La rigueur n'existe pas. Il y a bien qu'un seul lecteur sarkozyste idolâtre de ces chroniques pour le croire. C'est en fait comme je l'ai expliqué antérieurement un faux plan qui consiste à sabrer dans les dépenses sans se préoccuper des recettes. L'Etat est en redressement judiciaire avec obligation de licenciement du maximum de personnel. Du moins c'est ce qu n'importa quel tribunal honnête imposerait aux dirigeants actuels si, comme le veulent les libéraux, une collectivité nationale doits e gérer comme... une entreprise. L'Etat est en cessation de paiement ,avec un bilan truqué par omission, des dettes qu'il n'est plus en mesure d'assumer, des recettes qu'il a volontairement asséchées, des ventes (balance commerciale) en chute libre et donc selon le principe sacro-saint du libéralisme il lui faut taper dans la masse salariale pour tenter de sauver les meubles.
Je serai fonctionnaire dont le poste est supprimé j'entamerai donc un recours pour « licenciement économique » et surtout je réclamerai un « plan social ». Il est vrai que les promesses présidentielles dans le domaine social valent pipette. Les métallos de Gandrange viennent de se réveiller. Leur sort illustre un virage très net dans la politqiue gouvernementale : on n'a plus les moyens de faire du social, laissons s'installer la loi de la jungle économique, on comptera les morts dans un ou deux ans , avant une autre échéance électorale !
On se souvient du déplacement, qui a été aussi spectaculaire que volontariste du président Sarkozy, sur ce site que le numéro 1 mondial de l'acier prévoit de fermer partiellement. Promesse avait alors été donnée aux sidérurgistes qu'ils ne resteraient pas en rade et que l'Etat prendrait, s'il le fallait, cette unité de production sous son ombrelle. Cette promesse ne sera pas tenue : les 575 licenciements prévus sur les 1.108 salariés seront appliqués, et l'aciérie fermera ses portes comme annoncé par Mittal... Les élections sont passées et elles se ont mal passée donc inutile de sauver des emplois qui coûteraient à l'Etat et que nous ne pouvons plus maintenir financièrement et économiquement. Le signe est fort et tout le monde la boucle !
Lund prochain, la procédure liée au plan social et aux obligations de revitalisation économique du site sera engagée. Une trentaine de millions pour des actions de formation, de développement et d'investissement seront mobilisés pour ces programmes. Seul véritable lot de consolation, 124 emplois industriels, encore non définis précisément, devraient être créés sur ce site. Et encore tout le monde se demande bien où vont être créés ces emplois et surtout dans quel but ! Le sort de l'aciérie de Gandrange semble donc scellé. En est-il de même pour toute la sidérurgie de la vallée.
ON NE VEND QUE DES PROMESSES
On évoque l'implantation par Powéo d'une centrale électrique ainsi que le combiné, celle d'un centre de recherche et de développement dans l'acier. Et puis, plus hypothétique, bien sûr, un centre de captation et de stockage des émissions de gaz carbonique. Mais c'est vrai que le choc sera rude car, au-delà des 575 emplois supprimés, il y a aussi près de 700 emplois de sous-traitance qui vont disparaître. Le tout verrait le jour (jamais le conditionnel n'a été aussi adapté) dans... 2 ou 3 ans ! Le gouvernement français vend des promesses mais est incapable de freiner seulement le réel ! Il n'a aucun poids face à une multinationale qui pique les subventions avant les élections puis licencie comme bon lui semble quand il a pressuré le citron ! Socialement la recette se rénouvelle sans cesse mais personne n'a encore décidé de trouver une solution contraignante pour y mettre fin !
Tout simplement parce que les incantations distillées lors des visites présidentielles n'ont jamais fait plier le réel. Derrière le volontarisme des discours, il n'y avait ni plan ni solution de reprise crédible : c'est cela la réalité !
Arcelor-Mittal ne veut plus de cette aciérie électrique qui perd 36 millions d'euros par an, et qui exige 45 millions pour être remise sur pieds. Mais il ne veut pas non plus de concurrent sur place. Comme les industriels ont, eux, des stratégies bien définies et de la suite dans les idées, il n'a, évidemment, jamais été question que l'industriel indien cède aux injonctions élyséennes. Il n'en a rien à faire sachant fort bien que le libéralisme intégral prôné par le gouvernement le met à l'abri de toutes représailles. Mittal sait que la nationalisation de usines qui perdent de l'argent n'a jamais été à l'ordre du jour. Il suffit donc de les mettre volontairement dans le rouge pour s'en débarrasser et éliminer un site concurrent de ceux que l'on bâtit en douce ailleurs !
Mittal a tout simplement montré sa puissance mondiale dans cette affaire. Seul l'émir de Barein ami de notre président qui paye les rançons de la France aurait pu sauver le site Je pense qu'il va même poursuivre son avantage en agitant le spectre d'une fin de cycle, vers 2012, pour les hauts fourneaux voisins de Florange. Arcelor-Mittal pose d'ailleurs, d'ores et déjà, les conditions de leur pérennité : obtenir des droits à polluer au meilleur coût, c'est-à-dire subventionné par le contribuable français, comme il vient de le faire avec succès en Belgique. Pour le reste... c'est l'affaire des Françaises et des Français qui préfèrent les toilettes de Carla aux bleus de travail de leurs métallos.
