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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LA CULTURE EN JACHERE

Dans le fond il arrive que l'on puisse douter de la nécessité de revendiquer une augmentation du budget de la culture dans notre pays. Et si les responsables politiques actuels avaient un tant soit peu raison en taillant dans des dépenses qui n'ont que peu d'effets sur l'évolution de notre société ? Quand on constate le comportements des supporteurs dans les stades on constate que nous avons singulièrement manqué le coté sportif. Si elle est épuisée économiquement la France est sinistrée culturellement sans que, dans le fond, des manifestations populaires mettent en évidence cette faiblesse criante. Mieux on n'a pas que l'impression que tout le monde s'en moque ! En fait on trouve de multiples explications pour justifier ce renoncement collectif à l'élévation de l'esprit. Les coupes drastiques qui vont être opérées dans les budgets n'épargneront pas celui, véritablement considéré comme subalterne de Mme Albanel.
Quelques gros projets de construction ou d'aménagement, pourtant annoncés vont se volatiliser. C'est le cas du Centre de création dévolu à l'art contemporain, qui doit voit le jour sur l'île Seguin, à Boulogne-Bilancourt, et de l'aménagement des espaces en friche au Palais de Tokyo, à Paris, qui devrait accueillir des "artistes français confirmés".
"On ne pourra probablement pas faire les deux (en 2008). On a mis un minimum de crédit pour maintenir les équipes", explique-t-on au ministère de la culture. Service minimal aussi au Musem, le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, à Marseille (2 millions d'euros de crédits de paiement). Deux projets semblent en revanche assurés d'un soutien politique : le Centre national des archives de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis), qui va "bénéficier de la création de 60 postes", et le futur auditorium de La Villette que Nicolas Sarkozy "souhaite voir aboutir", a précisé la ministre. "En dehors des deux grands projets de Pierrefitte-sur-Seine et de La Villette, j'ai veillé à ce que le budget laisse ouverts tous les choix, et permette de prendre le temps de la réflexion", a confirmé Mme Albanel, en ajoutant que les "décisions définitives" seraient prises fin janvier 2008.
Les Monuments historiques enregistrent une "consolidation" de leurs moyens à hauteur de 304 millions d'euros, loin des... 350 millions réclamés par le Parlement. A l'intérieur de cette somme, les monuments appartenant aux collectivités locales et aux propriétaires privés obtiennent un coup de pouce, avec 20 millions d'euros de plus que l'an passé.
L'enveloppe allouée au spectacle vivant était attendue, à la suite des « obligations de résultat », demandées au secteur par M. Sarkozy. Elle reste stable à 640 millions d'euros. « Le secteur n'est pas exonéré d'effort, mais il n'est pas sacrifié », traduit-on Rue de Valois. Les scènes subventionnées en région bénéficieront d'un petit coup de pouce : une augmentation de 1 % de leurs crédits, « ciblés prioritairement sur les investissements ». Car ces institutions "n'ont pas forcément aussi aisément accès que les opérateurs nationaux à de nouvelles ressources propres", a justifié Mme Albanel. La ministre a par ailleurs confirmé le lancement d'une « réflexion sur la création » afin que les aides « soient mieux structurées, moins fragmentées ». Elle a aussi rappelé sa volonté d'"optimiser l'allocation des moyens". Je ne vois vraiment pas pourquoi elle se tracasse car il lui suffit de regarder le niveau culturel actuel. Tenez voici un exemple de ce qui nous attend.
LA METHODE PARFAITE
Sous l'œil de sa co-présentatrice d'un soir, Liane Foly, et d'un jury de professionnels composé de Véronique Genest, de Nikos Aliagas et de Christine Bravo, l'émission « Qui sera le meilleur sosie ? » a reçu vendredi soir une candidate au titre de « meilleur sosie de Pamela Anderson ». Vous imaginez le niveau intellectuel de cette télévision ! Elle ne coûte pas cher et surtout rapporte gros à ceux qui la possède. Comment aller réclamer de l'argent pour faire vivre un cinéma de proximité, une bibliothèque, une école de musique, un atelier de pratiques artistiques ?
Eliminée, la jeune femme qui concourait pour ce fabuleux titre de « meilleur sosie de Pamela Anderson » a abattu sa dernière carte : elle n'a pas hésité à enlever le haut de son maillot de bain rouge, dévoilant une imposante poitrine, signe irréfutable de sa ressemblance avec la star d'Alerte à Malibu. « Bye bye » était inscrit sur les seins de la jeune femme. Effet du direct ou pas, la poitrine de Pamela Anderson a entraîné une très belle performance pour l'émission qui a permis à TF1 de se hisser très largement en tête des audiences avec... 6,97 millions de téléspectateurs. Les parts de marché ont atteint... 33,7 % et 35,8 % sur les fameuses ménagères de moins de cinquante ans.
Avouez que la recette est simple. Elle a même débordé sur la gouvernance actuelle. Inutile de vous faire un dessin ou de joindre une photo à cette chronique.
