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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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L'AVENIR DE L'HOMME

Une véritable avalanche de bristols. De partout me sont parvenues des invitations pour aujourd’hui. Il y en a certaines, splendides, sur papier glacé, avec des créations graphiques originales. Il y en a d’autres, beaucoup plus modestes mais dont le libellé traduit pourtant une volonté farouche de mobiliser. Et, il y a les incitations diverses à se montrer avant ce soir.
Tous ces cartons, officiels ou militants, promettent de célébrer la Femme. Jusque-là, ce privilège était plutôt réservé aux poètes, aux peintres, aux sculpteurs; désormais, ce sont les politiques qui s’en sont emparés, au nom de ce qu’ils appellent la parité, comme s’ils voulaient expier une faute permanente, susceptible d’être payée, un jour ou l’autre, très chèrement. Alors, sur le carnet des dettes, chacun espère ne pas figurer à la page des « absents sans raison valable ». Même Sacha Guitry n’avait jamais rêvé d’être aussi près, aussi contre, tout contre les femmes.

La « journée de la femme » s’est ajoutée au programme annuel des moments solennels créés, bien trop souvent, pour calmer des revendications. D’ailleurs, au rythme où ils naissent, il est à craindre que, prochainement, il n’y ait plus suffisamment de jours dans l’année pour les caser. Il faut reconnaître que beaucoup passent totalement inaperçus et meurent, comme tout ce qui n’a pas de place durable dans les mémoires des générations qui se succèdent. Celle que l’on réserve au sexe qui n’est plus faible du tout, a eu une histoire mouvementée. Témoignage que pour les femmes, depuis des siècles, la tâche n’a jamais été aisée. Mieux, elle demeure probablement encore plus dure qu’il y a quelques décennies pour des raisons souvent passées sous silence du fait de leur caractère peu médiatique.

UN SIECLE POUR UN JOUR

Il aura ainsi fallu des 8 mars douloureux, combatifs, ardents ou tristes, pour que les mentalités évoluent quelque peu. Quasiment un siècle de mobilisation, pour un jour obtenu par celles qui ne constituaient qu’une élite sociale, intellectuelle ou… politique. Peu de gens qui célèbreront cette journée savent, par exemple, que c’est en fait le  8 Mars 1910 à Copenhague que la première confédération internationale de femmes socialistes a créé cette journée, en vue de servir à la propagande du vote des femmes, dont on était encore très loin.
La France n’a jamais fait preuve d’un grand dynamisme en la matière, puisqu’il faudra un nouveau 8 mars, en… 1914 en Allemagne, pour que l’on retrouve cette revendication, satisfaite le … 12 novembre 1918, dans ce pays détruit par la Guerre. Comme du côté Français, elles avaient joué durant 4 ans un rôle considérable, et le lendemain de la capitulation elles obtenaient leur victoire.
Le 8 mars 1917 à Saint Pétersbourg, des ouvrières avaient déjà manifesté dans la rue pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front, mais sans un succès identique.

L’ordonnance du 21 Avril 1944, qui accorde le droit de vote aux Françaises (elles voteront pour la première fois le 20 avril 1945 pour les élections municipales, et à Créon la Directrice de l’école de filles, Louise Paris, sera la toute première d’entre elles à entrer au conseil, ce qui témoigne de sa qualité, car rares seront celles, dans le Pays, qui seront élues), constitue la plus grande avancée citoyenne venue de ce Conseil National de la Résistance, totalement méconnu de l’Histoire. Cette victoire fut allègrement et massivement célébrée le 8 Mars 1948; en France, pour ce jour de gloire, 100 000 femmes défilent à Paris, de la République à la statue de Jeanne d'Arc.
Les Nations Unies ont commencé à observer une journée internationale de la femme le 8 mars 1975, mais ce n’est qu’en 1982 que le gouvernement socialiste de Mauroy instaure le caractère officiel de la célébration de cette journée, qui n’aura plus aucun caractère contestataire. Encore une fois, le Pays des Droits de l’Homme n’avait pas été en pointe.

LA FEMME JETABLE

En 2005 le sort des  femmes ne s’est guère amélioré, et la fameuse « Parité » masque une aggravation dramatique du sort social qui leur est réservé. Chaque jour ou presque, comme ce mercredi matin, lors de ma permanence libre, je verrai ce que j’appelle, avec désespoir, la « femme jetable ». Par un manque évident de courage et de lucidité, on évite de parler de toutes celles qui, du jour au lendemain, sont abandonnées par un compagnon, un mari, ne les jugeant plus utiles à son mode de vie. Des « Kleenex » sans revenus, sans logement, sans soutien, pafois "froissées" par des violences physiques ou morales, autres que ceux d’une famille qui, souvent, les culpabilise.
Ce phénomène s’accentue (environ six ou sept viennent me voir le mercredi) et toutes les statistiques sincères en apportent la preuve.

