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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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TOUTE RESSEMBLANCE...

Il revient à pas de loup, sur la pointe des pieds, comme ces hommes ayant peur d’être pris en flagrant délit d’un retour au bercail à une heure indue. Il marche les souliers à la main, pour éviter de faire le moindre bruit susceptible de réveiller ses voisins de palier, qui font semblant de dormir. Il est vrai qu’il est parti de la maison depuis maintenant de longs mois, sur un coup de tête, annonçant qu’on ne le reverrait plus. On prétendait qu’on l’avait vu errant, solitaire et désœuvré, du coté de l’île de Ré. Sur un banc, sur un vélo, sur un bateau, il méditait sur ce monde qu’il tentait d’oublier, mais qui lui manquait tant. C’est oublié !

Lentement, mais sûrement, il éprouve l’envie de revoir les plateaux ensoleillés de cette télé, miroir aux alouettes des printemps éphémères. Un petit passage par-ci, un petit crochet par-là, et le doute saisit les autres, celles et ceux qui croyaient en une disparition définitive de l’éternel donneur de leçon.

Leur naïveté leur coûtera des efforts supplémentaires pour exister au Café du Commerce national, le plus beau, celui où n’entrent que les candidats aux plus hautes fonctions. Eux qui espéraient une place de choix au comptoir, pour trinquer tranquillement avec les électrices et les électeurs se sont fait piquer la meilleure place par un vieil habitué, dont on murmure qu’il s’est mis d’accord avec le taulier en fin de parcours… Ce Crin blanc de gauche, abandonné de toutes et de tous, rôde autour de l’entrée, en espérant que quelqu’un va bien se décider, un jour ou l’autre, à l’inviter à se mettre à table.

LE CHEMIN DE LA RESURRECTION

Il est vrai que, quand il a vu aux JT de 20 heures, assise sur le tabouret, une blonde désireuse de lui voler la vedette, il a décidé de reprendre progressivement le chemin de la résurrection. La belle aux dents de requin, au port royal et au caractère bien trempé, joue les vierges effarouchées dès qu’elle aperçoit un journaliste. Elle snobe les yeux noirs des caméras pour parler cependant, grâce à elles, directement aux masses laborieuses. Mieux, elle a même fait récemment le coup d’aller prendre une bière avec le Père Léon. Elle s’est déplacée à l’anniversaire de ce drôle de bonhomme de 80 balais, copain de l’ami Bidasse d’Arras, chef-lieu du Pas de Calais, et qui a fait toute sa carrière à la force du Mollet ! Un truc qui tue ! Une sorte de retour sur un passé, bien antérieur à ce triste soir du 21 avril 2002. Un adoubement du plus réformiste des réformistes. L’équivalent d’une audience chez le Pape !

Lui, le Lancelot de Matignon, était sur ses anciennes terres de Haute Garonne, puis sur celles de l’Hérault, du Gard, de l’Aude, de l’Aveyron, de la Drôme, à la recherche de cette nostalgie dont on sait qu’elle demeure tout à fait ce qu’elle était, pour les hommes de pouvoir contraints, par leur propre choix, à une retraite qu’ils estiment finalement anticipée… et indigne de leur talent.

Il voudrait tant que la presse de toute sorte s’intéresse à sa vision du monde. Pour l’attirer, et aguicher sa curiosité, il effeuille donc minutieusement ses pensées, il les distille dans des salles de la France d’en bas. Histoire de montrer qu’il a compris la leçon et que, désormais, il est prêt à se réconcilier avec ce peuple oublié, un soir de déception,  le Belphégor des allées du pouvoir s’offre des cures de campagnes pas encore électorales. Il ratisse, là où les autres ont cru trop vite qu’ils étaient seuls dans leur jardin. L’un le cultive tristement, dans le Gers, pour démontrer que le bonheur est dans le pré bio, l’autre tance répétitivement le Roquet de Neuilly sur l’immigration, le troisième tente, en Moselle, de redonner un moral d’acier aux sidérurgistes… A chacun son peuple ! A chacun son chemin.

UN NOUVEAU CONCEPT

Notre naufragé du 21 avril a inventé un nouveau concept. Il faut lui rendre grâce d’avoir été meilleur que tout le show-biz réuni, en inventant la tournée d’adieu. Non pas avant les adieux officiels, mais après…Il sait qu’ainsi, il fera taire toutes les critiques adressées à toutes ces vedettes, courant les cachetons, qui effectuent plusieurs fois le parcours, tirant ainsi des larmes émues aux fans. Lui il ne demande rien.

