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L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

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LE SYNDROME CENDRILLON

Cendrillon existe et les Françaises et les Français l'ont retrouvée. Elle était prisonnière d'une horrible maison où elle a indiscutablement traversé des moments horribles. Vexations, sévices corporels, privation de liberté, misère matérielle, éloignement des siens : Cendrillon a vécu des instants tragiques qui l'ont profondément marquée. Sa vie avait basculé le jour où, sur son chemin, s'étaient profilées les statures de ces bandits prêts à tout pour se procurer des subsides faciles. Un drame que la planète entière a vécu intensément et qui, légitimement, a mobilisé la sympathie de millions de personnes. Le sort de Cendrillon appartient à notre vécu international. Il a dépassé le cadre strict du conte pour devenir un symbole... Et c'est la rançon d'une époque formidable qui transforme certaines situations et leur donne un valeur particulière.
Les nécessités médiatiques font que les drames les plus terribles et les contes de fées sont les mamelles quotidiennes des médias. Ils en ont un besoin vital et désormais tous les observateurs avisés savent qu'il existe des « fournisseurs attitrés » ravitaillant ou, mieux encore, exploitant ce goût immodéré pour les événements qui finissent d'ailleurs bien ou mal ! La manipulation existe et ce serait absurde de le nier. On peut la voir partout et sombrer dans le scepticisme permanent ou se contenter des apparences avant de passer du statut de citoyen à celui de gogo ! Nous nous abreuvons de contes de fées ou de films d'horreur !
Dans la vie de Cendrillon il y a, selon les versions que l'on s'approprie, des exagérations variables qui font la différence. Son sort a été en effet rapporté de manière bien différente. Enchaînée physiquement et moralement, elle a bénéficié d'une description plus ou moins précise de sa situation. Cendrillon n'est en effet que le surnom de l'héroïne, dérivé du fait qu'elle se repose dans la cendre une fois son travail fini. On ignore son nom réel. Elle a un second surnom, celui de Cucendron, qu'une précieuse aurait banni mais que Charles Perrault choisit pour mieux souligner la vulgarité de Javotte (la belle-sœur ainée) qui ne cesse de la traiter comme une « souillon ».
Ces deux surnoms sont donc dérivés du mot cendre qui a toujours été symbole d'humiliation et de pénitence : la Bible et l'Odyssée font mention de Jérémie se roulant dans les cendres et Ulysse assis dessus. Quant aux pères de l'Église, ils nous montrent les pénitents se couvrant la tête de cendres ou vivant dans la cendre. Epuisée par les brimades de ses geôliers elle approchait la mort, c'est à dire l'état de poussière, ce qui était très préoccupant pour ses proches, ses amis et ses soutiens. Une bonne illustration est absolument indispensable pour renforcer le concept du drame. Pour que l'empathie soit au maximum autour du sort de Cendrillon, il faut que les propos, les écrits, les gravures inquiètent et qu'une certaine dramaturgie soit présente.
Dans notre société, l'image qui conforte les orientations que l'on veut donner à un événement devient capitale, et avec une parfaite maîtrise des supports de diffusion on arrive à lui donner un impact considérable. Charles Perrault a bâti son succès sur ces descriptions du sort des plus faibles et sa recette a été démultipliée à l'infini. Elle a fonctionné pour faire des succés populaire. Que ce soit par exemple dans « Les Misérables » avec la description de la vie de Cosette ou dans Cendrillon recluse dans sa "prison" oubliée, la première partie dramatique donne sa valeur à la suite. C'est ce rapport affectif avec les faits qui finit par l'emporter sur toute autre considération... et fait oublier le réel!
LA PURETE CONTRE LA PERVERSITE
Dans les contes de fées on sait qu'il y a forcément un prince charmant. On l'attend d'ailleurs plus ou moins longtemps et il peut être en concurrence avec beaucoup d'autres prétendants à la délivrance de la Belle au bois dormant, comme de Blanche Neige ou de Cendrillon. Il rivalise avec beaucoup d'autres prétendants à l'acte valorisateur qui consiste à délivrer du mal une innocente victime. Elle n'y est pour rien et nul ne songerait à lui reprocher cette attitude des autres mais, malgré elle, elle devient un enjeu, une lutte éternelle du bonheur contre le malheur, de la raison face aux maléfices, de la pureté contre la perversité. Il n'existe aucune histoire « vendable » à travers les siècles qui n'ait pas ce schéma dans son déroulement. Une course de vitesse peut même renforcer la compétition entre les vaillants soldats de la délivrance. Tous les coups sont permis car il faut écarter ses rivaux de manière habile et se donner le droit de devenir le héros qui offre une issue heureuse.
Dans le cas de Cendrillon, de multiples tentatives sont accomplies avec des dimensions différentes. On affiche sa volonté de persuader les autres de son honnêteté ou de son désintéressement. On assure que l'on ne pense qu'au sort de cette pauvre fille condamnée aux travaux forcés dans un endroit oublié de la planète. Pas question de faire de sa libération un moyen d'asseoir son pouvoir « royal ». Vous vous en doutez bien!
Il existe même une date butoir qui constitue le nœud de l'intrigue. Tout peut mal tourner et transformer la plus merveilleuse des situations en calvaire. Il suffit de ne pas se conformer aux desiderata des mages, des sorcier(e)s, des détenteurs de pouvoirs réputés magiques pour que le rêve s'écroule. Chaque fois que le but approche, une interférence peut l'éloigner. La mort rode dans tous les contes à ne pas raconter aux petits enfants. Un père qui décède, un ami qui s'écroule, un accident qui intervient et toutes les approches s'effondrent alors que les espoirs étaient très vivaces.
L'EVENEMENT SE SUFFIT A LUI MEME
Cendrillon a bénéficié des attentions de tous ceux qui voulaient récupérer sa présence sans que les autres puissent bénéficier de la notoriété globale qu'apporterait sa libération. Elle même ignorait globalement la nature de l'opération pouvant lui valoir de quitter son lieu de vie carcérale. Impossible de mesurer la sincérité de la démarche, car dans le fond, l'événement se suffit à lui-même. Nul ne songerait à mettre en doute la démarche conduisant à sa résurrection : il est indispensable de se contenter de la prendre telle qu'elle est. Peu importe d'où viennent les porteurs de la fameuse pantoufle de vair... pourvu qu'ils aient permis de retrouver le bonheur de la liberté.
Et si quelqu'un ose les caricaturer, douter de leur engagement, ou se poser la question de leurs méthodes de recherche de Cendrillon, il se fait obligatoirement ridiculiser en place publique. Qui ne croit pas au miracle et se pose la question de son organisation devient suspect. Et pourtant ? Ne faut-il pas se méfier dans le monde actuel des contes de fées ? Doit-on oublier que les manipulations existent et que les calculs à double ou triple détente peuvent être de ce monde? Déposséder un révolutionnaire du mérite d'être le Prince charmant constitue une possibilité crédible ? Contourner les négociations qui contraindraient à un contrat de mariage désavantageux en est une autre. Se parer du costume de Zorro reste l'ambition de celui qui est accusé d'utiliser la force pour arriver à ses fins. L'habit donne bonne conscience.
Les spécialistes des contes de fées existent sur notre planète et ils continuent à les écrire quotidiennement,  sur mesure, selon les besoins de la gouvernance de leurs commanditaires. Seule une enquête minutieuse, comme peu "d' auteurs" savent encore en faire, génèrera la vérité. Elle viendra. En son temps. Quand les festivités auront été bouclées, on constatera que les princes charmants se transformeront en crapauds. C'est inéluctable.
LA PUNITION OU LE PARDON
Il était une fois... bien des reportages devraient désormais commencer par cette traditionnelle amorce. Comme les téléspectatrices et les téléspectateurs demeurent des éternels enfants, il suffit ensuite de dérouler la même histoire. Une belle, un bon et quelques sortilèges restent les ingrédients de notre société. Les non-croyants deviennent vite suspects et malgré le fait qu'ils attirent l'attention sur des invraisemblances indéniables, ils perdent dans le flot de pathos toute crédibilité. La plupart des versions de Cendrillon sont par exemple directement issues des anciennes traditions populaires, et recèlent beaucoup de sagesse. Il faut noter que, même si le thème de la justice du destin est clairement identifiable dans toutes les versions, les conteurs ne sont pas tous d'accord sur le second thème à aborder, à savoir la punition ou le pardon.
Dans la version de Charles Perrault, les belles-sœurs sont pardonnées par l'héroïne, alors que dans la version des frères Grimm, elles sont doublement punies. Il y a d'une part le fruit de leur mutilation devant leur permettre de chausser la pantoufle (dans une version écossaise, la belle-mère mutile elle-même ses filles) et d'autre part le fait qu'elles finissent aveugles... C'est la valeur moralisatrice du conte qui sera déclinée ! Elle reste toujours en mémoire.
Encore les frères Grimm sont-ils modérés par rapport à la première version allemande, dans laquelle les belles-sœurs sont condamnées à danser avec des... chaussures de métal chauffées au rouge, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Un tel châtiment (dont la brutalité rappelle que les contes populaires peuvent avoir la vocation morale des apologues et qu'ils mettent en garde contre les tentations du mal) se trouve cependant dans la « Blanche-Neige » des mêmes frères Grimm. Ecoutez bien, vous verrez que la morale se fait encore à partir des contes de fées. Au fait, je dois vous faire une confidence : le prénom de "ma" Cendrillon, c'est Ingrid ! Vous l'aviez deviné ?
Mais je déblogue...

