L’Ump aux abois n’est pas en reste. C’est un florilège d’insultes en tous genres qui fleurissent au sommet de l’état. " Charognards " pour qualifier les journalistes cités à comparaître devant l’opinion publique par Rama Yade ! Selon l’hebdomadaire " L’Express ", le chef de l’état a tenu à féliciter la secrétaire d’état aux droits de l’homme après sa déclaration sur les " journalistes charognards. " Rama Yade peut donc continuer à dire n’importe quoi : plus elle en fait, plus Sarkozy adore. Après avoir traité les journalistes de " charognards ", accusé la gauche de la " détester parce qu’elle était noire ", elle va pouvoir tranquillement continuer ses provocations sous l’œil approbateur de Nicolas Sarkozy. Elle a donc donné le signal : allons y gaiement dans l’outrance. Plus c’est d’ailleurs énorme et plus ça à des chances d’être entendu. Alors la plus fine mouche de l’Ump a aussitôt emboîté le pas.
HITLER CITE A COMPARAITRE
Nadine Morano, porte-parole de l'UMP, a accusé, hier, le Parti socialiste de " se ranger du côté des assassins ", à la suite des déclarations de ses ténors (et notamment de Robert Badinter) qui ont condamné la saisine par Nicolas Sarkozy du président de la Cour de cassation sur la rétention de sûreté. " Je laisse le soin aux Français de juger le Parti Socialiste qui se met clairement du côté des assassins et oublie toutes les victimes. C'est irresponsable de jouer avec la sécurité des Français ", a-t-elle dit. Ce n’est pas si involontaire qu’on le croît car il y a eu aussi les déclarations sur le même sujet de l’un de ses collègues Ump Georges Fenech qui, comme l’explique le Canard, avait notamment cité le " dispositif allemand ", et explicité : " La mesure de 'détention sûreté' a été introduite dans le Code pénal allemand en 1933, sous la République de Weimar ". Ce gars là à ses références… historiques et il est certainement un pur produit des meilleurs écoles. Il a juste oublié un détail comme aurait dit Le Pen qui, s’il avait tenu le même discours aurait été médiatiquement laminé !
Devant l'Assemblée, Elisabeth Guigou (PS), ancienne garde des Sceaux, avait condamné cette " philosophie positiviste qui a conduit aux pires débordements en Allemagne ". Que n’avait-elle dit alors qu’il se s’agissait que d’un constat. Cette déclaration avait en effet soulevé un tollé à droite. Rachida Dati s'était même dite " profondément choquée ". Pour une fois elle avait raison d’être chqouée par les propos de Fenech.
Le Canard explique que ce texte si ressemblant avec le dispositif français et d’ailleurs présenté comme exemplaire a été signée… du chancelier du Reich de l'époque : Adolf Hitler ! La première mouture de la loi allemande, qui, depuis, a été modifiée à plusieurs reprises, régissait la " rétention de sûreté " après la fin de la peine " si la sécurité publique l'exige ". Cherchez qui a parlé plus vite que son ombre d’extrême droite ?
Devant une assistance imperturbable, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement n’avait pas hésité à assimiler les " attaques " contre Nicolas Sarkozy à celles subies par Jean Zay " mi juif, mi protestant " (sic) cible de la presse d'extrême-droite sous le gouvernement de Vichy. " Cela a contribué au fait qu'il soit assassiné ", avait-il même tenu à préciser. Dans son élan, Roger Karoutchi s’en est ensuite pris à la pétition dans laquelle 17 personnalités dénoncent les " dérives de pouvoir personnel " du président de la République. " Il y a des types qui n'ont toujours pas accepté que Sarkozy gagne les élections. C'est du déni de démocratie "…et " du fascisme rampant ". Mais de qui parlait-il ?
LA STASI ET LE TOCARD
Pierre Lellouche, candidat dans le VIIIe arrondissement à Paris, y a été aussi de son assaut totalement absurde quand il a accusé la gauche de chercher à éviter les questions de fond… " Je suis frappé de voir que le débat politique est dominé par des méthodes qui relèvent de la Stasi, des micros cachés, des caméras cachés ", a regretté le député sur i-télé et France Info. Il a dénoncé " une gauche qui n'a rien à dire aux Français sauf à se raccrocher aux petites phrases. On se raccroche là-dessus et on fait autant de procès de Moscou que nécessaire un jour contre Françoise de Panafieu, un autre jour contre Rama Yade, un troisième jour contre quelqu'un d'autre, et pendant ce temps-là on ne parle pas du fond ", a-t-il ajouté. Il est certain que Lellouche, sait de quoi il cause à propos de la Stasi car les méthodes utilisées dans, par exemple l’affaire Clearstream ne relève bien évidemment pas des pratiques des barbouzes d’antan… Le tout est de savoir qui dirige la manœuvre sur ce dossier comme sur bien d’autres. La Stasi. Rien que ça !
La banalisation des injures va finir par tuer le débat démocratique.
D’ailleurs c’est l’avis de Mme de Panafieu qui a traité son rival, inaccessible pour elle, de " tocard ". Elle a pourtant fait donc un mea culpa, un peu spécial : "C'est une insulte, 'tocard' ?", demande-t-elle innocemment au journaliste de LCI. "Ca va là, ça suffit, on est trop murés, (...) 'tocard', c'est sympa !", affirme-t-elle. "'Cette salope', ça vous avait choqué?", lui a demandé le journaliste, évoquant l'insulte dite par Patrick Devedjan (UMP) à l'encontre de Anne-Marie Comparini (alors à l'UDF). "Oui, c'est grossier, il ne faut pas aller jusqu'à la grossièreté". "Mais 'tocard', c'est sympa", persiste Françoise de Panafieu. Le journaliste tente alors de lui faire prononcer des excuses: "Surtout que vous savez qu'il ne l'est pas..." Mais c'est raté. "Je m'en fous, surtout", répond Françoise de Panafieu.
C’est vraiment con mais je ne pas du tout envie de croiser ces gens là sur ma route. Le débat politique mériterait autre chose que ce florilège de… personnes sectaires qui se débattent face à une opinion publique qui ne se fie qu’aux grandes gueules des plateaux télévisés pour juger de leur avenir.
Mais je déblogue…