Ce relevé des prix pourra inspirer Nicolas Sarkozy, qui a réclamé fin novembre "un indice du pouvoir d'achat qui corresponde enfin à h vie quotidienne des Français, pour qu'ils aient le sentiment qu'on ne se moque pas d'eux". Président autoproclamé du " pouvoir d'achat ", il veut jouer les pompiers. " Nous allons entamer une discussion avec la grande distribution pour obtenir la baisse des prix dans les grandes surfaces ", promettait-il mais rien n’a changé : le système est à bout de souffle, obsolète car la concentration a, de fait, tué la concurrence. Depuis 1996, la loi Galland conçue pour protéger l'industrie des appétits de la grande distribution établit un seuil de revente à perte : pas question de vendre un produit au-dessous du tarif proposé par son fabricant. Seulement voilà : privées de négociation sur le prix d'achat de la marchandise (la " marge avant ") , les centrales d'achats se rattrapent en facturant des " coopérations commerciales ". Ces services (mises en avant des produits, impressions de catalogues, campagnes de promos...) facturés au prix fort ont constitué les fameuses et faramineuses " marges arrière " que la loi Galland et son seuil de revente à perte interdisent de répercuter sur les prix à la consommation ! Nul besoin d'être grand clerc pour comprendre que ce mécanisme a alimenté une spirale inflationniste.
Devant les exigences des centrales d'achats surpuissantes - Leclerc-Système U, Carrefour, Intermarché, Auchan et Casino se partagent en définitive 85% du marché -, les industriels n'ont guère eu d'autre issue que d'augmenter sans cesse leur prix à la sortie des usines. On le paye dans le chariot et ce n’est pas encore fini si l’on n’imagine pas un autre système beaucoup plus concurrentiel. 
Mais les actionnaires de tous bords en voudront-ils ? comme la France n’est devenue qu’une vaste " entreprise " dont les actionnaires sarkozystes se partagent les marchés on aura bien du mal à revenir sur des alternatives qui existent pourtant : développement de la vente directe dans des structures collectives à dynamiser, régulation des produits de première nécessité par encadrement des marges réalisables…La loi du marché ne pourra jamais réguler ses propres perversions. En fait plus les jours passent et plus se profile un plan d’austérité estival qui ne résistera pas aux démentis actuels provisoires.
Mais je déblogue
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