Lui sait qu’il n’a plus beaucoup de fans, alors que sa rivale déclarée ne se méprend pas davantage sur le volume des siens. Leurs clubs respectifs sont réduits à la portion congrue. Ils le savent. Il leur faut donc tabler sur le grand public. Ce foutu " fan-militant " n’est pas fiable, car il n’aime pas davantage ceux qui l’ont abandonné au milieu du gué, que celles qui veulent passer au-dessus de lui. Le bougre demande sa dîme de reconnaissance en échange de son soutien. Il ne se laisse pas toujours prendre aux sentiments. Il lui arrive de juger sur des projets politiques et pas uniquement sur l’émotion. Il a aussi des souvenirs cuisants de désillusions.

Peut-être ont-ils, tous deux, observé le miracle chilien ? En constatant que Michelle Bachelet a construit son succès délibérément sur le soutien massif du peuple, et non sur les Etats-Majors, ou même les partis, ils se disent que rien n’est perdu. Ils vont commander, avec la complicité de quelques copains des médias, des sondages bien sentis, pour démontrer que, hors d’eux, au P.S., il n’y a point de salut. Ils surfent paradoxalement sur le rejet du politique. L’un retrouve la France des Poulidoristes adorant les vaincus. L’autre plait à celle connaissant Diane de Poitiers ou Marie de Médicis. Les appels du pied se succèdent. Les ralliements arrivent. Les traquenards se préparent. Les prédictions fleurissent…

TOUTE RESSEMBLANCE …

Ainsi, le docte Roland Dumas qui s’y connaît en… vedettes, joue les pythonisses pour le Chevalier errant : "La division du Parti socialiste va être telle que (son) retour, je l'ai déjà dit, n'est pas à exclure", annonce-t-il dans un entretien publié par Le Parisien Dimanche. "A mon avis, il entrera assez vite dans le jeu, à la rentrée. Il faudra compter de plus en plus avec lui", poursuit-il. Que prédire de plus clair ?

Pour sa rivale d’escapade, le pote des vacances en Provence, le frère d’armes de François, le mentor des grandes décisions, ne se gêne pas pour faire le ménage : "On cherche la faute pour la décrédibiliser. Rien ne lui est pardonné, et on a l'impression que les corbeaux rôdent pour essayer de se jeter sur la proie; c'est assez désagréable. Dans la mesure où, à un moment donné, on devra prendre en considération aussi l'impact d'une personnalité sur l'opinion, un sondage est un indicateur. Ce n'est pas le seul. Un sondage ne fait pas une élection" commente Julien Dray.

L’un souhaite connaître le retour en grâce et chantonne le temps des cerises, des gais rossignols, des merles moqueurs. L’autre entonne le chant du départ : "La victoire en chantant, Nous ouvre la barrière, La liberté guide nos pas, Et du Nord au midi, La trompette guerrière, A sonné l'heure des combats…"

Au fait, désolé, j’ai oublié de vous préciser que toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Dommage.

Mais je déblogue…

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J
Bonsoir Jean-Marie,<br /> Vous avez un talent littéraire indiscutable! Et, cette fois-ci, je pense que vous ne débloguez pas du tout ...Mais, alors, vraiment pas du tout!
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B
Je suppose que dans ton article tu veux parler de celui-là [je te laisse le soin de modifier les paroles, mais l'air reste le même] Monsieur le président Je vous fais une lettre Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps. <br /> Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir. <br /> Monsieur le président Je ne veux pas la faire Je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens. <br /> C'est pas pour vous fâcher Il faut que je vous dise Ma décision est prise Je m'en vais déserter. <br /> Depuis que je suis né J'ai vu mourir mon père J'ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants. <br /> Ma mère a tant souffert Qu'elle est dedans sa tombe Et se moque des bombes Et se moque des vers. <br /> Quand j'étais prisonnier On m'a volé ma femme On m'a volé mon âme Et tout mon cher passé. <br /> Demains de bon matin Je fermerai ma porte Au nez des années mortes J'irai sur les chemins. <br /> Je mendierai ma vie Sur les routes de France De Bretagne en Provence Et je dirai aux gens : <br /> Refusez d'obéir Refusez de la faire N'allez pas à la guerre Refusez de partir. <br /> S'il faut donner son sang Allez donner le vôtre Vous êtes bon apôtre Monsieur le président. <br /> Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je n'aurai pas d'arme Et qu'ils pourront tire
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