AUSSI INDISPENSABLE QUE LE PAQUET FISCAL
Mais le ton monte dans d'autres secteurs réputés « non rentables ». Un désastre social s'annonce sans tambours ni trompettes de ma renommée sarkozyste. Le président de la République a durci le ton à Cahors, sur les politiques sociales, en partie responsables selon lui du déficit et de la dette. Il a prévenu que le RSA, âprement défendu par Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives, serait « calibré » en fonction des finances de l'Etat. Autant annoncer franchement qu'il ne sera pas mis en œuvre car il n'y aura pas un sou vaillant pour le financer. « Les dépenses sociales sont indispensables pour notre pays, mais si le poids des prélèvements obligatoires est tel que les emplois se délocalisent, ça crée des chômeurs en plus et ça fait exploser les dépenses sociales », a fait valoir le chef de l'Etat. Comment peut-on avec un tel aplomb expliquer que l'on a fait un cadeau fiscal de 15 milliards d'euros aux plus riches et tenter ensuite de faire admettre que l'on n'a pas les moyens de soutenir les plus faibles ? Personne ne pourrait le faire mais Sarkozy le fait !
Quatre jours après avoir présenté la deuxième étape de sa politique de la modernisation des politiques publiques, destinée à réduire les dépenses de l'Etat, Nicolas Sarkozy est venu dans le Lot, unique département à expérimenter, depuis un an environ, une nouvelle organisation de son administration, pour y prononcer un discours sur la réforme de l'administration territoriale de l'Etat. Cette visite était destinée à annoncer que les politiques sociales ne peuvent, selon lui, « continuer ainsi à alimenter le déficit et la dette » car enfin il reconnaît comme ancien Ministre de l'Economie que la France emprunte pour son fonctionnement et pas pour ses investissements. « Transmettre à nos enfants la facture de nos dépenses de santé et de retraite, via la dette, alors même que la population française vieillit est profondément immoral. Nous reviendrons à l'équilibre de nos régimes sociaux, là encore par la réforme », a-t-il promis, lors de son discours prononcé devant quelque 500 fonctionnaires du Lot. Selon lui, « il ne peut pas y avoir une société dans laquelle il y a des droits sans contrepartie de devoirs ». Chiche : je lui propose un axiome simple : j'ai le droit de faire des profits mais j'ai aussi le devoir de contribuer à la vie collective.
PAS UN KOPEK DISPONIBLE
Nicolas Sarkozy est longuement revenu sur le sujet du revenu de solidarité active (RSA), actuellement en préparation et raison pour laquelle Martin Hirsch, ancien président d'Emmaus France classé à gauche, avait accepté d'entrer au gouvernement. Il va découvrir qu'il y a un virage qui vient d'être pris et que l'ouverture n'a plus aucun sens ! En effet il y a une différence entre le RSA est « une idée extrêmement intéressante », a-t-il affirmé mais « il faut le calibrer en fonction des disponibilités financières qui sont les nôtres », a-t-il dit. Je traduis : on n'a pas les moyens de nos ambitions donc à va chercher à les faire payer par d'autres. Et là vous allez voir que le rapport Atalli qui suggérait la disparition... des conseils généraux ne sera plus d'actualité !
Le RSA comme la fusion des minima sociaux « sont des engagements que j'ai pris et que je tiendrai. Ce ne sont pas les plus faciles, ce n'est pas pour ça qu'il ne faut pas les faire » a-t-il assuré avec la même aisance que quand il parlait du... pouvoir d'achat ! Voici la recette : on explique que le RSA est meilleur que le RMI car il met les fainéants au travail précaire et donc on explique que le financement doit continuer à en être assuré par
Le RSA garantit à un allocataire de minimum social une augmentation de ses revenus lorsqu'il trouve un emploi. La vérité ne tardera pas à venir : les départements vont trinquer car on leur promettra une compensation sur la base d'une évaluation théorique et ensuite... ils règleront la différence ! Martin Hirsch veut en effet généraliser son « bébé » social en 2009, ce qui coûterait entre 2 et 3 milliards d'euros... que le gouvernement n'a pas puisqu'il lui faut sabrer 10 à 12 millions d'euros Mais Le Figaro affirme, de source gouvernementale, que le coût du RSA « devra tourner autour de 1 milliard d'euros ». Qui paiera la différence ?
Ce sera « un RSA un peu différent de celui imaginé par Martin Hirsch », selon cette source, car « Matignon veut le calibrer et le reconfigurer et exclut qu'il soit pérenne, c'est-à-dire qu'il puisse être versé à quelqu'un ad vitam aeternam ». Pressentant les difficultés auxquelles il pourrait se heurter pour imposer son idée phare, Martin Hirsch a de son côté affirmé, également le 8 avril, dans "le Pélerin" qu'il ne voulait pas d'un RSA « au rabais », tout en convenant qu'il n'avait pas reçu l'assurance d'avoir le budget souhaité. Une armée de lâches dont il est un supplétif complaisant.
Mais je déblogue...