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D
Vraiment sublime .
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J
Que voilà encore le dénouement d'un beau conte de fée qui arrive à opportunément !Nous nous en réjouissons, certes, mais trop, c'est trop, et les estranges lucarnes en ont été saturées ces jours derniers, ajoutant à grand renfort de langue de bois,un peu plus de brouillard à l'affaire.Cela va permettre aux manants dont les récoltes calamiteuses font chuter le pouvoir d'achat d'oublier leurs petites misères.Oubliée également la hausse du prix de l'avoine qui ne permet plus de nourrir les montures.Passée à la trappe également la volée de fléches incongrue dont un  archer imprudent a bizarement  criblé la foule venue admirer les manoeuvres des chevaliers du guet. De même que ce beau dénouement permet de passer sous silence les accusations qui pèsent sur le bon père Zambelli, recteur des sanctuaires de Nostre Dame ( de Lourdes). Le saint homme se serait attribué pour son bénéfice personnel,  selon de diaboliques langues bien informées, de Lourdes bourses pleines d'écus, sols, pistoles, doublons et autres monnaies sonnantes et trébuchantes, comme il se doit. Il est vrai que les prévots chargés d'instruire l'affaire auraient été priés d'en remettre le cours après le pélérinage  du S.P. (Saint Panzer) dans les  lieux de dévotion cités plus haut.Il devrait en effet, au cours de l'été, venir y célébrer le centcinquantenaire de  la belle légende qui a offert à la ville un essort économique et touristique prodigieux.Par contre on n'a guère de nouvelles des très nombreux otages qui restent encore à la merci des malandrins (?) de la forêt .Leur existence at-elle moins de valeur que celle de Cendrillon ? Ah ! Messire, nous vivons une drôle d'époque ! 
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