Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'AUTRE QUOTIDIEN de Jean-Marie DARMIAN, ancien journaliste, maire et conseiller général de Créon (33). La politique et la vie sociale sans langue de bois...au quotidien et contre l'opinion dominante

Publicité

LA REACTION EN CHAINE

Les annonces présidentielles ont l'avantage d'être sûrement mûrement réfléchies. C'est du moins ce que les Françaises et les Français peuvent espérer d'un Nicolas Sarkozy se présentant comme un réformateur forcené. Il doit peser les mots, les décisions et s'entourer de toutes les analyses objectives indispensables. Il paraîtrait véritablement inimaginable que ces déclarations soient faites uniquement pour occuper l'espace médiatique devant lui redonner un brin d'espoir de remonter la pente dans les sondages. Il n'y a pas cependant de jour sans que l'on puisse remettre au goût du jour le principe voulant que le silence soit souvent préférable à la parole, même parfaitement démultipliée. Les exemples sont nombreux et faciles à démonter. Tenez, prenons la grande annonce de la semaine écoulée : la construction d'un second EPR sur le territoire national !
Si l'on se fie aux apparences (comme toujours) et si l'on entre dans la spirale de l'opinion dominante (comme le veut le système) on conserve de cette déclaration la seule volonté présidentielle, en pleine crise pétrolière, de proposer une vraie fausse solution à la dépendance énergétique de la France. En fait, comme le veut une tradition, aucune véritable étude sérieuse et indépendante n'a été menée avant que cette proposition arrive sur la place publique. Quelle implantation ? Quel impact sur les sites ? Quels dégâts collatéraux ? Quel coût dans le contexte actuel ? Peu importe, il faut simplement annoncer, sans cesse annoncer. Quitte à revenir ensuite en arrière ! Pas une seule réforme
« EDF se réjouit de l'annonce du projet d'un futur deuxième réacteur nucléaire de type EPR, en France. EDF est prêt à s'engager. » Le discours présidentiel a poussé l'électricien à se positionner... car désormais sur ces sujets là on est dans la concurrence. Il y a pourtant peu de temps, Suez et EDF, désormais rivaux sur ce créneau de la production d'énergie, étaient en désaccord sur le besoin de construire une nouvelle centrale dont ils ne voyaient pas l'utilité. L'annonce présidentielle a contraint les PDG à revoir leur positionnement de peur de déplaire à l'hôte de l'Elysée. Alors que la plupart de ses réacteurs sont amortis, EDF n'était pas enthousiaste pour investir des sommes colossales (3 milliards d'euros la pièce, minimum) dans un processus jugé par certains experts comme aléatoire. S'il n'avait fallu soutenir Areva dans ses projets d'exportation dopés par des concessions présidentielles, il n'est pas certain que Bouygues coulerait aujourd'hui du béton à Flamanville, où se construit le premier réacteur EPR.
En effet et ce n'est pas là le plus inquiétant des paradoxes, on a vendu aux autres ce que nous ne sommes pas certains d'exploiter en France. On a un exemple concret avec la fameuse torche à plasma qui a été présentée au Japon ou ailleurs comme un process d'avenir, mais dont on est à Cenon (Gironde) en train de démonter la structure expérimentale jugée trop coûteuse et peu productive ! Il est à peu près certain que la technique EPR ne sera pas immédiatement maîtrisée et, d'après certains, ne sera guère maîtrisable. On ne le saura que quand les dépenses auront été faites et que... l'on effectuera le bilan environnemental, économique et social de la première unité en cours de construction.
UN LIEU A HAUTS RISQUES
Pour le second réacteur, Nicolas Sarkozy, sans aucune gêne, a évoqué la pose d'une première pierre en 2011. Une absurdité de plus quand on ne connaît ni le lieu d'implantation, ni les réactions que cet équipement provoquera ? Si les engagements sont respectés, il n'y aura pas de nouveau site, selon des informations plus ou moins officielles. L'EPR numéro 2 s'installerait donc près d'une unité existante. Penly, qui serait un lieu prépositionné pour accueillir le premier EPR, semble le mieux bien placé. Flamanville se porterait aussi volontaire, mais risque de manquer d'espace. L'EPR est plus volumineux que les réacteurs actuels. D'autres options sont ouvertes, comme Tricastin et... sait-on jamais, selon certaines autres informations, Braud et Saint Louis en Gironde. Voici un exemple des ravages d'un effet d'annonce flamboyant qui va s'éteindre au fil des mois en raison de l'absence totale de maîtrise de son contenu.
Si l'on se fie aux positions de Greenpeace on peut au moins douter de l'utilité d'une seconde expérimentation d'une technique qui recèle bien des dangers directs ou indirects. « EDF a affirmé dans ses publications que le modèle EPR était parfaitement sûr et que son fonctionnement, même affecté par un accident très grave ou une attaque terroriste, n'entraînerait pas de graves conséquences pour les communautés locales, la France et l'Europe. Mon étude apporte un démenti à ces affirmations » explique l'un des spécialistes de l'association.