Selon un sondage CSA réalisé pour Le Parisien paru dimanche, une très large majorité des personnes interrogées trouve Carla Bruni-Sarkozy élégante (92%), moderne (89%), sympathique (73%). Mais 64% jugent pourtant qu'elle ne contribuera pas à améliorer l'image qu'ils ont de Nicolas Sarkozy. Celle qui a épousé le chef de l'Etat le 2 février dernier a réussi à séduire les Français même si seulement 43% pensent qu'elle représente bien la France à l'étranger, très loin derrière les 81% recueillis par Bernadette Chirac mais devant les 36% de Cécilia Sarkozy. Sur les 1000 personnes interrogées, 60% pensent que Carla Bruni-Sarkozy va moderniser l'image de la France à l'étranger, 47% qu'elle contribuera à la promotion de la culture française. Laquelle ? Celle du Ministère ayant en charge ce secteur de la vie sociale ou celle portée par les meilleurs amis de son époux ? Elle connaît la chanson mais la base culturelle moderne qui reflète l'état d'un pays a toujours été son cinéma.
FINANCEMENTS MANQUANTS
A l'initiative de la réalisatrice Pascale Ferran, un groupe de treize professionnels du cinéma (tous métiers confondus : réalisateurs, scénaristes, producteurs) a rendu un rapport qui propose de rénover un système de financement public jugé inadapté. Entre films à gros budget formatés pour le prime time et le cinéma d'auteur qui rencontre des difficultés, existent des films au financement intermédiaire, qui témoignent d'une ambition artistique déterminée mais peinent à exister. L'enjeu est de maintenir est de développer une diversité caractéristique de l'exception culturelle française. Les mesures d'accompagnement ne viennent plus en aide aux films qui en ont le plus besoin. Dysfonctionnements structurels, dispositions obsolètes, financements ridicules, malversations parfois, ainsi que l'évolution du marché et la position dominante de certains acteurs du secteurs comme les diffuseurs TV, ont fini par handicaper un système dont chacun souhaite cependant la pérennité. Piloté par le Centre national de la cinématographie (CNC), ce système d'aides conçu après... 1945 pour instaurer une « solidarité entre les films » ne fait plus aujourd'hui qu'accentuer la violence des lois du marché et la bipolarisation de la production.
Après avoir constaté une baisse de qualité de la production française ainsi que sa bipolarisations (films riches et films pauvres), il décrit un monde professionnel qui, en dépit d'encadrements législatifs protecteurs, a perdu ses repères. Pas moins de 228 films ont été produits en France en 2007, dont 185 qui sont majoritairement des productions d'initiative française et 43 des coproductions incluant des capitaux étrangers. Ces films ne représentent pourtant que 44,7% du marché du cinéma en 2006. Les films américains représentent 44,2%, les films européens 9%, et ceux des autres pays 2,2%. Signalons que les chiffres liés à l'évolution des budgets traduisent bien une fracture budgétaire : 24 films avaient un budget de plus de 10 millions d'euros en 2006, contre 6 en 1996. Entre 4 et 7 millions : 19 films en 2006 contre 40 en 2000. Moins de 2 millions : 63 en 2006 contre 39 en 1996.
En fait il suffirait de faire des films avec des sosies qui enlèvent le haut pour faire descendre le niveau culturel plus bas. Ils coûteraient moins cher et plus encore ils seraient vus par des millions de spectateurs ce qui réconforterait tout le monde. D'ailleurs il serait cofinancé par TF1 !
Mais je déblogue...
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C
Prenez le temps, si vous le pouvez, de lire le dossier "crise de tête" sur http://www.uzeste.org/a/index.php/UzesteMusical-UUPPPC/CriseDeTete<br /> Vous y trouverez les propos du président du conseil général, ceux d'élus et fonctionnaires du département de la Gironde... et ceux d'artistes, d'élus, d'historiens, de sociologues, de juristes qui depuis des années travaillent le sujet. Vous constaterez que l'association Uzeste Musical a été censurée pour avoir "osé" critiquer la politique départementale. Vous y constaterez que les "Scènes d'été" que vous considérez (localement) comme un modèle de politique culturelle sont le résultat de pratiques obsolètes. En discuter, c'est au minimum travailler la citoyenneté, et pourquoi pas, être capable d'inventer des modèles plus pertinents. Je suis à votre disposition. AC
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E
@ chiaradiaC'est pour ça que j'ai un peu de mal à comprendre la phrase suivante : "le département de la Gironde est loin d'être un exemple en matière de politique culturelle".
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C
"Il me semble que les compétences du CG en matière de culture sont assez limitées..."<br /> <br /> Ce n'est pas une raison pour ne pas en débattre, d'autant que dans son discours du 20 mars 2008 le président du Conseil général déclarait : "Nous somme fiers, et à juste titre, de notre politique culturelle. Elle est reconnue pour la qualité artistique qu’elle porte comme pour l’esprit d’ouverture et d’accessibilité qui l’animent. Les Scènes d’Eté en sont l’emblème."
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E
http://www.cg33.fr/avotreservice_1.asp?num=10&numcat=2
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E
"le département de la Gironde est loin d'être un exemple en matière de politique culturelle"Il me semble que les compétences du CG en matière de culture sont assez limitées...Pour info sur ce que fait le CG en la matière, voir : http://www.cg33.fr/avotreservice_1.asp?num=10&numcat=2
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