L’une des évolutions majeures des dernières décennies aura donc été la transformation radicale du statut de la monoparentalité, avec un accroissement notable du nombre de familles concernées, passé entre 1975 et 1999, de 776 000 à 1 750 000. Autre conséquence forte, la précarisation de ces foyers : si 11 % d’entre eux vivaient sous le seuil de pauvreté en 1985, cette proportion est passée, en 1995, à 17 % et probablement à 25 % en 2005.
Plusieurs phénomènes se sont combinés pour provoquer cette dérive : la faible qualification des femmes de milieu populaire concernées, la diffusion du travail à temps partiel (grandes distributions notamment), souvent précaire et mal payé (services de proximité), mais aussi, la difficulté pour les mères souhaitant retravailler, après un arrêt consacré à l’éducation de leur enfant (déconnexion des technologies modernes), pour retrouver un emploi.

DEUX EFFETS NON VOULUS

L’allocation de parent isolé créée en 1976 avait pour ambition de faire intervenir la solidarité nationale comme suppléance à la déficience économique. Mais deux effets non voulus ont largement contribué à pervertir les ambitions généreuses des initiateurs de cette mesure. En dissuadant les mères de travailler, cette allocation les éloigne, encore plus longtemps, du marché du travail, réduisant d’autant leur chance de retrouver, du jour au lendemain, un emploi convenable, et provoquant de très graves difficultés en cas de rupture familiale. Pas de travail : pas de logement en raison de la pénurie actuelle. La situation est encore plus dure à porter pour certaines femmes d’origine étrangère, qui sont confrontées à la contradiction entre la référence patriarcale de leur société d’origine et la référence démocratique relationnelle de la société occidentale moderne.
Bien plus que le nombre de femmes au Parlement, ou dans les structures électives ou politiques, le combat devrait porter sur ces réalités. Il est vrai qu’elles sont structurelles donc beaucoup plus délicates à résoudre que toutes les autres, purement médiatiques. Difficile de raconter cette vie de l'ombre, du néant de l'espoir, de la peur permanente du lendemain.
Or, c’est à ces femmes-là, dont je connais l'angoisse, la douleur, que je voudrais penser en ce 8 mars. Ce sont elles qui me font douter de la qualité de notre évolution réelle vers une place équitable faite aux femmes. Pas celles qui revendiquent une voie Royale, un siège ou un strapontin. Les premières ne songent même pas à le revendiquer, tant elles ont des problèmes plus graves à régler, plus urgents : ceux du quotidien !
C'est pour elles qu'il faut absolument se battre car, comme Aragon, je pense qu’elles demeurent, plus que les autres, bel et bien l’avenir de l’Homme !

Mais je déblogue…

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E
Nous avons une journée de la femme comme cela, nous avons la conscience tranquille ! Mais cela fait-il avancer la résolution de ce problème ? non bien sûr ! Toutes ces journées ne servent à rien !<br /> Comment lutter contre la connerie humaine ? Quelqu'un a-t-il une solution ? Y en a-t-il une ?<br /> Allez, je vous la ressert celle là : L'EDUCATION !!!!!!!!!<br /> Il n'y a pas très longtemps, dans un magasin de fringue pour gosses, un petit garçon voulant regarder la télévision et n'ayant pas de place pour s'assoir, se mit à bousculer (quelques gifles) une petite fille pour qu'elle lui fasse une place ! Dans le magasin, aucune réaction !! Ni parents, ni vendeurs. J'ai donc ouvert ma grande gueule pour expliquer au "morpion" qu'il était interdit de frapper quelqu'un ! Il a eu tellement peur que les parents ont mis 5 min à le retrouver dans le magasin ! Je pense que la prochaine fois, il hésitera avant de passer à l'acte ! Enfin, il faudrait bien sur que quelqu'un continue à lui expliquer la chose avant que sa petite tête n'intègre le fait qu'il faut se respecter les uns et les autres !<br /> Dur, dur !
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C
Moi, en ce 8 mars, c'est à mon papa que je pense, c'est à mes grands parents que je pense.J'espere au moins que eux sont fiers de moi.
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