Dans un rapport préliminaire de sûreté, EDF considère que la probabilité d'un accident est de 10-7 par le biais d'une redondance de systèmes de sûreté. Mais ce chiffre de 10-7 ne tient pas compte des problèmes techniques : fuites, pannes d'électricité, erreur de pilotage, inondation, incendie... car EDF considèrent qu'ils doivent être évités en amont. De plus, les séquences de fusion de coeur à haute pression, les phénomènes d'explosion de vapeur en cuve et hors cuve, les détonations d'hydrogène sont autant de situations « pratiquement éliminées » des considérations de sûreté car proches de l'impossible.
UN IMPACT TERRIBLE
L'EPR étant le plus puissant des réacteurs au monde (1600 MW), il concentrera plus de radioactivité que ces prédécesseurs. L'utilisation prévue d'un combustible spécifique à base de plutonium, au lieu du combustible classique à base d'uranium, renforcera la radioactivité et la toxicité des rejets éventuels. Greenpeace a travaillé sur des modélisations d'accidents nucléaires. Pour évaluer les conséquences d'un accident, il convient de modéliser en fonction du temps, de la météo et de la géographie du terrain, la trajectoire du nuage radioactif et la dispersion de la radioactivité. Pour ce faire, un modèle informatique est utilisé sur la base de données météorologiques mesurées dans le passé. En cas d'accident grave de l'EPR, les conséquences seraient dramatiques : Jusqu'à 320 personnes mourraient dans les tous premiers jours, et près de 2000 personnes tomberaient malades. Au final, près de 30 000 personnes développeraient un cancer mortel. Plus de 9 500 personnes développeraient un cancer de la thyroïde, dont environ 1000 seraient mortels. Jusqu'à 3 millions de personnes seraient évacuées sur une zone de plus de 36 000 km², soit une zone plus grande que la Haute et Basse-Normandie réunies. Un million de personnes devraient se confiner chez elles... Et on propose d'ajouter un second réacteur dans la même zone ou dans une autre plus ou moins lointaine.
La présence d'un réseau de transport électrique suffisant sera également déterminante. Il faudra en effet construire une nouvelle ligne à très haute tension (400 000 volts), ce qui compliquera la dossier et soulèvera, c'est certain, des problèmes encore plus préoccupants.
AUCUN CHANGEMENT REEL
Sur le besoin d'un nouveau réacteur, les avis sont très, très partagés, car personne n'a de certitudes en la matière. Seule approche unanime du problème : le suréquipement en nucléaire ne résoudra pas la crise pétrolière ! Il ne changera absolument rien aux nécessités d'approvisionnement extérieur de la France. Sauf à tous rouler en voiture électrique il faudra en effet bien d'autres initiatives pour juguler les besoins actuels et futurs. EDF fournit certes 80 % de l'électricité, mais le nucléaire ne pèse que 18 % de nos besoins globaux d'énergie. Impossible d'occulter ce paradoxe. On peut se poser la question suivante : les 3 à 4 milliards d'euros investis dans cette nouvelle aventure ne seraient-ils pas mieux utilisés dans des alternatives au pétrole ? Ou pense-t-on revendre de l'électricité à nos voisins qui auront la sagesse de ne pas accepter un tel équipement sur leur sol ?
Il s'agit encore d'une erreur de parcours liée à cette agitation permanente conduisant à sans cesse alimenter en temps réel la bête médiatique, affamée de « scoops », même non maîtrisés. Cette décision brutale de Nicolas Sarkozy a dû surprendre ce brave Jean Louis Borloo, si fier des conclusions de « son » Grenelle de l'environnement. Comment croire à ce rendez-vous qui a accouché d'une telle annonce ? Quel respect peut-on avoir pour les participants qui se sont opposés à ce type de production d'énergie ? La position du Président de la République la réalité du projet de loi Grenelle : une loi en trompe l'œil, qui prétend lutter contre les changements climatiques sans véritable mesure de réduction des consommations d'énergie et sans moyens financiers. "Engager la France dans la filière EPR, qui ne constitue pas une rupture technologique majeure par rapport aux centrales de deuxième génération, alors qu'aucune solution n'a été trouvée au problème du traitement des déchets nucléaires, est une faute politique", a estimé le PS. Si c'était la seule, ça se saurait... Le PS, comme les citoyennes et citoyens sceptiques, savent que souvent les réformes en cours meurent de leur belle mort. C'est préférable d'ailleurs, avant qu'elles conduisent les Hommes à leur perte en raison de leur indifférence désastreuse aux réalités qui se cachent sous des mots !
Mais je déblogue...

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Que pouvons  nous répondre devant tant de lectures vraies ...qui d'annonces passent en réalités .... Continuez Jean Marie , Nous vous lisons  avec assidituité. Ce n'est pas la libération D'Ingrid Bétancourt  "" souhaitée et attendue par tous qui fera remontée les sondages  du Pauvre capitaine de bateau qui coule un peu plus chaque jour ..... cette libération remplie de vilaines polémiques faussent dés son retour la joie de nombreuses personnes qui se posent des questions sur une femme annoncée  mourante  et non sur la femme prête à repartir au combat du pouvoir ! pourquoi nous mentir de la sorte ? Toujours ,CETTE QUESTION? Qui pourra relever la France ?
Répondre